Site professionnel ouvert !

Bonjour à tous,

J’ai le plaisir de vous annoncer que j’ai crée mon site professionnel consacré à mes activités de conférences-théâtrales :

http://vivienapprendreaecouter.com/http://vivienapprendreaecouter.com/

Vous pourrez suivre mes différentes interventions que j’ai pu faire, des vidéos inédites sur mes prestations etc…

Et bien sûr, je continue d’alimenter mon blog actuel avec des textes et des photos.

Au plaisir de vous lire

 

Rêves réalisés et rêves à venir

Bonjour à tous,

Je cherchais un sujet et ma chère femme me murmurait ce sujet. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Facile, je sais et je ne suis pas dure d’oreille avec mon appareil auditif.

Bref, quelles rêves ais-je pu réaliser tout d’abord et que ma surdité ne m’a pas du tout empêché de les vivre ? J’avoue qu’à cette époque-là, je ne voyais pas en quoi ça pouvait être une contrainte. C’est toujours le cas aujourd’hui mais avec une autre perspective.

  • Monter une pièce de théâtre et faire une tournée
    • Résultat : J’ai écrit ma première pièce en 2002 : « Pierrot et le voleur de sourire »  en partie en langue des signes et fait une tournée dans les Cévennes pour récolter des fonds au profit d’une centre pour enfants polyhandicapés en Lozère.
    • En 2009, j’ai monté un seul sur scène en clown. Un pur régal !
  • Partir un an à l’étranger découvrir une autre culture et rendre service.
  • Aller dans un désert
    • Résultat : En 2011, avec ma femme à notre voyage de noces au Maroc, nous étions aux portes du Sahara, un régal !
  • Ecrire un livre
  • Allier Théâtre et sensibilisation aux handicaps
    • Résultat : C’est ce que je suis en train de faire et ce qui m’a fait le plus plaisir c’est d’avoir pu jouer ma conférence-théâtre devant un public de sourds, à la bibliothèque Chaptal à Paris ce 31 octobre.

J’aurai pu en citer encore pleins d’autres. Je ne vous cacherai pas que cela n’a pas été simple avec des années difficiles, de doutes, de galères mais ça, j’en parlerai peut-être un autre jour, dans un prochain livre ?

Et maintenant mes prochains rêves ?

  • Découvrir l’Islande (c’est une obsession depuis des années car j’adore les volcans et la neige :-D)
  • Passer à la télévision avec ma conférence-théâtre « Au secours, j’ai un collègue sourd »
  • Jouer sur scène avec un humouriste handi comme Adda Abdeli ou bien Krystof Fluder (Djamel Debouzze ? il parle trop vite pour moi 😀 ) (Apparaître dans la série Vestiaires ?
  • Ecrire d’autres livres 😀
  • Et jouer des heures sur des jeux de société avec de bons amis.
  • Repartir à l’île de la Réunion avec ma famille au complet car nous y avons habité de 1983 à 1986. J’étais bien jeune à l’époque et j’en garde malheureusement peu de souvenirs. Reviendront-elles une fois sur place ?

Et vous ? Avez-vous réalisés vos rêves ? Aimeriez-vous en réaliser d’autre ? (En fait c’est primordial de rêver, de se projeter, cela fait vivre).

Court-métrage Vivien Apprendre à écouter « Handicap et entreprises, ça tourne » 2018

Bonjour à tous,

En attendant d’ouvrir officiellement mon site professionnel, voici le court-métrage montrant l’esprit de mon entreprise Vivien Apprendre à écouter :

J’ai en fait terminé deuxième pour le prix E-palme et c’est Guillaume création qui a remporté le prix de l’innovation entreprenariale !

Espionnage à haut risque

Espionnage à haut risque

Votez pour le prix E-palme « Handicap et entreprises, ça tourne »

Bonjour à tous,

Voici que je participe à la soirée « Handicap et entreprises, ça tourne » à UGC Confluence le 20 novembre.

Et mon projet : « Vivien Apprendre à écouter » est en lice. Venez donc voter pour mon projet ainsi que deux autres projets :

https://www.talenteo.fr/viven-apprendre-a-ecouter/

Venez voter chaque jour, partagez !

Un grand merci pour vos soutiens!

Suis-je un sourd chanceux ?

Je souhaitais réagir à une remarque lors des échanges de mercredi dernier, après la conférence « Au secours, j’ai un collègue sourd »:

On a l’impression que vous êtes l’exemple de la réussite de l’oralisme. Vous êtes l’exemple d’un oraliste réussi. […] Vous faites un peu figure de sourd chanceux qui a réussi. Les sourds sont évidemment tous différents.

Pour commencer, je peux dire que je suis chanceux d’avoir grandi dans un environnement familial bienveillant. Même si toute ma famille est entendante, j’ai pu m’épanouir, apprendre à parler, à lire et écrire.

