Consommons local et responsable

Bonjour à chacun et chacune,
Ces temps-ci, nous sommes invités à consommer au niveau local et de manière responsable. Il s’agit pour nous de donner du sens à nos achats comme des expériences à offrir ou bien des cadeaux inédits et étonnants.
Comme le savent certains, je fais partie d’une coopérative d’activitées : Graines de Sol.
Avec douze talents engagés, nous nous sommes réunis dans un catalogue solidaire magnifiquement orchestré par Joan.

Je vous invite à télécharger le catalogue et découvrir les différents offres allant du bien-être, de la culture jusqu’à l’artisanat :

Interview d’un éducateur insolite

Bonjour Séraphin, vous êtes éducateur dans un foyer expérimental accueillant des jeunes fracassés par la vie mais aussi des jeunes qui veulent donner un sens à leur vie. Quelle est votre parcours ?

De combattant, je dirais. J’ai travaillé tout d’abord des années dans une Maison d’enfants à Caractère Social puis en CHRS. J’ai travaillé auprès de publics très divers et variés. De toute culture, de toute religion, de toute catégorie sociale car leur point commun était la vie qui ne leur a pas fait de cadeau. Surtout des parents dépassés par les évènements, maltraitants malgré eux parfois.

Y a-t-il des moments où vous ne pensez plus à votre métier que vous exercez depuis trente ans ?

Oui, quand je dors. Et encore !

Pourquoi ce métier ?

Je pourrai vous poser la même question. Pourquoi êtes-vous journaliste ?

C’est moi qui pose les questions, vous permettez ?

La remise en question est constructif vous savez. Ce n’est pas péjoratif. Prendre de la distance est nécessaire…. Pourquoi ce métier ? C’est ce métier qui m’a choisi et j’ai été porté par cette dynamique. Y –t-il des raisons valables ou non valables ? C’est comme si vous me demandez pourquoi j’aime ma femme ?

Je ne savais pas qu’un éducateur philosophait.

C’est très important pour s’entretenir. Nous ne pouvons pas être que dans l’action. N’être que dans le faire, on s’épuise, cela devient une routine.

Vous ne vous êtes jamais emmerdé dans votre métier ?

Si, avec mes collègues. Avec les jeunes, c’est différent. C’est quand ça bouge que c’est intéressant. Quand ils sont calmes, il y a moins de matière à travailler. Quoique, cela dépend.

Revenons à notre sujet initial. Vous gérez un foyer expérimental où la direction est basée sur une coopération entre un éducateur et un gestionnaire. Que les règles sont posées avec les jeunes qui intègrent le foyer à chaque année. Et surtout qu’il y a une pièce interdite aux adultes sauf lors d’un gouter annuel, où la confiance est de mise. Chose étonnante, la pièce est la plus propre de la maison et magnifiquement décoré.

Oui, au début, c’était une pièce vide où les jeunes pouvaient taguer, aménager ce qu’ils voulaient. Au fur et à mesure, ils se sont rendus compte que le rangement, la beauté d’un lieu leur procurait un bien-être. Ils étaient heureux. Ils se sentaient chez eux. Comme dans leur chambre, on n’y pénètre pas. On fait le point avec le jeune dans une autre pièce. On fait très attention à ce que chaque jeune préserve son intimité et construit son identité propre.

Un concept revient souvent dans la philosophie de ce foyer : l’Amour. Cela ne fait pas bisounours ?

Cela le parait aux yeux d’une société qui recherche la performance, l’élitisme gommant les différences. Non, l’Amour doit être la base de notre société. L’Amour permet la confiance, le partage. Ne plus être gentils mais vrais comme chacun doit l’être au fond de lui-même et pas en fonction de ceux que disent les autres de manière négative. Nous essayons d’avoir un vocabulaire positif, valorisant même en posant un cadre, même si un jeune a fait une connerie. Nous n’évitons pas les conflits. On le provoque parfois si on sent qu’il y a un abcès qui s’infecte dans la relation, dans le mal-être. Tout doit être fait dans la bienveillance.

C’est difficile ce que vous demandez.

Bien sûr que c’est difficile. La vie est difficile et ce n’est pas une raison d’en rajouter plus pour se mépriser, s’ignorer, s’isoler et se noyer dans la rancœur.  Nous faisons en sorte que la différence soit une vraie richesse et qu’elle soit vécue. Pas des paroles en l’air. Nous le vivons au quotidien. Comment croyez-vous que j’ai réussi à tenir depuis trente ans ? Comment croyez-vous que des gens arrivent à garder le sourire malgré les galères, les souffrances renvoyés ceux que nous accompagnons.

