Bébé s’endort

Bébé s’endort

Dans mes bras

Comme un trésor.

Tout est extra.

 

Bébé s’endort

Au gré de ma respiration

Paisible, en adoration

Confiant sur tous les bords.

 

Bébé s’endort

Comme un rêveur voguant

Vers milles rivages, volant

Sur un grand condor.

 

Bébé s’endort

Soulagement silencieux

Le sommeil est précieux

Pour un éveil sans stridor.

 

Et le bébé se réveille

Tout souriant, tout gai

Avide de naviguer

Vers moult merveilles.

Accueillir le silence

Accueillir le silence,

Un temps calme pour reposer ses neurones.

Juste écouter sa respiration,

Et goûter la saveur fraiche de l’air.

Se permettre de cueillir les émotions

Comme elles viennent,

Dans une solitude sereine.

Juste un temps pour laisser le corps se détendre

Le temps d’un instant hors des tracas.

Pour laisser émerger la vie

Et pourquoi ne pas sourire ?

Ou bien pleurer avec ce qui advient.

Sans regrets, sans remords avec ce que l’on est.

Fermer les yeux

Inspirer au plus profond de soi

Pour être le plus vrai possible.

Être soi.

Puis mettre ses sens en éveil

Puis se rendre disponible

Avec confiance

En regardant autour de soi.

Se protéger

Puis se donner la permission

D’être bien,

Même pour un court instant.

C’est peut-être un avant-goût de l’éternité.

N’oublions jamais que le bonheur est un chemin

Et non un but à atteindre.

Facile à dire que de faire

Mais le vivre rien qu’une seconde, cela fait un bien fou.

Et pourquoi pas retenter l’expérience ?

Vivre avec le silence

Un silence apaisant pour me reposer.

Une musique sans son pour faire danser au repos mes neurones.

Un vrai silence où je peux entendre à peine un bruit avec mon appareil.

Un silence où les couleurs du monde prennent forme.

Un silence où les silhouettes se détachent de mon horizon.

Une harmonie du vide sonore pour mieux percevoir d’autres sens.

Pour mieux sentir les odeurs des fleurs ou le parfum d’une femme.

Pour mieux sentir une peau douce, un bois travaillé, une peluche d’un enfant.

Pour mieux saisir les saveurs subtiles d’un curry d’agneau, d’un dessert au chocolat.

Pour mieux voir les détails d’un tableau ou les insectes dans l’herbe.

 

C’est vrai que l’on peut avoir peur du silence, pour ne pas se retrouver.

Peur de se laisser déborder par des émotions ou des idées noires.

Crainte de s’ouvrir à l’inconnu et de se laisser surprendre par des bruits inattendus.

Crainte de perdre des informations et de se sentir en décalage.

 

Y a-t-il des vrais silences ?

Dans le désert ? Dans la campagne profonde sans âme qui vive ?

Puis y a du bruit dans la tête avec toutes nos idées qui se bousculent, nos mots qui s’entrechoquent.

 

Dans le silence extérieur, on peut entendre notre corps.

Comme le corps qui bat rapidement pensant que l’on marche dans le grenier.

Comme le ventre qui gargouille croyant que c’est le parquet qui grince.

Pour ma part, je peux l’entendre avec mon appareil auditif. Sans ce dernier, rien du tout.

 

Le silence s’apprivoise.

C’est notre état intérieur qui fait que le silence est pesant ou pas.

Le silence a son propre langage.

Il est parfois plus important que la parole comme utiliser le regard, les gestes, la posture.

 

Je préfère des sons harmonieux, distincts, sans grésillements, sans accrocs.

Le bruit m’est insupportable avec mon appareil auditif.

J’apprécie le silence quand c’est moi qui le choisis, qui le décide comme quand j’éteins mon appareil dans un métro où des gens parlent fort, ou bien en sortant d’une salle où il a une fête bruyante.

 

Et vous ? Quelle est votre rapport avec le silence ? Avec le bruit ?

Pas de bonheur chez les sourds ?

On dit souvent que la musique, le son, la voix peut apporter beaucoup au bien être des personnes. Mais alors, ceux qui sont sourds complètement et qui entendent très mal et ne peuvent pas apprécier les sons qui les agressent, les étourdissent ?

Peut-on trouver un sens à sa vie dans le silence complet ?

J’en suis convaincu. Oui. Je comprends très bien ceux qui rejettent ceux qui apprécient la musique, ceux qui entendent et savourent les sons. Mais on ne peut pas, sans cesse se battre contre ce qui nous manque.

