Maraude nocturne en banlieue

Il est 20h30. La nuit est tombée. Nous nous garons au milieu des tours, sur un petit parking.

Respiration profonde et regards échangés pour s’encourager. Nous maraudons en douceur.

Un groupe de jeunes s’approche de nous. J’en reconnais deux. Nous nous saluons en confiance.

En confiance malgré quelques réticences de quelques-uns. Serions-nous pas des taupes en devenir ?

Nous savons bien qu’ils trempent dans le trafic de drogues. Nous essayons de les aider à s’en sortir.

A trouver des activités plus épanouissantes et moins risqués au regard de la Loi.

Pour éviter la spirale de la violence. Des jeunes plus petits sont avec eux car les parents sont absents.

Puis y a Nassim. Nassim est un artiste. Il reste distant du groupe et il est respecté malgré tout.

Nassim aime taguer sur tous types de supports. Ses seules conneries ? Taguer les paniers à salades.

Juste pour étonner la bande. Il a quitté l’école à seize ans. Incapable de suivre le cursus général.

Comme pas mal d’entre eux. Ils ont pourtant pleins de capacités. L’un sait trafiquer les disjoncteurs.

Un autre qui sait réparer un moteur de scooter pour le débrider. Un autre sur l’aisance relationnelle.

Ce soir, Nassim vient nous voir, fou de joie. Il veut monter un projet de street art avec la bande.

Nous sommes en cercle dans un square rempli de cannettes de bière et de mégots usés.

Les paroles fusent comme la colère fond dans la joie de créer, d’inventer, d’innover.

Mon collègue sort un bloc-notes et propose une répartition des rôles. Qui veut faire quoi ?

Toi, Abed, qu’est-ce que tu aimerais-faire ? Et toi, Bryan, qu’en penses-tu ?

Nassim suggère à Paul de demander à son père de faire marcher son réseau d’imprimeurs.

Et nos mères ? Elles pourraient préparer le repas pour le quartier et accueillir ceux qui viennent.

Tout s’emballe. Tout s’enflamme dans le bon sens. Et puis une voiture de flic surgit de nulle part.

Sans rien comprendre. Un jeune prend un caillou et balance sur la voiture. Puis tout s’enchaine.

Nassim hurle : «  Mais arrêtez ». Ils partent aux quatre coins du quartier.

Seul reste Nassim et nous deux. Je n’ai rien compris à ce qui s’est passé. Les flics non plus.

Ils sont venus nous voir. Nous leur expliquons ce que nous faisions. Ils sont désolés.

L’un des flics me suggère de les prévenir quand nous intervenons sur place.

Pour éviter de court-cuiter notre démarche préventive.

Mon collège retient la proposition.

Nous repartons après avoir accompagné Nassim vers son immeuble.

Nous comptons sur lui pour relancer son projet, un élément fédérateur du quartier.

Etrange signalisation préoccupante

Le juge vient de l’appeler pour une enquête dans une famille.

Une maitresse a fait une signalisation préoccupante.

Karima prépare ses affaires et se projette déjà le type de situation.

Une famille avec trois enfants dont deux ont des comportements inquiétants.

Maigrichons et inactifs, très sages et bien fatigués, ils accusent un lourd retard scolaire.

L’éducatrice vient d’arriver devant un immeuble de trois étages. Elle sonne à l’interphone.

Elle a bien sur prévenu la mère de son arrivée. Pour ne pas trop brusquer.

En montant à l’étage, elle sent de bonnes odeurs. Rien à signaler.

Devant la porte, un  paillasson impeccable souhaite la bienvenue en couleurs.  

Elle sonne. Pas rapide. Une dame bien habillé lui ouvre, la fait entrer.

Une forte odeur de parfum le fouette. Tout est blanc. Très peu de décoration.

Karima lui fait part des préoccupations et voudrait s’entretenir avec elle.

Etrange pressentiment. Tout est propre et nickel. A part une tache rouge dans un coin.

Tout semble avoir été nettoyé à fond. Rien ne dépasse. Le salon ? Juste un canapé.

Pas de télévision, ni de jouets. Pas de livres ni de bibelots. Juste une photo de tortue.

Vraiment bizarre. La mère emmène Karima à la salle à manger. Pour prendre un verre.

Juste de l’eau, aimerait Karima. Mère droite, à l’aise malgré une parole sèche et rapide.

