Se dire les choses / To speak clearly

Lyon (14)

Se dire des choses

Pour se remettre au clair,

Pour être en vérité et avancer.

Se dire des choses

Et risquer d’entendre des mots difficiles à écouter,

Des idées rudes à comprendre, à emmagasiner.

A suivre sur ce lien : 

https://apprendreaecouter.com/2015/06/02/se-dire-les-choses/

Se dire les choses

Se dire des choses

Pour se remettre au clair,

Pour être en vérité et avancer.

Se dire des choses

Et risquer d’entendre des mots difficiles à écouter,

Des idées rudes à comprendre, à emmagasiner.

Se dire des choses

Pour ne pas ruminer,

Pour ne pas encaisser sans arrêt,

Pour ne pas rester sur des malentendus

Ou pour ne pas rester sur des rancunes

Ou des colères, des amertumes.

Se dire des choses

Au risque d’être bousculé dans ses principes,

Au risque d’être secoué dans ses tripes.

Mais se dire des choses

Pour avancer, grandir, construire

Une relation plus juste.

Lyon (14)

Se dire des choses

Est nécessaire dans une relation conjugale ou familiale.

Elle est primordiale.

Se dire des mots pour construire la confiance.

Aller en profondeur de nos pensées

Pour être au clair avec soi-même et avec l’autre.

Tout cela n’est pas confortable

Mais cela ne peut qu’être profitable

Pour la suite à venir.

Mais tout dépend bien sur des mots qu’on emploie.

Tout dépend de l’intention qu’on donne dans ses propos.

Tout dépend de l’attitude et de l’égard porté à l’autre.

Se dire des choses

N’est pas facile car c’est un risque à prendre,

Pour aller au-devant des tempêtes verbales, idéologiques ou émotionnelles.

Une aventure qui peut valoir le coup selon certaines circonstances.

Lettre d’un sourd à un entendant

Cher(e) entendant(e) ,

Viens donc dans la lumière pour que je te vois.

Pour mieux te comprendre, j’ai besoin de voir ton visage.

Le visuel est important pour le sourd que je suis.

Je te demande de répéter. Dis-le simplement sans crier.

Cries-tu dans un micro ? Les sons satureraient. On y comprendrais rien.

J’ai besoin que tu me parles simplement sans articuler exagérément,

Sans cacher ta bouche avec ta main.

Parfois je te fais encore répéter. Pour mieux te comprendre.

Mais non, je ne suis pas idiot. Si tu entends « ou… in », que dirait-tu ?

Il me faut entendre les consonnes qui sont des sons graves.

Il y a des consonnes difficiles à différencier comme B et P.

Si tu me dit poussin et que je comprends pouffin, y aurait malentendu.

Je te l’accorde, dans le contexte, je peux comprendre.

Mais cela me demande beaucoup d’attention. C’est fatiguant.

Pour t’entendre, j’ai besoin d’un lieu calme.

Les bruits parasites m’embrouillent et je ne peux pas me concentrer.

Cela serait bien dommage de ne pas pouvoir dialoguer, n’est-ce pas ?

Imagine dans un groupe qui parle tous en même temps ?

Impossible de suivre une conversation. On pourrait croire que je suis asocial.

Comment je peux être en lien s’il n’y aucun moyen d’être connecté et que surtout que le réseau passe très mal. Imagine que tu essaie de passer un coup de fil avec un réseau pourri, avec des grésillements.

Ah oui, préviens-moi quand tu souhaites me parler. Je n’ai pas le wifi.

Il faut que tu puisses me connecter pour attirer mon attention.

Pas la peine de crier, je sursauterai. Pas envie d’avoir une crise cardiaque.

Tu peux utiliser des moyens visuels ou juste taper sur mon épaule.

Pour ma part, je suis sourd oraliste et je ne signe pas.

Et oui, je ne suis pas muet. Je parle, j’oralise.

Certains peuvent avoir de forts accents, d’autres peu. Comme moi.

Toutefois certaines personnes pensent que je suis belge ou allemand

Avec mes S ou J qui se tranforment en CH…

Ah si tu savais la diversité dans le monde des sourds !

Des sourds signants.

Des sourds codeurs en LPC.

Des devenus-sourds.

Des malentendants.

Des sourds qui sont implantés ou pas etc…

Tiens, j’ai un fait un schéma, c’est plus simple : Sourd ou malentendant ? Au choix

Je parle ? Et alors, je suis bien sourd. Cela ne m’empêche pas de parler

Et de très bien me débrouiller sans que ça soit facile, bien sur !

Je pourrai t’avouer que ça été du labeur pour y arriver, avec de l’orthophonie et un bon appareillage mais ça a payé.

