T’entendre

Je vois que tu es épuisé.

Tu t’énerves pour des broutilles.

Tu oublies l’humain

En posant tes actes de soins.

Tu t’embrouilles dans tes pensées.

Tu es à la limite du burn-out.

Et pourtant tu adores ton métier.

Tu enchaines tes heures de garde.

Tu serres les dents.

Tu figes ton visage.

Jusqu’à quand tiendras-tu?

Je t’interpelle naïvement

Je fais un peu l’idiot.

Je dis que je vois ta fatigue.

Un miroir se brise.

Et les blagues fusent.

Des mots sont expulsés de ton coeur.

Un sourire irradie ton visage.

Ton regard commence à briller.

Tu te sens soulagé, écouté.

Je comprends et j’entends ton épuisement.

Je te soutiens. Nous sommes du même bord.

Nous travaillons avec l’humain.

Ensemble, même si on ne se reverra pas,

Nous pouvons avancer, soutenu

Dans notre combat de tous les jours

En n’essayant de ne pas s’oublier.

Je sais que ce n’est pas facile.

J’ai connu ces heures où l’on enchaine

Sans pouvoir souffler, ni respirer.

J’ai connu ces moments où l’on croise

Des personnes qui nous redonne courage.

Alors ne baisse pas les bras

Sachant que tu n’es pas seul,

Qu’il y aura toujours quelqu’un

Quelque part pour t’écouter,

Te comprendre et te soulager.

Rire encore un bon coup

Et alors, tu peux continuer à vivre ton boulot

Sans perdre ta tête, ton âme et ton cœur.

Courage à toi, médecin de passage.

Courage à toi collègue du social.

Courage à toi qui travailles pour l’homme.

Et même à ceux qui travaillent dans d’autres domaines.

SOS méditerranée

Face aux afflux des migrants encore plus nombreux, je souhaiter apporter ma contribution. Comment ? Déjà, vous en parler et que c’est possible d’ajouter sa petite pierre à l’édifice, en fonction de nos possibilités :

SOS méditerranée

Ces migrants sont nos valeurs ajoutés pour l’Europe, car chacun ont des richesses intérieurs et professionnelles que nous ne soupçonnons pas.

Voici un témoignage fort sur le site de l’association : Kebba

Merci à ceux qui contribuent d’autres associations pour la dignité humaine, pour que chaque homme, femme et enfants puisse être regardé et entendu sans rejet, sans dégoût et sans méfiance.

Merci aux associations qui essayent aussi de sensibiliser, d’informer et de casser les idées reçus.

Arrêtons de construire des murs, des barbelés et de se replier dans la peur.

Alors, on agit ?

 

Souvenirs du Sénégal : Déclamation d’un poème par 8 collégiens

En faisant le tri dans mes affaires, je suis retombé sur un papier annoté. C’était un poème que j’avais fait déclamer , il y a 9 ans,  par huit collégiens dont quatre filles et quatre gars! C’était au Sénégal, à Vélingara au Collège Jean-Paul II où je gérais une petite bibliothèque. Cela reste encore un fort souvenir.

Un mercredi au collège 111_01
Le poète

Toi que les dieux ont élu
Pour que ruissellent de chants nos sources
et vibrent de sève nos forêts
pour qu’arides ou herbeuses
nos montagnes soient montagnes
pour que terre soit la terre
Ferveur nos souffles
Fidélité nos coeurs
Hommes nos hommes

Du plus profond de ton âme
du plus tumultueux de ton sang
du plus clair de tes rêves
du plus orageux de tes désirs
du plus intenses de tes incantations
ah, jaillir la puissance de ta foi
le cri de leur délivrance
tu parleras
Tu parleras la langue de ta pureté
pour ceux dont la voix est emmuré
et la vie suspendue

Tu parleras la langue de ton innocence
pour ceux que l’on écrase de calomnie
jusqu’à ce que leur peau en exsude
tu parleras la langue de ta justice
pour ceux dont on aveugle la vue
au fer des barreaux

Tu parleras de ton amour
pour ceux que l’on bat
pour ceux que l’on étouffe
pour ceux que l’on torture
pour les traqués
tu parleras
pour les condamnés
tu parleras
pour les déportés
tu parleras
pour les non jugés
tu parleras
pour les détenus
tu parleras
pour les interdits
tu parleras
pour les sans-défense
tu parleras
pour les sans défense
tu parleras

Pour ces milliers d’êtres morts parmi les morts
que l’on destine à la rage et à la haine
dans les ténèbres des prisons
tu parleras