Elle appelle les enfants. Ils arrivent bien habillés, tout propres et souriants. Un peu exagéré.

Le regard de ces mômes l’interpelle. Elle ne dit rien. Elle apprend qu’ils ne vont qu’à l’aquarium.

Les parcs sont infestés de microbes ainsi que les centres de loisirs. L’école ? C’est un moindre mal.

Coup de téléphone. La mère part dans l’autre pièce. Puis une scène étrange. L’ainé fronce les sourcils. Tout en silence, il lève rapidement son tee-shirt. Des marques rouges. Des bleus.

Karima sent une colère monter en elle. Puis elle croit voir passer une souris verte.

Puis sur les murs, elle semble voir des cadres de photos mise à l’envers. Recouvert de tissus blancs.

La mère revient et s’excuse. Elle tape des mains et les enfants s’en vont en silence, droit.

Karima souhaite voir les chambres des enfants. La mère refuse. Karima la rassure, maladroitement.

Qu’une chambre pour les trois enfants. Juste trois matelats par terre et un meuble pour les vétements. Aucun jouet. Puis elle aperçoit, coincé vers un placard, un bout de ficelle en caoutchouc.

Karima retient son souffle. La mère réagit en la faisant sortir. Claquement de la porte.

L’éducatrice, bouleversé, téléphone au juge. Un placement des enfants est nécessaire

A la suite d’une enquête encore plus approfondit. Très fort soupçon de maltraitance.

Karima essaie de se calmer. Puis va à son instituion pour parler à une de ses collègues.

Vite, débriefer. Faire le point. Accepter son impuissance immédiate. La procédure est enclenchée.

Démission d’une mère?

Penchée à la fenêtre, elle voit ses fils errer dans la rue.

Derrière elle,  son dernier de 3 ans regarder la télévision, presque endormi.

Il est 21 heures. Son mari traine encore dans un bar du coin.

Mécaniquement, elle s’en va à la cuisine pour ranger, faire la vaisselle.

Elle n’oublie pas de mettre une assiette pleine pour son mari nocturne.

Surtout ne pas oublier. Elle respire pour oublier ses bleus au dos.

Dehors, on ne remarque rien sur ce qu’elle vit. Elle est voilée.

C’est sa protection envers sa vie intime.

Une barrière contre les regards insistants des barbus.

Elle aperçoit sur la table des liasses de factures impayées.

Son mari est au chômage. Les gens ne veulent pas d’un bronzé.

Puis il a un visage qui fait peur, avec une grande barbe.

Parfois elle emmène un de ses fils chez l’orthophoniste.

A quoi bon puisqu’il est en échec scolaire ? Un bon à rien.

Personne ne l’écoute. A part ses copines à propos du pays.

Elle ne sort pas souvent pour éviter les humiliations.

Honte de ne pas se faire comprendre. Honte de ne pas comprendre.

Des enfants ? Elle en a six dont les deux ainés tournent mal.

Elle essaie de les raisonner mais son mari les encourage

Pour se venger contre la société qui ne veut pas de lui.

Et si son mari la surprend en train de raisonner les enfants.

Elle reçoit des marrons, bien chauds et soyeux. Pas de traces.

Pas assez mal pour aller à l’hôpital. Elle voudrait bien

Mais sa religion l’interdit. Elle se sent prisonnière.

Comment être regardé autrement ? Comment s’exprimer

Sans se faire passer par une menteuse ? Elle doit mentir hélas

Pour ne pas se faire exclure de la famille et être à la rue.

Engrenage. Perdue. Elle entend qu’elle serait une mère qui démissionne.

Une démission forcée oui ! Quand l’entourage ne donne pas les outils appropriés,

Comment agir en toute conscience et liberté ? Un  va et vient de pensées «  interdites ».

 

Comment construire des ponts entre les différentes cultures, les différentes modes de vie ?

Comment donner la possibilité aux parents, aux mères, aux pères d’être reconnu par ce qu’ils sont.

Je souhaite un bon courage à tous les travailleurs sociaux qui accompagnent ces personnes-là se trouvant dans des situations très complexes. 

Je ne doute pas que mon histoire peut faire rebondir mais elle peut être hélas vraie. Je me suis inspiré d’un livre : «  J’ai enlevé le voile, au péril de ma vie », et à partir de témoignages d’orthophonistes qui travaillent auprès des personnes en précarité sociale.

