Je vois une psy et j’assume

Depuis 25 ans, j’ai eu plusieurs thérapeutes pour un meilleur équilibre de vie mentale. En effet, j’en avais bavé avec ma surdité en relation avec mes pairs, puis avec mes multiples expériences professionnelles.
De nos jours encore, être suivi par un psy est mal vu car synonyme de faiblesse, de fragilité et même de folie.
Je dirai tout le contraire : voir un professionnel nous permet de ne pas tomber dans les extrêmes (addictions, conduites dangereuses, violences). Il est même nécessaire de pouvoir dire des choses à un tiers professionnel. Il est compliqué de confier des choses intimes à des proches de peur d’être jugé, d’être catégorisé. Parfois, la famille peut être source de mal-être, comme pour l’école ou le travail.

J’ai rencontré pour la première fois un psychologue vers 1995. C’était bien un gars je crois dans mes souvenirs. C’était suite à des harcèlements que j’avais vécus lors de mes années collèges. Il me fallait poser des mots sur mes maux. Bon, je reconnais que ce psychologue là ne m’a pas du tout aidé. Je l’ai même fui. Il marmonnait dans sa barbe et son cabinet était sombre, affalé dans un sofa. Le parfait cliché du psychanalyste. Je ne me sentais pas vraiment écouté. Il faisait « mmmh » tout en écrivant. Bref, raté pour ma première rencontre avec un psy.
Pendant mon adolescence qui a été très dure, j’avais lu une note d’un médecin qui disait « tendance dépressif ». Comment grandir avec cette étiquette ? C’est l’écrit qui m’a permis de tenir, pour ne pas rester seul face à mes maux.

Lors de mes années d’éducateur spécialisé (2004-2006), j’ai eu besoin d’échanger avec une psychologue. Je me souviens que c’était une jeune et qu’elle était surnommée « pitbull ». C’est elle-même qui le disait. J’ai beaucoup apprécié son franc-parler. On abordait vraiment le quotidien, des astuces pour surmonter les angoisses…
Cela me faisait beaucoup de bien de poser les choses, de me recentrer, et en parlant, je pouvais prendre conscience des mécanismes de défense que j’avais, de faire des liens entre ce que je vivais et mon passé. (Oui, cela arrive parfois et c’est important de pouvoir prendre soin de son enfant intérieur = oui notion un peu bizarre quand on sait pas ce que c’est… et pourtant qui a toute son importance).

Par la suite, au fil des déménagements, j’ai suivi une thérapie selon mes besoins et mes finances.
C’est une psychiatre qui m’a permis de poser le pied et de freiner quand je faisais un burn-out en juillet 2015. Oui, je le dis et j’assume, j’ai été hospitalisé car j’étais épuisé psychiquement. Ce n’est pas seulement la psychothérapie qui m’a aidé à rebondir. C’est aussi mon environnement familial et amical mais surtout auss mes balades quotidiennes dans la nature avec mon appareil photo. Je pourrai vous en parler dans un autre article.
Mais Vivien, fais gaffe, tout de suite, on va croire que t’es instable, fragile. Tu te grilles complètement ! Que va-t-on penser de toi ? Comment vas tu être perçu ?
Comment telle personne va me percevoir ? C’est son problème. Bon j’avoue que ce n’est pas facile le regard des autres. On ne peut pas grandir si on s’appuie seulement sur le regard des autres. On a son propre chemin, sa propre perception de son vécu.


La thérapie m’a permis de prendre du recul face à la diversité des expériences vécues : géographe, comédien, écrivain, volontaire de solidarité internationale, directeur de camps, documentaliste, évaluateur de « Tourisme et handicap » , formateur sur les handicaps, coordinateur de classes de découvertes sur l’Afrique, organisateur d’évènements et bien sûr éducateur spécialisé. On pourrait croire que je me disperse. Pas du tout, je me diversifie. Et cela implique parfois de vivre des expériences un peu ratées comme quand j’étais documentaliste ou bien professeur pour enfants sourds.

Ce n’est que très récemment que j’ai compris que j’étais hypersensible et très certainement multipotentiel. Cela s’exprime par la créativité, la variété et l’adaptabilité. C’est grâce à la vidéo d’Emilie Wapnink que j’ai découvert cette notion.
– Vivien, tu t’égares ! Tu juxtaposes tes idées sans faire les liens nécessaire à la compréhension pour ton ami lecteur !
Je m’égare ? J’ai tellement de choses à dire, je souhaite tellement m’exprimer, partager mes idées qui fusent … et me fatiguent parfois.

