Lettre d’un enfant à ses parents

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Laissez-moi grandir.

Laissez-moi le temps de découvrir.

Laissez-moi le temps de comprendre.

Laissez-moi le temps d’apprendre.

 

Ne me laissez pas seul sans repères.

Ne me laissez pas seuls sans mes pairs.

 

Ne projetez pas vos désirs d’adulte sur moi.

Ne me faites pas mettre des vêtements de désirs.

Ne me faites pas de moi une star même si je le désire.

Osez me dire non et n’ayez pas peur que je sois en émoi.

 

Il me faut grandir dans la frustration.

Il me faut grandir dans l’insouciance.

 

J’ai besoin de la vie, cette science

De l’humanité pleine de distractions.

 

J’ai besoin de me sentir en sécurité

J’ai besoin d’amour et de vérité.

J’ai besoin de votre pardon

 

J’ai besoin que vous reconnaissiez vos erreurs.

Ne me laissez pas dans mes terreurs,

Mes angoisses même si je ne dis rien.

 

J’ai besoin de me tromper, d’expérimenter

Mais ne me laissez pas sombrer dans la colère

Ni même dans les frayeurs, les inquiétudes.

 

J’ai besoin de tendresse, de plénitude

Dans vos actes et vos mots chaque jour

Je vous aimerai sans cesse, toujours.

 

N’oubliez pas que je reste un enfant.

Je ne suis pas un adulte en miniature.

Ne me laissez pas en pâture

Devant la télévision sur le divan.

 

Je crois en vous. Vous êtes mes modèles.

Tout ce que vous ferez, je le ferai.

Tout ce que vous dirai, je le dirai.

Aidez-moi à voler de mes propres ailes.

Une lettre polyglotte

Dear friend,

Je ne t’oublie pas.
Mis pensamientos estoy con tù.
Desejo-te muita força e energia para os próximos dias e as próximas semanas.
Vorrei quindi che tu possa essere te stesse.
Ich wünsche dir mut und ausdauer.
J’aurai aimé t’écrire dans d’autres langues pour te dire combien je te souhaite d’être toi-même et de ne pas avoir peur de l’inattendu.
إنتبه لنفسك
ai grija de tine
気を付けて
« Bêtub mbëgged jéll nab gàkk”
Ba bennen
Vi ses!
待会儿见

Amitiés fraternelles,

 

TRADUCTION:

Cher ami,

I don’t forget to you.

Mes pensées t’accompagnent.

Je te souhaite beaucoup de force et d’énergie pour les prochains jours et les prochaines semaines.

J’aimerai que tu puisses être toi-même.

Je te souhaite du courage et de la persévérance.

I should like write to you for other languages, to tell is not to be afraid the unexpected encounter.

Prends soin de toi.

 » L »amour va au-delà de nos défaults. »

Au revoir

A bientôt

fraternelly

 

Regard d’ici et d’ailleurs!

rue à VélingaraDes couleurs chaudes et colorées.

Une ambiance particulière.

Mais chez nous, en France ou en Belgique

Ou au Etats-Unis, au Canada , quelle image peut-t-on donner de nous-même?

Ne pourrait-on pas donner des images positives de notre société occidentale

en ne sacralisant pas ce que l’on voit ailleurs?

Nos sociétés ne sont pas comparables.

Les enfants sénégalais ou burkinabés sont-ils plus beaux que nos enfants blonds ou rouquins? Rien n’est comparable.

J’aimerai bien connaitre nos réactions si des touristes ivoiriens ou bien camerounais venaient visiter nos contrées tempérées. Et qui viendraient photographier nos paysages, nos écoles, nos vies quotidiennes. En fait, le touriste est un concept occidental.

Que se passerait-il si nous changeons les rôles?

Cela nous mettrait plus dans une situation d’égal à égal et non dans une posture néo-colonialiste comme certains pourraient le croire, ou bien par une profonde charité parfois mal placé!

Je vous souhaite un meilleur regard sur notre société et sur les sociétés autour et que nous ayons une opinion le plus juste possible.

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Fête de l’école Saint Joseph

Danse lors d’une fête en 2007 à Vélingara

Nous n’avons qu’une vie!