 

 

 

De la folie

Sur sa chaise, il observe son pinceau qu’il tient à la main.

Il tente de dessiner mais rien ne vient à l’esprit.

Il sirote son joint et joue avec la fumée en soufflant.

Il lui semble apercevoir une licorne aux yeux de braise.

Il tend son bras pour esquisser quelques traits de cendre.

Un petit rire vibre en lui. Il jubile mais il est insatisfait.

Il regarde autour de lui. Il s’empare d’une bouteille et boit.

Une décharge le prend dans sa tête. Il crie, hurle de douleur.

Vertige et mille couleurs l’enveloppe. Il respire profondément.

Soudain, il entend : «  Stef, tout va bien ? ». On tente d’entrer.
Il avait fermé à clé pour ne pas être dérangé. Il ne répond pas.

Il rigole et se lance dans une logorrhée face à son dessin du soir.

Il pose son crayon. Il se lève et va dans le couloir de la maisonnée.

Il va voir son voisin de chambre. Il lui explique qu’il a baissé son traitement.

Juste pour avoir plus d’inspiration et qu’il n’a pas à s’inquiéter.

Stef ignore les inquiétudes de son collègue. Il s’en va s’enfermer dans sa chambre.

La nuit passe où il essaie de jongler avec ses hallucinations et ses maux de têtes.

Puis tôt le matin, alors que tout le monde dort, il a peur.

Il n’arrive pas à sortir de sa chambre puis saute par la fenêtre pour s’enfuir.

Il atterrit dans un buisson, puis se dirige vers une porte vitrée. Il le casse.

Son poignet pisse le sang en décorant le couloir de la maison.

Revenant dans sa chambre, il ne sait plus pourquoi il saigne.

Désinfection. Bandages. Un petit verre de bière et s’en va dessiner.

Sa folie l’inspire même si par moments, il aimerait rester lucide.

Il souhaiterait malgré tout exercer son art sans se mettre en danger.

Mais il n’arrive pas. Des pulsions l’entrainent hors de lui.

Alors, il appelle à l’aide. Vite, besoin de soutien. Il veut s’en sortir

Et vivre le plus sainement possible. « Qui voudra de moi ? »

 

 

 

Tiré d’une histoire vraie ( C’était un de mes voisins de chambre y a pas mal d’années)

Le marcheur auvergnat

Au gré du vent d’hiver, il parcourt les landes.

Il aime partir à tous azimuts aux calendes.

Munis d’une seule besace et chaussures,

Il prend son rythme sans moindre cassure.

 

Il parcourt les sentes désolées de l’Aubrac.

Il gravit les pentes des volcans auvergnats.

Pour les gens du coin, il est complètement braque

Et pourtant ils l’aiment bien ce mystérieux bougnat.

 

Marcher pour se recentrer, intérioriser.

Il dort chez l’habitant au hasard des rencontres.

Ses jambes ignorent la fatigue et la montre.

Ses soucis semblent se volatiliser.

 

Il marche pour revenir à l’essentiel.

Il veut aussi s’émerveiller, respirer

Vagabonder entre terre et ciel.

Prendre le temps de méditer, admirer.

 

Il marche pour décoincer ses verrous, ses blocages

Pour trouver une présence, le Tout-Autre.

Il s’éloigne de ses confortables cages,

S’allégeant de vêtements, de fautres.*

 

Oserons-nous marcher loin de nos habitudes

Pour retrouver un peu d’inconnu, de surprises.

Se laisser cueillir par l’inattendu sans méprise.

Oser être dans le présent, un peu d’hébétude.

 

 

 

* Se dit des pièces de grosse étoffe de laine, qui servent à éponger les feuilles.

 

 

 

Dans la tête d’un recruteur

Ce matin, je reçois trois candidats pour le poste tant convoité.

J’ai bien préparé mes questions, les dossiers sont bien là.

J’espère que je trouverais la perle rare. Ah, voilà le premier annoncé.

Je m’en vais accueillir le candidat à l’accueil. Je le salue chaleureusement.

Juste pour mettre en confiance. Mais lui, reste bien stressé. Mauvais point.

Je l’invite à s’assoir. Il se met au bord de la chaise. En équilibre. Précaire.

Droit comme un i, il joint ses mains fermées sur la table. Méfiant ?

Je lui demande se présenter. Il m’étale son parcours. Je rebondis sur un point.

