A quand la révolution ?

A quand la révolution ?

Quand je vois les injustices se multiplier autour de moi.

Quand je vois les médias marteler des mensonges, des faits divers vue que sous un seul angle.

Quand je vois la politique couper les vivres de la prévention spécialisé, des associations.

Quand je vois le pouvoir de certains riches écraser les plus démunis.

Quand je vois des migrants bafoués, humiliés par des forces de l’ordre, par les décisions préfectorales.

Quand je vois la haine, l’indifférence, la bêtise, l’hypocrisie régner s’immiscer dans les médias et les réseaux sociaux.

Quand lèverons-nous pour dire stop et pour mettre en avant une vraie justice sociale ?

Quand nous lèverons-nous pour empêcher les multinationales nous écraser par leurs orgueils, par leurs recherches du profit ?

Sérieusement, quand crierons-nous à force d’être soumis à l’austérité, à la loi du marché, à la loi du plus fort ?

Quand les mot « Solidarité », « Partenariat », « Partage des compétences », « Ecoute », « Respect », « Liberté » ne seront plus perçus comme des concepts de « bisounours » mais ancré dans la réalité ?

Comment faire en sorte que la colère, la rage devienne constructif et non point une façon de vouloir régler par la violence sur ce qui nous fait violence ?

Arrêtons de minimiser les heurts et malheurs ? Arrêtons d’être gentils ! Soyons vrais et sincères.

Que ce qu’il y a dans la tête puisse venir dans notre cœur, et mettre nos énergies en actes pour construire des liens durables, justes et porteurs d’espoir.

Encourageons les dynamiques locales.

Ne restons pas seuls avec nos colères et partageons nos idées, nos rêves pour des projets ancrés dans la réalité.

Sortons de ces sentiers malsains où on est porté par la mode, par une pensée unique.

Adoptons un regard plus juste, plus vrai dans la rencontre, dans le dialogue.

Pour ma part, je continuerai à écrire, à témoigner à travers les mots et les images.

Je continuerai à vivre des rencontres en essayant d’avoir le moins de préjugés possibles.

Je continuerai à vivre en ne subissant plus les injustices du système.

 

Je vous souhaite du courage dans tout ce que vous avez à vivre, à croire en vos rêves et en vos projets. La vie vaut la peine d’être vécue même si on n’a l’impression de ne voir que des inhumains.

En attendant un oiseau

A l’affût, immobile

Un souffle léger et silencieux.

Une crampe me prend.

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En fait, une mésange charbonnière poussait des petits pépiements pour signaler ma présence. Donc mon incognito était un peu, très légèrement compromis!

Tarin des aulnes

Premier tarin des Aulnes que je vois et prends en photo!

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Ivresse lunaire

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Lune se levant ivre
Lumières de la ville bien shootée.
Nuit blanche à venir.
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 Qu’après une nuit blanche, le jour ne soit pas obscur.

Jeux de lumière d’hiver

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Une photo contre le cancer

Quelques mois auparavant, certains d’entre-nous ont répondu à un chouette projet de Bernadette (Cliquez sur le lien pour accéder au projet).

J’y ai contribué en donnant une de mes photos et c’est avec plaisir que je vous partage cet événement:

 

Voici la très belle carte des donateurs. Sauriez-vous reconnaître votre serviteur Le souffleur de mots ? Pour ceux qui connaisse mon nom de famille. C’est simple.

Un grand bravo à Bernadette pour son idée et ce n’est pas encore fini.

Merci aux photographes qui soutiennent la cause, merci pour tous les malades et leurs familles, merci pour le personnel médical.

Si vous passez sur Lyon, n’hésitez pas à me contacter en privé si vous cherchez un logement au cas où!

Sourd oraliste ? Sourd signeur ?

Je suis sourd oraliste.

Je me définis comme cela parce que j’oralise complètement depuis tout petit. Enfin, j’ai vraiment commencé à parler à l’âge de 5 ans. J’ai été appareillé à 2 ans.  J’ai connu la langue des signes que vers 14 ans. A ce moment-là, j’avais l’impression que j’étais chez moi, dans le monde des sourds avec une langue, la langue des signes. Mais ce fut éphémère. Des expériences amères et des déconvenues de la part de quelques sourds signeurs : « Mais tu parles… t’es pas sourd ». « T’es sourd et tu ne signes pas ? »

Je suis malentendant ? Le problème dans ce mot, c’est qu’il fait référence à une déficience, à quelque chose de négatif… Mal-entendre. Certains entendants pourraient s’imaginer qu’il faut parler plus fort ou bien qu’on entend malgré tout dans des situations calmes. Pas vraiment sourd.

Ou bien malentendant, certains s’imaginent qu’on s’enferme dans l’handicap : «  J’entends mal… ». Comme les petits vieux. « Tu entends ce que tu veux entendre. Tu fais le sourd quand ça t’arranges. »

Comment faire comprendre que mal-entendre, ce n’est pas seulement la distinction du bruit, d’une voix ou pas. C’est aussi ne pas savoir faire la différence entre le « P » et le « B », le « D » et le « T ». Ou bien que les petits mots passent à la trappe comme les négations : « Te… casse….. la figure » au lieu de « te casse pas la figure ».

Qui n’a jamais cherché d’être au clair dans les mots qu’on donne pour se définir ?

En essayant de me définir, je ne me cherche pas à mettre une étiquette, à me mettre dans une case. Cela me permet juste de mieux me situer par rapport aux entendants et d’être dans une relation au plus juste.