Revenons à nos moutons.

Oui, nous avons des moutons dans notre grand parc. C’est une chance que nous avons d’être à la périphérie de la ville au bord de la campagne.

Ce n’est pas ce que je voulais dire.

Mais nous y sommes. Notre foyer s’ouvre une fois par mois aux habitants du quartier en organisant une fête avec des jeux, un buffet organisé par les jeunes. C’est toujours un succès même si au début, bien sûr, les gens étaient réticents.

Pourtant, on vous entend peu parler. C’est une initiative porteuse d’espoir pour notre société.

Vous m’étonnez en vous entendant. La plupart des journalistes sont souvent à la recherche de scoops, de faits croustillants, morbides, peoples.

Vous généralisez !

Tout à fait, j’en suis conscient. Je sais très bien aussi qu’il y a des journalistes qui font du très bon boulot et je souhaite vraiment que nous les entendions plus et que le profit ne soit pas le moteur du métier mais l’homme dans son ensemble.

Une dernière question. Votre plus mauvais souvenir ?

Aucun. J’essaie de ne me souvenirs que de belles choses. Les mauvais. Je les mets dans une malle : « A ne pas ouvrir sauf si c’est pour se faire mal ».

Merci Séraphin d’avoir accepté cette interview pour le journal « Rêve au concret »

Merci à vous aussi.


Interview fictif mais pensées réels. Ecrit en 2016 !

Educateur spécialisé, le retour

Après 9 ans de pause, j’ai décidé de reprendre mon métier d’éducateur spécialisé. Mais pas dans n’importe conditions pour ne pas à revivre mon burn-out vécu en mars 2011.

– Vivien, tu te grilles quand même en partageant cette experience, non ?
Oui et non. C’est faire preuve d’honneteté et de confiance. Et ayant fait ma première journée de remplacement mardi dernier, j’ai compris que j’ai gagné en confiance et maturité. 9 ans pour rebondir, s’affirmer, affiner ses armes, mieux se connaitre avec ses forces et limites. Puis j’assume mon passé. C’est derrière moi et aujourd’hui, j’ai évolué, mûri. C’est aussi une façon de témoigner qu’après un burn-out, on peut se relever, avec le temps qu’il faudra.
Comment j’ai vécu ma première journée ? Extrêmement bien malgré un gros stress en me levant. Logique et humain !
Je me suis régalé dans contacts avec les ados avec une déficience intellectuel (trisomie, austisme et autres). J’ai juste un peu ramé quand une jeune m’a parlé avec son masque. Je ne comprenais rien Et oui, je reste toujours sourd. J’ai dû faire appel à une de mes collègues. C’était aussi très appréciable de travailler en équipe, de pouvoir s’entendre sur le déroulement de la journée.
Comme activités, nous avons fait des jeux de sociétés avec comme but de mieux appréhender les habilités sociales. Et l’après-midi, ce fut tout simple, activités manuelles avec de la pate à modeler puis atelier nature (semis).
Alors, non, on ne fait pas de l’occupationnel, hein ! C’est toute une démarche pour que chaque jeune puisse évoluer dans un cadre sécurisant et qu’il puisse s’exprimer avec différents outils de médiation.

Le lieu où je travaillais était en campagne et il faisait un temps magnifique. Quoi de mieux pour reprendre le métier !

Hâte de continuer les remplacements !

Vivien, a sourd-in work # Educateur Spécialisé

Dans quoi je me suis embarqué pour vous raconter mes souvenirs d’éducateur spécialisé en peu de mots, de la formation à mes expériences professionnelles qui ont duré 3 ans – .
En 2004, quand j’ai intégré la formation pour être éducateur spécialisé, j’étais dans une promo spéciale, intensif pour deux ans car j’avais un bac+3. Nous étions donc 15 exactement.
Ces deux années d’études furent pour moi un vrai régal, avec une ambiance très cordiale, solidaire malgré quelques couacs. Je me souviens de la formatrice référente qui m’a beaucoup soutenu, surtout quand je passais des caps difficiles lors des stages. (Malentendues avec une salariée par exemple).
Au niveau de ma surdité, je suis très peu intervenu au sein du groupe pour demander de parler un peu plus fort. Je ne l’ai fait qu’une fois. Et cette fois-là, j’ai eu droit à une note d’un formateur sur mon bulletin : « Parle trop de son handicap ». Faut pas chercher à comprendre.
Il y avait deux matières qui furent plus difficiles pour moi : Le droit et l’économie. J’avais galéré pour faire les dossiers. Lors d’un cours, je me souviens d’avoir confondu en écoutant le mot constitution, j’avais entendu prostitution !
Mes matières préférées ? La psychologie du développement, le GAP (Groupe d’analyse de la pratique), psychosociologie et pédagogie.

