Jusque là, tout va bien

Au fil de l’eau, Roméo rame à contre-courant.

Un martin-pêcheur coule son bateau.

Pour l’instant, tout va bien.

Au fil du vent, Juliette guide son planeur.

Une corneille fauche ses ailes.

Pour l’instant, tout va bien.

Juliette tombe dans la rivière

Éclaboussant Roméo qui remontait sur la rive.

Jusque-là, tout va bien.

Le naufragé enlève ses effets

Et une pie les lui chipe subitement.

Pour l’instant, tout est normal.

Juliette, remontant à la surface, sonnée,

Vit un nu illuminé par le soleil de dix-huit heures.

Tout va bien, vraiment.

Un aigle royal la transporte loin de Roméo

Pour la déposer au sommet d’une tour invisible.

Ce n’est rien qu’une broutille.

Roméo s’élance tel un ver tout luisant

Et chevauche un canard qui passait par là.

Une broutille, vous-dis-je.

Juliette voit arriver son sauveur étonnant

Mais elle sent le sol se fendre, et tombe.

La routine, rien que la routine.

Roméo s’élance pour la rattraper.

Et là, c’est le drame.

Il tombe à côté de son lit

Avec dans son bras, son chat tout ébouriffé.

Pois de senteur

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Chant nuptial du pinson

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La vengeance de l’élève harcelé

Eliot est doux comme un agneau

Parfois il devient gigot.

Quand il est à l’école,

Il s’écrase et encaisse les railleries.

Il essaie d’ignorer les moqueries.

Ses bras lui font mal, brûlent.

Parfois il respire rapidement

Et sa poitrine est compressée comme un citron.

Il bouillonne au fond de lui mais veut tout garder.

Il bloque ses larmes pour ne pas faillir.

Sa tête lui fait un mal de crâne.

Son entourage ne le remarque même pas.

Il semble gentil, doux, tendre, discret.

Pas de quoi fouetter une mouche.

Mais un soir, ce fut le mot de trop.

Dans sa chambre, il ressasse la scène,

Les insultes des grands à la sortie de l’école

Puis une idée germe en lui. Diabolique.

Il fronce ses sourcils et un rictus lui vient.

Cela lui fait peur mais cela peut valoir le coup.

Il a hâte d’être demain. Il imagine un scénario.

Il se lève, prends son petit-déjeuner et part à l’école,

Sans dire au revoir à ses parents.

Sur la route, il prend un caillou, même deux.

Arrivé dans la cour, discrètement,

Il balance le caillou dans la tête du surveillant.

Il accuse ses harceleurs. Ils crient leur innocence. Pour une fois.

Ces derniers sont envoyés chez le directeur.

Eliot jubile à l’intérieur de lui-même.

Dans la queue pour aller en classe, il pique un stylo

Qui dépassait d’une poche d’une camarade.

Ni vu ni connu, il plante le stylo dans le dos d’une fille.

Cris de douleurs. Eliot se jette sur un autre de ses harceleurs,

Et l’accuse d’avoir blessé sa voisine.

Comme l’innocent est connu pour ses bêtises,

Il n’y eut aucun doute chez le professeur qui les emmenait en classe.

Renvoyé chez le directeur, le jeune injustement accusé.

On remercia Eliot d’avoir démasqué le coupable.

Au fil de la matinée, Il ne fait rien de spécial.

Il attend d’accomplir sa vengeance au self.

Il n’a jamais ressenti une telle puissance

A faire du mal autour de lui. C’est si facile.

Enfin l’heure du repas. Prise du plateau et des couverts.

Il se sert pour le dessert et l’entrée.

On lui donne une assiette d’omelette et d’épinards.

Puis comme d’habitude, il se met seul à une table.

Sans que personne ne le voie, il met son couteau dans sa poche

Puis se lève pour aller aux toilettes.

En fait, il fait semblant d’y aller car il se rue dans une pièce interdite.

Une vanne de gaz. Il l’ouvre. Un gros souffle part dans l’obscurité.

Il sort son couteau et tente de faire une étincelle.

Une torpeur lui vient et s’évanouit.

Une main le secoue.

Il se réveille. Sur son lit. Tout habillé.

Il s’était endormi.

Sa mère s’inquiète et lui pose des questions.

Eliot se confie. Non, il ne peut pas devenir un monstre.

Il y a toujours une autre solution pour éviter la violence.

Il décide de ne plus être gentil mais d’être vrai.

Mais il sait que cela prendra du temps.

Au fil de ses confidences, sa mère le rassure

Et lui apporte tout son soutien.

La parole libère. Les actes viendront après un discernement,

Après des discussions dans une ambiance plus apaisée.

