Et pourquoi pas sourire ?

Rien que de se regarder.

Sans appréhension. Sans méfiance.

Lâcher-prise.

Faire taire ses pensées négatives.

Ralentir la moulinette d’idées jusqu’à la stopper.

Ne saisir rien qu’un instant où une mouche te fait une grimace,

Ou bien une feuille d’érable qui fait une pirouette.

Percevoir la joie d’un enfant dans toute son innocence.

Rien que gratuitement.

Saluer un arbre au hasard d’une ballade

Et entendre un gland répondre intelligemment

Se balancer sur une branche de saule pleureur

Et rire avec les lianes à chaudes larmes.

Respirer l’odeur d’une nigelle de Damas

Et sentir les épices d’orient plaisanter à l’horizon.

Se tenir en équilibre sur un petit caillou

Et sentir les frémissements d’une boutade terre-à- terre.

Et pourquoi ne pas écrire une lettre sans maux,

La blanchir et habiller sa vie de rire

Malgré tout, malgré les pesanteurs.

Je prendrai ma larme de tristesse

Pour en faire un nez rouge.

Pour une vie exaltante, jubilatoire sans limites

Sans jamais oublier de sourire et de rire.

Un peu de déconnade ne fait jamais de mal à personne.

Et si je me reposais ?

Alors que je m’épuise à ranger, à trier, à mettre de l’ordre,

Je n’ai plus de repos, ni d’instant de calme.

L’un me sollicite pour aller aux toilettes,

L’autre qui veut jouer aux playmobil.

Puis mon conjoint qui n’arrive pas.

Mon corps frémit mais je tiens le coup malgré tout.

Ma tête est comme une essoreuse où les pensées filent à mille à l’heure.

Et si je me reposais ? Et si je me déconnectais ?

Mais comment ? Avec tout ce qu’il y a à faire ?

Ais-je le droit ? Ne me verra-t-on pas comme un parent indigne ?

En fait, je n’arrive plus à penser sereinement.

C’est le stress, la volonté de maîtriser et de vouloir que tout se passe bien

Qui m’aide à m’avancer.

Qui serais-donc pour demander à quelqu’un de garder mes enfants

Et que j’aille me reposer une journée entière ?

Un parent laxiste qui abandonne ses enfants ?

Puis je m’inquièterai sans doute sans cesse si les enfants vont bien,

Est-ce que je n’ai rien oublié ?

Et si je lâchais prise ? Non, pas l’abandon, juste admettre que rien ne sera parfait

Mais ce que je ferai de mon mieux, ça sera déjà bien.

Aucun parent n’est superman. Faut déjà en prendre conscience.

Il me faut accepter de prendre un temps pour être encore plus disponible avec les enfants.

Tout est question de confiance. Facile à dire qu’à faire, je sais.

 

J’écris ce texte alors que je ne suis pas encore parent.

Mais j’imagine bien en voyant comment vivent ceux qui ont des enfants.

Aussi, parce que j’ai vécu aussi au quotidien avec des jeunes en tant éducateur spécialisé,

Rien par rapport au quotidien des parents mais je peux mesurer l’ampleur de la tâche.

 

Je souhaite pleins de courage à ceux qui peinent dans l’accompagnement de leurs enfants sur leur chemin de vie.

N’oublie jamais d’espérer

N’oublie jamais de sourire

Même si tu peines et que tu tires la langue.

N’oublie jamais que demain sera à l’image de ton regard que tu portes sur ton avenir.

N’oublie jamais de positiver malgré tout.

N’oublie jamais de respirer et de détendre, ton corps et ton esprit te récompensera au centuple.

N’oublie jamais d’espérer car il y aura toujours une petite lumière si on prend bien la peine de regarder, d’ouvrir ses yeux.

Si tu tombes ou que tu commets une bêtise, ce n’est pas grave. Ce qui serait le plus embêtant, c’est de ne plus vouloir se relever et ruminer sur ses échecs.

Il y aura toujours un temps pour accuser le coup, mais n’oublie jamais de relever la tête.

N’oublie jamais de rêver, de construire des projets, petit ou grand et de pouvoir les concrétiser.

N’aie pas peur d’avoir de l’audace, d’oser avec tes tripes, avec tes valeurs et non pas en voulant être comme une autre personne. Sois toi-même et c’est vrai, ce n’est pas simple mais l’aventure en vaut la chandelle.

Je te souhaite de râler le moins possible, de regarder ce qui a été positif en toi et chez les autres.

