Le handicap, un frein à la créativité ?

Le handicap n’est pas un frein aux compétences ni à la créativité.

Ce sont les situations qui peuvent nous entraver ou nous faire dépasser.

Quand j’étais au collègue, j’étais rejeté par mes pairs à cause de ma surdité.
Je me réfugiais dans la bibliothèque à chaque fois qu’elle était ouverte. Je dévorais les bandes-dessinées, les romans et surtout les récits d’aventures, d’explorations, les atlas.

A 10 ans, je connaissais par coeur les capitales du monde et je m’amusais à dessiner des pays légendaires avec régulièrement des hautes montages, des volcans entourés d’océans.

A 14 ans, j’avais écrit un roman, une histoire d’un berger egyptien pendant la seconde guerre mondiale. J’ai perdu le manuscrit lors d’une soirée pluvieuse. Oui, c’est précis, je sais. Une expérience un peu humide.
Cela ne m’a pas refroidi. j’ai continué à écrire des histoires, des proses, des poèmes.

Au lycée, j’ai découvert le théâtre. Mais étant peu reconnu par mes pairs, je n’eus que des seconds rôles. Un soldat obéissant dans « Antigone » de Jean Anouilh. Un médecin bossu dans « Les poissons rouges » de Jean Anouilh, encore! Et enfin un autre médecin dans « Le père Noël est une ordure ».

Après mon bac littéraire, j’ai fait ma licence de géographie. A la fac, j’ai eu l’énorme chance de faire des ateliers théâtre au Théâtre des Carmes avec le grand André Benedetto, le fondateur du « Off » du festival d’Avignon.

Grâce à lui, j’ai eu des rôles plus intéressants. Et surtout il m’a donné l’envie d’écrire des pièces de théâtre; j’en ai écrit deux en 2001 et 2002. je n’ose pas te dire les titres.

A Nantes, en 2003, après avoir été licencié pour insuffisance professionnelle, J’ai écrit un seul sur scène « Le bruit du silence ». J’ai passé le Bafa option handicap. J’avais aussi crée un petit spectacle de marionnettes avec une chaussette !

En 2007, lors de mon volontariat au Sénégal, j’ai écrit tous les jours ou presque. J’en ai fait un recueil de poèmes 5 ans après : « Murmures de la brousse sénégalaise. »

Bref, je pourrai continuer mais je voudrais revenir au cœur de mon propos.

Mon handicap ? On s’en fout.

Il ne m’empêche pas de créer, puis de prendre mon temps d’accomplir mes rêves, de rester sourds à ceux qui me disent que je ne vais pas arriver.

J’ai mis 20 ans à accomplir un de mes rêves : Sensibiliser par le théâtre sur la surdité.

J’aurai pu le faire plus tôt mais sans doute, il a fallu que je vive d’autres expériences et cela m’a forgé. Oui j’ai ramé mais cela en vaut la chandelle.

Alors, s’il te plait, toi qui a un handicap, ne te freine pas. Tout est possible !

PS : Photo prise en 2005 à Tourcoing!

Un animateur en EHPAD #3 Créations et improvisations

La semaine dernière, ce fut riche en créativité et en improvisation. En créativité car j’ai accompagné 4 résidentes pour faire de la peinture à partir de 4 tableaux abstraits qu’elles devaient prolonger sur une toile. 
Ce fut amusant comment chacune a posé sa patte malgré quelques réticences : « Je ne sais pas peindre », « J’ai tout oublié » !

Et voici le résultat ! 

Le même jour, le matin, j’avais improvisé un temps de jeu de mémoire avec 5 résidentes qui s’étaient installées dans le couloir.  Je leur ai fait un quizz sur les chanteurs, acteurs et leur faire le lien entre les titres de chansons et leurs interpretes. 
Puis elles ont beaucoup apprécié quand je leur donnais un prénom et qu’elles devaient trouvé des célébrités à partir de ce prénom. Des rires ont fusé dans tout le couloir ! 