Car tu hais la violence
tu hais la calomnie
tu hais le mensonge
tu hais la haine
tu parleras

à eux aussi tu parleras

Tu parleras jusqu’aux confins des mers et des nuits
afin que vienne le jour
et qu’à nouveau pour eux
ruissellent de chants nos sources
et vibrent de sève nos forêts
pour qu’arides ou herbeuses
nos montagnes soient montagnes
pour que terre soit la terre
Ferveur nos souffles
Fidélité nos coeurs
Hommes nos hommes
ton être est parole qui réconcilie avec la vie
parle….

de Thomas Rahandraha

(Anthologie de la poésie négro-africaine, Anne-Marie Gey, éditions Edicef -SEA, 2001 )

Et si j’écrivais ?

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Et si J’écrivais pour crier à travers l’encre du clavier.

Et si J’écrivais pour hurler à travers mes doigts caressant les touches lettrées.

Je mettrai des mots pour sortir du corps ses maux qui rongent sans cesse.

J’écrirai pour moi puis pour me faire entendre, en liesse.

Avec mes mots puis chercher d’autres mots qui me rejoignent vraiment sur ce que je ressens.

Avec mes images, ma façon d’écrire.

Je laisserai une trace pour exister, en secret ou avec l’autre.

J’écrirai pour faire jaillir des rêves, les concrétiser, les construire.

J’alignerai des lettres pour les faire jongler, les ordonner ou les mélanger.

Et si j’écrivais pour me défouler et dégonfler mes maux de crâne

Qui m’empêchent d’être disponible, d’être attentif à mon entourage.

Et si j’écrivais pour me révolter contre les injustices de l’Europe qui ferme les portes aux réfugiés.

Et si j’écrivais pour dénoncer les abus à outrance du gouvernement et de ceux qui ont le pouvoir de frauder sans être condamné.

Je pourrai arrêter de me taire et de dire non, d’oser dire stop aux abus de confiance, aux harcèlements, aux hypocrites.

Pour les dire une fois pour toute pour que toutes ces colères arrêtent d’encombrer ma tête et qui m’alourdissent.

Et si j’écrivais pour m’alléger pour ensuite enfin, construire des projets porteurs de sens.

Pour s’épanouir et rayonner au tour de soi, et que d’autres petites lumières puissent grandir à leur tour.

Mais pas seulement écrire, mais aussi pouvoir le verbaliser, le partager et agir.

Osons !

Daniel ou la joie d’un enfant artiste

Daniel essaye de dessiner sur sa feuille un arbre.

Du haut de ses six ans, il s’applique en tirant la langue.

Sa main s’agrippe au feutre marron pour le faire glisser

Sur le vaste désert de canson blanc.

Son autre main tient deux autres feutres, une de vert et une autre d’orange.

Il prend d’abord le temps de faire un tronc s’élevant vers le haut de la feuille.

Daniel respire, semble s’exciter mais reste calme.

Après avoir dessiné le contour, il colorie en essayant de ne pas dépasser.

S’il dépasse ? Cela sera fait exprès, c’est un arbre avec des épines.

Ensuite, Le dessinateur aguerri change de couleur pour faire apparaitre

Des feuilles aux grandes ailes de ses rêves.

Un immense palmier semble naitre.

Enfin, il fait des points jaunes sur les tracés verts.

Daniel pose ses feutres et se redresse.

Un grand sourire transparait sur son visage brun.

Il prend son œuvre du jour et se précipite vers sa mère.

Cette dernière s’émerveille :

« Tu as fait un très bel arbre mon cœur ».

Daniel ressent en lui une énorme fierté et crie :

« C’est pour toi Maman ».

Le jeune garçon rêve d’être un grand artiste.

Il voudrait dessiner des forêts où il pourrait cacher des monstres, des oiseaux mystérieux.

Il voudrait dessiner des maisons pour accueillir tous les enfants qui fuient les guerres.

Il voudrait dessiner des fleurs de toutes les couleurs pour les offrir aux gens qu’il aime.

Il voudrait dessiner sans cesse la joie qui l’anime.

 

Surtout ne cassons jamais les rêves des enfants.

Laissons les grandir avec le temps au gré de leurs créativités.

Et si je t’aimais ?

Et si je choisissais de t’aimer

Tel que tu es, entièrement.

ET si je t’aimais sans pitié, sans charité

Mais tout simplement en vérité.

Parce que c’est  une volonté de ma part de croire en toi.

De toujours être à tes côtés dans les moments difficiles

Comme dans les moments de joie.

Je choisis de t’aimer.

Comment ? En te respectant, en t’écoutant.

