La fécondité de Katia

Le matin, Katia sème des graines du passé.

Le midi, elle observe les germes d’un instant.

Le soir, elle récolte les fruits de ses réalisations.

Au gré des rencontres, elle cueille des sourires

Et fait des peurs de la confiture personnalisée.

Katia enfante à sa manière les enfants du monde

Sans porter en elle un seul embryon parasite

Qui le bloquerait dans sa liberté toute entière.

Peut-être, un jour, mais elle conçoit la fécondité

Tout autrement, par des gestes simples de fraternité.

Le jour embaume ses rêves aux mille silences

Pour une nuit de musique imprégnée de zénitude.

Le matin, Katia inspire les brumes de ses songes

Pour les exposer ensuite aux lueurs astrales,

Les transformant en énergie d’humanité.

Le soir, elle s’endort à l’odyssée de ses projets.

Elle transmet ses valeurs, ce qu’elle croit constructive.

Elle partage ses idées pour créer, innover une autre manière de vivre

Dans un monde plus responsable, plus centré sur l’essentiel

Avec des gens de tous bords, même complètement timbrés.

On ne sait jamais sur quoi vont aboutir nos semences.

L’autre sera toujours un mystère et c’est tant mieux.

Cela met du piment dans les liens à tisser.

 

 

Je vous souhaite d’être fécond, homme ou femme, dans votre manière d’être et d’agir auprès de votre entourage, de vos enfants ou des enfants que vous accompagnez.

Avec des si, on peut…

Avec des si, si, si,

On peut changer le monde

Avec des si, si, si,

Plus rien ne sera immonde.

 

Avec des silhouettes,

On peut concevoir un théâtre

Avec des syllabes bellâtres

On peut dynamiser nos luettes.

 

Si nous brisons notre silence

Nous pourrons trouver un sens

A ce qui nous anime, nous pulse.

Osons trouver des consensus.

 

Si nous croyons en l’homme,

Alors pourquoi désespérer ?

Pleins de Salam à Shalom

A chacun sans préjugés.

 

Si je crois en toi ainsi qu’en moi,

Nous signerons pour un chemin

Riche en rencontres pour moult mois.

La haine n’aura plus de lendemain.

 

Alors avec des si, si, si sans passé

Nous pouvons regarder l’avenir

En concrétisant sans simuler.

Nous serons des sages en devenir.

 

 

Une expérience interculturelle

Quand on côtoie d’autres cultures, on ne se rend pas compte des incompréhensions que nous pourrions avoir soit au niveau de l’éducation, au niveau social, au niveau du travail. Nous avons du mal à concevoir que l’autre ait une autre manière de concevoir le monde, mais surtout de ne pas nous comprendre surtout si on parle la même langue.

Je voudrais vous partager mon expérience que j’ai eue au Sénégal, en 2006-2007. Je devais gérer une bibliothèque et mettre en place des ateliers-lecture. Entre 12h et 13h, je prenais une demi-classe  soit 25 élèves par jour (6èmes le lundi et mardi, et les 5ème le jeudi et vendredi).

Voici une photo de la classe dans laquelle j’ai débuté.

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Je me souviens qu’avec le quatrième groupe, il ne comprenait rien sur ce que je disais. Je ne comprenais pas en quoi il ne comprenait pas. Après de mures échanges avec mon partenaire, je compris que c’était ma façon de parler qui les déstabilisait, mon accent de toubab. Par la suite, j’avais aussi envie d’aménager la salle pour que ça soit moins scolaire et que la lecture soit plus agréable.

Voici comment je l’avais aménagé et j’avais surtout privilégié les livres d’éditions africaines. Une grande partie de la bibliothèque étaient des dons des gentils blancs tel que les bibliothèques roses et vertes. Au cours de l’année, j’ai beaucoup appris à me mettre au diapason de leur culture sans renier la mienne. Le plus extraordinaire, c’est que le quatrième groupe fut de plus en plus dynamique et avec qui j’ai eu beaucoup d’échanges.

Voici une photo de la classe aménagée, ( Oui, je sais, droit à l’image et en plus on voit des j’aime lire sur les photos!)Image

 

 

Je vous souhaite de vivre de riches expériences interculturelles qui ne peuvent que nous faire grandir humainement.

