Un masque transparent : Pourquoi et où en trouver ?

Depuis quelques temps, les masques transparents prennent leurs places dans le marché du masque. Ils sont essentiels pour avoir une meilleure visibilité du visage.
De mon côté, le masque classique me gêne énormément dans la communication. Et surtout me coupe un peu dans le lien car il me manque pleins d’éléments pour mieux comprendre la personne. Au sein de mon travail, certains reculent et enlèvent leur masque pour me transmettre un message.
Ensuite, ce n’est pas seulement, pour moi que le masque est gênant mais aussi pour toute personne qui a besoin de voir un visage en entier pour communiquer. Notre communication passe aussi par la communication non verbale avec les expressions du visage ; haussement des sourcils (oui, je sais, c’est au-dessus du masque), pincements des lèvres ou le contraire,etc.


Le masque empêche aussi le son de passer correctement. Les voix sont assourdies et complètement déformées pour les masques en tissus.
N’ayant pas encore testé un masque transparent, une question me vient en tête : comment je vais percevoir le son ? Surtout avec un barrage en plastique ?

J’ai lu plusieurs critiques pour certains masques car ils seraient trop lourds à porter pendant un certain temps, ou bien il y aurait la question du reflet, et ensuite, la question de la buée. Pour la buée, je sais que le problème est résolue mais pour le reste ?

– Mais Vivien, où peut-on trouver des masques transparents et qui sont homologués ?
Voici donc la liste, mise à jour ce 8 septembre :




Mais comme dirait très bien Elie Martin, ancien président de l’URAPEDA 35 : Bien…mais reste un immense travail de pédagogie ou de rappel à l’ordre à faire…J’observe tous les jours, comme tous, le mauvais usage des masques : utilisés jusqu’à plusieurs jours ( normalement à changer 3 fois par jour), manipulés avec les mains, posés sous le nez….

Pour finir avec humour et pour ceux et celles qui ne l’aurait pas encore vu :

En attendant de pouvoir se munir de masques transparents, on peut utiliser la langue des signes si on en connait les bases, ou bien on utilise l’écrit.

Pour les personnes qui utilisent les masques transparents, comment ça se passe ? Je serai très curieux de lire vos retours !

Mauvaises expériences, apprentissage de la vie ?

Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous quelques mauvaises expériences pour illustrer que je porterai toujours mes valeurs quoiqu’il en soit : Ne jamais généraliser et toujours garder l’esprit ouvert, sans juger.

Ces faits se sont déroulés quand j’étais jeune ado, en 93-95 !

Juillet 93. Camp scout en Bretagne. Ce fut mon premier camp scout, en bleu. J’avais déjà été trois ans en tant que louveteau.Il faisait doux , un grand soleil (T’es sûr que c’était en Bretagne ? ). Trois jeunes plus âgés que moi m’avaient emmené un peu à l’écart du camp. Ils m’avaient enlevé la cheminée puis m’avaient ligotés avec une corde rêche. Puis ils m’ont trainés par terre en me fouettant avec des branches de conifères. (Pourquoi tu t’es laissé faire ? ) Sans doute, j’estimais que c’était un rite de passage. J’étais naif à l’époque. J’en fus quand même mortifié et quand un des chefs scouts a vu mon torse ensanglanté, j’ai du expliquer pourquoi et les jeunes se sont bien fait remonter les bretelles. (Ils n’ont pas des bretelles, les scouts !).  Cette expériences ne m’ont pas fait dégouté du scoutisme car je savais très bien que ce n’était l’affaire que de ces trois jeunes qui voulaient trouver un bouc-émissaire, un souffre-douleur. (T’as été gâté quand même de ce côté, même au collège). Ce n’est pas la peine de faire jouer les violons.

5 février 1995 à 15h, un dimanche ensoleillé, température fraîche mais pas désagréable. J’enfournais mon vélo pour aller voir un copain. A peine sorti de la maison, au carrefour, trois jeunes d’origine maghrébine me barrait la route. Deux à vélo et un à pied. Petite appréhension. Je continuais ma route à passant à coté de celui qui était à pied. Ce dernier, rapidement, donna un coup de pied dans mon vélo. Je tombais sur la route puis machinalement, je m’agrippais à mon vélo. Le piéton tenta dé récupérer mon vélo en me frappant sur la joue pleins de fois. Je criais plusieurs fois « Au secours, au voleurs » et ils partirent tous les trois. Je fus sonné pendant quelques secondes, soulagé d’avoir gardé mon vélo. Je rentrais chez moi en tremblant. Ma famille était à l’étage. J’étais resté seul à pleurer dans le salon puis je suis allé voir mes parents. Mon grand frère qui m’avait vu tout rouge, partit à la recherche de mes agresseurs en vélo. Il revient plus tard penaud.
Quelques jours plus tard, trois jeunes d’origine maghrébine (pas ceux qui m’avaient agressé) allaient me croiser dans une ruelle près de chez moi. Une peur m’envahit mais je restais juste prudent, pas méfiant.
Bref, cette expérience ne m’a pas fait devenir xénophobe. Je ne me suis pas dit que tous les jeunes maghrébins étaient des voleurs. Parce que je savais très bien que la généralisation n’avait aucun sens. (Mais qu’est-ce qui t’a aidé a ne pas t’enfermer dans la crainte et la peur ? ). Attends, j’ai encore quelques appréhensions enfouies, aujourd’hui, si je croise une bande dans la rue, je ne peux pas m’empêcher d’avoir une crainte mais j’arrive à me raisonner. Ce qui m’a aidé ? Ce sont les lectures et des échanges interculturelles. Quand j’étais plus jeune (de l’âge de 2 ans à 6 ans), j’ai cotoyé à l’île de la réunion des enfants de toutes origines, pendant 4 ans.

