[Projet 52-2021] #3 – Hiver

Mais mais ? On est samedi dis donc ! C’est le samedi et le samedi, c’est le projet de Ma’. Et le thème de cette semaine est bien d’actualité.
Quelle type de photo pourrais-je vous montrer parce que je vous en ai montré pas mal sur mon blog des photos de neige etc…. Une photo inédite ?
Hiver, on peut aussi penser au feu de cheminée, avec des pantoufles au pied et un mug ! Mais ça je n’en ai pas.
Je cherche dans mes archives (clic clic clicclic )
J’avour que j’ai eu du mal à me décider.
Voici une photo prise dans le Pilat le 7 janvier (suite des photos ICI)

Moi, accro ?

Texte écrit en 2014 toujours d’actualité :

Accro, complètement accro !

Internet m’a pris dans les crocs.

Mes sens ne sont plus synchros.

Je suis figé comme un maquereau.

La dépendance me transporte loin

Loin de la réalité , dans le foin.

Pour oublier, tout oublier

Pour croire que tout est plié.

J’ai une drogue pour l’éternité.

Je suis accro à la solidarité

Aux rencontres, à la fraternité

Même à mes blagues ratées.

Addictif, moi, pas du tout ?

Allez, un peu sur Facebook où je traîne pas mal de temps. Mon temps d’attente de me former s’y prête un peu. Addict aussi aux jeux sur Smartphone. Terrible. Complètement accro. Mais ça va, je ne passe pas au stade : mince, je l’ai oublié à la maison, j’en tombe malade.

Comment vivez-vous vos addictions ?

L’addiction à la cigarette, à l’alcool, à la drogue comme le shit par exemple. Pris dans une spirale de dépendance face aux jeux vidéos, aux nouvelles technologies de pointes.

D’après mes expériences d’éduc spé et à travers les lectures, les témoignages, les addictions comment souvent par une phase de découverte pour être pris ensuite dans un engrenage. Nous sommes possédés par l’objet de nos désirs. Si cet objet qui nous possède nous manque, on peut devenir très irritables, angoissés, malades, nauséeux. On se croit libre malgré tout. Tout est illusion dans l’addiction. On peut en baver avec des troubles du sommeil, troubles de l’alimentation.

L’addiction est une fuite inconsciente de nos soucis, de nos souffrances.

Si je joue à fond aux jeux vidéos, c’est pour oublier la réalité qui devient dur, traumatisant. On se dit que mais non, je joue sur réseau, je crée des liens et tout. Oui, mais tout reste virtuel et rien ne vaut le face à face, les vrais liens sociaux. On s’isole de plus en plus. On est dans un brouillard, complètement dans le déni de notre privation de la liberté.

Il est essentiel de se créer des sas, des paliers pour se sentir plus libres en conscience. Est-ce je peux choisir ? Mieux saisir ce qui fait sens pour moi. Suis-je vraiment heureux en profondeur ? Est-ce que ça me procure un bien-être en durée ? C’est essayer de discerner ses fragilités et ses forces. Je pense que pour cela, il ne faut pas hésiter à demander un soutien pour aider à prendre de la distance.

Quand je vois les jeunes scotchés à leur portable quand ils sont en groupe, dans la cour, cela me fait de la peine. Ils se renferment de plus en plus. Vive la communication verbale, de vive voix, la communication non verbale par les gestes et les regards. Rien ne vaut un visage attentif en chair et en os à l’écran. Vive le souffle, le son pur, les couleurs, les bruits de la nature, l’espace…

Ah oui, j’oubliais. Je suis accroc à la solidarité, à l’amitié. Je suis accroc aux sourires, aux rires, aux blagues même foireuses. Je suis accro à la franchise, à la sincérité.

Je vous souhaite d’être libre dans vos choix, de pouvoir choisir vos activités en respectant votre énergie, votre santé, vos liens sociaux. Je vous souhaite de trouver un équilibre qui puisse vous épanouir.

Sans orientation

Perdre le Nord
Sans effort.
Etre à l’Ouest
En lâchant du lest
Fuir le Sud
Sans prélude.
Alea Jacta Est,
Je savoure la sieste.


Aqueduc au coucher du soleil

Sur la route du retour de boulot, après 50 mn de vélo (électrique)

Ce matin, j’irai en voiture à cause de forts vents du sud. Je ne prendrai pas de risques 😁

Sphinx des neiges (presque)