Pourquoi il y a un trou d’un an sur son CV ? Il bloque. Bon, Mauvais ça.

Il essaie de réfléchir par la fenêtre. Il veut s’enfuir ? Pourquoi continuer ?

Je tente une chance.

Je lui demande ce qu’il a comme engagement, comme passion.

Il répond du tac au tac. Je prends note puis il meuble le silence.

Je ne comprends rien.

Imperturbable, je lui demande ce qu’il peut apporter à la structure.

Pourquoi je le prendrais ?

Il s’embrouille. Il dit des choses assez banales.

Pas assez concret. Il n’est pas sûr de lui.

Je ne peux pas me permettre de l’embaucher.

Je clos l’entretien et le remercie.

Je le raccompagne. Il insiste pour que je le prenne.

J’informe que j’ai d’autres candidats.

Il m’a déjà épuisé.

Mais en recevant la deuxième personne 30 minutes après, je respire.

C’est une dame bien habillée. Je la reçois. Elle se met à l’aise, simple.

Elle attend mes questions.

Je lui explique l’intérêt du poste et l’environnement de l’entreprise.

Puis je l’invite à se présenter.

Elle parle de manière claire, précise, concrete.

Cela me rassure grandement.

Je ne fais pas paraitre mon contentement. Je reste impassible.

Je l’interroge sur ses compétences.

Elle m’en donne quelques-unes avec des exemples précises.

Je suis bien bluffé.

Après encore 10 minutes d’entretien, je la remercie.

Je donnerai ma réponse d’ici 5 jours.

Elle me serre la main de manière ferme et assurée à l’accueil.

Je suis plus serein. Elle ? A réfléchir.

Je range mes notes, relis le dernier dossier qui me semble très étoffé.

Mais reste à voir !

Dernier candidat. C’est un gars en costard et un sacré sacoche d’ordinateur.

Bien voyant.

Présentation du candidat avec un flot de parole

Et avec un air de suffisance qui m’insupporte.

Je le trouve bien trop à l’aise et trop sûr de lui.

Il me démontre qu’il est le meilleur à ce poste.

Je veux bien le croire. Je lui demande s’il a déjà travaillé en équipe.

Il me rétorque que oui.

Il me loue les bienfaits d’un travail en équipe, avec le goût du challenge.

 Il m’énerve de plus en plus.

Enfin, il me parle d’une entreprise d’une manière condescendante.

L’entreprise de mon beau-père.

Mais ça, il ne sait pas. De toute façon, on ne descend jamais ses derniers employeurs.

J’ai l’impression qu’il ne sait pas se remettre en cause.

Je ne veux pas de ça ici.

Bien j’arrête l’entretien. Je l’accompagne avec tact à la sortie.

Mon choix est vite fait.

Mais il me faut quand même laisser reposer tout ça.

Prendre le temps de mûrir mon choix.

 

Trop vieux pour ce poste?

54 ans. Je n’ai que 54 ans et pour eux, je suis trop vieux.

Trop vieux pour travailler sur ce poste. Je serai devenu incompétent.

Il préfère embaucher un jeune diplômé, frais et dynamique, dans la fleur de l’âge.

Je suis en même temps en colère et dépité. Je n’en peux plus.

Pour eux, je ne suis plus opérationnel, plus efficace. Trop ringard.

Pour qui se prennent-ils ces freluquets ? J’en ai bavé, j’ai trimé

Pour acquérir des expériences, pour atteindre des postes à hauts responsabilités.

Maintenant, il m’envoie à la casse. Mais je n’ai que 54 ans. Il me reste 10 ans à travailler.

J’ai perdu deux ans, à recevoir les allocations chômage. Je vais être bientôt à la rue.

Heureusement ma femme me soutient mais jusqu’où ? Hein, jusqu’où ?

Je m’en vais à mon dernier entretien de la journée. C’est quitte ou double.

J’entre dans le hall. On m’accueille gentiment. Le patron me reçoit.

L’entretien se passe comme d’habitude et là, je vois qu’il hésite.

Je ne sais pas ce qui me prend mais je lui dis : «  Je ne corresponds pas au profil  »

Il m’avoue que non. Des sanglots me traversent. Je suis secoué jusqu’aux tripes.

Je me retrouve sur le trottoir sans me souvenir comment je suis sorti de l’immeuble.

Dans ma main, des coordonnées d’un collègue du patron que je viens de voir.

