Le petit Gulliver

Sur le rebord d’une fenêtre,

Rêvait un petit être

Avec une veste et des guêtres.

Il envoyait paître

Son ombrelle noire

Sur la vitre du soir.

Avec son chapeau de velours,

Il en faisait un abat-jour

Et éclaira son visage

Meurtri par les voyages.

Il s’appelait Gulliver.

Un comble pour un nain vert

Lui qui songeait à grandir

Avec ses pieds de cire.

Alors il se met à imaginer

Tel un géant au gros nez

Franchissant avec merveille

Les abîmes du sommeil,

Gravissant avec panache

Les sommets des vaches.

Mais Gulliver se réveillait

Parcourant ses papiers,

Relatant ses périples lointains.

Pour se noyer, il prend du thym

Et en fait de l’alcool très fort.

Il boit pour ne plus boire

Ses souvenirs du dehors

Et pour ne plus avoir d’espoir.

Soudain, une goutte d’eau

Heurta lourdement son dos.

Un parfum de rose se dégagea

Et une silhouette se dévisagea.

Une petite fée

Toute décoiffée

S’approcha sans tarder

De Gulliver hébété.

Ce dernier brisa la vitre

Avec son vieux pupitre

Et s’envola tout en riant

Avec la fée en criant

Les milles amours

Pour toujours.

 

Extrait de « Murmures de la brousse sénégalaise, Copyright VL

2 réflexions sur “Le petit Gulliver

  1. aurélie 6 juillet 2014 / 9 h 56 min

    vous êtes un vrai poète, écriture talentueux , bienvenue dans le monde des mots, heureuse de vous connaître et scruter votre monde si sensible

    J'aime

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