Tu oublieras parfois les précautions à prendre et tu oublieras que je suis sourd.

Marié depuis 3 ans, ma femme oublie de temps en tems en me parlant d’une autre pièce, ou en me parlant quand je suis occupé à un faire un travail.

Et oui, cela demande des efforts comme cela me demande aussi des efforts pour écouter.

Mais on y gagne au change de faire plus attention à l’autre. On n’y perd pas en liberté.

Bien sur que c’est chiant comme un grand nombre de petites choses dans la vie quotidienne.

Mais ce n’est rien à coté des échanges que nous avons, des bons moments que nous pouvons passer sans se parler.

N’oublie pas, le visuel est très important. On compense énormément pas la vue et c’est une richesse que l’on pas. Faut bien avoir des avantages aux inconvénients, n’est-ce pas ?

Je suis sourd mais je ne suis pas aveugle et peut voir, entendre ce que tu vis, de sentir tes aspirations et de reconnaitre tel que tu es.

Alors, n’aie donc pas peur de venir discuter, échanger. Tout est toujours possible tout en s’adaptant.

( Tu veux en savoir plus,  il existe une brochure: « Comment parler à une personne malentendante ? «  °

Tout est toujours possible

Pour le moment, tout semble figé ou même se dégrader selon certains points de vues. Les idées semblent fixes et les décisions prises qui vont à l’encontre de l’humanité :

Comme ces multinationales qui attaquent l’Uruguay voulant interdire le tabac

Comme ces multinationales contre les peuplades qui se battent pour avoir des terres et de l’eau, Comme ces élus qui se protègent contre les migrants et les personnes précaires et refusent de prendre des solutions plus justes et constructives.

Mais rien n’est figé et tout peut encore changer. Rien n’est jamais trop tard. Il est toujours possible de minimiser les écarts entre les riches et les pauvres.

Ne restons pas dans la fatalité car je crois que chaque homme peut évoluer dans sa façon de penser. Mais comment ? Avec le temps dans le dialogue, en ne restant pas seul pour lutter contre les préjugés mais voir ensemble ce que l’on peut faire en commun.

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Je reconnais qu’il y a un monde entre la théorie et la pratique mais nous pouvons la réduire, et unir nos forces, nos cohérences entre nos valeurs et nos gestes.

Je crois toujours, malgré la réalité du moment, que l’on peut allier l’argent et l’homme, et que la dignité de l’homme devienne une priorité. Il y a une définition de la dignité qui me plait :

C’est croire que la vie vaut la peine d’être vécue chez cette personne. Que malgré la misère, les défauts, que nous puissions relever la personne avec ce qu’il a de meilleur et de plus juste en lui.

Idéal peut-être mais nous pouvons y tendre et instaurer une cohésion, une cohérence avec les différences de chacun.

Je reconnais que travailler avec l’humain n’est pas chose facile car on est face à un mystère. Un mystère non du point de vue négatif mais un monde intérieur que nous ne connaitrons jamais entièrement. Oui, cela demande des efforts, de se battre mais l’aventure humaine en vaut la chandelle, beaucoup plus que l’aventure financière.

Tout est toujours possible en l’autre, avec l’autre si nous ne nous laissons pas envahir par la peur, la crainte, la méfiance. Ce n’est jamais facile, je le reconnais, nous sommes humains avec des limites mais ensemble, nous pouvons conjuguer nos forces et être complémentaires.

Parcours de combattant d’un jeune professionnel sourd

(Histoire librement inspirée de fait réels)

Pika est sourd. Pika est un jeune professionnel. Il prend les transports en commun pour aller à son boulot. Mais là, ce jour-là, rien ne va. Son réveil vibrant n’a pas fonctionné et a du se lever à toute allure à cause de son retard. Le stress lui monte déjà aux tripes. Il arrive sur le quai du métro. L’affichage est en panne. Il y a une annonce vocale : « …. Sion, …o…… anne……i… ute. ». « Chuis pas dans la merde », se dit-il. Il demande à son voisin d’infortune. Il lui répond très rapidement. Rien compris. Il fait répéter mais la personne s’énerve et crie « T’es con ou quoi ? Faut attendre, c’est tout ». Sacré claque. Pika reste calme mais caaaalme malgré l’angoisse. Tant pis pour le métro.