Quels stages j’avais fait ? J’ai été dans une MECS (Maison d’Enfants à Caractère Sociale) pendant 3 mois, et pendant 9 mois, dans un ITEP (Institut Thérapeuthique Educatif et Pédagogique). J’ai mis le sigle de l’époque. Cela a changé entre temps.
Mon mémoire était sur « le jeu chez l’enfant ayant des troubles de la personnalité et du comportement ». Le titre exact était : « Viens…. Laisse-moi jouer ». J’avais créer des jeux coopératifs, ou adapté des jeux pour aider les jeunes à se concentrer et finir la partie. Un pur régal même si j’ai galéré pour l’écriture du dossier. L’oral en fin de cursus s’était très bien passé et les examinateurs avaient bien pris en compte ma surdité.
Les seules difficultés que j’ai eu, c’est de pouvoir gérer les conflits en groupe car je ne pouvais pas comprendre (j’entendais un mot sur deux) les jeunes dans un brouhaha. Puis je ne pouvais pas répondre aux insultes. Je pouvais juste deviner à travers les regards et les gestes. Ces difficultés se sont retrouvées quand j’ai été éducateur de rue pendant 6 mois en 2008-2009.

Au niveau professionnel, auprès de quels publics j’ai travaillé ?
Tout d’abord auprès des jeunes de quartier puis auprès d’ados ayant des troubles de la personnalités et du comportement dans un ITEP. J’ai bien compris par la suite que c’était pas un public pour moi car j’ai eu un burn-out en avril 2010.
Ne jamais se mettre en situation difficile !
Ne jamais aller au delà de ses capacités.
J’ai expérimenté auprès des adultes déficients intellectuels (un vrai plaisir) et enfin auprès des enfants ayant des troubles autistiques. C’est cette dernière expérience qui m’a valu le coup de grâce sur mon métier. J’avais beaucoup apprécié travaillé avec ce public mais les conditions de travail m’ont achevé.

– Vivien, c’est un peu déprimant ton témoignage là ! Un message positif à faire passer malgré tout ?
Ne jamais abandonner ses rêves, ses convictions !
J’ai continué à oeuvrer pour le social autrement, sur les handicaps à travers les écrits, divers petits boulots. Il m’a fallu du temps c’est sûr pour rebondir mais j’ai pu avancer, expérimenter.

Prochain boulot ? Je reviens un peu dans le temps car juste après mon diplôme d’éducateur spécialisé, j’avais décidé de partir en volontariat.
Je suis donc parti un an au Sénégal en tant qu’animateur socio-culturel dans un collège privé catholique.

Lors d’un atelier Expression artistique pendant ma formation d’éduc spé

Une vie (extra)-professionnelle d’un sourd

Il y a quelques jours, j’avais fait un petit sondage sur le nombre de métiers que j’avais pu effectuer depuis le bac en 2000. Certains m’ont demandé si l’enchainement de métiers était par choix ou si c’étaient des circonstances liées à ma surdité. C’est plus complexe que cela je dirai, il y a pleins de facteurs qui rentrent en compte : l’environnement de travail, le type de travail, le type de contrat, la fatigabilité. Pour certains métiers, ce fut juste des expériences ponctuelles et d’autres ce fut plus long.

Je saisis cette occasion pour vous en parler de mes différents expériences professionnelles. (Et même extra parce que là, aussi mes expériences bénévoles m’ont beaucoup enrichies).
Combien alors Vivien ?
Pour les métiers, donc payés, j’en ai fait 17 !
Je ferai un article pour chaque poste que j’ai effectué. (Et je parlerai de mes expériences bénévoles en parallèle).
Alors dans l’ordre chronologique :
– Carthotécaire
– Vendangeur
– Professeur pour enfants sourds
– Animateur BAFA
– Educateur spécialisé
– Animateur socio-culturel
– Directeur de camps
– Garde d’enfants
– Documentaliste
– Photographe
– Animateur péri-scolaire
– Aide à domicile
– Chauffeur pour personnes âgées
– Formateur
– Conférencier
– Ecrivain
– Animateur en EHPAD

Et tex expériences extra-professionnelles ?
– Président d’une association étudiante culturelle et humanitaire
– Metteur en scène
– Visiteur dans un EHPAD
– Délégué bénévole pour un réseau d’anciens volontaire DCC
– Coordinateur de classes découvertes
– Youtubeur

Mon objectif est d’apporter un éclairage positif malgré les difficultés que j’ai pu rencontrées, et surtout quels moyens j’ai pris pour mieux appréhender mon environnement sonore.
Alors, vous êtes prêt pour le prochain article, lundi prochain ?


