Bonne fête Mom’

 

Des fleurs que tu aimes tant

Que tu arroses souvent

Comme tu tisses régulièrement

Les liens avec tes amis aimants.

Je t’offre les sourires de tes petits-enfants

Et les doux souvenirs de nos joies d’antan.

(actuelles aussi, of course, c’était pour la rime )

Je t’offre les énergies des gens qui s’engagent

Pour un monde meilleur sans carnage. (Encore pour la rime!)

Je t’offre les respirations paisibles

Loin des vaines tensions pénibles.

Je t’offre ces mots en toute insouciance

Pour illuminer nos journées pleines d’effervescence.

Continuons à semer contre vents et tempêtes

Nos rêves, nos projets pour perpète. (T’as une meilleure rime, là ?)

Allez bonne fête Maman

Comme je la souhaiterai aussi à toutes les mamans.

Violet - Macro printanière.JPG

Bébé s’endort

Bébé s’endort

Dans mes bras

Comme un trésor.

Tout est extra.

 

Bébé s’endort

Au gré de ma respiration

Paisible, en adoration

Confiant sur tous les bords.

 

Bébé s’endort

Comme un rêveur voguant

Vers milles rivages, volant

Sur un grand condor.

 

Bébé s’endort

Soulagement silencieux

Le sommeil est précieux

Pour un éveil sans stridor.

 

Et le bébé se réveille

Tout souriant, tout gai

Avide de naviguer

Vers moult merveilles.

L’arrivée d’un bébé

Une petite fille est arrivée.

Un quotidien est tout chamboulé.

Un sacré rayon de soleil

Renouvelé chaque jour à merveille.

On s’apprivoise, on s’avise

On décode les grimaces,  les pleurs.

On savoure les sourires qui visent

Nos tous tremblants cœurs.

Emerveillement matinal

Soin du regard et du toucher.

Vigilance délicate au coucher.

Jeux et histoires phénoménales.

Une petite fille est arrivée.

Une nouvelle vie est à construire.

Chaque seconde à braver

L’inconnu, et s’instruire

Pour accompagner un être en devenir.

Un sourd silencieux – 7 (fin) – Un rêve devenu réalité

Tristan regardait autour de lui. Il vit ses appareils auditifs sur la table basse. Il les mit. Silence. Juste quelques bruits de fond comme la circulation dans la rue. Un chien qui aboyait dans la cage d’escalier. Et quelques petits bruits qu’il n’arrivait pas à identifier. Pour l’instant, rien ne clochait. Il respira lentement assis sur son canapé, le dos droit. Il se sentait soûlé par toutes les émotions qui l’avaient traversé. Sur son bureau, l’ordinateur était allumé et sur une chaise, il y avait quelqu’un. Il était de dos et en contre-jour. Il entendit des tapotements sur le clavier. Voilà d’où venaient ces sons inconnus. Tristan racla sa gorge pour faire part de sa présence.

C’était Simon, un de ses meilleurs amis. Il se retourna et alluma la pièce pour ne plus être en contre-jour. Il fit un grand sourire. « Salut Tristan, t’en quel état t’étais-dis donc ! ». Froncements de sourcils. Incompréhension. « Je t’ai retrouvé par terre. T’as du tomber dans les pommes. Rien de grave. Une amie et moi t’avons remis sur le canapé. Et me voici à t’attendre que tu te réveilles. Il est 20h15 mon gars. »

Tristan ne savait plus trop il en était. Il avait perdu la notion du temps. Il faisait encore jour même si le soleil était couché. Il se leva doucement et Il aperçut un courrier sur le bureau. Il le prit. C’était le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel.

On l’informa qu’il avait pris en compte les revendications de Fédération Nationale des Sourds de France., tel qu’avoir « accès à une information suffisante, de qualité, pleine et entière » avec du sous-titrage et la langue des signes.

Enfin, un rêve qui devenait réalité. Cela sera plus concret dans le temps pour que les moyens techniques puissent se peaufiner, pour que les journalistes et techniciens soient sensibilisés. Oui, il fallait du temps et de la persévérance. Ne plus laisser la colère faire perdre nos moyens. Tristan en savait quelque chose. On pouvait se révolter mais il était toujours nécessaire de prendre du recul, et de trouver les mots, les gestes pour avancer, pour acter nos engagements. Mais il savait qu’émotionnellement, c’était compliqué quand les mots n’arrivaient pas à sortir, quand il n’arrivait pas à pouvoir s’exprimer le plus justement possible. La frustration pouvait lui amener à être violent verbalement ou physiquement. En même temps, c’était valable pour tout le monde. Tristan tiltait. Il commençait à philosopher, à réfléchir. Tout semblait cohérent. Il ne rêvait plus. Simon était bien en chair et en os, et qui le regardait tout souriant.

Rangement du courrier. Claquement dans les mains. Tristan s’exclama : » Allez, sortons boire un coup pour fêter ça ».

