Bref, elle m’a donné son nom mais c’est tombé dans les oubliettes de ma mémoire.

Bref, elle m’a donné son nom mais c’est tombé dans les oubliettes de ma mémoire.

Piqué sur le vif, en regardant le journal, Alberto s’énerve contre ces immigrés qui envahissent le territoire. Il se réjouit des mesures préventives empêchant les étrangers de passer la frontière. Il ne pourrait pas rester chez eux, se dit-il. Alberto galère déjà pas mal à trouver un boulot. Il entretient comme il peut sa petite maison avec sa femme. Ils ont un petit potager ouvrier qui se trouve à 15 minutes à pied de chez eux, près d’une autoroute.
Un matin, au lieu de regarder les médias nationaux, il essaie de lire un autre type de journal. Comme ça, pour changer. Par curiosité. Non, pas par voyeurisme. Il ne souhaite pas se délecter des malheurs des autres. Il ne sait pas pourquoi mais il pressent que quelque chose ne tourne pas comme il se l’imagine. A cause de cette nuit. Il a fait un mauvais rêve. Alors, Alberto souhaite vérifier. Pour cela, il a besoin de recouper les informations ; Voir d’autres types d’informations. Et surtout de voir la fiabilité des informations. Oui, Alberto a une lucidité soudaine qui le surprend. Sa femme se demande s’il n’est pas malade. Il est tout calme son bougre d’homme.
Enfin, comme il a internet depuis peu, il tombe par hasard sur une vidéo sur Mare Nostrum. Sur le sauvetage des réfugiés sur les bateaux. Puis une autre vidéo sur la condition de vie des immigrés dans des centres de rétention. Enfin, il lit un témoignage d’un sub-saharien sur son parcours. Il est effaré et n’y croit. C’est aberrant. On ne peut pas vivre des choses pareils tel que se confronter chaque jour à la mort, à la soif, à la faim avec une peur qui vous tenaille jusqu’aux entrailles. Mais alors qu’est-ce qu’il les amène hors de son pays ? Est-ce vraiment le désespoir ? Ne serait-ce pas du courage et une volonté de vivre de vouloir s’échapper d’un monde où il risquerait de mourir à chaque instant ?
Alberto est ébranlé. Il perd un peu ses repères. Il se souvient de son père qui avait immigré d’Italie. Il ne souvient pas qu’il ait tant galéré. Il avait souffert mais vraiment autrement pour vouloir offrir une vie plus digne à sa famille, ses enfants. Alors pourquoi ces réfugiés n’auraient pas droit de trouver une meilleure vie ailleurs ? Chacun a sûrement des talents à donner, à offrir au pays qui l’accueille.
Puis Alberto pense aux gouvernements européens et africains. Quels sont leurs responsabilités dans les conflits qui secouent beaucoup de pays. Quels sont les responsabilités des multinationaux qui maintiennent des injustices à n’en plus finir ?
Toutes ces questions en une journée. Alberto se sent épuisé mais changé. Sans parler à sa femme, il va voir une association qui s’occupe des réfugiés entre autres, la Cimade. Il découvre aussi l’existence de Coordination Urgence Migrants, Forum réfugiés, . Il est rassuré que des associations existent. Mais il pressent que cela ne suffit pas. Les jours passent et ressent le besoin d’informer, de sensibiliser les personnes.
Ce n’est pas parce qu’un étranger arrive qu’il va prendre mon boulot. Il a autant sa place comme je peux avoir ma place, se dit-il.
Sa femme a bien remarqué son manège. Un soir, elle l’engueule bien gentiment car Alberto est souvent en ville pour rencontrer des associations, pour donner un coup de main.
Et moi, qu’est-ce que je peux faire ? Lui lance-telle ?
Alors Alberto lui fait part de ses idées. Comme il est maçon et bricoleur, il souhaite construire des maisons assez simples, pratique pour les migrants de passage. Il avait repéré un champ en abandon. Il en avait parlé au vieux propriétaire qui est d’accord en échange de propreté, d’entretien du terrain.
C’est ainsi que les jours suivants, il construit un petit village, avec son réseau de voisins et des migrants qui sont partis prenant du projet. Au-delà de la loi parce qu’il n’ pas de permis de construire. Avec l’administration, cela aurait trop traîné. La solidarité et le partage prime pour que chaque réfugié retrouve sa dignité, en se sentant utile et reconnu tel qu’il est.
Alberto sent bien qu’il est hors-la loi mais la désobéissance civile devient nécessaire quand la loi est devenue écrasante pour ceux qui sont dans la misère. Il souhaite que la Loi serve plus les plus pauvres et moins les nantis. Trouver un juste équilibre.