Il prends une alternative. Le vélo’v. Il va à la borne. Mais le souci, c’est qu’il rate à chaque fois entre le signal sonore et le visuel pour décrocher le vélo. Donc il galère à le prendre. Enfin arrivé, il enfourche la bête métallique et manque de se faire faucher par une camionnette qu’il n’avait pas vu. Il était arriver un peu trop vite. Pika l’a entendu au dernier moment. Il a senti le rétroviseur de la camionnette frôler son épaule gauche. Mais tout va bien. Il est vivant. Le vent souffle dans ses aides auditives mais il reste vigilant. Il essaie de rester droit sur la chaussée en évitant les couillons qui s’arrêtent sur les bandes cyclables. Transpiration. Son appareil grésille. « Et m…. ». Il pédale à fond pour arriver à son boulot.

Rangement du vélo-v à destination. Badge qu’il essaye d’enclencher. Il doit sentir un déclic, petite vibration lui signalant que la porte s’est ouverte. Mais là, pas moyen. Il y a un souci. Un interphone s’impose pour avertir l’accueil. Il déteste ça. Biiiip. Une voix lointaine. Il comprend rien. « C’est Pika Toufair ». Une hôtesse d’accueil excédé ouvre et lui murmure des mots doux. Des mots doux, c’est pas vraiment ça. Elle marmonne et râle. Pika fait celui qui n’a rien entendu et c’est effectivement le cas.

Il s’installe à son poste devant un ordinateur. De la comptabilité. Un pur bonheur. Il prévient ses collègues qu’il est arrivé à travers une vitrine séparant les bureaux. Vive la visibilité où l’on peut éviter à toquer contre une porte opaque.

Bref, il se met au travail après avoir soigneusement séché son appareil. Coup de téléphone. « Pas aujourd’hui, pas branché », pense Pika. Le téléphone insiste. Il décroche et entend une voix forte et saccadée. Il comprend à peu près mais ça le fatigue beaucoup. Après 15 minutes de discussions autour des chiffres, il raccroche épuisé. Il se lève pour aller à la machine à café. Inclusion de sous dans l’avaleuse et hop, un verre d’expresso. Il saisit son breuvage et on l’appelle par derrière. « Pika ! ». Ce dernier sursaute et manque de renverser sa potion magique. Son collègue s’excuse et avait oublié que c’était une mauvaise idée de faire cela.

Échange d’informations puis un autre collègue passe ainsi qu’un troisième et s’ensuit une cacophonie, des rires et des mines sérieuses. « Youhou, je suis là. Vous pourriez faire attention, s’il vous plait ». «Rien d’important, Pika ». Puis ils s’en vont dans leurs bureaux. Pika reste planté, un peu énervé et même très désappointé. Dans quelle langue doivent-ils comprendre que n’importe quelle information est importante ? Elle permet d’inclure la personne dans son contexte et d’intégrer la personne dans le milieu. Sans informations, il devient hors hors-course, juste à essayer de boucher les trous, à recoller les morceaux. Et ça c’est épuisant. Pika demande parfois des explications par écrit mais cela met une éternité à venir. Comment s’investir dans un boulot où les échanges ne sont pas optimales, hein ?

En fin de journée, Pika part du boulot avec un gros mal de crâne. Il arrive au métro. Personne. Il va au guichet d’accueil. On lui répond que le métro est en panne jusqu’au lendemain. Il tilte d’un coup suite à une conversation entre ses collègues. Il avait entendu le mot métro mais n’a pas pu saisir les autres mots. Il envoie un texto à un des plus proches collaborateurs. Réponse : « Mais oui, Pika, on l’a dit quand t’étais là. T’écoute pas, c’est tout. A demain ». Zen, mais zeeeen. Mais Pika a envie de prendre un énorme bazooka et de faire exploser tout l’immeuble où se trouve l’entreprise. Cela ferait un sacré carnage. Mais cela ne résoudra rien,  évidemment. Pika reprend le vélo-v et va pouvoir se défouler au foot en salle.

Tout que ce j’aimerai dire

Tout ce que j’aimerai dire ne va pas plaire à tout le monde.

Je ne pourrai jamais satisfaire chaque personne sinon je me mentirai et cela serait hypocrite.

Et pourtant il faudra bien que je m’exprime, témoigner sur ce que je pense et sur ce que je vis.

Si je ne partage rien, comment pourrais-je grandir dans mes réflexions sans confronter mes idées avec les idées des autres ?

C’est sûr que partager mes idées, je dois m’attendre à essuyer des critiques de toutes sortes, des plus agréables aux plus virulentes et acerbes.

Je reconnais que faire part de ses idées, c’est se rendre vulnérable, plus fragile mais elles peuvent évoluer, être nuancé selon comment l’autre m’écoute et essaye de me comprendre.

Il peut arriver aussi que mes opinions peuvent paraître tranchées, et pourtant, si on prend la peine d’aller plus loin, cela peut être plus subtile que cela à la lumière de mon histoire, de mon environnement familial, social ou professionnel.