Ta perception sur toi et les autres changera en mieux, et tu pourras t’épanouir chaque jour. C’est un entrainement au début puis cela deviendra une habitude très agréable.

N’oublie jamais de parler, de chanter, de t’exprimer avec les moyens que tu préfères.

Je te souhaite d’innover, de créer, d’oser.

Ne t’oublie jamais et tu n’oublieras jamais ceux qui t’entourent.

Et si je ne te jugeais pas ?

Et si je ne te jugeais pas ?

Parce que si je te juge, je te condamne. Je te mets dans une étiquette. Je risque de t’enfermer dans une idée que j’aurai de toi. C’est complètement injuste. Qui suis-je pour te juger ?

En te jugeant, je risque de te comparer aux autres qui seraient meilleurs ou plus faible que toi. On ne peut pas comparer, cela ne sert à rien car tu es unique, chacun est unique avec sa personnalité propre, son personnalité propre.

Si te juges, je te coupe d’idée d’avancer dans ce que tu croyais bien faire.

Pourquoi te jugerais-je ? Parce que tes idées ne correspondent pas à mon mode de pensée. Parce que nous n’avons pas les mêmes valeurs. Et alors ? Nous avons sûrement un point commun. A nous de le chercher et nos différences peuvent être complémentaires.

C’est difficile de ne pas juger, j’en conviens.

On se fait vite des a-priori dans notre tête, en jugeant l’autre dans l’instant T.

Je repense à ce que j’ai vécu, il y a deux jours dans le métro. Je cherchais un ticket dans mes affaires pour passer la borne. Et là, j’aperçois un jeune d’origine magrébine, avec un bras cassé. Tout de suite, je jugeais qu’il m’attendait pour passer derrière moi pour frauder. Je lui ai dit qu’il devait payer. « Laisse-moi. Va te faire foutre. Je vais rien faire ». Puis d’autres voyageurs sont passés par la borne et il en a profité pour passer derrière eux. J’ai osé lui lancé: « Faux-cul, couillon ».

Je sais, j’avoue. C’est idiot parce que ça ne fait avancer à rien. Qu’est-ce que j’en savais de ce qu’il vivait à l’instant ? Peut-être qu’il était vraiment dans la merde et devait prendre le métro. Je n’en sais rien.

En jugeant, c’est apporter un regard négatif sur l’autre et sur soi-même par la même occasion.

A quoi ça rime de juger, n’est-ce pas ?

Alors quoi faire ? Je peux dire que je ne suis pas d’accord mais je n’ai pas à accuser l’autre au risque qu’il se braque et n’écoute plus.

 

Non, je ne veux pas te juger parce que tu vaux mieux que ça. Puis en jugeant, je risque aussi d’être jugé. Et si on cassait le cercle vicieux du jugement, de la comparaison pour avancer ensemble malgré la violence, en toute justesse et lucidité.

Et si je me calmais ?

Et si je me calmais

Face à la violence qui nous submerge.

Non pas pour m’écraser et subir

Mais pour prendre de la distance

Pour essayer de voir un chemin moins agressif,

Pour ne pas ajouter de la violence à la violence.

Bien sûr que la violence gouvernementale est intolérable

Qui génère des états de haine et de colère chez les forces de l’ordre,

Chez ceux qui subissent des injustices, chez ceux qui ne peuvent pas s’exprimer

A cause de leurs handicaps, maladies ou simplement qui n’arrivent pas à trouver les mots.

Et si je me calmais pour mieux revenir à l’essentiel et être dans la proposition

Au lieu de jeter de l’huile sur le feu, de critiquer, de vilipender, d’insulter.

La provocation stupide ne sert à rien. C’est utilisé par des personnes qui n’ont plus d’idées

Et qui ne savent que titiller de la violence verbale ou physique chez l’autre.

Pas simple de se calmer quand je suis épuisé, éreinté, dégoûté.

Et si nous nous apaisions ensemble au lieu de faire monter la mayonnaise

Au risque d’avoir des conséquences désastreuses dans les liens sociaux.

Invitons surtout les puissants, les élus à ne pas se laisser emporter par des injures,

Ou des raccourcis verbaux dangereux attaquant odieusement l’adversaire.

Et si nous construisions ensemble avec ceux qui sont porteurs de projets

Comme le font certains dans le mouvement Nuit Debout.

Tout n’est pas à jeter et tout n’est pas à prendre.

Arrêtons d’être sans cesse dans l’opposition radicale.