Jamais décider sous le coup de la colère ou de la jubilation extrême.

Eliot repars à l’école plus confiant pour la suite.

Un fameux cure-dents pour un cheval

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Contre-jour printanière

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2 ans déjà / 2 years already

WordPress.com m’informe que cela fait 2 ans que j’ai crée ce blog. Le temps passe bien vite!

J’ai écrit depuis 1084 articles dont la plupart des photos et des textes.

J’ai reçu 23 753 visiteurs avec 57 836 vues.

271 abonnés wordpress et 634 abonnés facebook.

Ceux qui laissent le plus de commentaires (les plus bavards):

 

Répartis dans 138 pays!

Pays 2014-2016

 

Un grand MERCI pour vos visites, vos commentaires (ou pas).

L’aventure continue bien sûr!

Une journée d’une personne sourde

(Journée fictive inspirée de faits réels, avec des mots clés surlignés qui vous donneront de plus amples informations)

 

6h45. Je suis réveillé par une lumière douce et agréable. Un super réveil lumineux progressif. Je mets mon appareil auditif et les sons me parviennent faiblement au fur et à mesure que je me déplace dans la maison.

J’essaie de ne pas faire trop de bruit sachant qu’il y a du monde. Je peux être bruyant sans me rendre compte.

7h45. Je prends mon vélo pour aller au boulot. J’ai mis un bonnet pour éviter que le vent souffle dans le micro de mon appareil. Cela ferait chrouchrouchrou pendant la durée du trajet. Pas terrible.

8h15. Enfin, j’arrive au boulot. Je suis souvent le premier. J’aime bien arriver dans le silence et me mettre devant l’ordi en douceur pour commencer mes tâches.

8h35. Une lumière s’allume près de la porte. Quelqu’un a du appuyer sur un bouton pour m’avertir de sa présence. Je vais ouvrir la porte. C’est un de mes collègues qui vient me saluer.

9h10. Le téléphone sonne. J’actionne l’amplificateur et je décroche. J’entends sans soucis malgré l’accent de mon interlocuteur.

11h00. Déjà la réunion. Je prends avec moi mon micro-HF que je mettrai au centre la table. Je ferai attention à le mettre sur un support souple, car posé à même la table, les bruits de métal s’amplifient carrément dans mon appareil. (Il y a aussi le Convivéo de Tintéo)

12h30. La réunion s’est très bien passée avec un son bien net qui allait directement dans mon appareil. Par contre, cela me fout un mal de crâne. Je prends toujours un doliprane pour me soulager.  Mes collègues savent que dans ce cas-là, j’ai besoin de silence dans mon bureau pour me reposer.

13h00. Repas au self. Ce n’est pas trop le moment que je préfère. C’est assez bruyant malgré les panneaux d’isolation phonique dans le resto. J’ai tendance à manger vite et aller marcher ensuite pour me détendre avant de reprendre le boulot à 14h00. Le bruit à vite tendance à me fatiguer.

16h00. Il me faut aller à la poste. Arrivé au guichet, j’actionne mon appareil sur la position T car une borne avec une boucle magnétique est posée devant l’employé. C’est très confortable pour échanger sans s’énerver sur des malentendus.

17h30. Je boucle les dossiers, mes derniers mails que je dois traiter et enfin, je m’en vais faire du sport pour 18h entre le boulot et chez moi. Du badminton. Bien dynamique, tout en sueurs.

18h15. Etirements et échauffement au badminton. J’ai mis un bandeau anti-transpiration pour éviter que la sueur vienne court-circuiter mon appareil auditif. Je détesterai jouer dans le silence. Etrangement, j’ai besoin d’entendre les déplacements. Par contre, si mon partenaire me crie derrière, je ne saurai pas ce qu’il me dit et surtout où il est. Je ne suis pas en mode stéréo. Je dois sans cesse regarder, observer, être aux aguets.

20h15. Je suis de retour à la maison, tout bien fatigué et rafraichi par le sport.

Oh joie, du courrier. C’est la MDPH qui répond positivement à mon renouvellement d’allocation d’adulte handicapé. Et enfin, l’AGEFIPH est d’accord pour me financer une formation en lien avec mon boulot. Cela fait du bien d’avoir des droits parce que l’air de rien, vivre le handicap selon certaines situations, cela n’est jamais facile.

21h00. Je pars chez des amis, mais en petite comité, pour faire des jeux et déconner. Là, pas besoin d’aides techniques. Ils me connaissent et sauront faire pour que je puisse suivre dans de bonnes conditions. Que c’est bon !

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Gendarme à l’affût

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Et voici la photo originale

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Scille à deux feuilles

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