Parc des oiseaux/ Bird’s Park/ al Parque de las Aves (1)

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Journal à mon père inconnu – 11 – Epilogue

C’est ainsi que Rami est parti dans les rues de Saint Louis avec la famille Chiarre. Ils sont allés à l’hôpital. Ils ont bien une adresse. C’est dans le quartier Goxu Mbathié.

Ils longent en calèche le fleuve avec les immenses pirogues qui attendaient sagement pour partir vers le large. Rami est silencieux. Il observe quelques enfants jouer au ballon sur la plage parsemés de déchets de toutes sortes. Ils passent devant des boutiques où l’on trouve de tout. On entend des rires.

Enfin, ils arrivent à l’adresse. Ils sont à l’orée d’une grande place vide sableuse où jouent d’autres enfants. Dans la petite cour devant la maison, une femme fait le ménage avec un balai paille.

Salutations. Présentations. C’est la femme d’Arsène. Quand elle a entendu l’histoire de Rami. Elle se met dans un état de joie incroyable. Elle prend Rami dans ses bras. Elle crie : «  T’es vivant ! T’es vivant ! ». Puis elle appelle Arsène. Ce dernier arrive boitant avec une béquille. Il est en grand boubou bleu d’azur et porte un chèche bleu gris autour de son cou. Il reste immobile en observant Rami. «  Et ta mère ? ».

«  En prison ! »

« Elle la mérite » répond son père.

La femme d’Arsène invite tout le monde à s’assoir dans le salon. Elle part préparer le thé. Arsène reste encore impassible mais à l’intérieur de lui, il est tout chamboulé.

Quand le thé est servi, Arsène raconte enfin leur histoire.

Il a rencontré sa femme dans un centre de désintoxication. Il était infirmier. Elle, elle était de passage. Ils sont sortis ensemble et puis elle est tombé enceinte. Cela a été 9 mois de galère pour Arsène car sa famille le rejetait. Il était père d’un enfant illégitime. Pour sauver son honneur, ils se sont mariés à la mairie de Saint-Louis. A peine deux semaines après la naissance de Rami, sa femme a pété les plombs en battant son mari. Elle l’a laissé comme mort et elle est parti avec le bébé sans plus donné de nouvelles. Pour Arsène, ils n’existaient plus. Il est resté infirme depuis et peu juste travailler de ses mains en fabriquant des statuettes.

Rami sort son journal et le donne à son père.

Silence. Lecture.

Larmes d’Arsène.

«  Mon fils ! »

«  Papa »

FIN

Rowan Atkinson – Invisible Drum Kit

Pic de midi de Bigorre

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Journal à mon père inconnu – 10

Vendredi 12 janvier

                J’ai réussi Papa ! Je suis dans l’avion. J’arrive dans 5 heures à Dakar. Mais comment ? tu me diras.  C’est génial. C’est complètement dingue. Tu sais que j’étais dans le camion en direction de Marseille. Le conducteur m’a découvert à l’arrivée parce que j’étais coincée. Je n’avais pas pu ressortir discrètement de ma cachette. Il avait appelé son patron dans un énorme dépôt de marchandises. Le chef m’a amené dans son bureau qui surplombait le hangar. Il avait pris le temps d’écouter mon histoire. Il m’a vraiment cru et m’avait annoncé que ça tombait bien car il partait avec sa famille au Sénégal la semaine d’après. Un coup de bol énorme. Un de ses fils ne pouvait plus venir car il s’était cassé une jambe. Alors je pourrai le remplacer. Mais pour ça, il a dû téléphoner à ma famille d’accueil pour la rassurer, puis à mon tuteur pour organiser tout ça. Le chef s’appelle Mr Chiarré. J’ai été très bien accueilli par sa famille. Sa femme m’a choyé, a bien pris soin de moi. Ils ont trois enfants. Ils ont tous fait pour que je sois accueilli dans les meilleures conditions. Ils m’ont acheté des vêtements. Je jubile Papa ! Je suis à côté du hublot et j’ai encore du mal à réaliser tout cela. Nous survolons l’Espagne.

Normalement, ils avaient prévu d’aller à Nianing sur la côte au sud de Dakar. Nous irons donc dans un hôtel avec piscine à Saint Louis.  Mr Chiarre m’accompagnera dans ma recherche. Nous te retrouverons, je suis sûr et certain, Papa !

Samedi 13 janvier

                Nous sommes à l’hôtel Mermoz sur la langue de Barbarie, au sud de Saint Louis. Nous avons une vue énorme sur l’océan, avec du sable à perte de vue du nord au sud. Nous sommes abrités par des palmiers et des bougainvilliers. Les chambres sont dans des bâtiments rectangulaires jaunes ou oranges. Je pensais qu’il ferait chaud et humide. Mais non, il fait frais, pas mal de vent et il fait gris. Peu importe. Je ne suis pas loin de toi Papa. Je t’écris du bar où je bois mon premier bissap. Trop bon.

Mme Chiarre m’annonce à l’instant que nous partons pour la ville.

J’arrive Papa !