De me donner à toi sans t’étouffer

Mais aussi sans m’oublier.

Je te choisis toi car tu es unique.

Tu n’es comparable à personne.

En t’aimant, je choisis de fructifier notre relation

Et qu’elle puisse être réparée sans cesse

Avec le dialogue et le pardon.

Je prends le risque de t’aimer

Car cela peut faire mal avec les inquiétudes,

Les incompréhensions plus ou moins passagères.

Je choisis de t’aimer dans le temps.

Ce n’est pas un sentiment amoureux qui nous ferait planer

Mais un choix que nous faisons dans notre relation.

C’est de pouvoir jongler entre le je, toi et nous avec bienveillance

En toute liberté même si ça passe par des renoncements.

L’union entre deux personnes n’entraine pas la confusion entre les deux personnes.

Il y a bien toujours deux personnalités propres, disctincts mais qui forme une autre personne qui est la relation d’amour, le couple formé.

Je choisis de t’aimer parce que tu comptes pour moi

Et que j’ai confiance en toi, confiance en nous.

Il y a bien sur un mystère de l’amour, de l’amitié.

Pourquoi sommes-nous si proches l’un et l’autre ?

Mais ce qui peut faire la force notre amour,

C’est de se choisir et de pouvoir se le dire,

Sans cesse chaque jour même si c’est difficile

Avec nos fatigues, nos humeurs, nos mécanismes familiaux.

Notre entourage peut sentir cet amour quand nous rayonnons.

Nous pouvons très bien rayonner même si entre-nous nous vivons des choses douloureuses

Comme des deuils, la difficulté d’avoir un enfant, les conflits familiaux, l’handicap du conjoint ou de l’ami.

Rien n’empêche de coexister entre la joie de s’aimer et la difficulté de vivre certaines situations.

Je choisis de t’aimer en connaissance de cause et j’y crois,

Surtout quand nous avons déjà traversé avec succès des épreuves qui auraient pu avoir raison de notre relation.

De t’aimer, c’est choisir de tenir bon et de croire en ce qui nous unit.

Parfois cela nous dépasse et cela vaut la peine d’être vécu.

J’ai pu mesurer à quel point c’est primordial de se redire oui chaque jour.

Je souhaite vraiment à tous les couples ou amis de pouvoir se dire les choses avec bienveillance et sincérité, et de se le redire sans cesse.

Et si je choisissais ?

Et si je choisissais de ne plus subir

De ne plus être influencé dans mes décisions.

Je peux être guidé dans mes choix mais de façon constructive, juste.

Et si je choisissais d’avoir un regard plus positif

Sur ce qui m’habite, sur ce que je vis,

Sur mon passé, sur mon entourage.

Et si je choisissais de vivre avec mes talents,

De ne plus mettre de côté mes passions

Par peur de décevoir certaines personnes.

Je n’ai jamais facile bien sur

Quand des valeurs transmises par nos parents,

Par des proches nous conviennent moins,

Ne nous correspondent plus.

Et si je choisissais d’oser, de sortir de ma zone de confort

D’oser aller vers l’inconnu, vers l’inattendu.

Et si je décidais de faire confiance à mes convictions ?

Que se passerait-il ?

Et si je choisissais d’aimer tout simplement,

Pas aimer de manière naïf

Mais aimer en prenant en compte tout ce qui fait sens ou pas.

Choisir d’avancer avec espérance, avec cette lumière qui me fait croire que tout est possible malgré tout.

Et si je choisissais de ne plus écouter les phrases négatives de soi ou des autres ?

Et si je choisissais de faire fructifier ce qui est positif ?

Pourquoi choisir ?

Pour être maître de sa vie, pour être maitre de sa conscience le plus possible même si l’on peut être influencé inconsciemment.

 

Je vous souhaite de choisir ce qui est le mieux pour vous et votre entourage. Que vos choix impactent positivement votre manière de vivre et de ce que vous êtes.

Ne vous oubliez pas.

Rêve d’un éducateur

Franck se pose sur un banc du jardin du foyer.

Il voit les jeunes jouer sur le terrain.

Soudain, Tim fait tomber Déborah.

Pensant qu’ils allaient s’insulter, il se lève.

Mais curieusement, Tim s’excuse et Déborah lui fait un grand sourire.

Etonnement de Franck.

C’est l’heure de mettre la table pour le repas.

Il se dirige vers la salle à manger et constate avec surprise

Que Théo et Célia ont accompli leur service.

Le nec plus ultra, il découvre des petits bouquets de fleurs sur chaque table.

Franck respire joyeusement, drôlement bien.

