Vente-dédicace « Sourd et certain » + article du Progrès

Bonjour à vous,

Voici un événement à ne pas rater si vous êtes dans le coin. (Oui, je sais, c’est demain soir, je vous l’annonce très tard pour les bloggeurs qui me suivent sur wordpress).

Vente-dédicace

Et un article du Progrès qui parle de mon livre et de mon parcours très brièvement :

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Vous croiserais-je donc ceux qui sont du coin ?

 

Hommage à Jean Vannier

Un grand homme est parti rejoindre celui qui est le plus cher, dans la nuit du mardi 7 mai, à l’age de 90 ans !

Un grand homme, dans les deux sens du terme.

Il a crée l’Arche en 1964, un lieu de fraternité entre les personnes ayant un handicap mental et ceux qui souhaitent donner de leur temps. Aujourd’hui, elle regroupe 54 communautés dans 38 pays, avec environ 10 000 membres.

Un lieu où la fragilité était une force, où tout était accueilli du plus petit ou plus grand sourire.

Il invitait sans cesse chacun de nous à regarder l’autre avec respect et bienveillance, peu importe son handicap.

Il aurait pu faire une grande carrière militaire comme son père mais il a choisi de se consacrer aux plus vulnérables.

«Artisan de paix, il n’a jamais cessé de témoigner de la richesse de la vie partagée et de la fraternité avec les plus fragiles, en voulant contribuer à rendre aux personnes ayant une déficience intellectuelle leur dignité et leur place dans la société», souligne L’Arche.

La seule fois où je l’ai vu, c’était à Cologne lors des JMJ de 2005. Il était à la fois impressionnant et doux.

Pour en savoir plus, vous pouvez allez sur son site : https://www.jean-vanier.org/fr ainsi que sur le site de l’Arche : https://www.larche.org/accueil

Adieu Monsieur Jean ! Merci pour tout ce que vous avez fait.

Photo de Jean Vannier

Jeudi photo #16 – Burdignes

Il y a deux semaines, j’ai découvert ce petit village et j’ai eu un coup de coeur. Situé dans un beau lieu entre la Loire et l’Ardèche, j’ai apprécié les belles pierres, le calme et le panorama.

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Et avec d’excellents produits locaux ! On a fait le plein carrément 😀

 

Etre un comédien sourd….

Comment je vis le théâtre en tant que sourd chez les entendants ?

Effectivement, j’ai toujours évolué lors des ateliers, des stages, des pièces de théâtre avec des entendants. Sauf une année, où nous étions deux personnes sourdes appareillées.

Cela m’a demandé un sacré travail d’écoute et d’humilité. La plupart du temps, mes collègues étaient très attentifs pour que je puisse comprendre lors du travail sur scène (impros, répétions de scènes). J’ai surtout aussi pu trouver des compagnies de théâtre très bienveillants et vigilants.

Lors des consignes, je me mettais souvent en face du prof ou pas loin. Euh, pas tout le temps car ils parlent souvent fort et distinctement. Un vrai plaisir et un vrai confort.

Dans la compagnie de théâtre dans lequel j’ai évolué un certain nombre d’année, plus précisément Le Voyageur Debout, les improvisations étaient vécus de manière très intérieurs, fortes et en prenant le temps d’être. Ce n’est pas comme les matchs d’improvisations. Cela je ne pourrai pas. J’avais tenté mais cela partait en ping-pong et c’était trop dans le challenge et la rapidité.

Puis les impros, cela se vivait aussi par le corps, les expressions du visage, les attitudes. Je pouvais avoir assez d’éléments pour ne pas tomber à côté de la plaque. Et si cela arrivait, cela n’était pas grave. Cela fait partie de la vie et on pouvait toujours rebondir.

Je vous partage une expérience très récente lors de mon dernier stage de théâtre. Nous avions fait du masque qui recouvrait la moitié du visage. Une vraie galère pour comprendre ma partenaire. J’ai dû m’appuyer sur ses intonations de voix, ses gestes et sur le scénario que nous avions construit ensemble.

Si le théâtre se vit à fond, c’est pour moi une vraie école de vie où l’on apprend à s’écouter, à être écouter, à s’exprimer et à pouvoir laisser l’autre s’exprimer.

Ce qui est pour moi essentiel quand je fais du théâtre, c’est d’avoir la possibilité de me relaxer, de lâcher-prise dans mon corps et mon esprit pour être le plus disponible à soi et aux autres. Faire du silence en soi et accueillir avec joie, avec un petit sourire intérieur ce qui advient.

Pour le comprendre vraiment, il faut le vivre et l’expérimenter sans cesse.

Le théâtre m’a permis d’aller au-delà de ma surdité, d’explorer toutes les facettes de notre humanité, car c’est un jeu et un plaisir de ressentir, goûter ce que nous ne pourrions pas faire dans la vraie vie.