Je suis là

Je suis là, tout simplement
A respirer inlassablement
A rêver paisiblement
A espérer durablement.

Je suis là, tout disponible
Pour rester sensible
Aux humeurs imprévisibles
D’un monde faillible.

Je suis là, en toute liberté
Pour saisir les opportunités,
Gagner en légitimité
Et fuir les futilités.

Je suis là à t’entendre
A t’écouter, sans méprendre.
A ne pas faire d’esclandres.
A t’accueillir sans rien attendre.

Je suis là en silence
Sans nonchalance.
Prêt à une alliance
Et à la transhumance.

Je ne suis pas encore las.
Ou presque !

Juste un instant

Accordez-moi juste un instant
Le temps d’un printemps
Pour s’en aller sifflotant
Sur les chemins inexistants.

Accordez-moi une seconde
Le temps qui abonde
Pour partir en ronde
Vers les terres burgondes.

Accordez-moi une minute
Le temps d’une lutte
Pour filer à l’azimut
Et jouer de la flûte.

Accordez-moi une heure
Le temps d’un labeur
Pour errer avec coeur
Vers les hauteurs.

Accordez-moi une journée
Le temps de discerner
Pour méditer et jeûner
Vers des contrées déchainées.

Accordez-moi un mois
Le temps d’un tournoi
De rêves pleins d’émois
Sur les chemins finnois.

Accordez-moi une année
Le temps de glaner
Des rencontres spontanées
Sur la mer méditerranée.

Accordez-moi une vie
le temps de rire à l’envie
Pour semer sur les parvis
de toute la Scandinavie.

Ne m’accordez rien au final.
Ne rien attendre et faire l’original,
Fuir la norme, le doctrinal.
Oser être singulier et marginal.

Copyright Vivien Laplane. 31 mai 2021 à 13h30 !

Ralentir le temps

Quand tout s’enchaine,
tout se bouscule à la traine
Pour finir et conclure.
Mes respirations se font exclure
Par l’urgence des tâches ménagères
des papiers et la vie familiale légère.
Où est le bouton pause ?
Ce foutu temps mort qui repose.
Est-ce un mythe ce temps qui dort ?
Un temps suspendu qu’on adore.
Les minutes s’écoulent tel un torrent
Et les heures comme le cormoran
Plongeant dans une mer houleuse.
Ralentir les secondes nébuleuses
Puis inspirer et fermer les yeux
pour un voyage périlleux.
Maintenant, se lâcher un instant
Et sentir son corps suintant
son coeur battre fortement.
Laisser faire un raccordement
Entre mes pensées et le vide.
Flotter et s’accrocher solide
Avec une réalité plus ajustée.
Repartir en douceur avec majesté.
(Enfin presque)

Texte écrit entre 12h30 et 12h43 avant de partir au boulot, après avoir fait moult tâches de la maison et administratives 😀

De tout ton être

Au fil des secondes qui s’écoulent,
Les mots s’entrechoquent, coulent
Vers ton ciel chargé d’émotions.
Tes lèvres cherchent une libération.
Elles tremblent tel un ruisseau
Au gré des pluies d’orage.
Que se transforme ta rage
En un souffle d’espérance,
Faire fondre tes errances.
Ta gorge gronde, vibre
Pour chanter en équilibre.
Tes poumons semblent vouloir exploser
Tout cracher et tout déposer
Comme un méga-volcan en devenir.
Tu as une énergie folle à en rougir.
Viens déclamer sur scène tes maux
Tout ce qui vient de tes tripes, en mots.
Que ton corps devienne peinture
Et dévoile ta vraie nature.
Danse sur tes larmes de vie.
Caresse ton souffle inassouvi.

Fais le pour toi, rien que pour toi
Allez, va, ose, tu n’es pas seul !
Car il y a toi.
Tu existes !
Et tu existeras pour les autres.

Prendre le temps

Pour marcher,
Prendre le temps de s’émerveiller
Pour veiller,
Prendre le temps du silence
Pour écrire
Prendre le temps des mots
Pour lire,
Prendre le temps des verbes
Pour écouter,
Prendre le temps de la respiration
Pour jouer,
Prendre le tempts de sourire
Pour câliner,
Prendre le temps d’aimer
Pour dormir,
Prendre le temps de savourer
Pour rêver,
Prendre le temps de les réaliser
Et persévérer.

