Logique, je prône une accessibilité universelle. Je parle de la LSF (Langue des signes française) à travers un de mes personnages. C’est passer de la parole aux actes.
📈 2. Ouvrir mes portes à une nouvelle communauté
En France, des centaines de milliers de personnes sourdes pourraient apprécier mon spectacle sur un sujet qui les touche directement. Pourquoi les priver de rire ensemble ?
💡 3. Transformer mon spectacle en démonstration vivante
Quoi de mieux que de montrer la beauté de la LSF en direct ? Le public découvre concrètement cette langue riche et expressive, rendant mon message plus percutant.
🧡 4. Le plaisir de partager la scène
Fini le one-man show solitaire ! Avoir une interprète à mes côtés, c’est créer une vraie complicité sur scène. Un duo artistique où nos deux formes d’expression se complètent et s’enrichissent mutuellement.
C’est plus vivant, plus dynamique, et franchement… plus enthousiasmant !
Hâte de pouvoir jouer demain en duo, ma dernière représentation avvant les vacances.
L’interprète qui est sur la photo, c’est Karine. Elle connait par coeur mon spectacle car elle a déjà interprété 7 fois.
Elle fera la huitième fois le 13 septembre à la salle des fêtes de Nivolas-Vermelle (38) à 20h30.
Si vous me faites appel, une interprète LSF sera inclus dans le devis !
▶️ Toute conférence, tout spectacle devrait être accessible avec une interprète LSF (cela peut un aussi, même si les gars sont moins nombreux), et du sous-titrage au minimum. On pourrait aussi avoir de l’audiodescription et du codage LPC !
💪 un sourd rire partagé vaut définitivement mieux qu’un mal entendu !
C’était ce jeudi dernier, le 8 juin, au salon autonomic.
Avant de débuter ma conférence, vint deux sourdes signantes. Je leur avais informé qu’elles pouvaient aller voir Signes de Sens ou l’accueil du salon et solliciter une interprète.
Au bout de 10 mn elles n’ont pas trouvé. Elles se sont installées malgré tout.
Je m’étais préparé et ait découvert qu’il n’y avait pas de sous titrage car le matériel avait été volé la nuit d’avant 😱.
J’expliquais la situation aux personnes en signant du mieux que je pouvais. Elles sont restées quand même.
Perplexe, je commençais à jouer et là tous les deux signèrent et conversèrent avec deux autres personnes dans la salle. 4 personnes sur 8 c’est très voyant.
Puis je comprenais ce qu’elles disaient. Elles ralaient parce que je parlais, je n’étais pas vraiment sourd et que ce n’était pas accessible.
Bref, en tant que conférencier et sourd, je ne me suis pas senti respecté. J’ai arrêté et je m’etais mis en colère.
Je leur ai répété que j’étais désolé pour ces soucis d’accessibilité et que je n’étais en aucun cas responsable.
Je leur ai demandé de me laisser jouer et si elles voulaient continuer à parler, à signer que c’était dehors.
Je me suis retrouvé malgré tout dans une situation très délicate j’avoue. Elles sont sorties. Mais j’étais tellement dans l’émotion que je ne pouvais plus jouer. J’ai dû annuler mon intervention.
Mais 5 mn après, avec une spectatrice qui m’a rassuré et était toute désolé, 4 personnes sont arrivées en retard et voulait me voir jouer.
Il y avait 3 personnes de la RATP que j’avais invité le matin même à leur stand et une collègue. Après un temps de respiration de 3 mn, j’ai pu rejouer devant finalement 7 personnes.
Cela s’est finalement bien passé et j’ai pu avoir de chouettes échanges par la suite.
En tout cas, cette expérience m’a ébranlé et fatigué, tellement que je n’avais pas l’énergie pour écrire sur LinkedIn hier.
Cela m’avait peiné bien sûr que mon intervention n’ait pas pu être accessible complètement.
Vivement une accessibilité optimale et sans tension !
