L’appareil auditif, un truc de vieux ?

Bonjour à tous,

Savez-vous qu’un appareil auditif est un petit bijou technologique très pratique et utile dans la vie de tous les jours ?

Un appareil auditif, ce n’est pas un gadget de confort seulement pour les vieux. (Avec tout le respect que je dois aux vieux, bien sûr).

Elle est très pratique pour toutes les âges et surtout indispensable, même vitale (Pour moi surtout). J’en ai depuis que j’ai l’âge de deux ans, et j’en change tous les 5-6 ans en moyenne :

Depuis mon nouvel  appareil, j’entends mieux et c’est un peu régal.

Pourquoi cacher ses appareils auditifs ? En quoi c’est une honte de moins entendre ? Parce qu’on est plus isolé, on rate les dernières informations qui nous exclut ? Rétablissons la communication en nommant ce qui nous gêne. En mettant en valeur notre différence et pour délier les langues. Je reconnais bien sûr que c’est difficile et qu’il faut énormément de temps pour l’assumer, en fonction du regard que l’on porte sur soi, et comment on perçoit le regard des autres sur notre différence. Et surtout très important de pouvoir être accompagné du point de vue psychologique, et ce n’est pas faire preuve de faiblesse. Surtout pas. C’est humain.

Je vous partage une très belle initiative qui met en valeur l’appareil auditif avec un bijou :

A très vite pour une vidéo!

Titi et Lulu, deux soeurs youtubeuses

Bonjour à tous,

Je vous présente un duo de choc, Titi et Lulu même si c’est Titi qui mène la danse. En effet, les deux soeurs n’habitent pas au même endroit donc plus compliqué de faire des vidéos.

Vous pouvez quand même découvrir leurs chouettes vidéos, très instructives parfois follettes.

Bon visionnage et partagez autour de vous! 😉

BD : Tombé dans l’oreille d’un sourd

Oh un article ?

Pas encore de vidéo mais je voulais vous partager un coup de coeur pour une bande-dessinée :

C’est « Tombé dans l’oreille d’un sourd » de Grégory Mahieux et Audrey Levitre.

tombe-sourd

Grégory et Nadège sont comblés par la naissance de leurs jumeaux, Charles et Tristan. Pourtant leur univers s’effondre lorsque le diagnostic tombe : Tristan est sourd profond.Comment alors, en tant que parents entendants, aider leur fils à s épanouir dans notre société d hyper-communication ? Comment respecter son identité propre dans ce monde qui laisse, au final, peu de place à l altérité ? Bref, comment prendre les bonnes décisions pour Tristan ? (source : Lirado)

J’ai été agréablement surpris du ton donné par l’auteur. Brut, sincère et qui résume bien les difficultés au quotidien dans les démarches administratifs et surtout au niveau médical. L’auteur révèle bien encore les énormes failles au niveau éducation par rapport à la Loi 02-2005. Il y a encore toujours un énorme décalage entre les paroles et les actes.

J’ai trouvé ça juste dans les explications sur les différents tests que leur enfant Tristan a du passer ainsi que les combats qu’ils ont du mener pour que leur enfant soit intégré dans un milieu ordinaire tout en restant en lien avec un établissement spécialisé.

Tous les thèmes sont abordés : le milieu médical, les centres spécialisés, l’école, les aides techniques, les disponibilités dans le travail, l’acceptation du handicap par les autres ou le devenir de l’enfant.

Il me semble important d’apporter un regard sans jugement sur la position des parents car cela pourrait faire hurler pour ceux qui seraient contre l’implant cochléaire. C’est leur choix et il est à respecter.

Le dessin est très agréable à regarder et se lit très facilement. J’ai beaucoup apprécié la mise en scène du vécu de Tristan. Je me suis parfois retrouvé dans ses colères et ses solitudes. Et là, je retrouve bien les attitudes des parents qu’auraient pu avoir mes parents.

Un témoignage que je conseillerai à ceux qui veulent en savoir plus sur le quotidien de parents d’enfants sourds, et même sur le vécu des enfants ballotté entre le silence et le bruit.

Et vous, l’avez-vous lu ?

Non ?

Qu’attendez-vous donc ? Courez donc chez votre libraire! 😉

Et hop, un interview de l’auteur dans Youbecom

Si tu crois en l’homme

Tu t’es assis sur ce banc, regardant l’horizon.

A l’ombre d’un instant, tu ressens une présence.

Peu importe quoi, elle t’apporte de la douceur

Loin des violences et des peurs véhiculées par les médias.

Tu reviens dans le quotidien où chacun de tes gestes prend un sens.

Tu vis tout simplement, avec les autres, toujours là à te sourire

Ou à te dire bonjour, à parler ou rire franchement du temps qui passe.

