Deux notes de champignons

Un arrière-goût d’automne ?
Vue la pluie qui tombe à verse et la fraicheur à peine esquissée ?
On aura bien l’impression alors que nous sommes que mi-juillet.
Vivement la chaleur pour que les tomates rougissent.
Les larmes bien courts de l’été
Balancent mon âme hydratée.

Oui, oui, je me reconcentre pour la formation. Promis !

Je suis en colère

Je suis en colère,
Ma tête expulse l’air
Formant un orage,
Plein de rage.
Mes poings se pressent
J’aimerai tout casser,
que tout disparaisse
Tout fracasser.
Ma gorge se noue.
J’aimerai crier
Tel un loup
Furieux, enragé.
Ma poitrine se comprime.
J’aimerai injurier
Cracher mon venin
être ordurier
Sans lendemain.
Je suis en pétard,
J’aimerai vociférer
Accuser sans fard
Et rabaisser.
Je suis furieux,
Mes mots sont laborieux.
Je suis dans la tourmente
mes pensées écumantes.

Mais je sais que la violence ne résout rien.
Alors je m’en vais m’isoler
Me dépenser, me défouler
Comme un saurien
Me détendre, respirer
M’exprimer par l’art ou le sport.
Suer, faire pleins d’efforts
Se fatiguer, transpirer.
Puis s’autoriser à pleurer,
Se laver l’âme et récupérer.

Et quand c’est possible,
Se dire les choses en vérité
Les douleurs invisibles,
Les reproches immérités.
Essayer de se comprendre,
D’être entendu, reconnu.
S’accorder un silence soutenu
Et se regarder sans rien attendre.

Et quand tout est possible
Se pardonner, prendre soin
Se relever avec appoint.
Rien n’est inaccessible.
Se reconnecter à ses valeurs
A ses besoins pour les prochaines heures.
Reconstruire, avancer avec conscience
Aimer en toute confiance.

Chroniques d’un éducateur #13 Quelques vers de savoir-être

Au gré du quotidien, un petit café pour tenir
Résister au bruit et garder le sourire.
Juste une présence, parfois une tasse de thé
pour rassurer, conforter dans sa dignité.
Tentation d’une bière pour affronter la violence
Encaisser, respirer face aux insolences.
Un verre de rosé entre collègues d’infortune
pour se chambrer, se défouler sans rancune.
Etre clair dans ses intentions, sans voir flou
Malgré ses quelques verres à devenir chelou.
Conjuguons le savoir-faire et le savoir-être
Pour un cadre aux milles fenêtres.
Jongler entre ses valeurs et les injonctions
Et donner le meilleur, sans disjonction.
Toujours y croire, avoir un regard ajusté
Et oser se décaler pour se protéger.
Je nous souhaite un verre plein d’envie
A votre juste mesure, évitons la survie.
Un petit verre de sirop d’humour
Pour éviter la routine de chaque jour.
Un dernier vers pour la route
Pour vous souhaiter aucune déroute.


[Projet 52-2021] #14 – Poésie

En ce samedi frileux, pour le projet de Ma’
Nous avons comme thème : « Poésie ».
Que trouver comme image, sans trauma ?
Je n’irai pas jusqu’en Indonésie.
Comment illustrer des vers et des rimes ?
A part une photo d’un livre de régimes.
Faire de la suggestion? un cliché mystère ?
Ou bien créer une ambiance avec du bokeh
parsemés de fleurs, d’étoiles en bouquet !
Je m’en vais chercher dans mon ministère.
Des archives, des photos confidentielles
Des secrets défense ou artificiels.
Bref….

Considérer que telle ou telle photo est poétique est très subjectif, n’est-ce pas ?

Comment les autres participants et participantes se sont débrouillé.es ? CLIC

Gland malchanceux

Gland trouvé tel quel, sans trucage!

Il aurait pu tomber à terre, comme tout le monde
Mais il fait son malin, en contrant leur ronde.
D’un coup de vent, pour lui qui tombait à pic
Voulut se retrouver bercé par une moustique.
Jamais, sans doute il ne deviendra chêne.
Il fera le bonheur d’un futur Diogène.

(Je sais la dernière rime est pourrie! Qui trouve mieux ? 😀 )

EclOSiONS

Je ne sais pas, j’hésite.
Je ne suis qu’adolescent.
Est-ce que je mérite de grandir ?
De devenir adulte et responsable ?
Tous ces regards qui me déshabillent
Quand je tente de courir plus vite que le vent
Quand je tente de sauter plus haut que la lune
Quand je tente de sculpter l’eau des abysses
Quand je tente de chanter comme les sirènes d’Ulysse.
J’aimerai ignorer ces regards qui me jugent,
Qui me critiquent, qui veulent me dire ce que je dois faire.
Dans ce qui est raisonnable, réaliste.
Comment ignorer le regard de mes parents
Qui me transperce le cœur,
A la fois bienveillant et insistant.
Je regarde mon corps.
Avec dégoût souvent.
Et pourtant, grâce à lui
Je veux réaliser l’impossible.
Gravir les sommets,
Nager à contre-courant,
Peindre sur des rochers inaccessibles.
Courir dans le désert d’Atacama.
Il me faut regarder avec bienveillance.
Changer l’ampoule qui m’éclaire de l’intérieur.
Accueillir ce que je suis vraiment.
J’ai toute la vie pour l’apprendre, je sais.
Avec mes fragilités, mon handicap invisible.
Mais c’est maintenant, avec des petits pas.
Je ferai tout en secret.
Et quand je serai prêt,
Fier de ce que je suis
Alors je leur montrerai
Ce dont je suis capable.
Je resterai sourd aux railleries.
Je m’appuierai sur des soutiens indéfectibles
d’amis sur qui je peux compter.
J’aimerai n’avoir aucun regret
Et ne plus hésiter
à aller marcher au-delà des regards.
Et si je tombe ?
Je me relèverai.
J’apprendrai par mes expériences.
Je ne veux pas vivre dans la théorie.
Je ne me laisserai pas infantiliser
Car je grandirai, je me forgerai
pour approfondir mes valeurs les plus profondes,
Que je pense le juste possible :
La sincérité, l’amour, la solidarité, la créativité.
Oui, je suis jeune et je ne demande qu’à grandir,
Qu’à m’envoler avec les outils que je pourrai avoir à disposition.
De l’air pour respirer avec ivresse.
De la terre pour façonner avec passion.
Du feu pour embraser mes projets avec folie.
De l’eau pour arroser mes graines d’espérances.
Je serai aveugle aux regards méprisants, jaloux.
Enfin, j’essaierai d’être moins blessé possible.
A 40 ans, je voudrais être fier ce que je serai devenu.
Et j’aurai encore pleins d’années pour semer, batir et accueillir.
Je vous partagerai des mots pour délivrer mes maux
Et vous exprimerai mon bonheur de vivre envers et contre tous.