« Un multipotentialiste est une personne curieuse, créative et passionnée ayant une multitude de centres d’intérêts et une créativité effervescente. Le multipotentiel n’a pas de vocation clairement définie, c’est un grand explorateur, un véritable petit « Ninja ». Au sens fort, lorsque la personne est bien alignée, elle est douée dans divers domaines d’activités différents et elle est performante. Au sens faible, elle cultive un large champs d’intérêts dans des domaines indépendants, sans pour autant que cet intérêt soit accompagné d’un haut niveau de performance. » Source : Elaine Brière, Coach


Au final, je vois régulièrement une psy et je n’ai pas honte. Je suis satisfait parce que je me sens vraiment écouté.
Se sentir en confiance avec un professionnel de l’écoute est primordial. Et vivement que ça soit remboursé par la sécu car la santé mentale n’est pas à brider.

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout !
Et vous ? Quel vision avez-vous de la psychothérapie ?

Source d’inspiration : http://www.slate.fr/story/211166/pourquoi-tabou-aller-voir-psychologue-therapies-confinement-patient

C’est la fête de la musique : je chante !

Je vous chante un extrait de mon livre « sourd et certain » https://vivienapprendreaecouter.com/index.php/produit/sourd-et-certain-version-papier/

Merci d’avance pour votre soutien en vous abonnant, En commentant et en partageant autour de vous !

Les 7 chemins qui mènent à Apprendre à écouter – 1

J’ai vu ce type de proposition d’article très sympa chez Blogosth. C’est repérer finalement 7 critères originaux ou principaux qui ont permis aux visiteurs de venir sur mon blog depuis le début.

Thomas Rahandraha

Un poète malgache qui revient souvent dans les termes de recherche. Je l’avais évoqué une fois car j’ai fait jouer un de ces textes par 8 collégiens au Sénégal. Oui, quand j’étais volontaire avec la DCC en 2006-2007 :
Souvenirs du Sénégal : Déclamation d’un poème
J’avais filmé leur prestation mais malheureusement, le film se trouvait sur une carte SD qui s’est abimé par la suite.

Ce sont ses jeunes. Seul souvenir photo que j’ai d’eux.

Lecture et liberté

Ce n’est pas étonnant puisque j’évoque pas mal dans mes écrits la question de la lecture. Lire donne des ailes, des outils pour se sentir plus libre dans ses pensées, dans ses idées, dans ses rêves.
Lire fait un bien fou. Impossible pour moi de ne pas lire avant de dormir.
La lecture, une porte ouverte vers la liberté

Je sais, je n’ai pas résisté à remettre cette photo !

Sourd oraliste

Ce n’est pas vraiment étonnant vu que je suis sourd oralisant appareillé. Je préfère dire oralisant qu’oraliste, car le terme oralise est, à mon sens, péjoratif. Celé réfère à une histoire de l’oralisation des enfants sourds qui a été mal vécu. Mon objectif est d’arrondir les angles et témoigner que maintenant, les méthodes ont changé et que l’oralisation est complémentaire avec la langue des signes francçaise et la langue parlée française complétée (ce dernier est une aide à la lecture labiale, pas une langue 😉 )
Sourd oraliste ? Sourd signeur ? (Il est un peu démodé ce texte, je trouve 😀 )

Note à moi-même : Prendre en photo mon appareil auditif dans un autre environnement !

Message d’amour

Effectivement, j’ai quelques poèmes d’amour et ce n’est pas étonnant que l’on tombe sur mon blog. L’amour est primordial dans nos relations. Je parle de tout type d’amour, hein ! Mais surtout de l’amour qui respecte, qui prends le temps, qui dynamise, qui prends pas patience.
C’est surtout le texte « Je ne t’oublie pas » qui revient souvent dans les critères de recherche !

