Et pourquoi pas ?

Peu importe qui je suis. Je me disais que je pourrai être différent de toi.

Je me disais que je pourrai être unique et accepter mes limites, mes forces.

Je pourrai exprimer mes émotions sans éprouver de la honte,

Sans me faire passer pour un faible, un moins-que rien.

Et pourquoi pas ? Je peux ne pas penser comme toi ni te suivre

Comme un mouton, comme un disciple qui fait une totale confiance.

Et si je ne suis pas d’accord avec toi, est-ce la fin du monde ?

Je peux changer de route sans devoir me comparer aux autres.

Tu n’es pas meilleure que moi ni plus mauvais que moi.

Tu as une autre façon d’agir, de vivre, de faire les choses au quotidien.

Moi aussi, je peux vivre autrement et être authentique.

Et pourquoi pas ? Je peux être en cohérence entre ce que je peux faire

Et ce que je souhaiterai vivre, seul ou avec les autres.

Je suis différent comme toi aussi, tu l’es par rapport aux autres.

C’est ce qui fait la richesse de notre relation. Nous sommes complémentaires.

A nous de trouver sur ce qui est pour nous complémentaire et non sur la différence.

Je suis fait pour aimer, comme toi. Je suis fait pour entendre, parler, échanger comme toi.

Je suis fait pour respirer, manger, marcher, observer comme toi.

Et pourquoi pas ? D’écouter nos tristesses et nos colères, avouer nos peurs

Pour avancer sur ce que nous pouvons construire ensemble.

On peut agir pour l’autre avec nos possibilités du moment,

Soit par l’écriture, l’action, la parole, les gestes au quotidien.

Personne ne doit être négligé pour ce qu’il fait, à sa manière

Pour faire grandir l’humanité en chacun de nous.

Et pourquoi pas ? Toujours croire en l’autre malgré tout

Pour ne pas être envahi par la haine et la violence.

 

Je vous souhaite pleins de courage dans ce que tu as vivre, dans ce que tu vis. Bonne semaine à toi qui m’auras lu jusqu’au bout! 😉

La journée de folie d’un djeun

Je te jure. Ce matin, mon réveil sonne à 6h. Je me lève comme un zombie .

Pourtant j’avais pas réglé le réveil. Je prends des céréales.

En fait, ce sont des épinards en croquettes.

J’entends des miaulements. C’est mon clébard qui réclame un bizou.

J’essaie de comprendre ce qui se passe mais mon cerveau ne répond pas.

Je prends mon sac pour aller en cours et je monte dans le bus. Personne.

Putaing, oh, y a bien cours aujourd’hui. Y se passe quoi ?

Le chauffeur est un robot. Le bus démarre en trombe en marche arrière.

Je m’agrippe comme je peux sans rien comprendre. Et là, le bus s’envole.

Les vitres explosent et une ceinture vient m’enlacer. Je reste suspendu

Car le bus monte comme une fusée. Je vois mon quartier de très haut.

C’est quoi ce délire ? Et là, Le bus disparait et me retrouve seul accroché à un fauteuil.

Je suis suspendu dans l’air sans tomber. Je plane complètement par-dessus des quartiers.

Personne dans les rues. Et là, une horde de corbeaux me transporte encore plus loin.

Un aigle royale s’agrippe à mon sac à dos et me dépose sur un volcan en éruption.

Rien ne me brule. Je suis tellement angoissé que je suis tétanisé. Un cauchemar sans doute.

Une cage de glace m’enveloppe sans fondre malgré la lave qui s’écoule sous mes pieds.

Une forte rafale me soulève. Je rebondis des milliers de fois. Je suis complètement sonné.

Et là, je me retrouve devant une cabane tout déglinguée. Je franchis la porte.

Une immense salle de ouf avec des buffets à perte de vue. Une foule de lutins et de trolls.

Des fées virevoltent dans tous les sens. Le délire est encore plus délire. Du métal rock !

Des manchots jouent de la guitare électrique et de la batterie.

