Et si je me reposais ?

Alors que je m’épuise à ranger, à trier, à mettre de l’ordre,

Je n’ai plus de repos, ni d’instant de calme.

L’un me sollicite pour aller aux toilettes,

L’autre qui veut jouer aux playmobil.

Puis mon conjoint qui n’arrive pas.

Mon corps frémit mais je tiens le coup malgré tout.

Ma tête est comme une essoreuse où les pensées filent à mille à l’heure.

Et si je me reposais ? Et si je me déconnectais ?

Mais comment ? Avec tout ce qu’il y a à faire ?

Ais-je le droit ? Ne me verra-t-on pas comme un parent indigne ?

En fait, je n’arrive plus à penser sereinement.

C’est le stress, la volonté de maîtriser et de vouloir que tout se passe bien

Qui m’aide à m’avancer.

Qui serais-donc pour demander à quelqu’un de garder mes enfants

Et que j’aille me reposer une journée entière ?

Un parent laxiste qui abandonne ses enfants ?

Puis je m’inquièterai sans doute sans cesse si les enfants vont bien,

Est-ce que je n’ai rien oublié ?

Et si je lâchais prise ? Non, pas l’abandon, juste admettre que rien ne sera parfait

Mais ce que je ferai de mon mieux, ça sera déjà bien.

Aucun parent n’est superman. Faut déjà en prendre conscience.

Il me faut accepter de prendre un temps pour être encore plus disponible avec les enfants.

Tout est question de confiance. Facile à dire qu’à faire, je sais.

 

J’écris ce texte alors que je ne suis pas encore parent.

Mais j’imagine bien en voyant comment vivent ceux qui ont des enfants.

Aussi, parce que j’ai vécu aussi au quotidien avec des jeunes en tant éducateur spécialisé,

Rien par rapport au quotidien des parents mais je peux mesurer l’ampleur de la tâche.

 

Je souhaite pleins de courage à ceux qui peinent dans l’accompagnement de leurs enfants sur leur chemin de vie.

Après un burn-out

Cher Flavio, mon ami

Lors de notre dernière discussion, je t’ai vu enthousiaste alors que tu as vécu un burn-out récemment. Je t’ai vu  batailler dans ton boulot d’infirmier, te donner corps et âme pour les patients. Puis tu as dû lâcher prise, par épuisement total. Tu as dû prendre soin de toi. Tu as accepté de te laisser faire et de ne plus donner sans rien recevoir. Comme dit un certain auteur, tu as été touché par la maladie du don[1]. Tu t’es trop donné. Maintenant, tu acceptes de recevoir et l’intègre en ton for intérieur. D’un sentiment de sentir indigne de compliments, de remerciements, tu es passé dans une posture d’accueil.

Tu acceptes aussi de te reposer, te prendre soin de toi, de prendre ton temps. Ton temps pour retrouver l’essentiel et ce qui fait sens dans ta vie.

Tu sais que la plupart des gens qui ont un burn-out sont des personnes généreuses, idéalistes, exigeantes vis-à-vis d’eux-mêmes. Oui, tu es une belle personne et tu ne peux pas gâcher cette idée-là.

Tu ne peux pas gâcher tes talents, tes qualités et c’est pour cela que tu t’es lancé dans tes projets qui te tiennent à cœur comme la peinture. Tu essaies de trouver un juste équilibre. Tu fais de mini-projets à court terme pour avoir des satisfactions. Puis des grands projets qui te semblent réalisables, à la hauteur de tes appétences, de tes dons.

Tu souhaites te faire plaisir en faisant plaisir aux autres. Vivre ta passion avec tempérance et équilibre peut t’emmener loin dans la vie.  Tu essaies de prendre du plaisir en faisant la cuisine, en marchant, en allant voir des amis, en jouant avec tes enfants, tes neveux et nièces.

Oui Flavio, tu fais bien de rêver. Tu fais bien aussi de regarder les choses positives puisque tu vas mieux. Tu remercies les personnes qui t’enrichissent même pour des broutilles. Tu as apprit à être vrai et non plus à être gentil. Mais tu sais que c’est un entrainement de tous les jours. Tu restes malgré tout humain.

Tu saisis ta chance d’être entouré d’amis, de ta famille, de tes enfants. Tu ignores les personnes toxiques et tu te fais entourer des personnes bienveillantes. Il n’est plus bon de laisser prise aux pervers narcissiques, aux cyniques, aux aigries sur sa personne.

Tu as le droit de vivre. Tu as le droit de choisir ta vie. Tu as le droit d’agir et de décider par toi-même en connaissance de cause.

Continue mon cher ami à avoir des projets, à avoir des rêves à n’en plus finir, à recevoir ce qui te fais du bien, à les intégrer et à pouvoir les donner dans une juste mesure.

Je te dis tout ça parce que je l’ai vécu aussi. Oui, la vie vaut la peine d’être vécue malgré les tempêtes les plus dévastateurs.

[1]Burn-out, la maladie du don, Pascal Ide, Éd. Emmanuel, Quasar, 2015, 192 p.