Outils Travail social

On change de domaine et pas le moindre. Normal, vu que je suis éducateur spécialisé et j’en ai écrit des textes sur le social, sur mes expériences d’éducateur. Dans ce métier, comme dans tant d’autres métiers, on a besoin d’outils pour travailler. Besoin de la matière grise et de la matière première pour concrétiser nos actes de la vie professionnelle.
Voici le texte qui revient le plus souvent :
Boite à outils d’un travailleur social

Photo de Anete Lusina sur Pexels.com
(Oui, c’est rare que je ne prenne pas mes photos pour illustrer)

Handicap visible

Ah bon ? Pourtant la surdité est un handicap invisible. Et les handicaps invisibles concernent 85% des handicaps. Comment cela se fait-il que ce terme est utilisé pour venir sur mon blog ! Certes, j’ai bien évoqué tout type de handicap surtout quand je bossais dans des foyers d’accueils médicalisés avec des adultes IMC.
Handicap visible ou invisible ?

Faire l’amour avec un sourd

J’avoue que cela m’a fait rire en voyant ce critère parce que j’ai pourtant pas écrit un Kamasutra pour personnes sourdes. Une personne sourde, dans le domaine de l’amoir est comme tout autre personne, avec un corps et des émotions. Puis chaque personne sourde est unique, très différent selon son histoire, son vécu. Comme chaque humain de notre planète!
C’est sans doute ce texte qui revient avec ce critère :
Couple sourd / entendant, un challenge ?

Dis, tu m’écoutes ? Youhou ?

Conclusion

Cela reflète bien l’image du blog, de mes centres d’interêts! Manque juste les oiseaux avec les photos 😀

Est-ce que cela vous a plu ?
Et vous ? Comment êtes-vous arrivé sur ce blog ?

Best of des vidéos sur la surdité

Bonsoir tout le monde,
Pour ceux qui auraient la flemme d’aller sur ma chaine Youtube, je vous mets juste en dessous les 7 premières vidéos qui sont les plus appréciées!
Chaque vidéo dure environ 3 mn, enfin, c’est une moyenne 😀
Bon visionnage

Prenez soin de vos oreilles

Parole de sourd, prenez soin de vos oreilles.
Faites une pause des écouteurs
En cette journée de l’Audition.

Pourquoi ?
Quand on entend mal, on se fatigue plus.
On s’isole, on est plus stressé.
Quand mon appareil auditif fonctionne mal,
Je déteste ça car je manque pleins d’informations et je me sens en insécurité.
D’où la nécessité d’avoir un appareil bien réglé. (D’ailleurs, je vais enfin voir mon audioprothésiste cet après-midi.)
Et pour vous, une oreille apaisée
Pas trop sollicité par des bruits forts en continue comme de la musique à fond.
Je ne vous souhaite pas d’avoir des acouphènes, des bruits de l’intérieur causés par un choc acoustique ou bien par le stress, des soucis de la mâchoire etc.

N’ayez pas peur de profiter du silence.
Sans musique, sans bruits de fond.
Cela fait un bien fou et vos oreilles vous remercieront. (Ainsi que votre esprit)

Je fais illusion

Je parle très bien.
J’entends correctement.
Il n’y a rien qui puisse penser qu’il y a un truc qui cloche.
Et pourtant je fais illusion.
Cela me demande de l’énergie d’entendre.
J’ai souvent besoin d’une pause auditive.

Je réponds au téléphone,
J’entends les oiseaux et la musique.
Je comprends ce que l’on me dit.
Et pourtant je fais illusion.
Car sans mon appareil auditif,
Je serai dans un silence total.

J’ai fait pleins d’études,
réalisé pleins de projets.
Tout a semblé facile.
Et pourtant je fais illusion.
On n’imagine pas mon vécu
Entre les larmes et les rires.
Entre les échecs et les réussites.
Puissance 10 !

Parfois, on pense que je fais exprès de ne pas entendre.
Parfois, on pense que je joue la comédie.
« C’est dans ta tête »
Je fais bien illusion.
Et pourtant c’est tout autre chose.
Je suis vraiment sourd
Avec tous ces inconvénients.

Je ne fais plus illusion
Quand je tombe à côté de la plaque
Dans une conversation.
Je ne fais plus illusion
Quand la fatigue me prend
Et que j’articule mal.

Heureusement, un avantage de ma singularité
C’est de rester sourd aux paroles négatives.