( A suivre…. Epiloque et fin demain)

Journal à mon père inconnu – 9

Vendredi 31 décembre

                Papa, j’ai pris ma décision. Ma famille d’accueil ne veut pas entendre parler de mon projet. Ils me disent que je doive faire le deuil d’un père absent. Pour eux, je dois t’oublier et me construire un avenir pour partir sur de bonnes bases. Ils m’imposent des règles que je refuse. Ils sont en train de faire leur réveillon. Je me suis enfermé dans une petite chambre qui donne sur une petite cour, avec une vue sur le métro. Sur mon soi-disant bureau, j’ai mes économies. 250 euros. Je ne me rends pas vraiment compte si c’est beaucoup ou pas. Mais je veux prendre le risque de partir à ta recherche. Mais par où commencer ? Dehors, il fait nuit. Il fait doux pour la saison.

J’y vais.

Lundi 1er janvier

                Je suis gelé mais heureux de ma décision. J’ai pu prendre le dernier métro cette nuit. Puis j’ai tout fait pour atterrir sur une aire de péage à la recherche d’un camion en direction de Marseille. J’avais tenté d’écouter des conversations. Puis j’ai pu trouver. Je me suis faufilé dans une remarque où un morceau de bâche était mal fixé. Tout roule pour l’instant. J’ai dans mon sac à dos, juste une bonne bouteille d’eau, des barres de céréales, mes sous, ma carte d’identité. Je suis coincé entre deux caisses mais assez pour m’asseoir. Cela m’a rappelé des souvenirs de cave. Mais là, c’est pour une bonne cause. Avec ma lampe de pose, j’arrive à t’écrire Papa. J’espère que tu ne m’en voudras pas. Mon objectif est de prendre le ferry en direction du Maroc puis après le Sénégal à travers le désert. Je suis fou ? Peut-être. Je n’ai plus rien à perdre. Mon but, c’est toi Papa.

( A suivre…)

Where are you going? Où va tu? ¿a dónde vas?

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Où aller                                                         Where to go                                              Adónde ir

Quand le doute survient?                 When the doubt is occuring?         Cuando surge la duda?

A qui parler                                                 Who to tell to                                         Quien poder hablar

Quand l’angoisse vient?                       When anxiety came?                     Cuando la angustia viene?

A l’aide!                                                          Help!                                                      Ayuda!

Synthèse de la journée d’étude du CNAHES – 21 mai 2014 – Lyon

«  Jalons pour une histoire du handicap : nommer, classer pour inclure »

La journée a été dédié à Jean Oury, récemment décédé, grande figure de la psychothérapie institutionnelle.

Citations de Jean Oury :

« Être au plus proche, ce n’est pas toucher : la plus grande proximité est d’assumer le lointain de l’autre. »

« Soigner les malades sans soigner l’hôpital, c’est de la folie. »

 

L’introduction de la journée s’est portée sur le regard de chaque société, chaque culture sur le handicap qui conditionne la place des personnes et leurs catégorisations.

 

Au sein du CNAHES, il y a un souci de faire travailler l’histoire dans l’institution, un souci d’archiver pour avoir une trace des témoignages de gens qui ont vécu dans l’institution en tant que personne accueilli ou accueillant.

Jean-Christophe Coffin, historien des sciences du psychisme à Paris V, a présenté l’histoire des mots, des normes à travers l’histoire moderne et contemporaine.

Il spécifie bien que son travail d’historien se fait toujours en lien avec les professionnels. Chaque mot est à mettre en lumière en fonction du contexte social, des acteurs politiques ou scientifiques. On ne peut pas porter de jugements avant de connaitre les faits.

Au XIX siècle, le concept d’incurabilité dominait auprès des infirmes et des politiques pensaient au triage des «  déchets sociaux ».

Ce n’est qu’à partir de la première guerre mondiale, que la société s’est rendu compte que le handicap pouvait être provoqué par des individus, donc ce n’est pas seulement une tare héréditaire, une erreur de l’évolution humaine. La figue du mutilé devient une image forte et la prise en charge s’est mué dans une question de réparation. La société est obligée de faire face au handicap et se doit de mettre en place une logique de réparation morale, sociale et surtout médicale.

L’handicap est devenu une affaire d’état car ce sont les structures associatives qui prennent en charge ce domaine.

En 1965, la revue Esprit a abordé le thème de l’enfance handicapé, qui est le signe d’une nouvelle attention porté par l’extérieur.

Enfin, en 1975, sort la première grande loi qui st dans une logique de compensation tant au niveau médicale, sociale et éducative.

Depuis, tout un jeu se joue sur la perception de la société sur le handicap pour arrêter la compassion et qu’elle doit s’adapter à la personne handicapée.

Plusieurs notions ont émergé des réflexions de Mr Coffin tel que la notion de lenteur car le changement se fait très doucement, puis la notion de visibilité avec la question de l’identité : «  Jamais sans nous ».

Enfin, il y a la notion de décalage entre ce que vivent les personnes handicapés et ceux qui mettent en place des mesures pour eux : «  L’enfer est pavé de bonnes intentions ».