Un animateur en EHPAD #2 – Mon quotidien

Chaque matin depuis une semaine, j’ai pris une habitude qui me prend du temps mais qui est pour moi essentiel. Avec une blouse et un masque, je vais saluer les résidents un par un au seuil de leur chambre. Cela me prends une grosse heure. Certaines résidentes sont ravies et une me fait rire à chaque fois. Elle me lance d’une traite:  « Bonjour, bon courage, bonne journée ».
Essentiel pour assurer une présence joyeuse, pour apporter un quotidien différent autre que les soins et les apports de boissons et gâteaux.
Je parcours les trois étages et prends au maximum les escaliers. C’est mon sport quotidien. Et à chaque étage, je me lave les mains.
Au passage, je vous confirme qu’en portant le masque toute la journée, je respire toujours et je n’ai pas de maux de tête. Je l’enlève juste pour manger ! 

Ensuite, je prends des moments de jeux en individuel genre des mémory, des photos mystères, des jeux de mémoire avec des objects cachés sous un tissu.
Jeudi dernier, une résidente me disait à chaque fois « Pendule » quand j’avais retiré une bougie ronde. Au bout du quatrième essai, je lui fais des gros yeux et elle s’était mis à rire : « Non, pas de pendule. »

A partir de 11h, les résidents commencent à être amenés dans leurs salles de restaurations. Hop, je prépare une petite activité que je fais par table en attendant qu’ils soient servis. Une autre résidente s’était écrié : »Qu’est-ce que vous nous réservez cette fois-ci ? »
Demain, je prévois des quizz dans la thématique « Tour du monde » .

Juste avant ma pause de midi, pendant qu’ils mangent, je prépare mon activité de l’après-midi (quand je ne fais pas l’accueil des familles certains jours).

Enfin, l’après-midi, je varie les activités entre la « Table magique » avec la Tovertafel » (Un vrai régal surtout quand, jeudi dernier,  Madame W se régalait en fin de séance alors qu’elle n’était pas du tout motivé au début), ou bien des jeux de mots, des revues de presse. A venir, je ferai aussi des ateliers peintures puis des séances cinéma etc…

Mais comment les personnes me comprennent avec le masque ? Ce n’est pas simple il est vrai mais en articulant bien, ça passe. Comme le faisait remarquer madame Y, mes yeux parlent plus que mon masque.

Et comment j’entends mes collègues ? Par chance, je comprends presque tout car ils parlent assez fort, sont expressifs. Bref, j’ai de la chance d’avoir une équipe de choc! Puis j’ai une collègue aide-soignante qui utilise par moments la langue des signes. Alors on se fait passer des messages de temps en temps dans le couloir, de loin 😀 !
Le petit plus, le masque chirurgical étouffe moins les sons que le masque en tissu.

Pour l’instant, aucun cas Covid dans l’établissement depuis le début et nous espérons que cela va continuer comme ça.

A très bientôt pour de nouvelles anecdotes ! (Tous les lundis, peut-être!)

1er forum Handicap et enfance à Mornant (69)

Quel est mon projet avec eux ?
Je les soutiens dans le comité de pilotage puis j’interviens en tant que acteur et auteur. Je tiendrai un stand pour mon livre et je jouerai en exclusivité ma future pièce de théâtre sur la surdité le matin à 11h15 !
Un sacré projet en vue avec une équipe de feu!

71498056_2165501853555761_2310505127494025216_n

Je vous invite à découvrir au près cet événement sur cette page : https://www.facebook.com/events/462190444382177/

5 dates pour rencontrer un sourd !

Bonjour à tous et à toutes,

La semaine prochaine, je pars faire une tournée et peut-être je passe pas très loin de chez vous. Voici les différentes dates :

71247645_1212136758991267_5680463693456867328_n

71226095_1212140055657604_7280275737758662656_n

71591957_1212142395657370_5231799482592526336_n.jpg

Alors une occasion de se croiser ?