Jusque là, tout va bien

Au fil de l’eau, Roméo rame à contre-courant.

Un martin-pêcheur coule son bateau.

Pour l’instant, tout va bien.

Au fil du vent, Juliette guide son planeur.

Une corneille fauche ses ailes.

Pour l’instant, tout va bien.

Juliette tombe dans la rivière

Éclaboussant Roméo qui remontait sur la rive.

Jusque-là, tout va bien.

Le naufragé enlève ses effets

Et une pie les lui chipe subitement.

Pour l’instant, tout est normal.

Juliette, remontant à la surface, sonnée,

Vit un nu illuminé par le soleil de dix-huit heures.

Tout va bien, vraiment.

Un aigle royal la transporte loin de Roméo

Pour la déposer au sommet d’une tour invisible.

Ce n’est rien qu’une broutille.

Roméo s’élance tel un ver tout luisant

Et chevauche un canard qui passait par là.

Une broutille, vous-dis-je.

Juliette voit arriver son sauveur étonnant

Mais elle sent le sol se fendre, et tombe.

La routine, rien que la routine.

Roméo s’élance pour la rattraper.

Et là, c’est le drame.

Il tombe à côté de son lit

Avec dans son bras, son chat tout ébouriffé.

Délire au vert

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Je me mets au vert absinthe

Pour mener une journée sainte

Remplie de vert émeraude

Pour faire des maraudes.

J’irai crier au vert militaire

Et remuer ciel et terre

Pour colorier en vert jade

Les gens en rade.

Je me mettrai en vert perroquet

Sans être bien coquet.

Je goûte du bon pain

A la belle couleur verte sapin.

Mon estomac vert mousse

Rouspète et glousse.

Mes yeux verts bouteille

Se confondent sans pareil

Aux délires du moment.

Un vrai vert printemps.