Sans réfléchir, je lui téléphone.  Je lui explique la situation. C’est un consultant.

Nous prenons rendez-vous. Je raccroche. Cette perche m’empêche de sombrer.

 

Christophe s’en sort car on reconnait son expérience, son expertise du domaine.

On le conseille d’être consultant pour pouvoir être considéré comme un « sage ».

Voilà qui peut le faire reprendre confiance. Mais les autres « vieux ? »

Ce n’est pas parce que nous venons d’être diplômé que nous sommes des pros.

Nous sommes des professionnels débutants. Nous pouvons être complémentaires

Avec ceux qui ont plus de bouteilles que nous. On a tous à apprendre quelque chose de l’autre.

 

 

 

 

L’engagement, un défi?

S’engager pour une cause

Pour des idées sans névrose.

Faire le tri entre les hypocrites

Et ceux qui agissent avec mérite

En toute cohérence avec leurs actes.

Oser prendre un engagement,

C’est oser se donner en partie.

C’est faire le premier pas avec confiance

Sur ce qu’on croit juste, sans défiance.

 

Comment vivez-vous vos engagements, surtout dans le social ? Comment tenir face à l’autre qui peut nous fatiguer, nous épuiser ? Travailler avec l’humain est tout un art et c’est une véritable vocation de vouloir s’engager dans le social. Dans tout engagement, il est primordial de ne pas être seul, de devoir débriefer, pour s’encourager et se tenir les coudes.

 

Prendre un engagement envers l’autre, c’est devoir aussi être honnête et cohérent entre ce qu’on dit et ce que l’on fait.

C’est prendre le risque de prendre un autre type de rythme et d’être rigoureux pour acquérir la confiance des autres.

 

Pour ma part, je suis engagé en tant que délégué bénévole de la DCC sur Lyon. Pourquoi ? C’était dans la continuité de ma mission au Sénégal et je voulais rendre service, témoigner, être présent pour mieux faire connaitre le volontariat international. Aussi, j’avais encore plus envie de m’engager avec la DCC, qui est pour moi une grande famille avec de multiples diversités de personnalités, ce qui rend les rencontres et les échanges riches.

Dans cette engagement, je prends du plaisir à tenir des stands d’information, à organiser des soirées débats (La désobéissance civile, le mouvement alternative non -violent, le choc des cultures etc…). Un futur débat serait sur le droit d’asile avec forum réfugiés, affaire à suivre ! Organiser aussi des journées de rencontres, de fêtes entre anciens et futurs volontaires !

 

S’engager, c’est aussi choisir de concrétiser ses valeurs, de mettre en pratique ce qui anime en nous.

 

Alors, osez vous engager, et en ce jour, allons voter pour ne pas démissionner de notre devoir de citoyen!

Pause sénégalaise

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S’arreter juste un instant,
Se poser et observer.
Respirer et aviser
Selon ses choix
Selon le contexte et ses émotions.
Pour repartir plus serein
Dans sa décision. 

Le petit Gulliver

Sur le rebord d’une fenêtre,

Rêvait un petit être

Avec une veste et des guêtres.

Il envoyait paître

Son ombrelle noire

Sur la vitre du soir.

Avec son chapeau de velours,

Il en faisait un abat-jour

Et éclaira son visage

Meurtri par les voyages.

Il s’appelait Gulliver.

Un comble pour un nain vert

Lui qui songeait à grandir

Avec ses pieds de cire.

Alors il se met à imaginer

Tel un géant au gros nez

Franchissant avec merveille

Les abîmes du sommeil,

Gravissant avec panache

Les sommets des vaches.

Mais Gulliver se réveillait

Parcourant ses papiers,

Relatant ses périples lointains.

Pour se noyer, il prend du thym

Et en fait de l’alcool très fort.

Il boit pour ne plus boire

Ses souvenirs du dehors

Et pour ne plus avoir d’espoir.

Soudain, une goutte d’eau

Heurta lourdement son dos.

Un parfum de rose se dégagea

Et une silhouette se dévisagea.

Une petite fée

Toute décoiffée

S’approcha sans tarder

De Gulliver hébété.

Ce dernier brisa la vitre

Avec son vieux pupitre

Et s’envola tout en riant

Avec la fée en criant

Les milles amours

Pour toujours.

 

Extrait de « Murmures de la brousse sénégalaise, Copyright VL