Tout un orchestre avec des musiciens tout aussi tordus comme des cors de chasse.

On me donne une mitraillette et on m’ordonne de tirer. Je refuse. Une forte migraine

Qui m’impose de tirer. Je le fais. Pleins de bonbons et chamallows arrosent la foule.

Je m’effondre de fatigue dans un fauteuil rempli de chocolats et de caramels.

Tout noir. Sensation de vertige.

On me réveille. Un éducateur me murmure avec douceur :

« Toi, tu t’es encore shooté ».

Si tu crois en l’homme

Tu t’es assis sur ce banc, regardant l’horizon.

A l’ombre d’un instant, tu ressens une présence.

Peu importe quoi, elle t’apporte de la douceur

Loin des violences et des peurs véhiculées par les médias.

Tu reviens dans le quotidien où chacun de tes gestes prend un sens.

Tu vis tout simplement, avec les autres, toujours là à te sourire

Ou à te dire bonjour, à parler ou rire franchement du temps qui passe.

Les colères, les ragots te passent par-dessus la tête. C’est futile.

Tu sens une brise douce te caresser les cheveux. Nouvelle sensation.

Loin des larmes, tu reprends souffle car la vie continue avec tes rêves.

C’est ainsi que tu te lèves et prends le temps de ce que tu as à faire.

Tu essaie de revenir à l’essentiel à travers la musique, la culture, la joie d’être ensemble.

Tu as a mis aux oubliettes la haine et la vengeance. Il en faut du courage pour aimer.

Si tu continues en croire à l’homme, alors tu ne peux que rester debout et résister.

Si tu crois en chacun, tu ne sombreras pas dans l’oubli et l’indifférence.

Je te sens plus apaisé même si il y a des appréhensions. Rien n’empêche l’autre.

N’oublie pas de parler, de t’exprimer, de créer, d’innover pour grandir

Et construire un monde meilleur avec tes capacités du moment.

Tu pourras transmettre à tes enfants la force de l’amour et du lien.

Transmettre que tout est possible et que l’on peut vaincre la folie de certains hommes.

Tout est possible si tu ne restes pas seul et ça, tu le sais.

Si tu crois en l’homme, tout est possible !

 

L’épuisement d’une mère

Alix n’en peut plus avec ces bambins.

Même son mari Jean est épuisé avec son travail en plus.

Ils tiennent depuis trois ans

Depuis que la première est née, Esther.

Le deuxième enfant, Kimo ne fait pas ses nuits.

Alix est super crevé mais elle est hyperactive.

Le ménage, les couches, les bains, les repas

Et bien sûr répondre aux sollicitations de ses enfants.

Parfois elle aimerait les balancer par la fenêtre.

Non, cela ne se fait pas. Pas du tout même.

Elle a déjà fait g                arder ses enfants mais rien en change.

Elle sent qu’elle ne récupérera jamais.

A quand le répit ? Elle ne veut plus solliciter.

Elle veut être forte et pourtant, au fond d’elle….

Elle sent que ce n’est pas raisonnable.

Elle voudrait bien mais elle ne veut pas se séparer de son dernier.

Il est encore trop fragile. Cela ne fait que six mois qu’il est né.

Comment fait-elle pour tenir ? Elle se le demande bien.

Peut-être qu’elle arrive à prendre les petits bonheurs de ses enfants

Comme des décharges d’énergies.

Quand il y a un câlin, un sourire qui vient.

Un nouveau mot, un nouveau geste d’un de ses enfants.

Les instants de tendresse et craquants quand son bébé joue,

Ou bien babille. Quand Esther dessine ou chantonne.

Parfois son mari prend le relais. Primordial le tiers.

Elle songe aux mères seules. Quelle galère !

Elle repense à ses amies qui ont aussi des enfants.

Alix est épuisé mais elle est heureuse malgré tout.

Heureuse d’avoir des enfants et surtout cette chance d’en avoir.