Le coude de Virginie

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Il n’est que 15h45. Elle est déjà aux fourneaux pour préparer la cuisine. Elle s’empare de son fouet et d’un immense saladier en inox. Elle manipule avec précaution les œufs pour enfin les battre dans la farine de froment. Elle sauce son plat à tarte d’huile de sarrasin pour ensuite le remplir de sa pâte pâtissière. Avec ses poignées d’amour énorme, elle semble flotter dans un nuage de sucre et de leveur chimique. Elle lèche la casserole où elle vient de faire fondre du chocolat. Tout chauffe dans la cuisine. Un brookie cuit en même temps qu’une bonne choucroute qu’elle a bien imbibée de vin blanc d’alsace. Sur le deuxième feu, une garbure mijote. La garbure est une bonne soupe aux choux avec morceaux de légumes. Elle est souvent accompagnée de charcuteries du pays béarnais. Virginie a tout prévu. Des cuisses de confit de canard, des saucisses de Toulouse, du jambon de Bayonne sont au frais. Une friteuse est en route avec de la bonne graisse de canard. Ses hommes auront faim ce soir. Ils seront revenus de la chasse.

 

Elle sent sa poitrine la peser. Sa tête tourne. Elle pose sa main toute poisseuse et garnie sur le plan de travail. Elle glisse sur son coude. Son coude la bloque un instant. Elle ressent un énorme poids. Puis un étrange sentiment de dégout. Elle pose son deuxième coude et tient sa tête des deux mains. En s’essuyant le visage, elle sent la rondeur extrême de ses joues. Elle voit un reflet dans la vitre malgré la buée. On aurait dit une montgolfière. Sentiment de honte. Tout est soudain en elle avec les larmes qui font leur apparition. L’odeur du gras qui le réjouissait l’embaume d’une façon insoutenable. Elle prend un balai et balance tout par terre. La cuisine devient une pataugeoire assez particulière. A cause de la graisse, le four prend feu. Virginie veut essayer de sortir de la cuisine mais elle est devenue trop grosse. Elle est cuite.

Un régime implacable pour que la graisse brule, fonde en peu de temps.

Virginie se réveille avec son coude coincé dans son canapé. Elle a trop mangé de cookies en regardant « les anges de la téléréalité ». Elle tâte son ventre. Juste trois petites collines. C’est même trop. Elle téléphone à une de ses copines. Papotes et décision prise. Elles s’entraideront à manger plus équilibrer et sainement, et à marcher régulièrement.

 

Et vous, est-ce que cela vous est-il arrivé de changer d’habitudes alimentaires à la suite d’un évènement, d’une rencontre, d’une mauvaise expérience ?

La révolte des sans-voix

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Jusqu’à maintenant, ils étaient muets.

Ils subissaient les violences verbales.

Ils se renfermaient telle une pierre tombale.

Le vacarme venait les secouer, les remuer.

Et voici que se lève une flottille

De sans-voix pour prendre la Bastille

Aux mille maux dans un profond silence.

Aux moult regards assurés, ils s’élancent.

Leurs respirations rythmées pulvérisent

Les verbiages boiteux. Ils cautérisent

Leurs dignité, leur identité, leur liberté

Sur les pacotilles des déculottés.

Entendez-vous leurs cris harmonieux

Sans haine mais avec une sourde colère ?

Ressentez-vous leur rage révolutionnaire ?

Leurs gestes deviennent chirurgicaux, précieux

Pour dire avec sincérité leur véritable humanité.

Ils veulent rompre toute violence, toute vanité.

Par leur solidarité et leur endurance à la joie,

Ils affronteront les douleurs sans les rabats joies

Pour un horizon d’humour et de plénitude.

Ils fructifieront leur énergie avec certitude.

Le don selon Camélia

Assise sur le banc, à l’ombre d’un chêne, Camélia aperçoit un vieil homme. Ce vieil homme peine à avancer à cause de son cabas encombré de courses. Camélia aimerait bien l’aider mais n’ose pas. Elle voudrait bien prendre son temps Pour l’accompagner, l’alléger de sa charge. Mais donner, n’est-ce pas prendre le risque de la relation ? [1]Mais aller donner sa force, n’est-ce pas aussi rabaisser l’autre dans sa faiblesse ?