Je rêve vraiment que chaque personne puisse choisir son mode de communication, en toute connaissance de cause sans être juger, et de pouvoir s’épanouir sans écraser l’autre. On devrait pouvoir s’entendre sur ce rêve, non ?
Ma relation avec la langue des signes est compliquée !
Tout d’abord, la langue des signes n’est pas ma langue maternelle. Certes, je suis né sourd mais j’ai grandi dans un environnement entendant.
❌ Mes parents ont tenté de monter une association et faire en sorte que je sois dans une école bilingue LSF / Français orale mais les pouvoirs publics n’ont pas suivis. Alors j’ai intégré une école ordinaire avec beaucoup d’orthophonie et du soutien scolaire.
✔ Vers 15 ans, j’ai découvert la langue des signes en rencontrant des jeunes sourds lors des colonies mixtes entre enfants sourds et entendants. J’avais l’impression de retrouver une nouvelle famille.
❌ Après ma licence de géographie, je suis parti dans un Institut pour Jeunes sourds pour être professeur remplaçant pour enfants sourds. Alors qu’initialement, je voulais être élève-professeur et passer le CAPEJS.
Lors de mes premières semaines, tous les collégiens me considéraient comme un faux sourd car je parlais. Ma langue des signés étaient précaire. Au bout de trois mois, je fus viré pour insuffisance professionnelle. ⭕ Je tirais un trait sur la langue des signes pendant quelques années.
✅ En 2014, quand j’ai eu mon diplôme de licence pro de documentation scientifique, je fus embauché en tant que documentaliste dans un lieu d’informations sur la surdité. Je fus ravi et j’ai repris un peu la LSF.
🔴 En 2015, je fus rejeté par un collègue interprète LSF pendant une semaine lors de sa venue aux bureaux. Si je lui parlais, il ne me répondait pas. Si je lui signais, tout allais bien. Pour lui, comme j’étais sourd, je devais apprendre la langue des signes. A cause de cette situation, entre-autres je fis un burn-out.
Ces rencontres ne m’ont pas beaucoup aidé à aborder la LSF sereinement.
✔ Quand j’ai lancé ma conférence-théâtralisée, quand je pouvais au niveau finance, je faisais appel à une interprète LSF. Je me régalais par moments avec des clin d’oeil avec elle.
😱 Enfin, un jour de 2019, j’ai joué ma conférence-théâtralisée devant une soixantaine de personnes dont les trois quarts du public étaient sourdes. J’avais mis le paquet grâce au soutien de Talentéo en ayant du sous-titrage, une codeuse LPC et un interprétariat en LSF. 😵 Lors des questions-rapides, je fus bien malmené même si sur le coup, je ne m’étais pas rendu compte.
✅ Finalement, en 2021, je me suis formé en langue des signes françaises pour pouvoir échanger plus facilement lors des rencontres, surtout lors des salons. J’ai le niveau A2 pour l’instant.
Et maintenant ? J’avoue que cela ne me manque pas car je suis bien dans la langue orale et je prends du plaisir à parler, à être sur scène avec la voix. Cela ne m’empêche de rester en lien avec le monde de la langue des signes malgré quelques traumatismes relationnels.
Pour résumer, nous aimerions être respectés dans notre choix de communication et que cela ne soit pas imposé par l’environnement. Et surtout que ce choix puisse être accessible en tout lieu et en tout temps !
Merci pour ta lecture !
Ah oui, je ferai mes voeux 2023 bientôt, promis ! 😀
Et voilà c’est parti pour ma semaine de formation LSF pour le niveau A1.4 ! (Oui avec les bases que j’avais, apprises sur le tas, sans aucune formation, j’avais déjà un niveau A1.3 d’après une évaluation). Pendant 4 jours, je vais baigner dans la langue des signes …. et le silence. Et oui, pour apprendre, intégrer les gestes, c’est beaucoup mieux de ne pas parler. Vous parleriez français et anglais en même temps, vous ? Et bien, c’est la même chose! Etant sourd bavard, cela me fera tout bizarre de ne pas parler mais je sais que cela ne pourra que me plaire.