Il est bon de se rappeler que nous n’avons qu’une seule vie.
Et surtout que nous sommes humains avec des pouvoirs très limités.
Chacun de nous ne peut pas être partout à la fois.
C’est très frustrant de ne pas pouvoir agir partout.
Je ne pourrai jamais être médecin ni être éducateur spécialisé et avocat à la fois.
Je ne pourrai jamais construire des bâtiments au fin fond du Sénégal et en même temps tenir un foyer pour des mères mineures en France ou en Belgique.
Oui, c’est difficile de devoir renoncer à accomplir ce que l’on aimerait bien faire.
A force de vouloir tout labourer en surface et de parcourir la terre sans y prendre soin, rien ne germe dans le temps.
Il faut prendre le temps de creuser son chemin, fertiliser ses compétences, son choix de vie pour que cela prenne du fruit. Nous avons tous besoin du temps et chacun peut trouver sa juste place.
Nous pouvons être un volcan débordant d’énergie mais tout part dans tous les sens. L’important est de pouvoir canaliser cette énergie.
Soyons un feu qui ne s’éteint jamais au lieu d’être un chalumeau qui sera à court de batterie par la suite.
Bien sûr, nous pouvons vivre plusieurs expériences mais il est bon aussi de murir ce qu’on à vivre même si l’on passe par des moments de labeurs.
Bien que je sois sourd appareillé, j’ai fait une licence de géographie puis j’ai été prof pour enfants sourds. Puis j’ai fait une formation d’éducateur spécialisé avant de partir un an en volontariat au Sénégal. Par la suite un an d’approfondissement d’études théologiques. Enfin, j’ai fait divers remplacements en tant qu’éducateur spécialisé. C’est en ayant fait un bilan de compétences, avec une coach très humaine, que j’ai décidé de me former pour être documentaliste. C’est pourquoi j’ai choisi de me lancer dans la documentation avec comme but de travailler auprès des services médico-sociaux.

Je vous souhaite de vivre intensément dans une longue durée en vous épargnant de ne pas trop s’épuiser.
Je vous souhaite de trouver un juste équilibre dans vos choix de vies, d’avoir confiance et de continuer dans la persévérance.

Juste des visages

Juste des visages,

Des regards

Pour vous souhaiter une bonne journée!

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Un mercredi au collège 041100_3420Voyage Sénégal Avril 2009 088 Voyage Sénégal Avril 2009 087

On gueule mais on dort!

On tape du poing sur la table.

On hurle aux loups, on grogne.

On dénonce la déclassification de nos métiers.

On crie à la hausse de la misère sociale.

La gouvernement annonce des immenses coupes budgétaires dans le social, au sein des des associations.

Mais quand on demande des volontaires pour agir, il n’y a plus personne.

D’où vous vient-il cette crainte de s’engager ? Peur de ne pas être reconnu personnellement dans votre engagement ? Peur de ne pas être suivi ?

Peur de se déplacer intérieurement et extérieurement.

Manque de confiance en soi et aux autres ?

Une autre hypothèse me vient. Nous n’osons pas quitter nos conforts de vie pour aller se battre pour ceux qui n’ont rien. Nous ne voulons pas perdre nos acquis sociaux, ni nos maigres privilèges.

S’il suffisait… ( Ah non, pas la rengaine de Céline Dion!)

C’est d’accord pour d’indigner mais il faut aller plus loin, persévérer, encourager ceux qui se démènent.

Même si dans ton coin, tu te sens impuissant, fais au moins un signe, même un timide geste en avant pour nous aider à aller de l’avant.

Même si t’as l’impression que t’en fais trop, ose émettre un son, un mot pour nous accompagner dans la lutte.

Même si les pouvoirs publics ignorent, en partie, nos combats, osons continuer. Il y a des petites victoires qui verront le jour.

Serrons-nous le coude.

Donne-nous une infime partie de ton énergie et cela sera déjà énorme.

Comment faire tourner notre moulin s’il y a peu de vent ou peu d’eau pour l’alimenter ?

Je n’exerce plus mon métier d’éducateur mais cela ne m’empêche pas de continuer à échanger, à provoquer des rencontres, à signer des pétitions, à vous faire réfléchir, à envoyer des lettres aux députés.

 

Je te souhaite d’avoir de l’audace, d’innover, de déployer tes talents que tu ne soupçonnerais pas.

Allez, sois sans crainte ! Je te souhaite d’espérer contre tout espérance, et de puiser des énergies positives auprès de ceux qui te comprendront et marcheront avec toi, et réciproquement.

Les yeux de Satya

A chaque rencontre, ses yeux se posent dans un doux regard.