Hier, j’ai fait une belle expérience dans un petit groupe dans un resto. Malgré le bruit ambiant, j’ai pu suivre la conversation. Il faisait bien attention à ce que je comprenne. Puis ils m’ont posé la question sur ma surdité. En disant que j’étais sourd oraliste, leur curiosité était là et je leur ai expliqué mon parcours et du choix des mots.

Je suis sourd oraliste. Je suis sourd et je parle. J’aurai pu être sourd bilingue en parlant et signant.

Je ne suis pas sourd signant puisque je ne signe pas. Un peu mais ce n’est pas ma langue.

Il y a aussi les sourds LPCi-stes, ceux qui utilisent la LPC, la langue parlée complété qui permet de coder les sons et de faire la distinction entre les sons. ( Pour en savoir plus, vous pouvez contacter l’association ALPC).

Bien sûr, ce n’est que du vocabulaire et nous ne sommes pas tous d’accord sur les termes à employer. A cause du vécu, des expériences très différentes, variées de chacun et chacune.
C’est pas tout ça, je ne me résume pas à ma surdité. Nous ne sommes pas réduits à notre handicap, quel qu’il soit. Mais ne comparons pas nos souffrances à d’autres souffrances qui seraient pires. Notre vécu est unique et incomparable.

Je préfère privilégier ce que je suis vraiment à travers les rencontres, les moments de loisirs et de boulots. Pour développer ce que je suis et être bien, seul ou avec les autres, j’essaie de me mettre dans des situations confortables où je peux comprendre une grande partie sur ce qui se passe. Parfois, il me faut accepter de ne pas tout entendre mais je peux comprendre différemment avec les moyens du bord.

Toute une aventure pour toute une vie.

Le cri du moi non plus, moi aussi!

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Portrait d’une rock star / Portract of punk star

  • Bonjour, je m’appelle Punk. Punk Germaine. Je suis unique, vous le savez malgré mes congénères stupides et prétentieuses. De nombreux photographes vient me prendre en photo. Pourquoi ? Quelle question! Je suis la plus belle of course.

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  • Oh excusez-moi, Cela me gratte. Je suis à vous dans un instant.

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  • Très bientôt, vous aurez un scoop. Je ne dis pas quoi évidemment. Ce ne serait plus un scoop. Allez, je vous le dis. Je vais me lancer dans le Rock Gau¹. Joli, non ?

¹ Gau : Référence au Parc Ornithologique du pont de Gau en Camargue. J’ai découvert que les flamands roses pouvaient faire un boucan pas possible en secouant leurs têtes.

Gaspard ou de l’importance du lien

Complètement seul. Il a envie de crever sur son banc.

Il lorgne les couples, des groupes d’amis éclatant de rire

Passant non loin de lui, ignorant ce qu’il est.

Dans sa piaule, il se gèle à cause des trous dans les murs.

Gaspard a coupé les ponts avec sa famille. Il est en colère.

En colère contre le monde surtout contre sa maladie qui le ronge.

Plus de boulot. Plus de droits. Des dettes à n’en plus finir.

Il fuit les associations pour ne pas voir des pitiés, de la mièvrerie.

Il marche souvent sur les berges du Rhône où l’eau semble l’appeler.

C’est ainsi qu’un soir, il tombe à l’eau. Il ne sait pas nager.

Ses vêtements encrassés l’emmènent vers le fond. Il se laisse aller.

Puis soudain, il sent qu’on le ramène à la surface. Il se débat.

On lui parle mais il hurle de colère. Une gifle le secoue sec.

Désorienté, il entend une voix cingler sa tête :

« Ce jeune a risqué sa vie pour vous sortir de là ».

En ouvrant bien ses yeux, il aperçoit un jeune au teint marron

Et aux yeux bleus, complètement trempé.

Il est surpris par son regard. Un regard non jugeur, juste surpris.

Il entend des sirènes. Des voix s’approcher.

Il se sent pris dans un tourbillon de honte. Une émotion jamais connue.

Une autre traverse son esprit. De la reconnaissance.

Sa colère a complètement disparu dans les profondeurs du Rhône.

Son sauveteur s’approche de lui : « Bon courage. Je suis avec vous. Je m’appelle Khalid ».

Gaspard murmure son prénom et bredouille de confusion.

On l’allonge sur une civière après l’avoir débarrassé de vêtements inutiles, trempés.

Une couverture de survie l’enveloppe.

Khalid était encore là ainsi que le gars qui l’avait engueulé.

Le Samu l’emmène à l’hôpital.

Hospitalisation. Prise en charge. Une infirmière prend soin de lui.

 

Le lendemain, Khalid est venu le visiter.

Des amis de ce dernier sont aussi venus.

Echanges interminables.

Puis il est sorti et a été accueilli dans la famille de Khalid.

Une énorme solidarité. Il se sent revivre.

Ils sont même venus retaper son appartement.

Son corps lui fait moins mal et repense à sa femme

Qui l’a quitté y a deux ans.

Il se souvient de son numéro de portable.

Il emprunte le téléphone de Khalid.

Retrouvailles. Un autre type de relation.

Une communication plus juste et vraie.

Les liens se solidifient. Il a envie de se battre

Pour sa femme et ses nouveaux amis.

 

6 mois après, il a trouvé un boulot de magasinier.

Un pur bonheur. Il en est fier.

Il sait que rien n’est plus important que de garder de bonnes relations.

De rester en lien, d’être connecté à ce qui fait sens à sa vie.