Je dirai que c’est aussi ma foi chrétienne qui m’aide toujours à croire en l’autre, parce que je crois en un Dieu d’Amour, complètement loin de l’image que nous pouvons avoir d’un Dieu qui juge, qui ignore, violent. (Paf, ça y est, t’avoue que tu crois en Dieu. Tu vas te faire cataloguer, étiqueter. Tu partages comme ça, en public ? ). Et alors, je ne peux pas renier une partie de ce que je suis. Parce que j’en ai aussi eu des mauvaises expériences dans l’Eglise.  Avec un prêtre par exemple, qui m’a humilié en public quand j’étais servant d’autel, parce que je n’avais pas entendu une consigne. Comme j’avais déjà rencontré d’autres prêtres bienveillants, je compris que c’étaient avant tout des hommes avec leurs qualités et défauts, avec leurs personnalités, leurs souffrances. Qui suis-je pour juger ?

Bonnes ou mauvaises, les expériences nous fortifient malgré les douleur, les galère, les désillusions, les larmes (ça va, n’en fais pas trop non plus, arrête les violons aussi) ! Facile à dire quand on ne vit plus cette souffrance.

En tout cas, je vous souhaite de vivre de belles rencontres, de belles expériences pour contrebalancer les mauvaises expériences et les regarder de manière plus apaisée !

Etre un comédien sourd….

Comment je vis le théâtre en tant que sourd chez les entendants ?

Effectivement, j’ai toujours évolué lors des ateliers, des stages, des pièces de théâtre avec des entendants. Sauf une année, où nous étions deux personnes sourdes appareillées.

Cela m’a demandé un sacré travail d’écoute et d’humilité. La plupart du temps, mes collègues étaient très attentifs pour que je puisse comprendre lors du travail sur scène (impros, répétions de scènes). J’ai surtout aussi pu trouver des compagnies de théâtre très bienveillants et vigilants.

Lors des consignes, je me mettais souvent en face du prof ou pas loin. Euh, pas tout le temps car ils parlent souvent fort et distinctement. Un vrai plaisir et un vrai confort.

Dans la compagnie de théâtre dans lequel j’ai évolué un certain nombre d’année, plus précisément Le Voyageur Debout, les improvisations étaient vécus de manière très intérieurs, fortes et en prenant le temps d’être. Ce n’est pas comme les matchs d’improvisations. Cela je ne pourrai pas. J’avais tenté mais cela partait en ping-pong et c’était trop dans le challenge et la rapidité.

Puis les impros, cela se vivait aussi par le corps, les expressions du visage, les attitudes. Je pouvais avoir assez d’éléments pour ne pas tomber à côté de la plaque. Et si cela arrivait, cela n’était pas grave. Cela fait partie de la vie et on pouvait toujours rebondir.

Je vous partage une expérience très récente lors de mon dernier stage de théâtre. Nous avions fait du masque qui recouvrait la moitié du visage. Une vraie galère pour comprendre ma partenaire. J’ai dû m’appuyer sur ses intonations de voix, ses gestes et sur le scénario que nous avions construit ensemble.

Si le théâtre se vit à fond, c’est pour moi une vraie école de vie où l’on apprend à s’écouter, à être écouter, à s’exprimer et à pouvoir laisser l’autre s’exprimer.

Ce qui est pour moi essentiel quand je fais du théâtre, c’est d’avoir la possibilité de me relaxer, de lâcher-prise dans mon corps et mon esprit pour être le plus disponible à soi et aux autres. Faire du silence en soi et accueillir avec joie, avec un petit sourire intérieur ce qui advient.

Pour le comprendre vraiment, il faut le vivre et l’expérimenter sans cesse.

Le théâtre m’a permis d’aller au-delà de ma surdité, d’explorer toutes les facettes de notre humanité, car c’est un jeu et un plaisir de ressentir, goûter ce que nous ne pourrions pas faire dans la vraie vie.

 

Pour commander « Sourd et Certain »

Bonjour à tous,

Voici le lien pour commander le livre, hé oui, c’est direct sur mon site pro :http://vivienapprendreaecouter.com/index.php/livre-sourd-et-certain/  🙂

Et pour suivre les actualités de mon livre, c’est sur ma page Facebook : https://www.facebook.com/sourdetcertain/

Fatigue auditive

Quand une personne parle un certain temps,

Cela commence à être usant.

L’attention s’amoindrit,

La concentration s’effrite.

En fait, je décroche surtout quand la voix est monocorde ou très yoyo.

Surtout quand les blagues s’enchaînent sans que je ne comprennes rien.

Quand le brouhaha d’un repas de mariage persiste,

Je n’ai plus l’énergie pour échanger, discuter, et prêter l’oreille.

Juste l’énergie pour jouer ou danser.

Mes oreilles sont en stand-by.

Pour le reposer, je vais m’isoler loin du bruit

Et contempler le ciel étoilé, ou bien les lumières de la ville.

Me recharger dans le silence.

  • Pourquoi Vivien, n’éteins-tu pas ton appareil ?

Très bonne question. Pour ne pas me couper totalement de ceux qui m’entourent, être prêt à réagir si l’on m’appelle. C’est juste un choix personnel. Chacun le vit en fonction de ce qu’il est et comment il appréhende son environnement.

La fatigue auditive est insidieuse puisque qu’on ne la soupçonne pas, surtout si on ne vient pas de faire du sport, une activité physique ou manuel etc…

Cela peut devenir une fatigue psychique quand les frustrations de ne pas comprendre, de ne pas tout suivre s’accumulent et qu’on ose pas les exprimer.

Voilà ce que je souhaitais vous partager après un mariage vécu ce week-end.

Très bonne reprise de la semaine à vous !