Daniel ou la joie d’un enfant artiste

Daniel essaye de dessiner sur sa feuille un arbre.

Du haut de ses six ans, il s’applique en tirant la langue.

Sa main s’agrippe au feutre marron pour le faire glisser

Sur le vaste désert de canson blanc.

Son autre main tient deux autres feutres, une de vert et une autre d’orange.

Il prend d’abord le temps de faire un tronc s’élevant vers le haut de la feuille.

Daniel respire, semble s’exciter mais reste calme.

Après avoir dessiné le contour, il colorie en essayant de ne pas dépasser.

S’il dépasse ? Cela sera fait exprès, c’est un arbre avec des épines.

Ensuite, Le dessinateur aguerri change de couleur pour faire apparaitre

Des feuilles aux grandes ailes de ses rêves.

Un immense palmier semble naitre.

Enfin, il fait des points jaunes sur les tracés verts.

Daniel pose ses feutres et se redresse.

Un grand sourire transparait sur son visage brun.

Il prend son œuvre du jour et se précipite vers sa mère.

Cette dernière s’émerveille :

« Tu as fait un très bel arbre mon cœur ».

Daniel ressent en lui une énorme fierté et crie :

« C’est pour toi Maman ».

Le jeune garçon rêve d’être un grand artiste.

Il voudrait dessiner des forêts où il pourrait cacher des monstres, des oiseaux mystérieux.

Il voudrait dessiner des maisons pour accueillir tous les enfants qui fuient les guerres.

Il voudrait dessiner des fleurs de toutes les couleurs pour les offrir aux gens qu’il aime.

Il voudrait dessiner sans cesse la joie qui l’anime.

 

Surtout ne cassons jamais les rêves des enfants.

Laissons les grandir avec le temps au gré de leurs créativités.

Lettre à certains de mes frères musulmans

Arrêtons de prendre tout au premier degré.

Pour ceux qui se sentent attaqués parce que Charlie Hebdo a dessiné le prophète. Vous savez bien que c’est un journal satyrique, que c’est un journal avec un certain humour. Vous ne pouvez pas imposer vos lois du Coran à d’autres religions qui ne sentent pas concernés. Pour vous, vous n’avez pas le droit de dessiner Mahomet. On ne peux pas imposer cet interdit à ceux qui ne sont pas dans la religion musulmane. Combien de livres anciens ou récents, combien de bandes-dessinées ont représentés ont représenté votre prophète? énormément. Et pourtant, ils n’ont pas été rejetés, ni brûlés.

J’ai mal en voyant tant de réactions de haines et de colère. Est-ce que cela vaut vraiment la peine de s’insurger pour un dessin. Le problème est qu’avec un dessin, on peut l’interpréter différemment et être reçu plus ou moins bien selon son degré d’ouverture au monde.

Je suis catholique croyant et j’ai été blessé par Charlie Hebdo avec certains dessins sur l’Église, sur le pape. Mais rien ne m’oblige à regarder cette revue, puis je sais que c’est provoquant. Et pourtant, je n’irai pas les voir et leur casser la figure parce que cela ne me plaît pas. La violence ne résout rien. Ils vous provoquent par leurs dessins? Provoquez les par des dessins, des caricatures! Répondez avec les mêmes armes, crayons contre crayons.

Rien ne sert de maudire ni de se venger.

Je reconnais que je suis direct, un peu raccourci peut-être avec certaines limites de mes mots à cause de l’émotion mais comme un frère, je voulais vous le dire, vous en parler.

Que peux-t-on faire pour avancer, dialoguer et permettre que nous soyons moins atteint dans notre foi, dans nos croyances?

Nous pouvons partager nos croyances, témoigner, se comprendre mais nous ne pouvons pas imposer nos croyances pour respecter la liberté de penser et de s’exprimer.

Faisons des efforts chacun de notre côté.

Je souhaite vraiment que chaque personne puisse trouver sa place avec ses croyances ou pas, et de ne pas avoir honte de vivre sa foi.

Où est Charlie? Partout! / Where is Charlie? Everywhere! / Donde esta Charlie? En todas partes!

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…………… Liberté………..

………………….. Toujours……………….

…………………… Sans la haine……………….

……………………………Nous ne vous oublions pas……………………………..

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Le dessin germera toujours

Pour s’exprimer sans cesse

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Les bloggeurs qui ont laissé un billet sur cette tragédie:

 

 

 

Dis-le moi!

Created with Microsoft Fresh Paint

Assise sur son lit, avec son dessin, la petite fille pleure de tout son corps. Elle l’a montré à son papa. Il a juste regardé et fait un sourire. Rien d’autre. Déçu, Elle était allée voir sa mère. Sa maman lui a dit que c’était un beau dessin. Mais ça ne lui a pas suffit. Elle ne comprend pas pourquoi. Elle regarde son dessin. Elle a mis du temps à le faire. Personne n’a deviné ce qu’elle a fait. Personne ne lui a posé des questions. Elle aurait bien envie de le déchirer mais non, c’est son dessin et elle en est fière. Un gros chagrin l’envahit.

Un souffle la fait rebondir. Est-ce son éléphant blanc en peluche ? Mais non, les peluches sont des peluches. Elles ne sont pas vivantes. Elle regarde dans sa chambre aux murs bleus ciel décorés de nuages et d’oiseaux. Sa fenêtre est grande ouverte. Un petit oiseau s’est posé sur le rebord. Puis il repart. Elle entend un soupir. Un soupir très proche. Puis une voix.

« Je vois que tu as dessiné une jolie princesse, Elona ! ».

Elona rougit et sourit. Il reste une larme accrochée à ses lèvres. Elle se décroche pour caresser la robe de la petite fille. Cette dernière se lève pour essayer de trouver la petite voix. C’est ainsi qu’elle voit son ombre danser sur la porte de sa chambre. L’ombre ne fait pas que danser mais aussi chanter :

« C’est une jolie princesse que tu as dessiné Elona, avec sa jolie robe. Elle a comme compagnie une grenouille qu’elle n’embrassera jamais. Pour garder la surprise jusqu’au bout ».

L’ombre disparait derrière l’armoire. La petite fille court pour essayer de l’attraper mais par maladresse, elle tombe et fait tomber sa petite bibliothèque pleins de livres. Elle entend sa mère l’appeler. Puis la porte s’ouvre. Son père apparaît. Il est en tenue de bricolage avec le visage barbouillé de sciure. Elona toute surprise lui dit ces mots : «  Je suis tombé Papa. Mais je ne me suis pas fait mal. ».

Le père aperçut le dessin en plein milieu de la chambre. Il le ramasse et s’adresse à sa fille :

«  Tu as fait un très bon dessin d’un conte de fée mon cœur. Si tu veux, je te montrerai comment on fait un cheval pour ta grenouille ».

Elona fait un grand sourire et fut rassuré. Elle n’a pas fait son dessin pour rien.