Petites perles lors d’une sensibilisation

Ce jeudi 13 février, j’ai vécu une très belle expérience de sensibilisation auprès des étudiants du CPE (Ecole Chimie Physique Electronique) de Lyon.
De chouettes moments d’échanges, des expériences étonnantes vécues, des malentendus amusantes :

Lors du tour de présentation, chaque étudiant donnait son nom, sa spécialité et son lieu de destination pour la césure (ou presque). Puis vient une étudiante :
Elle – Bonjour, …., et je pars en…..
Moi – Somalie ? Bon courage alors !
(Rires générales)
Moi : J’imagine bien que ce n’est pas Somalie mais c’est que j’ai cru comprendre en lisant sur tes livres et les sons entendus. C’était ?
Elle : Roumanie.
Moi : Effectivement, c’est un peu mieux comme coin.

Lors d’une exercice de lecture, l’un qui portait un casque auditif devait répéter ce que lui disait son binôme lecteur. Malgré la consigne de murmurer en lisant, Un des étudiants s’exclamait un peu fort. J’ai dû l’inviter à faire baisser la voix. Un comble pour un sourd que je suis de demander de baisser la voix!

A la fin de l’exercice, je leur ai demandé par quel moyen on pouvait essayer de comprendre la personne en face sans entendre ?
Un étudiant propose : La lecture bucale !
Il y a de l’idée en effet, on n’est pas loin.

Sur une table, nous avions mis quelques aides techniques, outils de la vie quotidienne de la vie d’un sourd. Ils ont essayé de deviner ce que c’était. J’avais demandé aux étudiants d’électroniques de ne rien démonter.
Nous avions deux réveils lumineux dont une avec flashs et l’autre avec une lumière progressive. Avant qu’ils sachent la réponse, je leur ai demandé quelle était leur différence ?
Une étudiante propose : Une différence intergénérationnelle ?

Dans le deuxième groupe, j’ai tenté un exercice, difficile pour moi. Nous avons demandé aux étudiants de choisir une phrase simple, puis de me le dire pour que je le répète. Evidemment, j’avais éteint mon appareil. Mais que ce fut galère, galère !
Pour certains, ce fut facile car certains étaient très expressifs puis d’autres utilisaient des signes, dont une qui connaissait quelques rudiments de la langue des signes.
Puis pour un groupe, leur accompagnatrice leur a suggéré une piste mais rien n’y fait. Presque aucun n’a pris la peine d’écrire. Après de longs minutes de propositions de mots, de décodage, j’avais enfin trouvé la phrase : »Son diagnostic est formel ». Pétard, elle ne pouvait pas faire plus simple, non ?
Puis pour le dernier petit groupe, j’ai répété du premier coup leur phrase. Normal, j’avais allumé discrétos mon appareil auditif. Rires dans la salle.
Est-ce que je referai cette exercice ? Sans doute, mais avec moins de propositions parce que c’est quand même assez fatiguant.

Ce mardi, je vais intervenir avec ma conférence-théâtralisée « Au secours, j’ai un collègue sourd » dans un collège auprès des 4èmes. Affaire à suivre, j’ai hâte !

 

 

 

Handicapé ou pas ? – Coup de gueule

Peu importe si je suis sourd ou aveugle,
Peu importe si j’ai une maladie psychique ou une déficience intellectuelle,
Peu importe si j’ai un diabète ou une sclérose en plaque,
Le plus important, c’est que je sois une personne et un citoyen à part entière.
J’ai des besoins spécifiques et j’ai des droits à avoir un minimum de confort.
Et le confort ne doit pas être un luxe, mais la norme.
Handicapé ? Qu’est-ce que cela t’importe de le savoir.
Je m’appelle Vivien (ou autre…), j’ai une histoire, des relations, des compétences.
Accessoirement, je suis sourd (ou une autre différence)  mais on peut en parler de manière simple. (La simplicité, cela s’apprend !)
On peut s’entendre dans un endroit calme.
Tu peux me demander quel mode de communication j’utilise.
Est-ce que j’utilise la langue des signes françaises, ou bien la LPC,
Oui bien l’écrit ou l’oral ?
Ou bien ais-je d’autres besoins ?
Parait qu’au Canada, on ne parle pas de personnes handicapées
mais de personnes extra-ordinaires.
J’aimerai plutôt dire des personnes tout court.
Je n’ai pas besoin d’être sur un piédestal
Mais juste reconnu à ma juste valeur.
D’être reconnu par ce que je suis
Et non pas forcément par des actes extraordinaires.
Je ne suis pas obligé d’être courageux, de faire des exploits sportifs, artistiques pour être reconnu.
J’essaie de vivre avec le meilleur de moi-même et de réaliser mes rêves.
J’ai aussi droit à un travail à la hauteur de mes compétences, de mes expériences.
Mes besoins spécifiques ne doivent pas être un frein à l’embauche.
S’ouvrir à la différence, ce n’est pas seulement du bonus, mais c’est plus une vraie évolution de mentalité vers l’ouverture à l’autre, une capacité à s’adapter.