Pas facile de s’exprimer quand l’autre apprend que je suis catholique, ou bien musulman, ou bien athée (et ainsi de suite selon ses croyances ou pas). Des réticences peuvent apparaître et je peux être malheureusement vite être étiqueté.

Est-ce que ma liberté d’expression a des limites ? Pour la part, oui. Je ne pourrai pas me moquer de la faiblesse de l’autre. Je ne me vois pas rabaisser l’autre par mes mots. Je pourrai rire de tout en fonction du contexte et du lien de confiance que j’ai avec l’autre personne.

Non, c’est jamais simple de trouver une juste mesure surtout quand on s’adresse à une personne ou public que l’on connait pas et surtout qu’on ne sait pas comment cela va réagir.

Je reconnais parfois mes limites face à des personnes qui sont dans une position radicale.

Est-ce qu’on peut limiter son expression en fonction de son impact que l’on peut avoir ? Des impacts de violence, de colère ?

Tout ce que j’aimerai dire peut blesser certaines personnes sans que je le veuille.

L’autre qui reçoit mes paroles est un mystère. Il a sa propre liberté aussi de réaction qui peut se décliner sur milles facettes en fonction de ses représentations, de son vécu, de ce qu’il sait et de ce qu’il a appris.

Au fur et à mesure que je m’exprime, je comprends mieux la citation de Voltaire : «  Je ne suis pas d’accord avec vous mais je ferai tout pour que vous le disiez ».

Si je me tais et n’ose plus m’exprimer, je pourrai m’isoler et me ruminer des colères, des incompréhensions parce que je n’aurai pas pris la peine de parler de ce qui m’habite et d’avoir un retour. Je pourrai exploser par la violence pour une idée que je n’aurai pas pu dire.

Osons dire nos mots et osons nous écouter malgré la crainte de critiques, de retours pas agréables à entendre.

Jamais je ne pourrai imposer ma pensée à l’autre. Je ne peux que témoigner, partager et avancer dans un dialogue vrai, sans hypocrisie, sans jugements.

Je reconnais que s’exprimer, ce n’est jamais facile. Mais quand je m’exprime et que je suis entendu sans être jugé, cela fait un bien fou.

Pour finir, je souhaite vous partager le témoignage d’un ami prêtre, aumônier en prison :

« Certains des personnes que je rencontre en cellule ont approuvé les attentats. Je leur ai dit : « Je prierai pour vous ». Ils ont accueilli mes propos et m’ont demandé de revenir les voir ! ».

Allo, monsieur le marquis?

Cité internationale
Cité internationale

Monsieur le Marquis?

Oui, c’est l’homme à l’appareil.

Je vous annonce la gréve des oreilles.

Tout le monde tourne autour du pot

Et évite de se prendre le mur.

Il y a une inflation de paroles

Et un tsunami de regards.

Un orage de silence se profile à l’horizon.

Votre marquise se meurt joyeusement.

Une révolte de rires gronde, votre honneur.

Pire, c’est une révolution majesté.

Des rires sincères, humains

et non plus sarcastiques  ni bêtes.

La bêtise fout le camp.

Vous m’entendez-toujours?

Allo? Allo?

Toujours je t’aimerai

Lyon (13)

 

 

 

 

 

 

Chaque matin, je me lève pour t’aimer

Dans chacun de mes actes et de mes pensées.

Chaque soir, je me couche dans tes bras tendres

Pour toujours sentir ton cœur battre et l’entendre.

Même si parfois, je suis fatigué, un peu rochon,

Toujours, je t’aimerai malgré mes airs de cochons.

Même si je ne dis rien ou bien même que je te gronde,

Toujours je t’aimerai avec mes idées parfois frondes.

Si on s’accroche, si tu me fais mal, si on se frictionne,

Toujours je t’aimerai car notre amour pardonne.

Je croirai toujours en toi, en nous pour le meilleur

Malgré le pire qui parfois assombrit en mode majeur.

Toujours je t’aimerai car nous nous parlerons sans cesse.

Il faut toujours communiquer avec une ferme tendresse.

Notre amour est un combat avec des instants de bonheur

Qui peuvent sembler une éternité, suspendus sans heure.

Alors oui, j’ai choisi de t’aimer pour toujours, à chaque instant.

 

Je souhaite à chaque personne de vivre des temps d’amour, d’amitiés aussi fortes, aux liens de complicité et de respect, de confiance et d’écoute.

C’est souvent se renoncer en partie mais c’est pour un mieux-être, un épanouissement inattendu vers des contrées insoupçonnées.

N’ayez donc pas peur !