L’appareil auditif, un truc de vieux ?

Bonjour à tous,

Savez-vous qu’un appareil auditif est un petit bijou technologique très pratique et utile dans la vie de tous les jours ?

Un appareil auditif, ce n’est pas un gadget de confort seulement pour les vieux. (Avec tout le respect que je dois aux vieux, bien sûr).

Elle est très pratique pour toutes les âges et surtout indispensable, même vitale (Pour moi surtout). J’en ai depuis que j’ai l’âge de deux ans, et j’en change tous les 5-6 ans en moyenne :

Depuis mon nouvel  appareil, j’entends mieux et c’est un peu régal.

Pourquoi cacher ses appareils auditifs ? En quoi c’est une honte de moins entendre ? Parce qu’on est plus isolé, on rate les dernières informations qui nous exclut ? Rétablissons la communication en nommant ce qui nous gêne. En mettant en valeur notre différence et pour délier les langues. Je reconnais bien sûr que c’est difficile et qu’il faut énormément de temps pour l’assumer, en fonction du regard que l’on porte sur soi, et comment on perçoit le regard des autres sur notre différence. Et surtout très important de pouvoir être accompagné du point de vue psychologique, et ce n’est pas faire preuve de faiblesse. Surtout pas. C’est humain.

Je vous partage une très belle initiative qui met en valeur l’appareil auditif avec un bijou :

A très vite pour une vidéo!

Dhafer – Un « cyprien » sourd

Bonjour à tous, aujourd’hui, je vous présente Dhafer, considéré par certains comme un « Cyprien « sourd. Je dirai tout simplement qu’il est Dhafer ! Avec du grand talent d’acteur et de dessin, surtout de manga.

Je vous laisse découvrir ce fameux youtubeur :

Avec lui, on n’est jamais sorti d’affaire pour ne pas rire !

Handicap visible ou invisible ?

(Texte que j’ai écrit en 2014)

Handicap visible ou invisible ?

Qu’est –ce qui serait plus aisé à vivre ?

Est-ce plus confortable d’être dans un fauteuil roulant et que les gens voient, constatent vraiment votre handicap ?

Ou bien d’avoir un handicap invisible qui vous gêne dans la vie de tous les jours, et que vous devez sans arrêt répéter aux « ignorants le pourquoi du comment ?

Je reconnais que c’est un peu schématique, c’est vite des raccourcis. Notre vécu du handicap est subjectif en fonction de notre histoire, de notre environnement social et familial. Puis tout est question du ressenti du regard de l’autre en fonction de nos fragilités extérieurs ou intérieurs.

Puis nos handicaps ne sont pas comparables.

Nos vécus ne sont pas mesurables.

L’acceptation de notre handicap est tout un chemin avec des joies et obstacles rencontrés.

Je voudrais témoigner mais ce n’est pas simple. Il me faut éviter de me faire griller sur la toile. Mais je tente le coup. Je ne voudrais pas tomber dans la victimisation, ou d’attirer la pitié. Que c’est insoutenable de sentir une pitié venir sur soi. Je voudrais juste être reconnu à ma juste place, à ma juste valeur. Ne pas excuser mes bourdes, mes erreurs parce que j’ai un handicap. Je suis un homme avant tout. Je ne me résume pas à l’handicap que j’ai mais il fait partie malgré tout de mon identité.

Allez, je me lance pour ceux qui ne me connaissent pas. Je suis sourd appareillé. Appareillé que d’une seule oreille. L’autre est foutue. Je suis en mode mono. Je suis appareillé depuis l’âge de deux ans. Grace à l’orthophonie, je peux parler et m’aider de la lecture labiale. Malgré mon audition très limité, je parle très bien. C’est une grande réussite. Mais c’est aussi un inconvénient car les gens qui ne savent pas que je suis sourd, peuvent croire que je suis idiot quand je ne comprends pas ce qu’ils disent. Handicapé de la communication. Merci de ne pas me sortir le refrain classique : «  Mais nous sommes tous des handicapés de la communication ». C’est trop facile et ça peut avoir le don d’agacer. Comme mon handicap ne se voit pas, les gens oublient de parler correctement,  ou sinon ils me parlent d’une autre pièce ou partent vite. C’est fatiguant parfois de faire rappeler son handicap. Je pourrais oser dire aussi que c’est humiliant.