Bien sûr que je suis derrière l’ordinateur et que je ne suis pas dans les rues.

Mais cela ne m’empêche pas de m’informer, d’écrire, d’essayer de sensibiliser.

Cela ne m’empêche pas d’être ce que je souhaite transmettre à mon entourage,

Auprès des gens que j’accueille au sein de mon boulot.

Agissons selon nos possibilités avec nos contraintes physiques ou familiales.

 

Pleins de courage à chacun et chacune dans vos engagements.

Sachons ensemble construire des liens sociaux sans violence, sans haine et sans préjugés.

Et si je te respectais ?

Et si je te respectais ?

Même si je suis crevé et de mauvaise humeur.

Cela ne me coûterait rien de te dire bonjour et de te regarder.

Je pourrai tout simplement prendre le temps d’un instant

Même si je suis pressé, débordé pour te faire un sourire.

Rien  que pour te considérer le plus correctement possible

Et pour ne pas te prendre comme une chaussette pourrie.

Et si je te respectais sans te prendre de haut

Comme si je savais tout sur la vie.

Je pourrai éviter de projeter ma colère, mon énervement contre toi

Alors que tu n’es pour rien.

Hélas, parfois, je reste humain et je déverse le trop plein quand ça vient

Et parfois sur une personne qui n’est nullement concerné.

Cela ne t’arrive pas non plus.

Quand on est dans la détresse, dans les galères,

On n’est pas parfois enfermé dans son carcan

Et on ignore l’autre à l’instant T sans prendre en considérant ce qu’il est.

C’est le risque des personnes qui accueillent des gens de tout horizon

Et où l’on fait face à l’imprévisible permanent.

J’aimerai bien te respecter.

Malheureusement, cela m’arrive comme toi d’être fatigué,

D’être épuisé et de réagir au quart de tour

Au mauvais endroit, au mauvais moment.

Je te promets que je ferai comme je pourrai

Pour te mieux respecter.

Et si je te regardais ?

Et si je te regardais

Comme tu es, avec ce que tu vis à l’instant présent

Sans regarder ton passé, tes erreurs, des pesanteurs

Sans préjuger sur ton avenir en fonction de ce que tu as vécu.

Juste te regarder simplement avec sincérité,

Avec bienveillance en veillant de ne faire aucune supposition.

Et si je te regardais gratuitement

Sans rien attendre de toi,

Sans que tu aies besoin de me prouver de quoi que ce soit.

Et si je te regardais avec amour, avec amitié, avec fraternité.

Et si je te regardais sans méfiance, sans amertume, sans haine

Même si tu m’es inconnu, même si tu n’as pas l’air « convenable.

Je ne te regarderai pas avec naïveté ni avec pitié

Quel que soit tes souffrances, ton handicap.

Te regarder juste toi

En respectant ta dignité, ton intimité.

J’irai plus loin si tu le souhaite pour se parler,

Pour s’écouter et échanger.

Et si je te regardais pour entrer en communication avec toi.

Te regarder pour reconnaître que tu es là, présent.

Te regarder et être disponible à ce que tu vis à cet instant.

Te regarder sans juger, sans arrière-pensée.

Ce n’est jamais simple de regarder l’autre

A cause de nos vécues, de nos histoires respectives.

Mais cela vaut le coup d’essayer.

 

Se regarder pour ouvrir nos cœurs avec liberté et sérénité.

Un  vrai challenge et une aventure de tous les jours.

Fatigué de mal-entendre

Depuis trois semaines, j’entends mal.

Euh, Vivien, t’es sourd de naissance. T’entends mal depuis heu… bien longtemps !

Bien sûr, mais là, ce n’est pas la même chose, mon appareil auditif est défaillant parce que cela fait 6 ans que je la porte. Elle s’use. Normal, je la porte 7 jours sur 7 et 16 heure sur 24 environ.

Je comprends moins bien les conversations.

Cela me demande beaucoup plus de concentration pour essayer d’entendre et d’écouter ce que disent les autres même dans un environnement calme. Cela me demande d’énergie et c’est pour ça que j’ai tendance à vouloir m’isoler et à être au calme. Ou bien, je suis partant pour jouer, faire des choses sans nécessairement devoir entendre, écouter, comprendre.

Oui, mal-entendre, c’est fatiguant.

N’est-ce pas épuisant de ne pas comprendre un enfant qui commence à parler et qu’on essaye de décrypter à longueur de journée ? C’est le même principe, à peu près !