Petite précision, je suis un sourd oralisant. Oraliste, cela fait un peu extrémiste ;-). Mes parents ont fait le choix de l’oral et je l’ai re-choisi par la suite car j’ai pris du plaisir à parler grâce au théâtre.

Puis la réussite, c’est grâce aux rencontres, aux opportunités que j’ai pu saisir. La chance est venue quand j’ai pu la provoquer. Et je ne cache pas que c’était difficile, laborieux par moments. Je ne crois pas à une réussite sans labeurs, surtout quand on a un handicap.

Pour ma part, j’ai vécu pas mal d’années en ignorant les difficultés de ma surdité en travaillant dans des milieux rudes, surtout quand j’étais éducateur spécialisé. Cela s’est payé cash.

La chance n’est pas là tout le temps. Elle reste blottie et peut ressurgir si on prends la peine de la regarder. Cette chance que nous avons la possibilité de déployer nos talents, nos valeurs, nos capacités de créer.

Comment augmenter notre chance de réussir ? c’est pouvoir fructifier nos expériences, prendre soin des relations et continuer à prendre de bonnes décisions qui nous semblent justes. Et surtout de profiter des opportunités et avoir de l’audace. Une de mes devises préférées : « Qui ne tente rien n’a rien ».

Et la chance se gagne aussi grâce à d’autres personnes, qui nous aiguillent, nous inspirent.

C’est comme ça que j’ai osé créer des pièces de théâtre en 2001 et 2002, des seuls sur scène en 2003 et 2009 (Spectacle Clown), osé partir au Sénégal pendant un an, osé exposé des photos et écrire des recueils de poèmes. C’est venu par vagues ces instants de créations.

Il y aura toujours des hauts et des bas, et parfois des sacrés creux.

Je vous souhaite de saisir cette chance, qui peut surgir n’importe quand et n’importe où.

 

 

Haiku du soir

La Feuille d’or rugit

Une transparence frémit.

La liberté rit.

Automne (17)

Une soirée mémorable à Chaptal

Ce mercredi 31 octobre à la bibliothèque Chaptal (Bibliopi), j’ai présenté ma conférence-théâtre « Au secours, j’ai un collègue sourd » devant une soixantaine de personnes, avec le soutien énorme de l’équipe des bibliothèque pour l’accueil et l’installation du salon.
C’est surtout les échanges après 22 mn de one-man show conférence qui furent intenses et riches. Grâce aux interprètes de @Trilogue Interprétation , à la codeuse d’@Isos accessibilité et à la transcription du SCOP LE MESSAGEUR, nous avons pu échanger malgré nos différences de surdité. Ce ne fut pas un dialogue de sourd !
J’ai surtout apprécié les retours qui m’aideront à enrichir ma pièce pour sensibiliser dans les entreprises et autres types de structures.
Les questions ont été beaucoup orientés la question de l’accessibilité en entreprise et de la méconnaissance de la surdité avec des aménagements possibles qui pouvaient exister.
J’ai été aussi interrogé sur mon éducation, mon parcours scolarisant, en tant que sourd oralisant. Et j’ai bien précisé que ma pièce se voulait positive pour monter que c’est possible de travailler le plus confortablement possible, sans nier que c’est difficile, que nous rencontrons souvent des embûches.
Enfin, J’ai eu un grand plaisir de jouer devant mon partenaire officiel Talentéo avec la présence de Stéphane Rivière, le fondateur et Baptiste Juppet, le community manager.
Et maintenant quelques photos des uns et des autres que j’ai pu récupérer sur les réseaux sociaux :

De Sandrine Schwartz

De Ludmilla Science (un super blog à découvrir)

De Talentéo

Tout est dans l’image
Vous avez des photos inédites ? Je suis preneur !
Encore un grand merci pour ceux qui sont venus et au plaisir de vous recroiser dans d’autres occasions !

Vivre le silence quand on est sourd

Déjà, c’est très subjectif car tout dépend du vécu de la personne, comment elle est sourde etc…. Pour ma part, j’ai deux types de silences qui sont complètement opposés. Effectivement, même sourd, le silence peut être oppressant pour moi.

Mais dans des situations bien particulières quand mon appareil tombe en panne. C’est quand je subis le silence. Un silence où j’ai envie d’entendre, d’entrer en lien, c’est particulièrement angoissant. Le son est pour moi précieux. Il indique la vie qui bouge et vibre autour de moi.

Alors quand je choisis le silence, comme couper mon appareil après une journée bruyante, ou dans un bus etc…, cela me fait un bien fou. Cela me repose. J’en profite pour me ressourcer, respirer, observer, admirer et déployer d’autres sens que l’ouïe. Je le fais quand je me sens en sécurité, quand j’estime que je ne vais pas me mettre en danger.