Le cauchemar de l’éducateur

21h45. Arthus venait de faire le tour des chambres. Tout le monde semblait dormir. Un silence apaisant enveloppa le foyer. L’éducateur jetât un coup d’oeil sur la salle à manger. Tout fut rangé et nettoyé. Il se dirigea vers son bureau en laissant grande ouverte la porte, au cas où. Il s’affala enfin sur le fauteuil, avec sa tête toute embrumé de la journée. Un mini-relâchement. Il fallait qu’il tienne encore debout jusqu’à l’arrivée du veilleur de nuit. Ses yeux pouvaient tomber à tout moment comme une averse s’engouffrant dans la vallée. Un petit bruit aigue survint. Un acouphène. Cela lui arrivait de temps en temps. Cela pouvait durer quelques secondes. Le temps qu’il reprenne souffle et prenne une grande respiration.
Puis ce fut le silence complet.
Il sursauta en ouvrant ses yeux embrumés. Une lumière tamisait le couloir. Un fond sonore caressait les moindres recoins. La ventilation. Puis un tic-tac entêtant, discret dans la journée mais bruyant le soir quand aucun autre son venait perturber ces sinistres secondes s’écoulant vers l’éternité. Il n’était que 21h55.
Le veilleur allait tarder arriver. Martin était son nom. Il devrait arriver d’un instant à l’autre. Arthus crut que chaque seconde tambourinait sourdement comme si un funeste châtiment allait s’abattre.
Pour se changer les idées et ce qu’il aurait du faire, c’est noter ses observations dans le logiciel. Cela allait être rapide. Il ouvrit la fenêtre. Rien. Pas d’historique. Pas de traces sur ce qui s’était passé. Il fut saisi d’un horrible doute; Il regarde les autres fichiers. Tous vides. Même dans l’intranet, tout fut le néant. Aucun signe du passé. Où sont passés les projets écrits, les anamnèses, les circulaires, les factures, les photos du foyer ?
Arthus commença à paniquer légèrement. Très légèrement.
Il ouvrit la messagerie. Rien à part un message non lu. Cela venait de l’ARS. L’agence annonçait qu’il coupait tous les vivres du foyer, idem pour tous les établissements médico-sociaux car non rentables. Ils devaient se démerder comme les Amishs. Plus de sous. Plus de boulot.
Son coeur allait exploser… de colère, de fureur. Il devait sans doute rêver. Ce n’était pas possible autrement. Il se leva pour reprendre ses esprits. Il se retrouva dans le couloir. Un grand air glacial le fouetta. Toutes les portes des chambres étaient ouvertes, et des lumières bleues surgissaient de nulle part. Il se précipita vers la première chambre. Une chambre vide, sans plus aucun meuble. Personne. Ce fut la même chose pour les autres chambres. La sueur tombait à grosses gouttes de ses tempes. Il voulut crier mais rien ne sortit.
Soudain, un extincteur se mit à bouger et le frappa subitement sur ses épaules.
Arthus se réveilla brusquement. Martin, le veilleur l’avait secoué virilement. L’éducateur reprit ses esprits. Il s’était endormi devant l’ordinateur avec pleins de fenêtres remplis de dossiers, et la messagerie pleine. Tout était donc normal.
Arthus fit donc la relève, transmis quelques informations puis se prépara à rentrer chez lui.
Pour faire cette fois-ci des rêves.
Enfin, il espère!

Pour d’autres histoires à lire :
La fugue de l’éducateur
Le cauchemar du Veilleur de nuit
Journée fictive d’un éducateur

Silent Sunday #106

[Projet 52-2021] #2 – Au hasard

C’est avec grand plaisir que je continue ma participation au projet de Ma’ chaque samedi. Voici les thèmes de cette année.

Et pour le thème « Au hasard », j’ai pensé à une photo que j’avais pris au hasard, par inadvertance et je l’ai gardé parce que je l’ai trouvé jolie ! Chose curieuse, en voulant arrêter mon téléphone, ça a mis un filtre en noir et blanc. Un de mes cousins avait crié « Fake ».
Certains la connaissent sans doute!

Alors comment ont participé les autres bloggeurs au hasard ?

Expédition ornithologique minimale

C’était ce lundi. Il faisait grand soleil et très froid (- 2 degrés sans doute). J’étais sorti dans les bois du parc avec mon appareil photo. Le hic, c’est que j’avais des gants trop visibles avec des traits rouges et jaunes fluos, tant pis.
A peine arrivé à l’orée du bois, j’entendis pleins d’oiseaux, et vis des nuées de pinsons que je n’ai pas pu prendre en photo.

J’ai pu prendre trois photos de « meilleure qualité ». Pas pu faire mieux avec mon objectif de 300 mm.

Un troglodyte mignon ! Vous le voyez ?
Un rouge-gorge. Facile à reconnaitre !
Il me semble que c’est un bruant. Dommage je n’ai pas réussi à le voir plus près avec sa tête!

Etre un papa sourd parfait ?

