Une journée d’une personne sourde

(Journée fictive inspirée de faits réels, avec des mots clés surlignés qui vous donneront de plus amples informations)

 

6h45. Je suis réveillé par une lumière douce et agréable. Un super réveil lumineux progressif. Je mets mon appareil auditif et les sons me parviennent faiblement au fur et à mesure que je me déplace dans la maison.

J’essaie de ne pas faire trop de bruit sachant qu’il y a du monde. Je peux être bruyant sans me rendre compte.

7h45. Je prends mon vélo pour aller au boulot. J’ai mis un bonnet pour éviter que le vent souffle dans le micro de mon appareil. Cela ferait chrouchrouchrou pendant la durée du trajet. Pas terrible.

8h15. Enfin, j’arrive au boulot. Je suis souvent le premier. J’aime bien arriver dans le silence et me mettre devant l’ordi en douceur pour commencer mes tâches.

8h35. Une lumière s’allume près de la porte. Quelqu’un a du appuyer sur un bouton pour m’avertir de sa présence. Je vais ouvrir la porte. C’est un de mes collègues qui vient me saluer.

9h10. Le téléphone sonne. J’actionne l’amplificateur et je décroche. J’entends sans soucis malgré l’accent de mon interlocuteur.

11h00. Déjà la réunion. Je prends avec moi mon micro-HF que je mettrai au centre la table. Je ferai attention à le mettre sur un support souple, car posé à même la table, les bruits de métal s’amplifient carrément dans mon appareil. (Il y a aussi le Convivéo de Tintéo)

12h30. La réunion s’est très bien passée avec un son bien net qui allait directement dans mon appareil. Par contre, cela me fout un mal de crâne. Je prends toujours un doliprane pour me soulager.  Mes collègues savent que dans ce cas-là, j’ai besoin de silence dans mon bureau pour me reposer.

13h00. Repas au self. Ce n’est pas trop le moment que je préfère. C’est assez bruyant malgré les panneaux d’isolation phonique dans le resto. J’ai tendance à manger vite et aller marcher ensuite pour me détendre avant de reprendre le boulot à 14h00. Le bruit à vite tendance à me fatiguer.

16h00. Il me faut aller à la poste. Arrivé au guichet, j’actionne mon appareil sur la position T car une borne avec une boucle magnétique est posée devant l’employé. C’est très confortable pour échanger sans s’énerver sur des malentendus.

17h30. Je boucle les dossiers, mes derniers mails que je dois traiter et enfin, je m’en vais faire du sport pour 18h entre le boulot et chez moi. Du badminton. Bien dynamique, tout en sueurs.

18h15. Etirements et échauffement au badminton. J’ai mis un bandeau anti-transpiration pour éviter que la sueur vienne court-circuiter mon appareil auditif. Je détesterai jouer dans le silence. Etrangement, j’ai besoin d’entendre les déplacements. Par contre, si mon partenaire me crie derrière, je ne saurai pas ce qu’il me dit et surtout où il est. Je ne suis pas en mode stéréo. Je dois sans cesse regarder, observer, être aux aguets.

20h15. Je suis de retour à la maison, tout bien fatigué et rafraichi par le sport.

Oh joie, du courrier. C’est la MDPH qui répond positivement à mon renouvellement d’allocation d’adulte handicapé. Et enfin, l’AGEFIPH est d’accord pour me financer une formation en lien avec mon boulot. Cela fait du bien d’avoir des droits parce que l’air de rien, vivre le handicap selon certaines situations, cela n’est jamais facile.

21h00. Je pars chez des amis, mais en petite comité, pour faire des jeux et déconner. Là, pas besoin d’aides techniques. Ils me connaissent et sauront faire pour que je puisse suivre dans de bonnes conditions. Que c’est bon !

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