Les amis sortirent. Et ils se mirent à rêver pour un monde encore plus accessible, plus fraternel, plus solidaire. Pour un monde où les gens ne se jugeraient plus sur leurs comportements, leurs attitudes avec des a-prioris tendancieux, des raccourcies dangereux.

Un rêve, quand elle respecte la dignité de chaque personne, se réalisera toujours.

Un sourd silencieux fera toujours du bruit pour se faire entendre et prendre sa place le plus juste possible.

 

Fin

Un sourd silencieux – 6 – Harcèlement

Le voilà projeté dans ses souvenirs les plus désagréables qu’ils soient. Son rêve devenait du n’importe quoi qui allait fouiller dans sa mémoire, glanant au passage des incohérences, des absurdités. Mais là, il fut confronté à un cruel cauchemar. Il était là, assis sur un petit muret face à des élèves qui jouaient, l’ignoraient. Un profond sentiment de solitude l’envahissait. Il entendait juste du brouhaha. Des rires. Des cris. De l’autre côté de la cour caillouteuse, au pied d’un grand platane majestueux, errait un enfant étrange. Seul, lui aussi. Dans son monde. Il tournait autour de l’arbre en sursautant par moment et jouait avec ses mains.

Un sentiment de remords. Pourquoi ? Il s’en souvenait. Il l’avait rejeté lui aussi, s’isolant encore plus car il ne savait pas communiquer avec lui. Et pourtant, là, dans son rêve, il voulait faire autrement que ce qu’il avait vécu. Il se leva et fendit la meute de petits ados de 10 ans à 13 ans. Il entendit des sifflements. On s’amusait à lui siffler pour qu’il se retournât sans savoir d’où ça venait. Tristan ignora. Il alla à la rencontre de Corentin. L’enfant de la lune. Son cœur battait. Il appréhendait.

Essai d’échanges. Avec des gestes simples. Corentin souriait avec ses yeux. Tristan le comprit même si son visage restait neutre. Sonnerie de fin de récré. Tout le monde se mit en rang. Il ne voulait pas aller. Le rang était pour lui un calvaire. Des sifflements seraient de retour. On l’appellerait et se retournerait en voyant les autres regarder ailleurs ou rire.

Soudain, il se retrouva directement dans la classe devant le tableau noir, face aux élèves. Que devait-il se passer ? Le prof le regardait sévèrement. Qu’avait-il fait ? Il vit des jeunes filles pouffer. Des garçons le regarder de façon mesquin. Le prof lui reprochait de ne pas écouter et de rêver. Tristan respira un grand coup. Une réalité du passé dans un rêve. Et s’il disait ce qu’il aurait voulu tant dire ? Et s’il voulut s’expliquer tout simplement en expliquant ce qu’était la surdité ? En quoi ça impliquait ?

Et c’est ainsi que Tristan se lança dans une sensibilisation. Tous les visages changèrent. Personne ne rigolait. Le prof fut surpris.

La classe s’illuminait. Les murs disparurent. Les élèves disparaissaient au fur et à mesure dans des volées d’oiseaux multicolores. Les pupitres fondaient en sable fin. Le prof s’était statufié en marbre noir et blanc. Le tableau était devenu un écran de télévision où il voyait du sous-titrage, une personne signer.

Soudain, Tristan se retrouva sur son canapé jaune.

Fin du rêve ?

 

Notes de l’auteur :

. Texte en écoutant la bande-originale du film « Goodbye Lénine »

. Voir témoignage sur le harcèlement scolaire avec MélanieDeaf : Harcelée, parce que sourde! 

Un sourd silencieux – 5 – Douces notes

Un son de guitare suivie d’une flopée de notes de piano. Tristan fut surpris. Il entendait. Il vérifia ses oreilles. Ses appareils étaient là. Absurde. Comme tout rêve d’ailleurs. Sauf s’il était vraiment réveillé. Il ouvrit ses yeux. Il se trouvait dans une grande salle de concert, avec des musiciens sur scène. Sur le côté, un grand panneau lumineux qui décrivait la musique et retranscrivait les paroles d’un chanteur. C’était toujours un rêve. Tristan ne fut plus submergé par les acouphènes. Les sons furent légères, tendres. Tout simplement harmonieux. Un chant s’éleva en crescendo et partit comme s’il dévalait des collines escarpées. Des sons de violons le faisaient frissonner comme s’ils l’emmenaient danser dans un camp de tziganes. Il était tout seul dans la salle à écouter l’orchestre et le soliste. Il resta longtemps à entendre. Des larmes de joie perlèrent ses joues. Il se laissa aller. Sans aucune honte. Puisqu’il n’y avait personne. N’est-ce pas ?  Il se leva et juste au moment où il voulut avancer, il se heurta contre quelque chose. Il sentit qu’on le poussait. On le bousculait et fut traîné hors de la salle. La musique avait continué sans tenir compte de ce qui lui arrivait. Sur le pas de la porte, il se tint droit, tout tremblant contre le mur pour regarder la salle et le couloir en même temps. Personne. Il sentit pourtant des courants d’airs, des présences. Il eut la sensation désagréable qu’on le regardait. Son cœur battit. Un son aiguë perça son crâne coupant la musique enchanteresse. Tristan s’écria : « Et flûte ». Les acouphènes revenaient lui tourmenter. Il se laissa tomber et mit sa tête entre ses genoux.  Il fut tiraillé entre des sons agréables à entendre et ces sons envahissants.