Elle sent que le mental est important pour tenir.

Elle ressent que le repos est parfois nécessaire.

Elle essaie de jongler avec tous les aléas quotidiens

Et de se mettre au rythme des enfants.

Elle arrive à réfléchir quand même,

A prendre du recul sur ce qu’elle vit,

Avec son mari et ses enfants.

Même à deux heures du matin, après avoir rassuré la grande,

Elle peut se rendormir et ne pas se décourager.

Elle sait bien que c’est pour un temps mais que c’est long.

Elle sait bien qu’élever ses enfants prend du temps

Et que ça semble se répéter indéfiniment.

Alix est épuisé mais elle vit toujours

Et surtout ne reste pas seul face à ses détresses.

Elle prendra toujours le temps de téléphoner à des amies.

Pour apaiser son épuisement, pour avancer.

Bon courage à toutes les mères… et aux pères !

« Comment il te regarde l’autre ? »

Le regard des autres te titille, nous titille.
Parfois même un peu trop et nous bloque dans notre liberté.
T’as parfois l’impression d’être jugé, regardé de travers parce que t’es différent.
Ou bien parce que tu as réagi de manière bizarre, hors norme.
Tu as souvent l’impression qu’on te regarde comme une bête en cage.
Et parfois, ce ne sont malheureusement que des impressions.
En te jugeant bizarre, tu te donnes une image défaussée aux yeux des autres.
C’est parce que tu te juges que tu as l’impression qu’ils portent sur toi un regard réprobateur.
Nous interprétons facilement ce que peuvent penser les autres sur nous.
Mais nous ne pouvons jamais savoir ce que pensent les autres.
Je sais bien que ce n’est pas simple de prendre de la distance par rapport aux autres.
Que pensent-ils donc de moi ? Ils complotent contre moi ? Ils disent du mal sur moi ?
Mais peut t’importe, en fait, ce qui compte, c’est ta propre conscience et toi seul connaît ta valeur.
Facile à dire qu’à le vivre, je sais. C’est le chemin de toute une vie d’avancer avec sa propre liberté intérieur.
Ecoute ou vois plutôt ceux qui sont bienveillant avec toi et reconnaissent ta vraie valeur, qui acceptent tel que tu es.
Déjà, faut s’accepter pour être accepté au fur et à mesure du temps.
Se détacher du regard des autres prend du temps et surtout dépend ce que tu fais, en cohérence avec tes valeurs profondes et tes actes de chaque jour autour de toi.
Le regard des autres peut dépendre du regard qu’on porte sur soi, et de s’assumer pleinement sans porter un regard de jugement sur les autres.
Avec mon expérience de la surdité, le regard des autres était amplifié par les paroles que je n’entendais pas. Quand je les voyais parler devant moi sans rien comprendre, des questions me venaient : Parle-t-il de moi ? De quoi cause-t-il ?
Quelle personne sourde ou malentendant n’a jamais vécu ça ?

Peu importe comment les autres te regardent. Ce qui compte, c’est comment tu assumes pleinement ta personnalité, ton caractère, ce que tu es.

Ne reste pas seul !

Tu galères. Tu en baves.

Que tu sois vieux.

Que tu aie un handicap ou une maladie.

Tu n’es pas seul.

Même si les souffrances ne peuvent pas se comparer,

Des personnes peuvent te comprendre et t’écouter.

N’oublie pas qu’il y a toujours quelqu’un qui pense à toi,

Qui ne souhaite que ton bonheur.

N’oublie pas. T’es jamais seul dans la galère.

Malgré la fatigue, les douleurs incessantes,

N’oublie pas de sourire une fois dans la journée.

N’oublie pas de dire des mots à quelqu’un.

N’oublie pas de rêver malgré tout.

Fixe toi des petits objectifs et faire un premier pas.

Le premier pas est toujours important.

Chaque chose en son temps.

Si tu peux, lis des textes qui peuvent te réconforter.

Ne t’enferme surtout pas sans cesse dans tes souffrances.