En fin de semaine, je vous ferai un petit bilan de mon vécu. Entre-temps, je continuerai d’alimenter mon blog avec des photos ou des poèmes, comme d’habitude car je ne résume pas ma vie à la surdité. 😉
La semaine dernière, j’ai commencé une nouvelle mission pour trois semaines, de manière ponctuelle. Je suis en renfort d’une équipe pour accompagner un jeune sourd et autiste en LSF.
– Mais Vivien, tu ne parles pas couramment la La langue des Signes Française! T’es un imposteur, non ? Ou là, les grands mots. Je n’interviens pas en tant que traducteur ou interprète mais plutôt en tant qu’éducateur sourd connaissant les bases de la LSF. Avec ce jeune, pas besoin de faire des phrases longues et complexes. Mes trois interventions pour l’instant se sont bien passés avec lui. J’arrive à prendre le temps de lui expliquer, de le rassurer lors des situations de crise. Evidemment, je reconnais que ce n’est pas suffisant et je suis parfois frustré quand un mot ne me revient plus en tête. Pour cela, je regarde l’application Elix pour retrouver des signes LSF. Cette expérience professionnelle, même si elle n’est pas finie, m’invite encore plus à me former. De manière intensif pour être opérationnel rapidement. Des idées à court terme ? (J’en connais qui vont me sauter dessus dont un directeur de Visuel-LSF d’une certaine région)
Bref, je l’accompagne au sein d’un foyer, avec une super équipe déjà formé aux bases de la LSF. (Faut que je fasse gaffe à ce que je dise, le directeur de ce foyer a eu vent de mon livre « Sourd et certain » et la formatrice LSF qui a accompagné l’équipe me suit sur Facebook, oups! ). De plus en plus, je vais me mettre en retrait pour permettre à mes collègues d’accompagner le mieux possible ce jeune en LSF.
Depuis la semaine dernière, j’accumule les missions en soirée et cela impacte sur la vie familiale. Ma fille fait la fête en m’attendant. Elle a souhaité que je prenne un doudou, qui était le mien quand j’étais plus jeune. Un sacré équilibre vie perso / vie pro à trouver. Voici un petit souvenir.
Alors les pros qui sont parents d’enfants en bas âge, comment gérez-vous lors de vos missions de soirée ou de matin, aussi ?
Que pourrais-je rêver pour 2021 ? Voir des sourds s’entendre, se comprendre malgré les différences. Entendre le respect des choix de communication se répandre doucement.
Sentir le vent des revendications d’accessibilité atteindre les politiques : – Toutes les bornes d’accueil du public avec une boucle magnétique – Formation d’un agent à la LSF – Budget alloué pour l’interprétariat et le codage LPC pour les salariés et les étudiants. – Sous-titrage des vidéos et des annonces etc…. – Ouverture de classes bilingues LSF / écrit / oral selon les besoins de chaque enfant
Que chaque personne soit sensibilisé à la surdité, aux différents besoins spécifiques de chacun. Goûter la bienveillance d’un inconnu à travers son regard, sans indifférence, sans charité mal placé. Ecouter les émotions, les accueillir sans jugements, sans conseils, sans baguette magique. Cueillir les sourires d’une rencontre, Récolter les mots doux, sincères, pétillants. Voir fleurir des gestes arc-en-ciel dans tous les recoins de rue, Humer des doigts aux odeurs exotiques. Ouïr un corps vibrant de vie. Contempler un visage danser Entrevoir des lèvres valser. Que je pourrais-je encore rêver ? Etre sourd aux ondes négatifs Et sentir des vibrations positifs. Puis les partager à foison En toute saison.
Bonjour à chacun et chacun,
Voici la première vidéo d’une série de questions !
Tendez l’oreille, vous ne serez pas déçus !
Et c’est bien sûr sous-titré !
Bon visionnage et prenez bien soin de vous !