Saignon limitée au nord par le Calavon, au sud par le plateau des Claparèdes et les contreforts du Luberon, et traversée par un petit torrent, le Rimayon. Le village, situé à 4km d’Apt, domine la vallée, sur laquelle il semble monter la garde.
Il est construit sur un éperon rocheux autour de trois édifices : la chapelle castrale confondue avec le rocher qui est le signe d’identification du village, la tour de l’horloge et l’église.
L’histoire de l’occupation du territoire de Saignon débute au Paléolithique moyen (-200 000 ans, -35 000 ans). Dès l’antiquité le rocher de Saignon, d’une hauteur d’une trentaine de mètres, situé sur un promontoire, fut utilisé en tant qu’observatoire et a dû servir à l’émission de signaux. De cet emploi comme signal, Signum, a découlé le nom de Sagnio, étymologie la plus probable du nom actuel.
L’église romane Notre Dame ou Sainte Marie de Saignon, établie hors les murs, remarquable par ses proportions, fut dès le bas Moyen-Âge, un lieu privilégié de pèlerinage pour toute la Provence mais aussi pour tous ceux qui se rendaient à Rome en empruntant la Via Domitia et pour les pèlerins de l’Italie vers Saint-Jacques de Compostelle.Source : Site de Lubéron-Apt
Vous voulez en savoir plus sur ce village : http://luberon.fr/communes/saignon/
Dans le silence de mes jours,
J’aime prendre le temps d’observer les visages
Et à travers leurs regards, faire un voyage
Dans leurs souvenirs, dans leurs histoires.
Dans le silence de mes jours,
J’aime entendre le bruit disparaître
Dans les couleurs des arbres et du ciel d’azur.
Juste prendre le temps de s’émerveiller
Et souffler loin du tumulte quotidien.
Juste porter l’attention sur mon souffle.
Se recentrer et que mes pensées s’agitent moins.
Dans le silence de mes maux intérieurs,
J’essaie d’observer loin vers l’horizon,
Pour être saisie en un instant d’éternité.
Pour dégager les bruits de l’âme
Et se rendre disponible pour l’autre.
J’ai bien conscience des drames
Et la culpabilité ne sert à rien.
Toujours aller de l’avant, faire le premier pas
Et de temps en temps, souffler, se poser pour repartir.
Faire le silence de mon passé tourmenté,
C’est-à-dire l’apaiser car on n’oublie jamais.
Pas-à-pas, faire des choix dans le silence des émotions.
Prendre des décisions loin des colères ou des exaltations.
Dans le silence de mes nuits,
Je savoure les rêves qui me bercent
Malgré des cauchemars ou des nuits blanches.
Mais tout cela dans un silence choisi et agréable.
Dans le silence pesant ou angoissant,
C’est une toute autre histoire
Et je ne la souhaite à personne.
Copyright Vivien Laplane . Mai 2015

L’abeille se régale
S’envole vers les pollens
Virevoltant sans peine.
Vive le mistral !
Et les branches de chêne en bavent,
Ne voient plus les couleurs,
Noire est leurs douleurs,
Pâle est leurs zouaves.


Un petit tour à Lauris ce week end sous un beau soleil caressé par le mistral.



Les terrasses du château de Lauris date du XVIIIe siècle et surplombe la vallée de la Durance. Elles sont composées du jardin Blanc qui est en accès libre et du Jardin Conservatoire des Plantes Tinctoriales, site unique en Europe.
Elles ont été réaménagées en 2008 dans un pur style XVIIIesiècle et ont obtenu le label « Jardin remarquable » en 2011 et le troisième prix du concours Départemental de l’Architecture et du Paysage en 2010.



Le château, devenu récemment propriété communale, se dresse à l’aplomb de la falaise comme une emblématique figure de proue, un tranquille vaisseau offrant une vision sereine à l’heure du couchant. Reconstruit au XVIIIe siècle sur les ruines de l’ancienne forteresse médiévale, il fut complétement transformé pour être habité au XXe siècle. Nous devons à Sextius d’Arlatan les fontaines et bassins du XVIIIe siècle qui ornent les magnifiques jardins en terrasses. Ne se visite pas.
Source : Office de tourisme de Lauris


Je suis sourd. Et alors ?
Je suis tout aussi différent et semblable que les entendants.
Je vis avec des rires ou des larmes.
Je vis avec des rêves ou des craintes.
Comme les entendants.
Je peux voir et comprendre le monde qui m’entoure
Puis m’informer, apprendre, écrire et créer
Comme les entendants.
Je suis sourd et je ne suis pas obligé de signer.
J’ai trouvé mon moyen de communication qui me convient
Pour être en lien avec des personnes que je souhaite rencontrer.
Comme les entendants.
Je suis bien sur différent mais qui n’est pas différent
Avec une histoire unique, une personnalité, des qualités et des défauts spécifique à chaque personne ?
Je m’adapte avec mes amis entendants comme eux s’adaptent face à ma surdité (Dans le meilleur des cas, bien sur).
Conjuguons nos différences et nos ressemblances.
Nous trouverons toujours un moyen pour s’entendre.