Chroniques d’un éducateur #4 De la disponibilité et en électron libre (ou presque)

Bonjour à tout le monde, j’ai eu une semaine tellement dense et tellement hétéroclite que je ne sais pas par où commencer.
Tout d’abord, je suis intervenu une semaine entière dans un même établissement. Un lieu que je connaissais déjà. J’avais déjà échangé avec les responsables et certains éducateurs / éducatrices. (Non, je ne ferai pas d’écriture inclusive, illisible pour la reconnaissance vocale à destination des nons-voyants).
Le lundi, j’ai démarré sur les chapeaux de roue. J’ai découvert que les jeunes étaient différents pour chaque temps de la journée et pour chaque activité. Ah oui, c’était le secteur ados. Toujours déficients intellectuels et certains avec des troubles autistiques.
Le matin, je me suis retrouvé avec trois jeunes d’un autre groupe pour de la détente-relaxation. Trois jeunes aux profils très différents et j’ai eu un peu de mal à poser un moment tranquille. J’avais mis de la musique douce (du Bach, puis du René Aubry et du Ludovico Einaudi). A la fin de la matinée, j’étais très agacée par mon impuissance face aux jeunes qui ne se posaient pas. Normal, ils ne me connaissent pas dont leurs angoisses s’est traduites par de l’agitation. Le lendemain, celle que je remplaçais m’avait assurée que la séance était souvent difficile.
L’après-midi, j’ai animé un atelier arts plastiques avec 5 jeunes d’autres groupes. Vous me voyez avec des pinceaux ou autres outils manuelles ? On m’a donné champ libre. Donc je leur ai fait du coloriage.
En fin de journée, j’étais à la limite de ne pas vouloir revenir pour la suite de la semaine tellement j’étais énervé.

Finalement, je m’étais rendu compte, après relecture, que je n’étais pas disponible intérieurement pour d’autres raisons. Alors chez moi, après le coucher de ma fille (vaut mieux après, pas avant sinon, ça annule tout), j’ai fait un bon temps de méditation, de recentrage. La nuit porte conseil. Toujours.
Faire le ménage en soi pour se rendre disponible aux autres, c’est essentiel. C’est une évidence mais parfois on l’oublie quand on a la tête dans le guidon.

C’est ainsi que j’ai pu continuer la semaine avec le mardi qui fut plus calme et dynamique avec des temps en duo avec d’autres éducateurs. J’ai beaucoup apprécié les échanges sur nos pratiques éducatives et parfois sur nos passions que nous pouvons transmettre aux jeunes.
Le mercredi fut particulier car j’ai remplacé deux fois une heure des éducateurs qui étaient en entretien familiale. Pour une jeune, ce ne fut pas simple car elle ne me connaissait pas donc parfois se réfugiait dans un bureau d’un éduc qui a accepté de la prendre pour l’apaiser. Ce fut entendu.
Le jeudi, ce fut plus posé. J’ai pu être en électron libre et intervenir dans un groupe où il y avait besoin. J’ai eu l’occasion d’échanger avec d’autres éducatrices. Puis anecdote, des hommes d’entretien avaient besoin d’un quatrième paire de bras pour transporter une machine à laver avec un diable. On ne ricane, merci. J’ai donc aidé avec plaisir dans le quotidien de cet établissement.

Et le vendredi, j’ai découvert un nouveau secteur, les jeunes adultes qui vont aller en ESAT. Et là, très bon moment avec les éducateurs spécialisés techniques et une éducatrice coordinatrice. Ce fut très appréciable avec des jeunes bien autonomes (presque). Du bon boulot éducative a été fait. (Je fais attention à ce que je dis, ils vont sans doute me lire. Nan, je rigole. C’est sincère).

Bref, une semaine bien riche, très variée, pas facile avec l’organisation des groupes pour un remplaçant que j’étais.

Alors, la suite ? Je pars une semaine en vacances bien méritées. (sous la pression de ma femme, si si, je vous assure ! ) Faudra attendre deux semaines pour avoir une prochaine chronique.