Avec des questions comme ça, on ne s’en sort plus. Elle se lève malgré tout pour lui poser la question. Pour lui proposer, on ne sait jamais. Camélia traverse l’allée ombragée et salue le vieil homme. Salutations simples. Grand sourire de l’homme. Il la remercie et préfère continuer pour avoir un semblant de faire quelque chose encore de sa vie. Camélia le laisse partir. Elle n’est pas déçue. Elle a reçu une leçon de vie. Toute simple pour elle, une petite jeune dans la fleur de l’âge. Elle se souvient qu’elle doit aller déposer un courrier à la banque.

Tout en longeant le parc ornés de glycines et de marronniers épanouis, elle réfléchit sur la question du don. Tout don n’est pas forcément sain surtout s’il est intéressé. Surtout s’il met l’autre dans une situation de dette. La gratuité du don ? C’est rien attendre de l’autre, ne pas forcer l’autre à répondre. Il y a une question de liberté dans l’échange du don, dans la circulation du don. Le circuit du don n’est pas forcément un cercle fermé mais plutôt un chemin plus ouvert avec l’importance de la transmission.

Camélia repense au lien qu’elle a avec ses deux filles, âgées de 3 ans et 5 ans. Elle leur a donné la vie. Elle ne désire pas que ses filles lui fassent un retour. La dette serait trop énorme. Elle ne pourrait pas se permettre de leurdire : «  Avec tout ce que j’ai fait pour toi ! ». Cela serait un coté pervers du don qui emprisonnerait l’autre. Mais ? Le don ne pourrait-il pas créer de la jalousie, de l’envie dans une relation ? Inconsciemment, elle peut donner plus à sa fille cadette qu’à son ainée. Et pourtant, elle les aime chacun pour ce qu’elles sont. Les dons peut être à la fois bienfaisance mais à la fois des cadeaux empoisonnées. Tout dépend de l’intention qui est portée derrière.

Camélia a largement dépassé la banque sent se rendre compte, tellement ses pensées la faisaient trottiner En ayant pris conscience, elle revient sur ses pas. Après avoir accompli sa mission, elle se dirige vers l’école. Retrouvailles avec ses filles qui se sont jetés sur elles. Elle est toute surprise et reçoit un cadeau de son ainée. Comme ça, gratuitement.

 

 

 

 

Voici quelques sources sur lesquelles vous pouvez approfondir sur le don :

Comeau, Geneviève. Peut-on donner sans condition ? justice et amour. Christus. Montrouge: Bayard, 2010.

« Fleurdorge8.qxd – ART-3_fleurdorge8.pdf ». Consulté le 7 avril 2014. http://www.irts-lr.fr/img/ART-3_fleurdorge8.pdf.

Godbout, Jacques. L’esprit du don. Édité par Alain Caillé. Nouv. éd. La Découverte-poche 86. Paris: la Découverte, 2000.

Godelier, Maurice. L’Enigme du don. Champs 527. Paris: Flammarion, 2002.

« La relation d’aide et la question du don – Cairn.info ». http://www.cairn.info/revue-nouvelle-revue-de-psychosociologie-2008-2-page-27.htm.

« La société vue du don – CHAN.pdf ».

http://www.revuedumauss.com.fr/media/CHAN.pdf.

 

 

[1] Godbout, Jacques. L’esprit du don. Édité par Alain Caillé. Nouv. éd. La Découverte-poche 86. Paris: la Découverte, 2000.

Les exploits de Gaël

Il est 14h30. Gaël traine ses jambes contre le sol rugueux de la cour. Il vient de tomber de son fauteuil et y a personne à l’horizon. Il voudrait bien crier mais sa voix est toute fluette et ridicule. Heureusement qu’il fait doux. Il sent le gravier transpercer ses paumes. Il rampe vers le gazon fraichement tondu. Arrivé, il s’allonge malgré ses jambes tordues. Il écarte ses bras comme pour essayer de s’envoler vers le ciel magnifiquement bleu. Bien qu’il se sente seul à l’instant même, il savoure le silence avec les chants de quelques oiseaux. Ses douleurs aux jambes et aux mains s’effacent petit à petit. Penchant sa tête aux cheveux longs frisés sur le côté, il aperçoit son fauteuil renversé. Comme un couillon, il n’avait pas vu la pierre. Il est allé trop vite, comme Fangio. Alors il a basculé lourdement. Il a un petit rire. Il se revoit encore avec un visage surpris et penaud.