Faucon crécelle en plein vol

Un animateur en EHPAD #9 Contrat prolongé, Solitude et impuissance

Comme c’est dit dans le titre, mon contrat a été prolongé. D’un mois, plus exactement. Mon remplacement navigue donc à vue sans possibilité de faire de grands projets. Mais je suis injuste. J’ai pu faire acheter l’application WIVY pour l’établissement. Un kit d’animations et un juke-box/ karaoké sur une tablette, facile à faire en individuelle. Je m’en sers tout le temps maintenant et je suis encore plus disponible pour les résidents. Cela m’évite de perdre du temps à concevoir des animations. J’acquiers une plus grande liberté de présence auprès de résidents qui souffrent de solitude.

Même si la personne a des soins, des services de repas et de toilettes, cela n’est pas suffisant pour elle pour pimenter son quotidien. Parfois la télévision est branchée. Et d’autres chambres, d’autres personnes regardent un mur jonchés de photos de familles (Ou pas). Pas facile de faire face aux personnes qui me confient leur ennui, ou du fait qu’ils ne savent plus où elles sont. Une impuissance peut s’incruster dans notre pratique d’animateur. Quand je peux, je prends un temps d’écoute, d’échanges. Et en fonction de la personne et de la situation, je fais de l’humour. Impuissance aussi quand la personne souffre et attends qu’une infirmière vienne la soulager. Cela fait partie aussi du quotidien. C’est sûr, c’est pas une crèche où ça braille, ça vie, ça joue ! Dans les couloirs, le silence peut devenir pesant. (Des cris peuvent surgir aussi !)

Quand l’inspiration me vient, je pousse une chansonnette !
Et quand j’ai le temps je mets de la musique de guinguette!
Quand je passe furtivement, je marche à pas de loup malicieux
En saluant discrètement, d’un air point irrévérencieux !

Promis, je vous raconterai ce que je fais comme type d’animations la prochaine fois 😀
Très bonne semaine à vous !

Journal d’un confiné #9

J’attends que me vienne l’inspiration
Au son des rythmes du balafon.
(Quoi donc ? des percussions ? )
Le ciel est toujours là, avec passion
Avec le soleil qui me nargue.
(Prends tes maux et tu les largues).
Je m’imagine courir auprès des gazelles
Dans la brousse et manger des bretzels.
(Tiens donc, tu n’aurais pas le fièvre ?).
Je m’en vais converser avec Leuk le lièvre,
Et chanter, claqueter avec Dame Cigogne.
(c’est le musique qui te cogne ? )
Je rêve de boire un délicieux bissap
Et que rien ne me trouble, me sape.
(T’as bu du bon ce matin, dis donc!)
Je ne serai pas rien, quelconque
Pour lire des contes africains.
(N’oublie pas les alsaciens !)
Allez, je vous laisse ce matin divaguer
Rever et se laisser zigzaguer.
(Je ne vois pas de quoi tu parles).
Je vous souhaite le principal :
De vivre pleinement l’instant.
(Même quand tu trames, galères !)
Je vous envoie pleins d’ondes positives
Et s’émerveiller devant de belles initiatives.

 

Kolda et Ballade 091 (2)
Pirogue sur un lac dans le Fouladou, près de Vélingara (Sénégal – 2007)

Rimes engagés

Murmures du désert

Un silence tout fier

Se faufilant dans la poussière

De sable et de pierre.

Complainte d’une forêt

Où les arbres créent

Une énergie à libérer

Pour une humanité délurée.

Plainte de l’océan

Tout en digerant

Les plastiques mécréants.

Vite de l’oxygène

Ne renions pas nos gênes

Pour une vraie vie humaine.

Un truc nouveau

Ce soir,

Un petit bonsoir

Pour un truc nouveau

Mais tout se vaut !

Juste un coucou gratuit

Sorti d’un étui

De nulle part.

Une improvisation bizarre

Avec des mots sans queue de lézard

Et des semblants de rimes.

Juste éclater de rire que rien ne grime.

Sans effort

Enfin en poussant sur le sort.

Ne plus rester sourd à la nouveauté

C’est se laisser surprendre par la liberté.

Et de goûter à la jubilation

De la moindre réalisation

D’un défi

Sans faire fi

De jugements.

Vraiment !