Pourquoi ce canard pour illustrer cette chronique ? Je vous laisse libre d’interpreter 😀

Silent Sunday #109

[Projet 52-2021] #5 – Pliage(s)

Bonjour à tous, le samedi, c’est samedi, et (Vivien, tu deviens drôle, je suis plié de rire). Ok, et c’est le projet de Ma’ sur le thème du pliage(s).
J’avoue que je ne me suis pas plié en quatre pour faire des photos ou trouver une idée. J’avais la flemme de faire des origamis et d’en faire des photos.
Vous me connaissez, j’aime beaucoup la géologie donc direct, j’ai pensé à une photo que j’ai prise dans le Jura, près de Saint-Claude.
C’est le fameux chapeau du gendarme, un plissement géologique 😀

Alors que proposent les autres participants sur le thème du pliage(s) ?

Souvenirs de théâtre

En soutien avec tous mes amis et toutes amies artistes, je ressors quelques photos où j’ai eu l’occasion de jouer sur scène : (Attention, photos inédites :-D)

Barbe-Bleu dans Shakespeare à dormir debous avec le Théâtre de Bulle. Pas trouvé de photo où j’étais sur scène! en 2018
Dans le rôle d’Hermocrate dans la Colonie de Marivaux, avec la Compagnie « Les 400 coups » à Brignais, en 2017
« Milux » Clown avec la Compagnie « Le Voyageur Debout » en 2010, je crois !
Spectacle clown en solo en 2009 « Pierrot et la symphonie psalmodique »
Seul sur scène « Le bruit du silence » en 2004 à Nantes! Oui, c’est collector, je sais 😀

Et le dernier, c’est le plus récent !

C’est lors de la première de ma conférence-théâtralisée « Au secours, j’ai un collègue sourd », le 5 juillet 2018 , au Complexe du Rire à Lyon. Merci Talenteo pour cette aventure! Et bien sûr Laurent Lacroix d’Evedia pour m’avoir aidé à la mettre en scène

Evasion dans le Siné-Saloum

A défaut de photos actuelles, voici une photo inédite lors de mon séjour au Sénégal. Profitant des vacances et de la venue de mes parents et des amis, nous étions allés dans le Siné-Saloum. Voici un des rares clichés que j’ai pu prendre. J’avais un appareil photo très basique. (ce que je regrette un peu d’ailleurs).

Cela faisant longtemps que je ne vous avais plus mis de photos du Sénégal 😀

Le prince endormi

Au bord de l’étang, un jeune prince s’était assoupi.
Un vent d’automne s’était levé et ensorcelé l’endormi.
Métamorphosé en canard, il somnolait sur l’eau.
Il ne se doutait de rien, ce doux et insconscient palôt.
Un chasseur passait par-là et le visait, un peu bourré.
Son fusil tremblait et son haleine était sulfurée.

Le chasseur tira dans le reflet du prince-canard.
Ce dernier se réveilla et s’en bouchât un coin.
Il paniquât et partit sans porter un regard
Sur son état pour aller dans un autre coin.
Sans réfléchir, il voulut crier « au-secours »
Mais son cancanement tonitruant alerta
Tous les renards et les fouines de l’Etat.
Bien mal au point face à cette invasion,
Sans volonté de force ni de persuasion
Il se réfugia sous la jupe d’une cavalière
Et trouva une solution bien hospitalière.
La jeune cavalière le prit sous ses ailes
Et lui fit un baiser sur son bec frêle.
Je vous laisse imaginer la suite.
De l’amour ou de la viande cuite.

Hiver mousseux

A défaut d’oiseaux que je n’ai pas pu prendre, car trop de monde dans le parc en ce dimanche après-midi dernier, je me suis contenté d’un mousseux, euh de la mousse.

On peut noter toutefois le passage d’un oiseau en arrière-plan !:

Chroniques d’un éducateur #3 De la communication non verbale, des jeux et un instant de pile usé