Bonjour à chacune et chacun

Après mon article « Etre un père parfait ?« , je souhaitais vous partager mon expérience de père sourd. C’est évident, je suis loin d’être parfait. Personne n’est parfait et c’est tant mieux. Quel ennui si tout était dans la perfection, n’est-ce pas ?
Je n’ai pas à être parfait mais à faire de mon mieux, avec les outils que j’ai à disposition (Lectures de livres, discussions et échanges d’expériences avec des amis etc.).
J’apprendre à être père tous les jours, sourd ou pas. Alors bien sûr je précise, je parle en tant que sourd oralisant appareillé, ce qui n’est pas du tout le même quotidien qu’un sourd signant ou bien même un sourd appareillé mais qui a besoin plus d’aides techniques ou d’aide à la lecture labiale etc. Chaque personne sourde s’adapte et adapte son environnement en fonction de ses besoins.
Pour ma part, je communique à l’oral avec ma famille (mère entendante et fille entendante).

Au passage, j’ai fait une carte mentale pour montrer la diversité du monde des sourds :


Est-ce que ta surdité te joue des tours ?
Bien sûr, c’est plus drôle. Cela pimente mon quotidien avec des malentendues, des quiproquos. On peut avoir des fous rires quand je répète un mot qu’il me semblait avoir entendu.
« Mais non, Papa, ce n’est pas ce que j’ai dit »
Effectivement, il peut y avoir des tensions liés à la fatigue. Mais c’est pareil pour tout le monde. Et pourtant, ma surdité m’apporte une certaine intolérance au bruit, et surtout cris aigues. Tout est exacerbé. C’est pour ça que je savoure encore plus les silences et que j’admire plus ma fille quand elle dort.
Même si parfois, je ne comprends pas tout ce qu’elle dit, je peux la comprendre au niveau non-verbal car elle est très expressive. Je ne sais pas de qui ça vient. Puis elle parle assez fort, comme euh…. son père. Un peu trop même. On s’entraine à poser notre voix et à parler calmement, au grand bonheur des oreilles de ma femme. On essaie d’instaurer un cadre calme car elle crie beaucoup hélas. C’est de son âge et c’est juste un passage délicat à prendre avec patience et diplomatie. J’entends très bien avec mon appareil auditif… enfin tout est relatif bien sûr. Quand « j’entends du silence », je préfère vérifier si tout se passe bien et généralement, elle fait des expériences pas très jolies jolies :-D.
Cela arrive fréquemment que ma fille m’appelle et que je ne réponds pas. Quand ma femme est là, elle lui rappelle : « Papa ne t’entends pas, va le voir ». Et quand je suis seul avec elle, elle crie plus fort. Bon là, je l’entends ! Oups!

Et la langue des signes ?
Ma fille n’utilise plus qu’un seul signe : « S’il te plait ». Elle est complètement dans la parole. Je n’ai pas besoin que nous échangions en langue des signes puisque ce n’est pas ma langue maternelle. De temps en temps, je lui apprends l’alphabet, quelques signes d’animaux ou de couleurs. Mais sans plus. Plus jeune, elle a été initié au bébé signes et je pense que cela beaucoup aidé dans le langage par la suite.

Et ton appareil auditif ?
Elle fait bien attention même si elle est tenté de le toucher. Elle a bien compris que cela me servait à entendre donc elle n’y touche pas. C’est plus difficile avec mes lunettes mais ça c’est une autre histoire. Parfois, au réveil, elle prends mon appareil auditif posé sur ma table de nuit et me le tend pour que je le mette. Toujours très appréciable.

Et la nuit Vivien ?
C’est ma femme qui me reveille si besoin, pour que je prenne le relais. Elle me secoue l’épaule plusieurs fois et cela suffit pour me réveiller. Dans ce cas, je suis obligé de mettre mon appareil auditif et prends la suite. Et quand je suis tout seul ? J’ai un babyphone vibrant que je mets au poignet. J’ai rarement eu l’occasion de le mettre.
Et le matin, j’ai un réveil lumineux qui éclaire tout doucement. Pratique pour ne pas réveiller notre fille dans la chambre… si elle dort ! Pour le réveil lumineux, c’est juste un réveil que nous avions acheté à Nature et découverte à prix raisonnable.

Famille en duplo avec mon vrai appareil auditif 😀

Pour ceux qui seraient interessés par les aides techniques, voici quelques liens non exhaustifs :
– De bouche à oreille : https://dbao.fr/boutique/
– Deaco : https://www.deaco.fr/audition-473
N’hésiteze pas à en parler aussi à votre audioprothésiste ou bien à des centres d’information et de conseil sur les aides techniques.

Quels autres « sens » un « papa sourd » développe t il plus ?
Je dirai plutôt la vue. Je suis assez observateur c’est vrai mais c’est vraiment au cas par cas. Chacun compense en fonction de ce qu’il a appris ou avec expérience.

Je vous invite aussi à découvrir un autre témoignage par une maman sourde : https://www.mamannentendpas.fr/

Pour ceux qui ne connaissent pas la vidéo où j »évoque mes débuts de Papa, la voici :

Au plaisir de continuer à échanger avec vous et mettez vos témoignages dans les commentaires. Cela peut éclairer les entendants qui ne connaissent pas la surdité.