Essaie de ne pas tourner en rond pour pouvoir respirer.

Tu n’es pas seul et ne reste pas seul.

Juste un petit coucou, gratuitement

Soit par mail, par texto, par téléphone

Ou de visu dans la rue, dans les couloirs.

Essaie de ne pas t’isoler.

Ne reste pas seul trop longtemps.

Montre-nous que tu existes

Et pas seulement par tes souffrances.

Tu existes aussi par tes talents, tes rêves,

Par ce que tu es toi, tout simplement.

Alors, ne reste pas seul.

Existe, tu vaux toujours la peine d’être reconnu et entendu.

Ose t’affirmer

A toi qui peine et trime

Ose affirmer tes valeurs, tes rêves.

A toi qui râle et noircit tes jours,

Ose exprimer tes idéaux et s’y tendre

Pour faire un premier pas vers ta propre vie qui en vaut la peine.

N’écoute pas ceux qui croient que tout est impossible.

Fais-toi entourer des personnes qui croient en toi.

Ose affirmer ta personnalité sans écraser l’autre

Et sans te faire écraser par ceux qui croient tout savoir.

Bien sûr que la réalité est difficile, que rien n’est facile.

Ma devise : Qui ne tente rien n’a rien !

Deviens tel que tu es au fond de toi.

N’aie pas peur de découvrir tes faiblesses.

Fructifie plutôt tes talents, tes points forts.

Tu en as, c’est sur même si elles semblent nulles aux yeux de la société.

Y en aura toujours des personnes pour critiquer, pour essayer de te rabaisser.

Bien sûr qu’il y aura des déceptions mais quand tu auras des joies, goûte les à fond.

Ose aller à contre-courant même si cela peut paraître coûtant en énergie

Mais l’aventure en vaut le coup et tu pourras être fière de toi.

Ose t’affirmer et te surprendre. Tu surprendras ton entourage.

Pour ma part, lors de mes années fac, j’ai osé crée une association

Et monté des pièces de théâtre, fait une tournée dans les Cévennes.

J’ai osé partir en volontariat au Sénégal malgré ma surdité et les contraintes techniques.

Personne n’a le droit de juger tes talents et de les comparer à d’autres.

Tu es unique et ta vie vaut toujours la peine d’être vécue,

Et pour cela, il faut en prendre soin, la nourrir par toi et par ceux qui te soutiennent.

Alors ose et pleins de courage dans tout ce que tu entreprendras.

Dans le silence

Dans le silence de mes jours,

J’aime prendre le temps d’observer les visages

Et à travers leurs regards, faire un voyage

Dans leurs souvenirs, dans leurs histoires.

Dans le silence de mes jours,

J’aime entendre le bruit disparaître

Dans les couleurs des arbres et du ciel d’azur.

Juste prendre le temps de s’émerveiller

Et souffler loin du tumulte quotidien.

Juste porter l’attention sur mon souffle.

Se recentrer et que mes pensées s’agitent moins.

Dans le silence de mes maux intérieurs,

J’essaie d’observer loin vers l’horizon,

Pour être saisie en un instant d’éternité.

Pour dégager les bruits de l’âme

Et se rendre disponible pour l’autre.

J’ai bien conscience des drames

Et la culpabilité ne sert à rien.

Toujours aller de l’avant, faire le premier pas

Et de temps en temps, souffler, se poser pour repartir.

Faire le silence de mon passé tourmenté,

C’est-à-dire l’apaiser car on n’oublie jamais.

Pas-à-pas, faire des choix dans le silence des émotions.

Prendre des décisions loin des colères ou des exaltations.

Dans le silence de mes nuits,

Je savoure les rêves qui me bercent

Malgré des cauchemars ou des nuits blanches.

Mais tout cela dans un silence choisi et agréable.

Dans le silence pesant ou angoissant,

C’est une toute autre histoire

Et je ne la souhaite à personne.

 

Copyright Vivien Laplane . Mai 2015