Mais Vivien ? Pourquoi ce coup de gueule ?
Parce que je lis trop d’articles de journaux avec ces termes « Les handicapés » et cela m’énerve… ça m’énerve!

Donc ce n’est pas pour rien que je souhaite continuer à faire du théâtre pour continuer à sensibiliser, à former avec humour et pragmatisme.

 

 

De la peur au rire !

Et si on arrêtait d’avoir peur ?
Apprenons à connaitre, et aller à la rencontre pour mieux comprendre. Puis d’en rire malgré la gravité du sujet tel que le handicap, le cancer, les maladies rares, les épidémies, le VIH, ainsi que d’autres thèmes sur la diversité avec l’homosexualité, la religion, les étrangers de tout horizons etc…

Et si on brisait le cercle de la peur ?
Comme « Évitons de parler de ce sujet, ça va faire peur au public » à propos du cancer. Justement, au contraire, informons au plus large. Plus la peur perdra du terrain, plus le regard sur ceux qui nous entourent sera positif et constructif. On peut être prudent au lieu d’être méfiant.
Et quoi de mieux d’en savoir plus par le théâtre, par l’humour.
Pour le cancer, je vous invite à découvrir la Chauve-SouriT de Caroline Le Flour. Un One woman show sur son expérience du cancer qui décape : « Mon cancer va vous faire mourir… de rire ! ». Pour ma part, j’ai hâte de la voir ! Même si je ne suis pas concerné directement. Enfin, presque, puisque j’ai des membres de ma famille ou des amis qui l’ont eu. 
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Puis sur le handicap, c’est tellement large. On devrait dire des handicaps. Cela recoupe les 85% de handicaps invisibles et 15% concernant le handicap moteur dont 3% pour ceux qui utilisent le fauteuil roulant.
Ne pas hésiter à informer que chaque personne ayant un handicap est tout d’abord une personne avec son histoire, ses émotions, sa personnalité, ses talents.
Ne pas hésiter à témoigner que le cancer n’est pas contagieux comme pour le handicap. On pourrait dire aussi nos différences physiques, nos différences sensorielles, nos différents de couleurs, nos différences émotionnelles, nos différences culturelles.
Bref, savourons et ancrons en nous cette phrase de Saint-Exupéry : « Nos différences loin de nous léser doivent nous enrichir »

Je vous invite à découvrir trois autres humouristes qui décoiffent :
. MAK, coomme tout le monde à un poil près !   (Tu viens quand sur Lyon ? )
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. One Woman Sit Up show de Stéphanie De Wint Binon
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Là, j’ai de la chance, elle vient dans la région lyonnaise, à Chaponost le 12 février à 20h30 à l’auditorium dans le cadre du festival Histoires d’en rire. Venez donc nombreux, j’y serai aussi et cela ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd. (facile, je sais, je ne le dis plus à ceux qui me connaissent).

Et puis y en a qui cumulent un peu comme Gérard Lefort, Un vieux noir en fauteuil roulant, tout pour plaire!

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Alors, oui s’informer pour mieux appréhender différents sujets qui peuvent nous faire peur MAIS bien identifier les sources d’informations. Apprendre à prendre du recul et s’entourer de bonnes personnes qui peuvent nous aider à mieux comprendre ce qui nous coince. Du bons sens, mais cela s’apprends aussi !

Au cas où vous ne sauriez pas, sur la surdité, vous avez ma conférence-théâtralisée « Au secours, j’ai un collègue sourd », un seul sur scène sur l’accueil d’une personne sourde abordée avec humour et avec le regard de plusieurs personnages. (Oh le gars, qui fait sa propre promo!).

Alors vous êtes prêts à dépasser vos peurs et le courage d’en parler?
Vivement que j’entendes des rires au lieu des silences de gène !

Un geai en plein vol

Lors de ma balade vers Francheville, au bord de l’Yzeron, j’ai pu observer un geai des chênes.
Malgré la qualité de l’image, j’ai réussi à le capter en plein vol, prise que j’arrive à faire très rarement.

C’est avec plaisir que je vous partage cet instantané !

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