 

 

 

Plusieurs noms ont été évoqués pour parler du travail de classification, de la nomenclature effectué entre 1936 et 1943 :

–          Georges Heuyer – Clinique de l’observation

–           Daniel Lagache – Techniques et méthodes de dépistages pour les enfants inadaptés

 

Un autre sujet a été abordé autour de la frontière entre la maladie et l’handicap.

Nous avons parcouru l’histoire des termes entre l’idiotie, les arriérés et surtout l’idée du soin où au 19ème siècle l’objectif était de dépister et de prévenir pour écarter les arriérés pour éviter la contagion. Ce phénomène était très marqué chez les enfants. Au niveau institutionnel, c’était le même fonctionnement que pour les tuberculeux, les malades de la syphilis.

C’est donc après la guerre qu’il y a eu une évolution de la pensée avec l’apparition de la neuropsychiatrie infantile avec un travail sur le dispositif familial et le développement de l’enfant. Un intérêt se porte sur la vie psychique de l’enfant.

 

La classification est un langage commun dans un souci de diagnostiquer et de pouvoir répondre à des besoins, à des demandes.

Toute une histoire sur l’autisme a été évoquée à travers Léon Kanner et Asperger

 

Une intervention a été faite aussi sur le thème :

«  De la classification de Bourneville au DSM ; savoirs scientifiques ou disciplines gestionnaires ? »

La classification est une démarche scientifique, un codage, un cadre administratif pour structurer le secteur et une définition du public pour déterminer la politique du développement de l’insitution.

Deux auteurs, Alfred Binet ( 1857-1911) et Maurice Carité (1906-1979)ont bien spécifié que le fait de nommer un trouble ne le fait pas disparaitre.

Le concept du Handicap est apparu en 1975 :

« […]Le Gouvernement, sur ce point, a choisi  une conception très souple et très empirique : sera désormais considérée comme handicapée toute personne reconnue comme telle par les commissions départementales prévues par les articles 4, pour les mineurs, et 11, pour les adultes, du projet.[…] »Simone Weil, le 4 avril 1975 au Sénat, p. 291.

Compte-rendu au sénat

C’est dans les années 2000 qu’il y a un changement de paradigme avec l’idée que la culture du moyen devient une culture de résultat. La notion de l’usager pose beaucoup de question.

A côté des savoirs scientifiques, il y a la place pour d’autres savoirs :

–          L’expérience du handicap

–          La clinique du handicap

–          Et le vécu des parents

 

Une riche histoire de la fondation Richard à Lyon a été aussi développée.

 

La journée fut très dense en informations, en partage surtout avec les témoignages de trois professionnels, deux directeurs dont un de l’Echappée  et une infirmière en psychiatrie, présidente de l’Orloges.

C’est pourquoi je voulais juste vous partager une partie de ce que j’avais noté.

Les notions que je retiendrai est la notion d’identité de la personne, et une relation humaine à trouver chez l’autre qui est différent.

 

Pour en savoir plus, vous pouvez aller voir sur le site du Cnahes, très intéressant sur l’histoire des institutions. Et l’importance des archives.

Journal à mon père inconnu – 8

Samedi 18 décembre

Papa, je me disais bien que c’était trop beau. On m’avait bien dit que j’avais une chance énorme d’avoir un foyer aussi attentionné à mon égard et des potes qui voulaient bien m’offrir le voyage. En me relisant et en vivant au jour au jour, je me suis rendu compte que je vivais dans un monde en parallèle. Les potes m’ont fait croire qu’ils récoltaient des sous. Juste pour me faire plaisir. Ils n’ont rien récolté. Où à peine, juste de quoi s’acheter des carambars. Je me sens complètement trahi Papa. Je me suis trop emballé. Puis pour le foyer, tout était de façade, pour du beurre. Ils ont exploité mon histoire à court terme. Croyant bien faire, je pense, pour garder le moral après la tentative de meurtre de maman à mon égard.

Mais je garde le cap, malgré tout. Je me documente sur le Sénégal, j’ai envoyé une lettre à la maternité où je suis né et la préfecture de Saint Louis. Pour savoir où tu habites maintenant, si t’es encore vivant. Je n’ai reçu aucune réponse. Je ne désespère pas.

Alors je fais quoi maintenant ? Je fugue pour tenter de rejoindre le Sénégal ?

J’ai oublié de te dire Papa que je vais aller dans une famille d’accueil pour Noel pour rester un temps ensuite. Voudront-ils de mon projet d’aller à ta recherche ?

Je ne sais pas trop quoi espérer mais je ne veux pas baisser les bras. Qu’est-ce qui est de l’ordre du raisonnable ? En qui faire confiance ?   Est-ce que juste savoir ton nom me suffit à te connaitre ? Non, bien sûr. Attendre ? Saisir quelle opportunité ?

Je suis à court. Je me sens perdu.

Ne m’abandonne pas !

 

( A suivre)

Österreich / Autriche / Austria / Republiek Oostenrijk / Republiken Österrike/ Republiki Austrii /

 

 

 

 

 

 

 

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