Soudain, il fut pris de vertiges. Il releva sa tête et se stabilisa avec ses mains contre le sol. Un sol caillouteux. Il regardait autour de lui. Il était dans une cour de récréation.

Que lui réservait donc son rêve ?

Un sourd silencieux – 4 – Les acouphènes

Un silence assourdissant. Tristan entendait un vacarme continu dans sa tête. Les gens, autour de lui, sur la place, semblaient lui parler. Mais il ne comprenait rien. Il ne percevait aucun son de leurs voix. Dans ses oreilles, des sons de rochers grignotés par la mer s’éternisaient. Un mal de crâne le prenait. Tristan fendit la foule, affrontant des regards surpris ou indifférents. Il se dirigea vers une maison en brique rose. Une porte était ouverte. Il s’y engouffra pour pénétrer dans une pièce sombre, vide. Il se recroquevilla contre un mur décrépi. Les bruits se font plus forts. Insoutenable. Son rêve devenait un cauchemar. Il voulut s’isoler encore plus mais son affaire ne s’arrangeait pas. Il voulut réfléchir, comprendre pourquoi, mais la douleur lui était insupportable. La souffrance était soudaine, insidieuse, sournoise. Il serrait sa tête avec ses mains. Comme s’il voulait déboucher une bouteille. Comme s’il voulait enlever un temps son cerveau. Il essaya de crier mais rien. Devenu muet. Ses cordes vocales étaient figées. Un comble. Certains diraient qu’il serait sourd-muet. Non, Juste un sourd silencieux à cause de ses douleurs. Et quand bien même, mais sans douleurs, certains sourds refusaient de parler pour ne communiquer qu’avec la langue des signes.

Soudain, il sentit une main toucher son crâne, le masser. Douloureux mais cela lui faisait du bien malgré tout. Ses acouphènes semblaient fondre dans un petit chuchotement d’un ruisseau. Il ouvrit les yeux et aperçut Tantris. Tristan lui fit un geste pour lui dire merci. Il respira profondément puis referma ses yeux.

Une note de musique le fit sursauter.

Un sourd silencieux – 3 – l’accessibilité pour tous

Un rêve. Sûrement un rêve. Cela n’était pas possible autrement. Tristan en était persuadé mais cela ne lui suffisait pas pour se réveiller. Tantris l’emmenait dans une grande salle de musée. Dans les salles, des bandes rugueuses et colorés guidaient les pas des visiteurs.  Il y avait des guides qui signaient. Des tableaux en 3D où les aveugles pouvaient les toucher, sentir les textures, les reliefs. Des pictogrammes pour expliquer de manière simple chaque œuvre. Il était stupéfait. Et si seulement ça existait vraiment dans le réel. Si, cela existait mais c’était rare. Il reconnaissait que l’accessibilité à la culture, à l’information devait être pour tous. Sans exception. Et là, Il se sentait enivré par une joie immense de tout comprendre, d’être dans un monde où rien ne lui échappait. Même si ce n’était qu’un rêve. Il en profiterait alors. On ne savait jamais, il pourrait trouver des idées. Mais est-ce qu’il s’en souviendrait quand il se réveillera. Chaque chose en son temps. Tristan pénétra dans une salle de conférences où il y avait de la retranscription écrite, des boucles magnétiques, de l’audiodescription… C’est ballot, il n’avait toujours pas ses appareils auditifs. Il se sentait un peu décontenancé puisqu’il ne connaissait pas la langue des signes. Heureusement, il y avait le sous-titrage. Tout était bien pensé.

Tristan cherchait à comprendre comment il en était arrivé là  et surtout pourquoi il voyait son double vieux.  Etait-ce une vocation à venir pour lui ? Trop facile, non ?

Quelqu’un le bouscula. Il s’excusa mais ne s’entendait pas. Étrange sensation même si elle n’était pas nouvelle. Il se mit à signer mais vit que cela ne servait à rien. L’autre était aveugle. Tristan était très embêté. Tantris vint à son secours et tapotant dans une main de l’aveugle. Ce dernier fit un grand sourire et signa qu’il n’y avait pas de soucis, et souhaitait la bienvenue à Tristan. Stupéfaction. Tout était simple dans la communication. Aucun handicap ne sautait aux yeux des visiteurs. Chacun avait sa place. Chacun faisait attention à l’autre.

Soudain, une force l’emmena hors du musée, avec une vitesse inimaginable. Il fut pris dans un tourbillon de bruits insoutenables et de lumières aveuglantes.

Et là, il se trouvait au milieu d’une place italienne remplie de monde. Où son rêve l’emmenait-t-il ?