Dans mes habitudes qui s’ancrent dans le quotidien, je fais un petit jeu avant le service du repas quand les résidents sont installés autour de leur table : un mini-mémory, un jeu d’observation avec trois verres et un petit objet, un mini-quizz musical avec des extraits de chansons avec mon portable, des vieilles photos de la ville où nous sommes. 

Et comme chaque fin d’après-midi, je rentre dans une base de données interne ce que fais dans la journée et avec qui. 

Lors de cette semaine à venir, je vais utiliser mon balafon, une matinée par étage (y en a trois) ! Hâte d’y jouer et de le faire découvrir! Je vous raconterai tout ça lundi prochain ! 

Journal d’un confiné #11

Ce matin, je reprends le rythme
Et déjoue les algorithmes.
(Que vas-tu faire de nouveau ?)
Découvrir du Marivaux
Ou des comptines d’Henri Dès
(N’en fait pas un pataquès !)
Ce week-end, j’ai récupéré des cartons
Dans mon garage à tâtons.
(Tu as découvert des merdouilles ?)
Non, je n’ai pas fini bredouille.
J’ai retrouvé des alcools, des livres.
(Et hier soir, tu as été ivre ? )
Point du tout, j’ai bouquiné
Et rien ne m’a turlupiné.
(Tu as varié entre le concret et l’intellectuel!)
Il me fallait cet équilibre perpétuel
Qui se renouvellera toujours.
(Et si tu te lâchais en ce jour).
Quoi donc ? dans la créativité ?
S’échapper dans la relativité ?
(D’oser d’être toi et d’illuminer).
Je vais passer pour un illuminé.
Je tiens à garder ma pudeur.
(Il y encore de la marge en profondeur).
Je continue à rester confiné, chez moi
Même si je m’échapperai une heure, sans émoi.

Quel nouveauté aujourd’hui je ferai ?
Je ne sais pas encore, une vraie surprise !
J’irai prendre des nouvelles, écrire des lettres
Sur le site 1lettre1sourire pour les EHPAD.
On continue de se protéger pour protéger les autres.
De tout coeur avec chacun et chacune!
Hier soir, j’ai joué au Balafon sur la terrasse pour la quatrième fois
et j’ai salué pour la première fois les voisins d’en face !
Comme quoi, il ne faut jamais perdre espoir et perséverer. 

Le Crozet (7)
Chat qui n’a rien à voir avec le texte! je sais! Juste pour le plaisir 😉

Daniel ou la joie d’un enfant artiste

Daniel essaye de dessiner sur sa feuille un arbre.

Du haut de ses six ans, il s’applique en tirant la langue.

Sa main s’agrippe au feutre marron pour le faire glisser

Sur le vaste désert de canson blanc.

Son autre main tient deux autres feutres, une de vert et une autre d’orange.

Il prend d’abord le temps de faire un tronc s’élevant vers le haut de la feuille.

Daniel respire, semble s’exciter mais reste calme.

Après avoir dessiné le contour, il colorie en essayant de ne pas dépasser.

S’il dépasse ? Cela sera fait exprès, c’est un arbre avec des épines.

Ensuite, Le dessinateur aguerri change de couleur pour faire apparaitre

Des feuilles aux grandes ailes de ses rêves.

Un immense palmier semble naitre.

Enfin, il fait des points jaunes sur les tracés verts.

Daniel pose ses feutres et se redresse.

Un grand sourire transparait sur son visage brun.

Il prend son œuvre du jour et se précipite vers sa mère.

Cette dernière s’émerveille :

« Tu as fait un très bel arbre mon cœur ».

Daniel ressent en lui une énorme fierté et crie :

« C’est pour toi Maman ».

Le jeune garçon rêve d’être un grand artiste.

Il voudrait dessiner des forêts où il pourrait cacher des monstres, des oiseaux mystérieux.

Il voudrait dessiner des maisons pour accueillir tous les enfants qui fuient les guerres.

Il voudrait dessiner des fleurs de toutes les couleurs pour les offrir aux gens qu’il aime.

Il voudrait dessiner sans cesse la joie qui l’anime.

 

Surtout ne cassons jamais les rêves des enfants.

Laissons les grandir avec le temps au gré de leurs créativités.