Et quand la fatigue est présente, j’ai du mal à être disponible, plus efficace. Je pense que ça doit être la même chose pour tout le monde, non ?

C’est pour ça que j’aime bien aller dans la nature, dans le silence, m’imprégner des couleurs, observer les oiseaux et effectivement prendre des photos.

 

Je voudrais choisir de bien entendre pour mieux comprendre.

Choisir pour être plus présent, disponible.

Choisir de respirer, de se reposer et de trouver des solutions à court terme pour avoir une vie sociale un peu plus confortable.

Parce que s’isoler, à force, c’est mauvais pour l’humeur, pour le moral.

J’ai besoin aussi de rencontrer des personnes vivifiantes, d’échanger et de déconner parfois. Cela fait aussi du bien de se défouler. Plus jouissif quand c’est avec des personnes avec qui on est sur la même longueur d’onde. N’est-ce pas ?

 

Bien sûr, mal-entendre à un impact sur le moral mais cela ne m’empêchera pas de continuer de vivre et de choisir d’avancer dans mes projets, d’agir et d’être au quotidien présent avec mon entourage.

 

Si vous entendez mal, ne craignez pas d’en parler à votre entourage, d’en parler, de dire des mots sur vos maux.

Ne nous enfermons pas dans notre mal-être. Déjà choisir de s’ouvrir, c’est faire le premier vers l’épanouissement malgré tout.

Un peu de douceur

Alors que les maux s’emballent au travers des mots qui ouvrent des blessures, un peu de douceur pourrait nous faire du bien.

Un peu de douceur dans nos gestes et paroles.

De la délicatesse dans nos mouvements pour prendre encore plus conscience de notre corps, de notre respiration.

Que, malgré les aspérités de nos quotidiens, les dialogues de sourds qui nous pèsent, un peu de douceur puisse nous détendre. De la tendresse ne peut pas faire de mal de temps en temps.

De la tendresse d’une épouse ou d’un époux qui vous berce.

De la tendresse d’une ami(e) vous accompagnant à vos côtés.

De la tendresse d’une mère consolant son enfant.

De la tendresse d’un animal domestique envers son maitre.

De la tendresse du soleil qui éclaire le visage en ces jours d’hivers.

La douceur pour accueillir une paix intérieur dans l’instant T.

Une caresse de l’âme.

Force de la douceur qui peut nous entrainer loin dans les liens sociaux, dans nos amours, dans nos vies professionnelles. La douceur n’est pas une faiblesse, au contraire. C’est recevoir et donner avec délicatesse pour respecter le mieux possible l’autre et soi-même.

 

« La douceur c’est la plénitude de la force. » de Alphonse Gratry

 

La douceur s’acquiert dans le temps, avec de l’entrainement, en fonction de nos histoires.

 

Je vous souhaite beaucoup de douceur et de plénitude dans vos vies, de vous trouver du temps pour être doux envers-vous-même et les autres.

Je ne suis pas sourdperman

Je ne suis pas sourdperman.

Je suis simplement un homme avec des talents et des faiblesses.

Je ne suis pas que sourd, j’ai aussi d’autres facettes qui font partie de ma personnalité.

Bien sûr, ma surdité a façonné ma personnalité mais aussi les rencontres, les rencontres, mes expériences à travers le volontariat, le bénévolat, le théâtre.

Je ne suis pas superman, comme pour chacun d’entre-nous. Nous ne pouvons pas être partout à la fois. Il me faut faire de mon mieux, avec mes capacités, mes connaissances, mes talents.

Nous sommes tous impuissants face à des évènements qui nous dépassent, dans nos jobs au quotidien. Je commence à comprendre qu’à partir du moment où l’on accepte d’être impuissant, nous pouvons nous déployer avec nos talents, nos propres ressources.

Ce n’est jamais facile bien sûr.

Je reconnais que ma surdité a façonné un de mes talents. Cela m’a aiguisé la vue, le sens des détails. J’ai compensé sur un autre sens comme les aveugles compensent énormément sur l’ouïe, sur le toucher. Un talent est un don qui est en nous depuis l’enfance. Il est primordial que ce talent ou ces talents puissent être fructifiés, s’épanouir, être partagés. Sinon, à quoi ça sert les talents si on ne s’en sert pas ?

J’en profite pour vous partager un de mes rêves que je concrétise :

« Monter une expo-photo »

Voici donc le flyer.

Flyer Expo photo_01

 

Je vous souhaite de trouver vos talents, de les prendre soin et de les faire grandir.