Rétrospective anniversaire « Sourd et certain »

Bonjour à tout le monde, cela fait deux ans que j’ai fait imprimé le livre « Sourd et certain » à 500 exemplaires + 200 exemplaires l’année d’après. Il m’en reste 65 exemplaires.
Les livres se sont retrouvés en Belgique et au Québec, et bien sûr en France dans toutes les régions.
Ce projet de publication s’est fait grâce à la campagne Ulule et qui a été un succès grâce, en partie à l’APIRJSO puis un de mes partenaires Talentéo pour la communication de mon projet (Il a fêté ses neufs ans fin février! ).

Mon livre a permis de faire de belles rencontres à travers des salons, mes conférences-théâtralisées « Au secours, j’ai un collègue sourd », des colloques.
Voici quelques photos souvenirs :-).

Mars 2019 à l’auditorium de Chaponost
Au Colloque du Bucodes à Paris
avec Dhafer, octobre 2019
Au salon Autonomic de Rennes
Début octobre 2019
Mensuelle APADLO septembre 2019
Salon Handica à Lyon
Mai 2019

Pardon ? vous ne savez pas de quoi parle le livre ? Voici une piqure de rappel (pas douloureuse !)

Vous hésitez à l’acheter ?
Voici quelques retours que j’ai pu avoir 🙂

« Sourd et certain » de Vivien Laplane. La surdité est simplement et joliment mise en mots. Pour mieux comprendre et surtout mieux communiquer 😉

Catherine S

Je confirme sûr et certain, très bon livre

Séverine

Bravo Vivien enfin dans la lumière qui s’oralise comme un rayon de soleil

Aurélie

Ton livre est très clair, très accessible avec des mots simples.Très agréable au niveau lecture

Secret confidentiel 😀

Je viens de terminer la lecture du livre « Sourd et certain » de Vivien Laplane. Un livre constitué de plusieurs petits textes, que je recommande grandement et que l’on devrait mettre entre les mains du plus grand nombre. Un livre qui apporte un regard fort intéressant sur la vie d’un sourd entendant dans sa vie personnelle et professionnelle et qui nous ouvre les yeux sur les difficultés qu’il peut rencontrer dans son quotidien et ses relations aux autres. Un livre qui rappelle que c’est à nous, entendants, de nous adapter au handicap par de petites actions simples, qui faciliteront la vie des personnes vivant avec, comme par exemple : s’exprimer face à la personne qui n’entend pas bien ou encore ne pas parler tous ensemble lorsqu’on est en groupe. Bravo Vivien Laplane pour cet ouvrage !

Nicolas M.

J’ai lu votre livre avec plaisir et j’ai découvert que ce n’était pas si simple de vivre avec la surdité ! j’aurai eu tendance à penser que la fait d’être appareillé permettait de tout résoudre. Autant pour moi. Mais on sort de ce livre avec le sourire grâce à la poésie et l’humour. Donc le message passe tout seul . .

Myriam P.

Merci pour ce livre qui m’a permis d’effleurer le monde du handicap, de comprendre le parcours, la volonté qui amène à l’espérance . C’est un livre pédagogique à diffuser, avec un beau message d’amour pour ses parents à la clé. Bravo

Anonyme

Cela vous tente ? N’hésitez pas à le commander et à en parler autour de vous, à votre médiathèque etc.
Pour le commander, cliquer sur l’image 🙂 et je vous ferai une dédicace !

Au Comptoir à Chaponost, septembre 2019 !

Etre un papa sourd parfait ?

Bonjour à chacune et chacun

Après mon article « Etre un père parfait ?« , je souhaitais vous partager mon expérience de père sourd. C’est évident, je suis loin d’être parfait. Personne n’est parfait et c’est tant mieux. Quel ennui si tout était dans la perfection, n’est-ce pas ?
Je n’ai pas à être parfait mais à faire de mon mieux, avec les outils que j’ai à disposition (Lectures de livres, discussions et échanges d’expériences avec des amis etc.).
J’apprendre à être père tous les jours, sourd ou pas. Alors bien sûr je précise, je parle en tant que sourd oralisant appareillé, ce qui n’est pas du tout le même quotidien qu’un sourd signant ou bien même un sourd appareillé mais qui a besoin plus d’aides techniques ou d’aide à la lecture labiale etc. Chaque personne sourde s’adapte et adapte son environnement en fonction de ses besoins.
Pour ma part, je communique à l’oral avec ma famille (mère entendante et fille entendante).

