Dans le silence

Dans le silence de mes jours,

J’aime prendre le temps d’observer les visages

Et à travers leurs regards, faire un voyage

Dans leurs souvenirs, dans leurs histoires.

Dans le silence de mes jours,

J’aime entendre le bruit disparaître

Dans les couleurs des arbres et du ciel d’azur.

Juste prendre le temps de s’émerveiller

Et souffler loin du tumulte quotidien.

Juste porter l’attention sur mon souffle.

Se recentrer et que mes pensées s’agitent moins.

Dans le silence de mes maux intérieurs,

J’essaie d’observer loin vers l’horizon,

Pour être saisie en un instant d’éternité.

Pour dégager les bruits de l’âme

Et se rendre disponible pour l’autre.

J’ai bien conscience des drames

Et la culpabilité ne sert à rien.

Toujours aller de l’avant, faire le premier pas

Et de temps en temps, souffler, se poser pour repartir.

Faire le silence de mon passé tourmenté,

C’est-à-dire l’apaiser car on n’oublie jamais.

Pas-à-pas, faire des choix dans le silence des émotions.

Prendre des décisions loin des colères ou des exaltations.

Dans le silence de mes nuits,

Je savoure les rêves qui me bercent

Malgré des cauchemars ou des nuits blanches.

Mais tout cela dans un silence choisi et agréable.

Dans le silence pesant ou angoissant,

C’est une toute autre histoire

Et je ne la souhaite à personne.

 

Copyright Vivien Laplane . Mai 2015

Un sourd à l’écoute

Sans entendre, je peux écouter.

Enfin, écouter à travers les gestes, des signes, des mouvements d’humeurs.

Écouter à travers l’observation des détails et en comprendre le sens.

Entendre, c’est juste percevoir des sons comme voir des formes , des silhouettes sans en saisir le contenu.

Entendre, cela serait comme apercevoir une maison et savoir qu’elle est là mais sans s’approcher.

Alors qu’écouter, c’est s’approcher de cette maison, mieux saisir comment cette maison est construite et puis surtout savoir qui l’habite.

Écouter, c’est d’aller dans son jardin et être inviter à prendre le thé, de cœur à cœur avec confiance.

Avec ma surdité profonde et ma version monophone (Un seul appareil) , j’arrive à écouter. Enfin, j’y arrive dans de bonnes conditions.

Je peux écouter si je suis dans une ambiance calme.

Je peux écouter si la personne parle en face de moi.

Je peux écouter si la personne parle de façon intelligible.

Je peux écouter si je me sens en sécurité avec la personne, c’est-à-dire que je n’ai pas la crainte d’être attaqué à cause de mes idées ou de ce que je suis.

C’est comme pour le dialogue en langue des signes ou en Langue parlée complétée. On ne peut comprendre que si les signes sont bien faits, bien positionnées avec toute l’expression du visage et du corps.

En parlant au monde des sourds : Écouter, c’est saisir que chacun d’entre-nous est différent avec un point fort qui nous rassemble : La surdité.

Je vous souhaite d’écouter, d’observer et d’accepter même si nous ne sommes pas d’accord.

Je souhaite à chacun de faire son choix en libre conscience, avec sa toute liberté sans être jugé.