(Demain, chronique de l’éducateur spécialisé avec comme thème : La langue des signes 🙂

Une fourmi reine ?

EclOSiONS

Je ne sais pas, j’hésite.
Je ne suis qu’adolescent.
Est-ce que je mérite de grandir ?
De devenir adulte et responsable ?
Tous ces regards qui me déshabillent
Quand je tente de courir plus vite que le vent
Quand je tente de sauter plus haut que la lune
Quand je tente de sculpter l’eau des abysses
Quand je tente de chanter comme les sirènes d’Ulysse.
J’aimerai ignorer ces regards qui me jugent,
Qui me critiquent, qui veulent me dire ce que je dois faire.
Dans ce qui est raisonnable, réaliste.
Comment ignorer le regard de mes parents
Qui me transperce le cœur,
A la fois bienveillant et insistant.
Je regarde mon corps.
Avec dégoût souvent.
Et pourtant, grâce à lui
Je veux réaliser l’impossible.
Gravir les sommets,
Nager à contre-courant,
Peindre sur des rochers inaccessibles.
Courir dans le désert d’Atacama.
Il me faut regarder avec bienveillance.
Changer l’ampoule qui m’éclaire de l’intérieur.
Accueillir ce que je suis vraiment.
J’ai toute la vie pour l’apprendre, je sais.
Avec mes fragilités, mon handicap invisible.
Mais c’est maintenant, avec des petits pas.
Je ferai tout en secret.
Et quand je serai prêt,
Fier de ce que je suis
Alors je leur montrerai
Ce dont je suis capable.
Je resterai sourd aux railleries.
Je m’appuierai sur des soutiens indéfectibles
d’amis sur qui je peux compter.
J’aimerai n’avoir aucun regret
Et ne plus hésiter
à aller marcher au-delà des regards.
Et si je tombe ?
Je me relèverai.
J’apprendrai par mes expériences.
Je ne veux pas vivre dans la théorie.
Je ne me laisserai pas infantiliser
Car je grandirai, je me forgerai
pour approfondir mes valeurs les plus profondes,
Que je pense le juste possible :
La sincérité, l’amour, la solidarité, la créativité.
Oui, je suis jeune et je ne demande qu’à grandir,
Qu’à m’envoler avec les outils que je pourrai avoir à disposition.
De l’air pour respirer avec ivresse.
De la terre pour façonner avec passion.
Du feu pour embraser mes projets avec folie.
De l’eau pour arroser mes graines d’espérances.
Je serai aveugle aux regards méprisants, jaloux.
Enfin, j’essaierai d’être moins blessé possible.
A 40 ans, je voudrais être fier ce que je serai devenu.
Et j’aurai encore pleins d’années pour semer, batir et accueillir.
Je vous partagerai des mots pour délivrer mes maux
Et vous exprimerai mon bonheur de vivre envers et contre tous.

Faucon crécelle en plein vol

C’est ainsi

C’est ainsi qu’il voudrait jouer.

Jouer avec ses mains sans danger

Prendre des risques en rêvant

Et créer en grandissant, s’élevant

Pour atteindre une joie jubilatoire.

Je vis. Ce n’est pas rédhibitoire.

C’est ainsi qu’il voudrait courir.

Courir avec ses jambes tordues

Sans risquer de tomber et souffrir,

Sous des regards détendus. 

Dylan est son nom à vie

Déjà connoté loin des envies.

Il voudrait bien s’appeler autrement

Pour fuir des préjugés, des gens

Qui ne veulent pas accepter la différence.

C’est ainsi qu’il voudrait chanter.

Chanter avec ses logorrhées

Et ses bruits de bouche courbée.

C’est ainsi qu’on voudrait le regarder.

Le regarder à travers ses yeux.

Et son sourire malicieux

Je respire. C’est une nécessité.

C’est ainsi qu’il voudrait faire de la musique.

Composer dans sa tête et diriger

Si on lui donne des outils basiques

Pour ne plus être déranger.

Ne baissez pas les bras.

Continuez, persévérer.

Je vaux la peine d’être aimé.

Merci. Tout le temps je vous le dirai.

Texte écrit en 2014. Copyright VL 🙂