Les colères, les ragots te passent par-dessus la tête. C’est futile.

Tu sens une brise douce te caresser les cheveux. Nouvelle sensation.

Loin des larmes, tu reprends souffle car la vie continue avec tes rêves.

C’est ainsi que tu te lèves et prends le temps de ce que tu as à faire.

Tu essaie de revenir à l’essentiel à travers la musique, la culture, la joie d’être ensemble.

Tu as a mis aux oubliettes la haine et la vengeance. Il en faut du courage pour aimer.

Si tu continues en croire à l’homme, alors tu ne peux que rester debout et résister.

Si tu crois en chacun, tu ne sombreras pas dans l’oubli et l’indifférence.

Je te sens plus apaisé même si il y a des appréhensions. Rien n’empêche l’autre.

N’oublie pas de parler, de t’exprimer, de créer, d’innover pour grandir

Et construire un monde meilleur avec tes capacités du moment.

Tu pourras transmettre à tes enfants la force de l’amour et du lien.

Transmettre que tout est possible et que l’on peut vaincre la folie de certains hommes.

Tout est possible si tu ne restes pas seul et ça, tu le sais.

Si tu crois en l’homme, tout est possible !

 

Audrey, sourde implantée, conductrice routiere

Audrey, jeune femme de 26 ans, vient de réussir son diplôme de chauffeur routier, catégorie poids lourds, permis C. Elle est la première femme sourde à le réussir.

Par Skype, nous avons échangé par écrit sur son parcours, sur son boulot au sein des routiers en majorité masculin et sa perception de la vie.

Parcours professionnel

Avant de devenir conductrice routière, elle a travaillé dans le domaine de la comptabilité , mais elle n’a pas pu trouver un emploi stable car souvent des difficultés se posaient à cause de sa surdité comme le téléphone. En parallèle, , elle faisait partie de l’équipe handisport CSO (équitation) et il fallait qu’elle passe son permis EB pour pouvoir transporter sa jument et c’est comme ça que qu’elle pris le goût d’aimer conduire. Et le fait de bouger avec sa voiture et van, c’est tout naturellement qu’elle s’est dirigée vers ce métier là.

Elle a donc commencé sa formation début janvier pour le Titre professionnel véhicule porteur terminé fin mars. Elle a entamé sa deuxième formation qui est plus professionnel pour passer le permis CE.

Sa réussite du permis C est une revanche par rapport à sa conseillère d’emploi qui pensait qu’elle n’y arriverait jamais.

Le monde des routiers

Audrey reconnaît que c’est un monde à part, car la majorité sont des hommes. Ces derniers parlent souvent de jolies femmes.

Un jour, elle avait mangé dans un restaurant routier, dès le premier jour, il n’y avait pas de femmes et elle était la seule. Là, tous les routiers se sont arrêtés de manger et de boire pour la regarder arriver.

A part cela, elle a la chance d’avoir un employeur sensibilisé au handicap. Là où elle a effectué son stage, c’était une coopérative dont le PDG est très sensible au niveau des personnes en situation d’handicap et il a offert une semaine de vacances de sport d’hiver à une classe d’enfants sourds, et a invité une classe d’enfants sourds à visiter et à monter dans les camions dans l’entreprise.

Elle va sur les routes régionales et parfois régionales. Mais jamais elle ne fera de l’internationale. Elle préfère éviter car elle ne serait pas rassurée par rapport à sa surdité et surtout pour sa sécurité la nuit. Etant une femme, il ne faut pas jouer avec le feu, ajoute-t-elle.

Lors de son parcours, elle a eu beaucoup de retours négatives comme quoi elle était bonne à rien, incapable etc. Donc du coup, c’est sa victoire sur la vie car elle a pu prouver à quel point elle pouvait réussir comme une personne « normale »

Sa perception de la vie

Depuis qu’elle a eu quelques décès dans sa famille, cela lui a fait comprendre à quel point la vie est courte, donc il faut la vivre à fond et donc si on a des rêves entre guillemets, il faut faire en sorte qu’on puisse les réaliser. Et elle a surtout envie de dire que malgré la surdité ou l’handicap en général, on peut en faire une force plutôt que d’en faire une faiblesse. Elle terminerais par cette citation qui la correspond assez bien : impossible n’est pas sourd.

Complément d’information

Elle est sourde et porte un implant. Cela ne se voit pas car elle porte des cheveux longs. C’est l’avantage d’être une femme. Elle oralise, signe et code un peu pour mieux clarifier certains sons qui se ressemblent.

Une petite dernière citation d’Audrey pour la route : «  Quand on veut, on peut, même si certaines personnes font tout pour te mettre des obstacles ».

Merci à Audrey pour son témoignage.

Nous te souhaitons pleins de courage et une belle continuation dans tous tes projets.