Là, il devrait rejoindre son groupe pour un temps de travail informatique, pour créer un site web sur l’accessibilité dans sa petite ville. En y repensant, il se redresse et se hisse sur ses bras pour se diriger vers son fauteuil. Râpage sur tout son corps. C’est sa mère qui va râler sur ses vêtements. Il se dit qu’il aurait mieux valu lui mettre une cotte de maille, ou bien une armure pour sa solidité. Quoique, c’est bien lourd. Il relève tant bien que mal son fauteuil roulant. Puis il se donne le challenge de gravir et d’atteindre le sommet. Avec un peu d’élan, il s’élance mais le fauteuil se barre. Il chute face contre terre. Et merde, se dit-il. Il avait mal bloqué les roues. Il recommence. I am te best, s’écrie-t-il !

Il recommence, il sue et râle. Enfin, après avoir bien peiné, il arrive à s’asseoir confortablement. Une grande joie l’envahit. Yes ! Dans l’excitation, il s’agrippe à ses roues pour avancer et se lancer vers le bâtiment. Tellement il est excité qu’il oublie de freiner son fauteuil en arrivant à l’entrée. La porte vitrée n’a pas eu le temps de s’ouvrir que Gaël se le prend de plein fouet. Éclats en mille morceaux. Sonné, il voit l’hôtesse d’accueil venir à lui. Je vais bien, je vais bien ! Sentant qu’il va se fait remonter les bretelles, il crie : « J’ai réussi à monter sur mon fauteuil tout seul ! ». D’autres personnes arrivent pour le sortir de là, parmi les morceaux de verre qui jonchent l’entrée. On l’emmène à l’infirmerie et son éducatrice le rejoint : « Alors, on réalise des exploits ? ». La joie de Gaël est tellement énorme qu’il a oublié sa grosse bourde. Un grand sourire se lie sur son visage et les personnes autour de lui ne peuvent qu’accueillir son état de grâce.

Le grand départ de Papy

Depuis quelques jours, tu étais allongé tout cassé.

Les douleurs t’engourdissaient, te rendaient confus.

Malgré ton semi-inconscience, tu sentais une présence.

Tu ressentais l’amour de tes proches murmurer à ton âme.

Il fallait bien un jour passer vers l’au-delà, auprès de Lui.

Tu le savais au plus profond de toi. Tu te préparais.

La seule chose qui comptait pour toi, c’est sentir ta famille

Se réunir autour de toi pour te parler, pour te rassurer.

Chacun est venu prendre de tes nouvelles, t’embrasser

Soit directement ou bien par téléphone. Nous allons bien.

Grand-mère n’est pas seule. Elle est entourée, en sécurité.

Alors, ce matin, tu es endormi avec une profonde paix.

Nous nous étions préparés à ton départ bien que ça été trop vite.

Merci pour tout ce que tu nous as donné, de nous avoir réuni.

Merci pour ta présence qui restera gravé dans notre mémoire

Comme tes paroles nous guidant vers un monde plus juste

Vers une conscience aiguisée de la vie et la sérénité de l’avenir.

Nous continuerons à transmettre ce que tu as semé et fait fleurir.

Ton combat sur terre ne sera pas vain et sera une victoire pour l’éternité.

Je souhaite à chacun de vivre un deuil apaisé, quand le départ d’un proche survient.

Que la mort ne soit pas un tabou mais source de vie, de dialogue, de retrouvailles, de réconciliation. Je souhaite à chacun de ne pas trop être envahis de remords, de regrets et de pouvoir mettre des mots sur ses blocages, sur son mal-être.

Que le deuil soit un autre départ, une vie renouvelé dans le quotidien malgré l’absence de l’autre.

Le langage de Sophie

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Dans l’accompagnement des jeunes, elle s’évertue à employer un certain langage. Un langage qui lui a beaucoup demandé d’effort sur elle-même. C’est surtout pour mieux appréhender le monde avec un autre regard, un regard plus juste et plus près de la vérité.