Au passage, j’ai fait une carte mentale pour montrer la diversité du monde des sourds :


Est-ce que ta surdité te joue des tours ?
Bien sûr, c’est plus drôle. Cela pimente mon quotidien avec des malentendues, des quiproquos. On peut avoir des fous rires quand je répète un mot qu’il me semblait avoir entendu.
« Mais non, Papa, ce n’est pas ce que j’ai dit »
Effectivement, il peut y avoir des tensions liés à la fatigue. Mais c’est pareil pour tout le monde. Et pourtant, ma surdité m’apporte une certaine intolérance au bruit, et surtout cris aigues. Tout est exacerbé. C’est pour ça que je savoure encore plus les silences et que j’admire plus ma fille quand elle dort.
Même si parfois, je ne comprends pas tout ce qu’elle dit, je peux la comprendre au niveau non-verbal car elle est très expressive. Je ne sais pas de qui ça vient. Puis elle parle assez fort, comme euh…. son père. Un peu trop même. On s’entraine à poser notre voix et à parler calmement, au grand bonheur des oreilles de ma femme. On essaie d’instaurer un cadre calme car elle crie beaucoup hélas. C’est de son âge et c’est juste un passage délicat à prendre avec patience et diplomatie. J’entends très bien avec mon appareil auditif… enfin tout est relatif bien sûr. Quand « j’entends du silence », je préfère vérifier si tout se passe bien et généralement, elle fait des expériences pas très jolies jolies :-D.
Cela arrive fréquemment que ma fille m’appelle et que je ne réponds pas. Quand ma femme est là, elle lui rappelle : « Papa ne t’entends pas, va le voir ». Et quand je suis seul avec elle, elle crie plus fort. Bon là, je l’entends ! Oups!

Et la langue des signes ?
Ma fille n’utilise plus qu’un seul signe : « S’il te plait ». Elle est complètement dans la parole. Je n’ai pas besoin que nous échangions en langue des signes puisque ce n’est pas ma langue maternelle. De temps en temps, je lui apprends l’alphabet, quelques signes d’animaux ou de couleurs. Mais sans plus. Plus jeune, elle a été initié au bébé signes et je pense que cela beaucoup aidé dans le langage par la suite.

Et ton appareil auditif ?
Elle fait bien attention même si elle est tenté de le toucher. Elle a bien compris que cela me servait à entendre donc elle n’y touche pas. C’est plus difficile avec mes lunettes mais ça c’est une autre histoire. Parfois, au réveil, elle prends mon appareil auditif posé sur ma table de nuit et me le tend pour que je le mette. Toujours très appréciable.

Et la nuit Vivien ?
C’est ma femme qui me reveille si besoin, pour que je prenne le relais. Elle me secoue l’épaule plusieurs fois et cela suffit pour me réveiller. Dans ce cas, je suis obligé de mettre mon appareil auditif et prends la suite. Et quand je suis tout seul ? J’ai un babyphone vibrant que je mets au poignet. J’ai rarement eu l’occasion de le mettre.
Et le matin, j’ai un réveil lumineux qui éclaire tout doucement. Pratique pour ne pas réveiller notre fille dans la chambre… si elle dort ! Pour le réveil lumineux, c’est juste un réveil que nous avions acheté à Nature et découverte à prix raisonnable.

Famille en duplo avec mon vrai appareil auditif 😀

Pour ceux qui seraient interessés par les aides techniques, voici quelques liens non exhaustifs :
– De bouche à oreille : https://dbao.fr/boutique/
– Deaco : https://www.deaco.fr/audition-473
N’hésiteze pas à en parler aussi à votre audioprothésiste ou bien à des centres d’information et de conseil sur les aides techniques.

Quels autres « sens » un « papa sourd » développe t il plus ?
Je dirai plutôt la vue. Je suis assez observateur c’est vrai mais c’est vraiment au cas par cas. Chacun compense en fonction de ce qu’il a appris ou avec expérience.

Je vous invite aussi à découvrir un autre témoignage par une maman sourde : https://www.mamannentendpas.fr/

Pour ceux qui ne connaissent pas la vidéo où j »évoque mes débuts de Papa, la voici :

Au plaisir de continuer à échanger avec vous et mettez vos témoignages dans les commentaires. Cela peut éclairer les entendants qui ne connaissent pas la surdité.