Pour ma part, je n’ai pas d’odorat en plus de ma surdité. Donc deux sens en moins dont une, heureusement arrangé par un appareillage à l’oreille. L’odorat ne me manque pas puisque je ne sais pas ce que je sais. C’est ainsi.

Là où je compense énormément et que je trouve un sens à la vie, et c’est bien sur personnel, c’est la vue. Je puise mes ressources dans l’observation de la nature, des gens, des relations humaines à travers la photographie et l’écriture. Surtout la photographie. C’est un pur régal pour moi de faire des photos et de les partager.

Un sens à la vie dans le silence ? On peut le trouver en contact avec des gens qui nous entourent, nous aiment tel qu’on est malgré le souci de la communication sauf si on arrive à se parler en LSF (Langue des Signes Françaises) ou en LPC (Langage Parlé complété).

Même dans le silence, nous avons chacun des ressources inexplorées ou peu exploitées, j’en suis certain. Par exemple, le toucher, certains peuvent avoir un don pour le modelage (j’en ai fait en CM2 et parait-il, j’avais un talent fou), pour la sculpture ou autre. On peut y prendre du plaisir et y trouver ses petits bonheurs à créer. Je crois fermement qu’en s’accomplissant, qu’en mettant en œuvre ce qu’on aime faire, on peut trouver une grande joie.

Même si reconnais ma grande chance, je souhaite vraiment que ceux qui sont dans une profonde surdité et qui la vivent très mal puissent trouver des bouts de bonheurs. Et ces petits bouts de bonheurs sont uniques pour chacun.

Dans le silence

Dans le silence de mes jours,

J’aime prendre le temps d’observer les visages

Et à travers leurs regards, faire un voyage

Dans leurs souvenirs, dans leurs histoires.

Dans le silence de mes jours,

J’aime entendre le bruit disparaître

Dans les couleurs des arbres et du ciel d’azur.

Juste prendre le temps de s’émerveiller

Et souffler loin du tumulte quotidien.

Juste porter l’attention sur mon souffle.

Se recentrer et que mes pensées s’agitent moins.

Dans le silence de mes maux intérieurs,

J’essaie d’observer loin vers l’horizon,

Pour être saisie en un instant d’éternité.

Pour dégager les bruits de l’âme

Et se rendre disponible pour l’autre.

J’ai bien conscience des drames

Et la culpabilité ne sert à rien.

Toujours aller de l’avant, faire le premier pas

Et de temps en temps, souffler, se poser pour repartir.

Faire le silence de mon passé tourmenté,

C’est-à-dire l’apaiser car on n’oublie jamais.

Pas-à-pas, faire des choix dans le silence des émotions.

Prendre des décisions loin des colères ou des exaltations.

Dans le silence de mes nuits,

Je savoure les rêves qui me bercent

Malgré des cauchemars ou des nuits blanches.

Mais tout cela dans un silence choisi et agréable.

Dans le silence pesant ou angoissant,

C’est une toute autre histoire

Et je ne la souhaite à personne.

Copyright Vivien Laplane . Mai 2015

Un sourd aime entendre….

Quand je suis seul, j’aime entendre le silence se poindre au creux de mes oreilles.

Surtout après avoir affronté la foule, le bruit des voitures, les travaux ou les machines qui ont tourné dans la maison.

J’aime entendre des voix douces et paisibles où je peux comprendre chaque mot, dans un environnement calme.

J’aime entendre une articulation simple, sans être exagéré. Cela me fatigue moins. je ne suis pas obligé de me concentrer.

J’aime entendre la voix de la personne avec son regard, ses lèvres. Je peux mieux apprécier la parole, cerner ce qu’il veut me transmettre.

J’aime entendre la musique surtout quand c’est harmonieux,  selon certaines fréquences et à un taux de décibel agréable. J’aime surtout quand c’est dynamique et puissant aussi comme les symphonies classiques etc…

J’aime tendre mon oreille dans la nature pour capter les chants des oiseaux ou le roucoulement d’un ruisseau.

J’aime , ô combien j’aime entendre des choses positives, constructives, épanouissantes ancrées dans la réalité.

Bien sûr qu’il y a des trucs, des machins que je n’aime pas mais je préfère évoquer ce qui est positif. Très important, pour le moral. J’ai bien conscience des horreurs et des conneries en ce monde mais il n’y pas que ça ! Deux poids, deux mesures. J’ai choisi de nourrir ce qui est positif, ce qui fait grandir chacun de nous avec ses qualités et défauts. Tout est dans la nuance et le juste milieu.

Et vous, qu’aimez-vous ?