 

Alors je souhaite un bon courage pour ceux qui vivent le handicap comme une lourdeur plus ou moins temporaire. Il est aisé de le vivre en fonction de l’environnement social, amical, familial et même professionnel.

Même un seul regard

Même un seul regard, un seul de tes mots

Reconnaissant son être et ses maux,

Sa mémoire ne l’oubliera pas de sitôt.

Il continuera à espérer sans être pataud.

 

Même une seule caresse sur son visage figé,

Il continuera à sentir, à aimer, à piger

Ta présence à ses côtés, immobile.

Son sens de la vie aura toujours un mobile.

 

Même si tu l’as à peine parlé, à peine croisé,

S’il a été touché, il se souviendra de toi.

Le temps n’a pas de prise sur nos joies prisées

Gardées au fond de nos mémoires qui se déploient.

 

Même si l’âge nous cueille dans la faiblesse,

Notre corps restera marqué de nos victoires

De nos quotidiens, de nos belles histoires,

Même si des trous viennent et nous blessent.

 

Continue à semer avec ce que tu es, avec ce que tu fais.

Des mercis inattendus viendront dans un certain temps.

Plus nous nous laissons surprendre, plus c’est un bienfait

Qui nous aidera à croire, à avancer dans l’instant.

 

N’aie donc pas peur faire le premier pas

Même s’il est tout petit, presque insignifiant.

En mettant tout ton énergie, il deviendra vivifiant

Et jaillira plus loin que tes rêves sans trépas.

Vivre le handicap en hauteur

L’association, Pic et Perches, propose des animations adaptées pour permettre à tout public de découvrir la nature, l’apesanteur, l’environnement.

Je partage sincèrement que c’est une expérience vivifiante pour les jeunes, où ils peuvent appréhender leurs corps dans la nature, sentir les odeurs, toucher les branches.

C’est une équipe professionnelle formée au handicap qui seront à même de monter des projets qui correspond à vos besoins et besoins de vos jeunes.

  • Parce que les loisirs de pleine nature sont un droit pour chacun

  • Parce que nous privilégions la mixité des publics, pour des rencontres enrichissantes

  • Parce qu’adapter l’environnement diminue la notion même de handicap

Ils viennent du Jura et ont pu se déplacer dans les monts du Lyonnais pour quatre jours avec un IME de l’ARIMC.

Venez donc les découvrir sur ce site: Association Pic et Perches

Alors, une expérience à tenter ?

C’est ainsi…

C’est ainsi qu’il voudrait jouer.

Jouer avec ses mains sans danger

Prendre des risques en rêvant

Et créer en grandissant, s’élevant

Pour atteindre une joie jubilatoire.

Je vis. Ce n’est pas rédhibitoire.

C’est ainsi qu’il voudrait courir.

Courir avec ses jambes tordues

Sans risquer de tomber et souffrir,

Sous des regards détendus.

Dylan est son nom à vie

Déjà connoté loin des envies.

Il voudrait bien s’appeler autrement

Pour fuir des préjugés, des gens

Qui ne veulent pas accepter la différence.

C’est ainsi qu’il voudrait chanter.

Chanter avec ses logorrhées

Et ses bruits de bouche courbée.

C’est ainsi qu’on voudrait le regarder.

Le regarder à travers ses yeux.

Et son sourire malicieux

Je respire. C’est une nécessité.

C’est ainsi qu’il voudrait faire de la musique.

Composer dans sa tête et diriger

Si on lui donne des outils basiques

Pour ne plus être déranger.

Ne baissez pas les bras.

Continuez, persévérer.

Je vaux la peine d’être aimé.

Merci. Tout le temps je vous le dirai.

 

(Texte écrit en 2014)