Est-ce qu’un sourd peut chanter ?

Oui, je sais! Deuxième article en une journée mais je ne pouvais pas attendre mardi prochain. J’avais hâte de vous partager cette vidéo !

Très belle soirée à vous !

Vivien, a Sourd’in work #1 Moniteur en carthotèque

Commençons par le début.
En l’an 2000, j’ai eu mon bac littéraire option arts plastiques au rattrapage. Ensuite, je souhaitais être professeur pour enfants sourds. Pour cela, il me fallait un bac+3. Donc j’ai choisi la géographie pour mes trois premières d’années d’études à l’université d’Avignon.
Lors de ma première année d’études, j’ai découvert la cartothèque avec des étudiants qui le géraient à côté de leurs études. Cela me passionnait et j’ai postulé pour y travailler en septembre 2001 lors de ma deuxième année de Deug Géographie. (J’ai dû vérifier mes bulletins de salaire pour les dates).
La Carthotèque était une petite salle rectangulaire, avec de grands meubles à tiroirs gigantesques pour les cartes. Un ordinateur se trouvait au fond de la salle pour gérer les fonds et les prêts. Rien à voir avec les ordinateurs d’aujourd’hui !
Ce n’était pas un lieu bruyant et c’était pour moi l’idéal pour échanger avec mes collègues et les autres étudiants. Je me sentais dans mon élément. Je ne me lassais jamais des cartes IGN 1/50 000 que nous étudions le plus souvent, avec les profils topographiques (avec les courbes de niveaux). Nous avions aussi des cartes géologiques de France mais aussi des coins improbables en Afrique ou autres parties du monde entier. (Plutôt du Sahara ou Maghreb car nous avions un professeur passionné de désert). Un vrai travail visuel où je pouvais exploiter à fond mon sens de l’observation !

Ma surdité me jouait des tours surtout lors des cours. J’étais obligé de m’appuyer sur les notes de mes potes. Ou bien je devais vérifier les noms compliqués dans les livres en lien avec le sujet. Il y avait un sujet qui me détestait le plus : Les statistiques !
Contrairement au collège et au lycée, je me mettais au troisième rang pour passer incognito. Et je n’avais rien comme aide technique ! Je vous laisser imaginer l’état de mon oreille droite quand il s’allongeait pour tenter des capter les sons, et l’état de mon crâne qui devenait douloureux à chaque fin de journée. J’étais souvent sur le coté gauche de la salle en regardant le professeur puisque je n’entends que le coté droit !
Je me souviens d’un jeune professeur qui disait « Heu » tous les trois mots. Impossible de comprendre ! Un certain Rémi T…. ! S’il me lit, il se reconnaitra sans doute!
Puis un autre professeur avait une voix très grave, Mr G, et surtout il bougeait sans cesse et allait au fond de la classe. Je lui avait demandé plusieurs fois de rester devant mais rien n’y faisais. Je partais à l’intercours, à la pause et je me rattrapais sur les notes des autres collègues. Je me souviens que c’était la géographie urbaine!

Pour revenir à la cartothèque, ce fut le lieu aussi où j’ai crée une association avec une amie de promo. Ce fut étrange car au début, nous nous engueulions souvent. Je ne me souviens plus pourquoi. Et pourtant, nous partîmes ensemble avec deux autres personnes au Sénégal en juillet 2001 ! (Avant que je bosse à la Carthotèque, oui ! ). Et nous restons toujours en lien 20 ans après, même sporadiquement !
Lors de ces trois années, j’avais donc crée cette association, monté deux pièces de théâtre dont une partie en langue des signes : « Pierrot et le voleur de sourire » cela s’appelait !

Au final, j’ai eu ma Licence de Géographie du premier coup. Entre-temps, j’ai eu un entretien à Nantes en mars 2003 pour être élève-professeur CAPEJS. Mi-juillet 2003, J’ai eu un autre proposition à Bourg-la Reine que j’avais décliné pour Nantes. Et une semaine après, avec un changement de responsable pédagogique, fin juillet 2003, on me spécifiait que je n’allais que être professeur remplaçant.
La rentrée s’annonçait sportive loin de ma famille, dans une ville inconnue !

La suite dans le prochain article !

Facade de l’Université d’Avignon, anciennement l’Hôpital Sainte Marthe