Demasqué ou signé ?

Ces temps-ci, du fait de ma surdité et que j’oralise, j’appréhende les masques. J’ai besoin de voir le visage en entier pour comprendre la personne. Surtout les lèvres pour que je puisses en partie faire de la lecture labiale.
(Ce qui au passage, ne suffit pas, puisque on comprend 30% du message).

J’ai besoin aussi d’entendre, grâce à mon appareil auditif. Le souci avec le masque, c’est que les sons sont étouffés. Alors la communication va être encore plus mal-aisé. J’ai déjà vécu cette petite expérience dans mon journal d’un confiné n°5.
(Oh l’autre, qui fait sa pub)

Au niveau du vécu, c’est surtout Sophie de Vis ma vie de sourde qui a testé sans le vouloir pour nous une expérience à l’hôpital à l’heure du Covid ! Je vous la démasque donc pour que vous puissiez découvrir son témoignage :
(ça y est, il est content de jouer avec les mots)
brasDansLePlatre
Pleins d’initiatives se font autour des masques transparents. Ceci est déjà une très bonne idée pour voir le sourire de la personne, ce qui peut être réconfortant. Les sons resteront toujours en sourdine. C’est comme si vous mettiez un tapis sur vos enceintes lors du discours de Macron…. euh Martin Luther king par exemple (C’est mieux !)
Voici ces différentes initiatives qui existent :
Une étudiante américaine du Eastern Kentucky University
Une étudiante toulousaine (C’est pas une source extraordinaire, on peut trouver mieux)
Une lyonnaise, créatrice sourde (Une vraie star, je vous le dis…  en toute objectivité hein ?  oui, c’est parce que je la connais aussi….  )
masques-odiora

(Mais qui a donc la maternité de cette excellente idée ? )
Personnellement, je m’en f….. le but, c’est de rendre service et que ces idées servent à tout le monde. Chaque type de masque est à l’image de la créatrice même si l’idée est la même!
(J’ai ouie dire que c’est une docteure américaine)

Est-ce qu’on peut utiliser les applications de retranscription écrite comme Ava ?
J’avoue que je n’ai pas tenté mais sachant que les sont seront étouffés par les masques, cela risquerait d’être compliqué.

(Mais Vivien, et la langue des signes ? )
C’est tout à fait complémentaire et il faudrait s’en servir quand c’est le mode de communication employé par certaines personnes sourdes.
Les masques transparents sont aussi pratiques dans l’utilisation de la langue des signes pour voir l’expression du visage.
Je vous offre quelques vidéos vous montrant quelques rudiments de la LSF :
Mon premier cours de LSF par Folimages
Basique de la LSF par Joel Chalude
Il y aurait aussi d’autres moyens de communication qui est d’utiliser le visuel comme des images simples pour expliquer le processus de soin avec un Ipad par exemple.

Pour conclure, c’est toujours de l’adaptation qu’il nous faut mettre en place, en fonction des situations, de la particularité de la personne et de son mode de la communication.
Sur ce, prenez bien soin de vous et restez à l’écoute des besoins de chaque personne.

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Un appareil auditif (attention, qui n’est pas porté par tous les sourds 😉 )

 

Une soirée mémorable à Chaptal

Ce mercredi 31 octobre à la bibliothèque Chaptal (Bibliopi), j’ai présenté ma conférence-théâtre « Au secours, j’ai un collègue sourd » devant une soixantaine de personnes, avec le soutien énorme de l’équipe des bibliothèque pour l’accueil et l’installation du salon.
C’est surtout les échanges après 22 mn de one-man show conférence qui furent intenses et riches. Grâce aux interprètes de @Trilogue Interprétation , à la codeuse d’@Isos accessibilité et à la transcription du SCOP LE MESSAGEUR, nous avons pu échanger malgré nos différences de surdité. Ce ne fut pas un dialogue de sourd !
J’ai surtout apprécié les retours qui m’aideront à enrichir ma pièce pour sensibiliser dans les entreprises et autres types de structures.
Les questions ont été beaucoup orientés la question de l’accessibilité en entreprise et de la méconnaissance de la surdité avec des aménagements possibles qui pouvaient exister.
J’ai été aussi interrogé sur mon éducation, mon parcours scolarisant, en tant que sourd oralisant. Et j’ai bien précisé que ma pièce se voulait positive pour monter que c’est possible de travailler le plus confortablement possible, sans nier que c’est difficile, que nous rencontrons souvent des embûches.
Enfin, J’ai eu un grand plaisir de jouer devant mon partenaire officiel Talentéo avec la présence de Stéphane Rivière, le fondateur et Baptiste Juppet, le community manager.
Et maintenant quelques photos des uns et des autres que j’ai pu récupérer sur les réseaux sociaux :