Son doux regard apporte chez l’autre une joie d’être reconnu.

Ses yeux bleus s’illuminent à travers son visage des Afars.

Quand on le voit, nous sommes délicieusement mis à nu.

 

Satya respire la vie, la confiance à travers ses gestes tendres.

Un homme fier et droit qui hante les rêves des adolescentes.

Nous aurions du plaisir à marcher avec lui sur des sentes,

A travers la savane ou les montagnes loin des cendres.

 

Sa façon de regarder avec les traits de ses joues ridées

Transmet son art de vivre dans la simplicité et la joie.

Avec lui, tout peut fourmiller d’énergies, pleins d’idées

Pour relever chacun de la détresse loin des rabat-joie.

 

Il sème

Pour que chacun s’aime.

Il écoute en profondeur

Pour accepter nos laideurs.

 

Les yeux de Satya sont uniques

Comme chacun de nos regards

Qui peut porter sur le monde hagard

Une attention plus bénéfique.

 

La belle-famille de Franck

Chaque soir, c’est la même chose pour Franck où il ne peut que se taire. A chaque fois qu’il essaie d’ouvrir la bouche, sa belle-mère le rabaisse. Son père en rajoute une couche avec des mots assassins.. Est-ce qu’il pour quelque chose dans le décès de sa mère il y sept ans. Depuis son père s’est remarié et a eu quatre magnifiques enfants dont des jumeaux.

A l’école, il se démène comme il peut. Il est le premier de sa classe en seconde. Il projette de faire littéraire pour ensuite être avocat. Il est à l’aise avec les professeurs et pour ensuite discuter en classe lors des débats.

A la maison, quand il est tout seul avec ses trois frères et sa sœur, il essaie de transmettre ses connaissances. Il est très pédagogue dans sa façon de dire les choses.

Mais quand sa belle-mère arrive du boulot, son calvaire continue. Il n’arrive pas à se défendre et à mi-mots souhaitent que ses enfants dépassent Franck. Pour elle, Franck est un péteux, moche et hypocrite. Il n’est bon pas qu’à servir et à faire partie de la décoration. Il fait partie du passé de son mari.

Franck se fait parfois appelé Quasimodo par ses frères et sœurs, surtout en présence des parents. Ces derniers rient et ne trouvent rien à en dire tellement c’est vrai pour eux.

Franck aimerait se sauver de la maison mais pour aller où, si loin de ses grands-parents maternelles. Il a parfois essayé de raisonner son père mais il ne veut rien entendre.

Il aimerait crier : «  Ho, je vis, j’existe. Je suis avec vous et je ne suis pas un vieux meuble. Je n’ai que 17 ans. »

C’est ainsi qu’après les cours, il décide de ne pas rentrer chez lui et de partir marcher loin, très loin. Mais à peine sorti de la ville, il croise un de ses profs un peu surpris de le voir dans ce coin-là.

Il l’invite à prendre un verre dans un bar pour discuter.

Son professeur reste patient et silencieux. Il voit bien que Franck est à bout et qu’il veut pleurer.

«  Franck, je crois vraiment en toi car tu as d’énormes capacités. Tu es serviable, tu es généreux et tu as un don pour mettre l’aise ton entourage. Tu as un don pour parler et captiver ton public »

Larmes. Franck parle enfin de sa belle-famille, de son père.

Le professeur lui propose d’inviter sa belle-famille aux prochaines joutes oratoires lors de la fête du lycée. «  Tu n’as pas à prouver aux autres ce que tu sais faire. Fais ce que tu sais faire et comment tu peux être en vérité. Puis n’hésite pas à te défendre avec tact et diplomatie comme tu sais si bien le faire avec des camarades de classe ».

Remerciements de Franck. Ils se disent au-revoir et Franck reprend le chemin vers la maison avec un cœur plus léger, malgré une grande appréhension. Cela ne se fera pas du jour au lendemain de se faire accepter tel qu’on est.

 

 

Cette histoire est inspirée de faits réels avec les liens entre le fils du premier mariage et la belle famille.

En connaissez-vous des histoires qui se ressemblent ?

Ethique d’écriture

Bonjour à tous,

Je voulais informer que chaque histoire est une fiction qui sont inspirés de faits réels. Les prénoms sont imaginaires mais les noms de ville, de lieux sont réels. Je vous souhaite un bon voyage à travers les mots en lisant chacun des histoires!

Vivien, L’auteur