La négation a disparu des pensées de Sophie. Les limites, pour elle, sont des cadres et ce qui est interdit sont juste des balises qui demandent de l’attention, de la réflexion.

Ensuite, elle essaie de tout positiver. Les échecs sont des tremplins.

Les non deviennent des stop. Elle essaie d’établir des relations positives avec chaque personne et de proposer un cadre qui peut amener un comportement positif. Surtout elle s’emploie à relever 4 fois plus de qualités si elle a dû nommer un élément négatif. Elle valorise toujours le jeune devant ses pairs et ses collègues. C’est une manière de construire un projet qui ait du sens et porteur d’espoir, d’avenir.

Elle fait le maximum pour être objectif et de ne pas porter de jugements. C’est un vrai challenge qu’elle prend. Elle tente aussi de prendre soin d’elle-même pour être plus disponible aux autres, pour minimiser les luttes de pouvoirs et d’établir des liens positifs envers ses jeunes et ses collègues.

Évidemment Sophie ne vit pas dans un monde parfait et elle est souvent en confrontation avec des collègues impulsifs, qui se moquent d’elle, qui ont une toute autre vision de l’éducation.

 

Et vous ? Qu’en pensez ? Avez-vous essayez d’avoir une attitude bienveillante, sans hypocrisie bien sur. Ce n’est pas de la bienveillance de guimauve. L’attitude peut être aussi ferme pour un cadre qui a été dépassé. Vous avez des expériences à nous partager ?

De la téléréalité à la réalité

20h50. Cédric a fini de ranger la salle à manger avec Franck, l’éduc et un autre jeune. Tout est propre et tout s’est bien passé. Cédric veut regarder «  Les anges de la réalité ». Juste pour rire et savoir la suite. Est-ce que Iolan va rester avec Maria ?

Cédric s’installe tranquillement sur le canapé, en veillant à ne pas trop s’avachir et ne pas trop emmerder les autres. La condition pour regarder son émission préférée, c’est être correct avec tout le monde. Il aime surtout quand Franck regarde une partie avec lui et son groupe.

Rigolades à la suite des révélations d’une candidate, et surtout d’une situation un peu absurde dans laquelle se trouvent les candidats. Ils vont devoir dormir dans la jungle, juste sur un lit pliable.

A la fin de l’émission, Cédric prend le temps d’en discuter avec ses potes. Est-ce qu’ici il pourrait faire la même chose ? Chuis pas fou ! Rétorque Cédric. Ce dernier aime bien prendre des risques mais il y a quand même des limites. Il en a déjà fait les frais avec une cascade de skateboard par-dessus une rampe d’escalier. Trois semaines d’hôpital. Il se dit qu’il a de la chance avec Franck, car on peut discuter, échanger, et puis on fait bien la part des choses entre ce qui se passe à la télé et la réalité.

Tout est biaisé chez les anges de la réalité. Tout est mis en scène et exagéré. A côté de ces débilités, il tente bien que mal à réussir son insertion scolaire. Comme il sent reconnu en vérité et valorisé dans ses capacités d’agir et de réfléchir, il ne songe même pas devenir une célébrité à la télé. A quoi cela sert d’être célèbre juste un temps donné, très court et après, vite oublié, comme un bon à rien ?

Cédric regarde cette émission pour analyser sur ce qu’il ne faut pas essayer de faire dans la vraie vie. Surtout aussi, pour se dire qu’il est vraiment plus intelligent que ces gens-là. Pas envie qu’on me juge, pense-t-il !

Il est l’heure d’aller au lit. Franck laisse les jeunes ranger la télévision. Avec Dylan, Cédric écrivent des idées, des questions sur un cahier d’expression. Un peu de chamailleries à l’étage mais rien de méchant. Arrivée du veilleur. Passage de témoin. Un petit compte-rendu de la soirée.

Au lit, Cédric pense au lendemain. Une très bonne journée à venir car avec son groupe et deux éducateurs, ils vont partir faire une course d’orientation dans la forêt avec des jeunes du lycée voisin. Un projet qu’ils ont préparé depuis des mois. C’est la vraie vie. Rien à voir avec la télé-réalité.