De Sandrine Schwartz

De Ludmilla Science (un super blog à découvrir)

De Talentéo

Tout est dans l’image
Vous avez des photos inédites ? Je suis preneur !
Encore un grand merci pour ceux qui sont venus et au plaisir de vous recroiser dans d’autres occasions !

Quand j’étais professeur pour enfants sourds

Voeux 2018 par 8 voix sourdes et malentendantes (LSF et oral)

Conte de Noël

En vous souhaitant de très bonnes fêtes et un joyeux Noël.

Prenez bien soin de vous et à l’année prochaine !

 

Les sourds en bulles

Appareillé, implanté, toujours sourd ?

Le sous-titrage pour tous

La langue des signes, langue naturelle des sourds ?

Même sourd, je parle

Etant sourd, on pourrait croire que j’ai une voix bizarre, comme un accent belge ou alsacien.

Les gens s’imagineraient que j’ai des petits pois dans la bouche.

Point du tout, je parle très bien. Et pour moi, la parole est vitale.

Le son qui sort de ma bouche me libère et extériorise ce que je ressens.

J’ai cette chance d’avoir eu au moins 13 ans d’orthophonie. J’ai vraiment commencé à parler à 5 ans. Je devais sans doute parler fort ou mal. J’ai beaucoup appris. Surtout pour l’articulation.

J’ai appris aussi à poser ma voix. Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est le théâtre, la lecture.

C’est un pur plaisir pour moi de lire à haute voix, quand j’ai bien sur travaillé le texte avant.

Je ne vous cache pas qu’il y a des faiblesses quand je fatigue. Mes mots raccourcissent et je finis pas ma phrase.

La parole est primordiale pour moi. Elle m’aide à m’ouvrir, à être entendu, à être reconnu.

Non, je ne m’exprime pas en langue des signes. Ce n’est pas ma langue maternelle même si je suis sourd de naissance. Je m’en sers parfois comme pour ma femme quand mes piles tombent en panne. Mais je ne peux pas me passer des appareils.

J’ai besoin d’entendre et de m’entendre.

Je comprends que l’on ne veuille pas parler quand on n’entend pas sa voix ou quand ça dérange, ça titille, ça fait une voix de canard ou quand t’es enrhumé.

 

Cela me met en colère quand je lis des témoignages d’enfants sourds où des professionnelles disent aux parents, il ne parlera jamais etc… Qu’est-ce qu’ils en savent ?

N’ayez pas de peur de la voix car elle sort du ventre, lieu des émotions. Des sons sortent, elles sont nécessaires.

 

Je reconnais qu’il y a des personnes sourdes qui auront des difficultés à parler et qu’ils préfèreront la langue des signes. Et c’est tant mieux, heureusement.

Mais il ne faut pas oublier non plus qu’il y a des sourds oralistes, comme moi, qui existent et qui sont plus nombreux qu’on ne le pense. Parce qu’ils se fondent « plus facilement dans le monde des entendants ». C’est difficile de de différencier tellement les profils des personnes sont différents.

 

Je renvoie à un schéma que j’avais fait sur la diversité du monde des sourds : Sourd ? Malentendant ? Au choix !

 

N’ayons pas peur d’apprivoiser notre voix, quand c’est possible.