Remplacement de trois jours dans un IME avec des jeunes déficients intellectuels de 10 ans à 14 ans. Tous différents les uns et les autres au niveau des apprentissages, de la compréhension de leur environnement, de leur communication. Certains verbalisent légèrement, nous les comprenons. D’autres tentent de verbaliser, de produire des sons qui arrivent à avoir du sens. Ils jonglent avec leurs mots en même temps que leurs émotions. Du diamant brut. Avec eux, nous les faisons briller dans le temps, avec leurs armes et nos billes pour les aiguiller en fonction de leurs possibilités.
J’ai beaucoup apprécié ces trois jours malgré deux énergumènes qui m’ont bien fait tourner en bourrique, comme ils le font avec les autres éducateurs. Mots cailloux, gestes indélicats, surdité provisoire.
Avec plaisir, j’ai eu des temps individuels pour travailler sur la communication et le travail sensoriel. Juste apprendre à manier des objets et les faire rentrer par un trou dans une boite, à emboiter des legos, à malaxer de la pâte de la modeler. J’ai eu à chanter des comptines pendant 30 minutes car cela stimulait un jeune qui ne pouvait pas parler, ou très peu. Quand je chantais, il verbalisait un tout petit peu en entonnait un air, surtout : « Meunier tu dors! « . Il prenait mes mains pour les faire tourner. Il était donc dans l’intéraction donc je profitais de cette médiation pour être en lien avec lui.

J’ai eu l’occasion d’animer un petit groupe de 4 jeunes pour un temps d’expression. Bouger des parties du corps pour se détendre. Se passer un ballon imaginaire en disant le prénom d’un de ses camarades. Imiter des animaux au choix. Oui, vous avez bien lu, avec eux, j’ai fait la poule, le canard, le cheval, le cochon, l’ours. Cela a bien plus à certains.

J’ai apprécié travailler en duo avec un autre éducateur, pour des temps de jeux de société et de bricolage. J’ai découvert le Toutim, excellent jeu d’observation, réflexion et argumentation autour des formes, des couleurs et autres sens. Cela à renforcer ma conviction que les jeux sont très utiles pour apprendre les règles, les relations avec les autres, savoir attendre, savoir observer, savoir écouter etc…. Ok, faut choisir les bons jeux adéquats et on ne soupçonne pas encore ce qui existe déjà, et que nous pouvons adapter aussi.
Le jeu fonctionne si on y prends du plaisir.

Bref, trois jours la semaine dernière et cette semaine, je serai à temps plein les 5 jours, sauf le mercredi après-midi dans un autre IME. Je ne sais pas encore dans quel tranche d’âge je serai.

J’oubliais de vous raconter une anecdote. C’était ce mardi matin. Je savais que je n’avais plus de piles auditives chez moi et il fallait que j’en achète dans une pharmacie sur la route vers le boulot. J’y allais en vélo et pas de pot, il y en avait pas. En arrivant à l’IME à 8h50, j’allais voir le secretariat et je leur informai de mon problème. Je ne t’entendais plus rien et je détestais ça. La secrétaire prit le téléphone pour joindre une autre pharmacie. Elle avait enlevé son masque pour que je puisses lire sur les lèvres. Elle m’avait demandé les références des piles. La pharmacie en avait et oh joie, la secrétaire se proposa de m’emmener en voiture; Ce fut fait en 10 minuteset j’ai pu commencer à travailler en entendant très bien à 9h10 au groupe. J’ai beaucoup apprécié cette réactivité et je les en remercie. C’est beau la solidarité, non ?

Silent Sunday #108

[Projet 52-2021] #4 – Réverbère(s)

Bonjour à tout le monde, le samedi, c’est toujours un plaisir de partager pour le projet de Ma’.
Et aujourd’hui, c’est « Réverbère(s) ».
Je vous avoue que j’ai ramé pour trouver des photos de réverbères. J’ai pensé à une photo mais je ne la retrouve plus. Alors, j’ai fouillé dans mes archives. J’ai commencé à m’agacer mais selon une certaine citation anonyme, : « La sagesse est un réverbère qui illumine nos pas ». J’aurai aimé une enfilade de réverbères et …. chut Vivien.
Donc, relaxation et j’accueille ce qui peut advenir en regardant tranquillement d’autres photos. Et là, une idée, certes un peu foireuse mais justifiée. Et c’est à vous de la trouver ce réverbère. Une photo qui va plaire au alsaciens.

Alors vous l’avez trouvé ?

Que nous réservent les autres participants pour leur réverbères ?

Allez, une petite citation pour rire : « Demander à un écrivain ce qu’il pense des critiques, c’est demander à un réverbère ce qu’il pense des chiens. » John Osborne (Auteur dramatique britannique)