Un silence apaisant pour me reposer.

Une musique sans sons pour faire danser au repos mes neurones.

Un vrai silence où je peux entendre à peine un bruit avec mon appareil.

Un silence où les couleurs du monde prennent forme.

Un silence où les silhouettes se détachent de mon horizon.

Une harmonie du vide sonore pour mieux percevoir d’autres sens.

Pour mieux sentir les odeurs des fleurs ou le parfum d’une femme.

Pour mieux sentir une peau douce, un bois travaillé, une peluche d’un enfant.

Pour mieux saisir les saveurs subtiles d’un curry d’agneau, d’un dessert au chocolat.

Pour mieux voir les détails d’un tableau ou les insectes dans l’herbe.

 

C’est vrai que l’on peut avoir peur du silence, pour ne pas se retrouver.

Peur de se laisser déborder par des émotions ou des idées noires.

Crainte de s’ouvrir à l’inconnu et de se laisser surprendre par des bruits inattendus.

 

Y a-t-il des vrais silences ?

Dans le désert ? Dans la campagne profonde sans âme qui vive ?

Puis y a du bruit dans la tête avec toutes nos idées qui se bousculent, nos mots qui s’entrechoquent.

 

Dans le silence extérieur, on peut entendre notre corps.

Comme le corps qui bat rapidement pensant que l’on marche dans le grenier.

Comme le ventre qui gargouille croyant que c’est le parquet qui grince.

Pour ma part, je peux l’entendre avec mon appareil. Sans, rien du tout.

 

Le silence s’apprivoise.

C’est notre état intérieur qui fait que le silence est pesant ou pas.

Le silence a son propre langage.

 

 

Le burn-out de Marc

A peine en route vers son travail, Marc se sent fatigué et angoissé. Il respire pour se donner une contenance. Il veut malgré tout continuer car son boulot, c’est sa raison de vivre, surtout l’accompagnement des jeunes qu’il voit galérer mais progresser chaque jour. Même si au fond de lui, il y croit, sur place, il n’a plus d’énergie. Il est comme un zombie faisant ce qu’on lui demande de faire. Il essaie de montrer un meilleur visage. Et pourtant, son visage est ravagé par la désespérance. Tout ce qu’il entreprend, c’est sapé par certains de ses collègues et surtout minimisé ou ignoré par l’institution. Il boit du café pour tenir. Quand il revient chez lui, il n’a plus la force de faire du sport ni de regarder la télévision. Il sombre dans des idées noires les plus profondes. Sa poitrine le serre. Il se sent tiraillé entre ses principes, ses valeurs et ce qu’il vit au boulot, complètement contraire à ce qu’il imaginait du travail social. Rentabilité, efficacité, calcul.  C’est pas de l’accompagnement au boulot. C’est la loi du plus fort et le pouvoir écrasant l’autre.

Au boulot, il est devenu sourd aux cris des jeunes. Il s’est habitué alors qu’il sait pertinemment que c’est pas gérable. Il y a de la plainte constante, des commérages, des médisances. Une atmosphère qui engendre une insécurité inimaginable chez les jeunes.

Marc en voudrait finir. Mais non, il ne peut pas abandonner ces jeunes. Puis il y tient trop à la vie même si en ce moment, elle est invivable.

Un matin, Marc ne peut plus se lever pris dans des bouffées d’angoisses. Il tente de se redresser mais les vertiges l’emmènent au fond de son lit. Il saisit son portable sur sa table de nuit. « Impossibilité de venir aujourd’hui. Je vais voir le médecin. Je vous tiens au courant ».

Rendez-vous pris. Une amie l’emmène. Le verdict tombe. Arrêt de deux semaines pour surmenage, et même épuisement professionnel. Prise d’antidépresseurs et d’anxiliotique. Il en ressort avec de la honte. Il dira juste qu’il a une forte grippe.

Solitude extrême. Et pourtant, le burn-out touche beaucoup de personne en ces temps de crise, de pression des patrons, des dirigeants dans tous les domaines, encore pire dans le médico-social.

Marc s’est senti devenir une machine à éduquer, un robot programmé sans libre-arbitre, sans conscience.

Jusqu’où Marc serais-tu allé ? Jusqu’à qu’un fil se casse ? Et que ton psychisme soit à jamais ébranlé et fragilisé ? La santé mentale est primordiale.

Ne restez jamais seuls dans vos souffrances. Ce n’est pas une honte de consulter un psychiatre, un psychologue. Ce n’est pas une honte de prendre soin de soi. Comment prendre soin de l’autre si on ne prend pas soin d’abord de soi ?

 

Inspirés de faits réels et personnels y a un certain temps.