Il n’a pas envie de se méfier. A quoi ça rimerait ?

Il entend de la musique au salon. Il va voir

Il aperçoit danser les jeunes surtout deux qui ne s’entendaient pas du tout.

Mais là, c’est autre chose. L’éducateur se demande s’il ne s’est pas trompé de groupe.

Est-ce que ce sont bien les jeunes qu’il accompagne et doit parfois gérer des conflits assez musclés ?

Soudain, la musique s’arrête. La plus jeune, Lili, déclame un slam.

Lili, celle qui bégayait, dit tout un trait, sans accrocher des mots, en prenant des temps de pause là où il faut.

Franck est émerveillé. Applaudissement et la musique repart.

Il ferme les yeux et un sourire rayonne en son être.

Il adore son métier.

Il ouvre ses yeux et se retrouve sur le banc du jardin.

Il aperçoit Tim faire chuter Déborah.

Franck sourit.

Il ne se passe rien. Déborah ne se met pas en colère.

Après tout, son rêve peut se réaliser.

Il a envie de changer de regard sur la suite.

Un regard sans méfiance sur comment les jeunes vont réagir.

Se projeter de manière positive sur ce qui va se passer.

Un regard de confiance que les jeunes peuvent le percevoir.

On ne sait jamais, n’est-ce pas ?

Franck se lève pour aller à la salle à manger.

La table est mise. Très grand satisfaction.

Il remercie Théo et Célia.

Cette dernière sourit et revient avec des serviettes de couleurs

Pour les plier délicatement sur chaque assiette.

Comme quoi, la surprise que chaque jeune peut nous réserver, c’est chaque instant.

Sachons toujours porter un regard positif et de ne rien juger sur ce qui va se passer par la suite.

Semons, semons avec nos valeurs, notre bienveillance et les fruits viendront.

Vivre le handicap en hauteur

L’association, Pic et Perches, propose des animations adaptées pour permettre à tout public de découvrir la nature, l’apesanteur, l’environnement.

Je partage sincèrement que c’est une expérience vivifiante pour les jeunes, où ils peuvent appréhender leurs corps dans la nature, sentir les odeurs, toucher les branches.

C’est une équipe professionnelle formée au handicap qui seront à même de monter des projets qui correspond à vos besoins et besoins de vos jeunes.

  • Parce que les loisirs de pleine nature sont un droit pour chacun

  • Parce que nous privilégions la mixité des publics, pour des rencontres enrichissantes

  • Parce qu’adapter l’environnement diminue la notion même de handicap

Ils viennent du Jura et ont pu se déplacer dans les monts du Lyonnais pour quatre jours avec un IME de l’ARIMC.

Venez donc les découvrir sur ce site: Association Pic et Perches

Alors, une expérience à tenter ?

La ballade des émotions

La Tristesse baisse la tête et avance malgré tout sur le chemin.

Elle a envie de pleurer et de s’isoler pour ne pas déranger les autres.

Peut-être rejoindre la Honte qui s’est réfugiée sous un arbre noueux.

La Colère bouillonne et serre les poings. Il a envie d’hurler

Et de tout taper sur son passage. Pour se défouler, il court

Et dépasse la Joie qui l’énerve, l’agace.

La Joie respire paisiblement avec un grand sourire,

Son regard balaie l’horizon qu’elle trouve magnifique.

Elle observe ceux qui sont restés derrière et les attends,

Sait-on jamais ?

Le dédain et Le mépris marche sur le coté, de travers pour éviter les simples.

Un petit rictus de dégoût pour signifier qu’ils ne sont pas en phase avec eux.

Ils se sentent supérieurs et ont une posture de défiance, de méfiance.

La douleur aimerait bien rejoindre la tristesse

Pour panser ses plaies et dire des mots si possible.

La nostalgie pense à ses heures heureuses perdues.

Est-ce que le futur s’annonce aussi bien. L’Inquiet marche à côté d’elle,

Se cramponnant à son bras. Moins que l’angoissé qui est tendue et respire difficilement.

La peur devient bleue et tremble quand elle voit le chemin se perdre dans la forêt.

L’excitation et la jubilation ont hâte de s’aventurer et découvrir l’imprévu

Au risque de la surprise et des rencontres inattendues.

La Tendresse essaye de tempérer les ardeurs avec douceur.

Le Contentement fait office  de médiateur et marche au côté de la Fierté.

Cette dernière se réjouit de canaliser ses amies émotions,

D’essayer de les mettre à leur juste place.

Chaque émotion a son rôle à jouer dans la ballade

Pour rejoindre la Sagesse qui les attend au côté de l’Amour.