C’est comme dire à un aveugle :
« Quelle couleur vois-tu dans le rien voir ? »
N’ayant pas de référence, c’est plus compliqué de le savoir.
J’utiliserais bien une image pour le bruit du silence.
Comment définir le rien
Cela serait comme le désert, un sol nu, sans dune, sans sable, sans caillou, sans aspérité.
Et un ciel dépourvu de nuages, du même couleur que le désert.
Je dirai que tout serait couleur jaune maronnasse.
Si jamais on entend un son très lointain.
Un petit nuage orange apparait comme un feu d’artifice puis disparaitrait aussi soudainement.
Je parle bien du bruit dans le silence sans les acouphènes, bien entendu.
Avec les acouphènes, cela serait complètement du blizzard, une tempête de sable, une tornade permanente.
On me demande souvent ce que j’entends vraiment.
Est-ce que ce sont les mêmes sons que les entendants ?
Etant sourd de naissance, je n’en sais rien.
Sans appareil auditif, c’est compliqué à définir.
Un son très lointain, impossible à définir, à saisir, à comprendre.
Sauf si je vois l’objet du bruit comme une moto devant moi.
Ayant une surdité profonde, je perçois les feux d’artifice comme des petits coups de marteau sur un mur.
C’est plutôt les vibrations que je ressens si je suis contre un mur, ou les pieds au sol.
Même avec les appareils auditifs, je ne suis pas sûr d’entendre les même sons que vous.
J’ai surtout appris à les identifier grâce à mon entourage, et bien sûr l’ortphoniste pendant 13 ans.
Tiens, c’est un oiseau.
Pour le type d’oiseau, cela demande plus d’entrainement.
Là, c’est une voiture qui passe.
Ah là, un bébé qui pleure.
Ah non, c’est deux chats qui se battent.
Ici, quelqu’un qui joue du violon.
Dans cette maison, notre voisin perce un mur.
Par contre, de mon côté, je ne peux pas localiser d’où viennent les sons.
Je suis monophone, pas en stéréo.
J’ai mon oreille gauche qui est kapout !
Selon est comment ma courbe de l’audition, je suis plus ou moins sensible aux bruits.
J’ai beaucoup de mal à supporter les aigus par exemple comme les gens qui sifflent.
Bref, j’aime le silence quand je le choisis.
Je savoure les sons que je le décide.
L’avantage d’être sourd, je peux éteindre mon appareil quand je veux pour apprécier le silence,
à part si mes acouphènes veulent faire ma fête à ce moment-là !
Alors, selon vous, comment vous définiriez-vous le bruit du silence ?
En tout cas, prenez soin de vos oreilles.
😁 C’est un sourd qui vous le dit !

Ton texte est profondément touchant et ouvre une perspective que beaucoup n’imaginent même pas.
Pour moi, le “bruit du silence” n’est pas une absence, mais une présence différente. Ce n’est pas le vide, mais une toile sans formes imposées, où chaque sensation devient plus fine, presque intime. Là où certains entendent des
sons, d’autres ressentent des vibrations, des rythmes, ou même des images mentales, comme tu les décris si bien avec ce désert immobile.
Ta manière de traduire le silence en couleurs et en paysages est fascinante. Elle montre que percevoir ne se limite pas à entendre : c’est interpréter le monde avec les outils que l’on a. Et finalement,
personne n’entend exactement la même chose, même parmi les entendants.
Peut-être que le “bruit du silence”, c’est justement ça : une expérience profondément personnelle, impossible à comparer, mais incroyablement riche.
Merci pour ce partage, il donne envie d’écouter autrement… ou peut-être
d’apprendre à ressentir davantage.
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Ton texte est infiniment émouvant et nous ouvre les yeux sur les ressentis de chacun.
Cette semaine un médecin a parlé des acouphènes à la tv disant que cette méthode fonctionne… A vérifier !
Je te joins le lien, je suppose que c’est payant si tu prends un rendez-vous.
J’avais essayé la sophrologie mais ça n’a pas fonctionné.
https://www.lenire.com/otoneuro/
Acouphènes
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