Ne desespérons pas de nos jeunes

Ne désespérons pas de la jeunesse !

Malgré la crise que nous traversons, malgré les chamboulements de la société avec l’évolution des technologies de la communication, nous devons garder confiance en nos jeunes. Garder confiance et les aimer avec ce qu’ils sont, reconnaitre leurs talents, les accompagner vers le meilleur d’eux-mêmes.

Nous avons été aussi jeunes, n’oublions pas. N’oublions pas que nous avons eu la chance, du moins, j’espère, d’avoir eu des adultes qui nous ont fait confiance, qui ont comptés sur nous. Et bien, sachons transmettre cette flamme de la confiance.

Comme disait Don Bosco : « Sans affection pas de confiance : sans confiance pas d’éducation ».

Continuez toujours à espérer contre toute espérance en chaque jeune. Même si un des jeunes semble partir à la dérive, sachons garder le lien coute que coute. Il reviendra un jour où l’autre. Ne désespérons pas de semer des paroles de confiance, des paroles de sagesse, des paroles de douceur ferme si besoin. On ne saura jamais ce qui qui va germer, fleurir ni quand dans le cœur du jeune. Il a sa propre liberté que nous ne pouvons qu’accepter.

Ne lâchons pas notre présence plus ou moins discrète mais visible pour celui ou celle que nous accompagnons.

Je me souviens d’un témoignage d’un  collègue éducateur. Il avait foutu une baffe à un jeune ado qui déconnait, dans une maison d’enfants à caractère social. Il a revu par hasard ce jeune 15 ans plus. Ce dernier lui a remercié pour cette baffe qui lui a permis de rester à la surface. C’est vrai que la baffe n’était pas la solution. Ce qui comptait, c’est la présence ferme et sûr de l’adulte qui accompagnait le jeune.

 

« Pense à ceux qui te seront confiés,

Si tu ralentis, ils s’arrêtent.

Si tu faiblis, ils flanchent.

Si tu t’assieds, ils se couchent.

Si tu critiques, ils démolissent.

 

Mais…

Si tu marches devant, ils te dépasseront.

Si tu donnes la main, ils donneront leur peau.

Et si tu pries, alors, ils seront des saints. »

 

Michel Menu

Texte récupéré sur la toile scoute 

 

Alors je souhaite à chacun de ne pas désespérer des jeunes et de croire toujours en eux magré des hauts et des bas.

 

 

Et Il voudrait partir…

Luc voudrait partir, claquer la porte

A son boulot, à ses collègues.

Tout abandonner sans legs

Tout jeter. Peu lui importe.

 

Il est fatigué des hurlements,

Des tensions en réunions

Et qui durent éternellement.

Par des mots, il se prend des gnons.

Des coups bas, des non-dits.

Parfois des trahisons et des interdits

Sans la moindre raison, arbitrairement. 

Puis des normes pleuvent sans sommation

Entravant tout dynamisme d’innovation.

 

Et il voudrait partir, claquer la porte

A la société qui excluent les faibles,

Les méprisant tel des cloportes.

Il se sent comme une piètre yèble.

 

L’un change d’avis, l’autre ne dit rien.

Ils sont cantonnés à leurs rituels

Pour ne pas sortir de leurs ruelles.

Ils sont dans leur système épicurien.

Bien rigides pour une efficacité sans faille.

Luc s’épuise pour garder le cap, tenir

Pour accompagner ses « canailles ».

Il perd confiance car tout reste à venir

Tel que reconnaitre son travail, sa folie

D’être auprès de ceux qui galèrent.

Il est dégouté, rongé par la colère

De voir tout ce qui est démoli

Par l’argent, la soif de pouvoir.

Qui veut bien l’entendre et le voir ?

 

Luc voudrait hurler sa rage sourde

Et tout laisser tomber, fuir.

Et il sait très  bien, sans flétrir

Ce qui fait sa vie et qu’elle est bien lourde.

 

Mais voici que des sourires lui rappellent

Pourquoi il est là. Ce n’est pas par hasard.

Des petites voix comptent sur lui, sans fard

Avec confiance et sincérité, pleins avec zèle.

Il prend du recul pour discerner, pour choisir

Avec du temps qu’il s’est imposé sans férir

Pour ne pas craquer, ni se faire virer.

Il ne sera pas un lâche, un dégénéré.

C’est ainsi que Luc prendra sa décision

Quoiqu’en disent les mauvaises langues.

Avec courage, il fera que rien ne tangue

Et être cohérent entre ses actes et sa vision.

Grace aux soutiens, il prendra une autre posture

Pour se faire entendre le plus justement possible.

Vraiment, rien pour lui n’est impossible

Même si les coups de bambous reviendront.

 

Alors Luc ne perd pas le nord

En s’entourant de ténors

Qui ont de l’énergie, de l’envie.

Il y a toujours un sens dans toute vie.

 

 

 

 

 

 

 

Est-ce que cela vaut la peine?

Aux fachos, aux intégristes, aux antisémites, aux racistes, aux cons tout simplement.

Est-ce que cela vaut la peine de crier sa colère par la violence des mots, par les provocations ?

Est-ce que cela vaut la peine d’injurier ceux qui nous gouvernent et contre ceux avec qui on n’est pas d’accord ?

Est-ce cela vaut le coup d’hurler aux loups quand l’autre partie ignore, se braque, condamne ?

Est-ce qu’on ne se trompe pas de colère en accusant les juifs ? Laissons les tranquille et faisons la part des choses.  Les musulmans ? Arrêtons de mettre tout le monde dans le même sac.

Mais où allez-vous donc en vous radicalisant dans vos discours, dans vos idées bien raccourcis ?

Est-ce que ça fait avancer quelque chose en tirant sur tout ce qui ne nous plait pas, sur ce qui nous fait peur ?

Réfléchissez. Vous valez mieux que vos haines. Vous valez mieux que les amertumes et hontes qui vous rongent de l’intérieur. Ne devenez pas des sauvages ignorants et bêtes, ne pensant qu’à leurs soucis, leurs problèmes.

Plus vous allez gueuler, hurler, cracher vos maux en déshumanisant l’autre, plus vous vous mettez à l’écart. Vous devenez malheureusement un poison qui contamine la société qu’il nous faut guérir. Ne soyez plus ce venin. Vous valez mieux que des parasites.

Vu ce qui s’est passé hier à Paris, j’ai honte. A travers vos actes et vos paroles, vous êtes devenus encore plus abjectes. Et pourtant, vous valez plus que ça. Cela ne vaut pas la peine d’être con. Vous n’avez peut-être pas hélas conscience de cet état de fait.

Est-ce que cela a un sens de haïr l’étranger ? De haïr ceux qui sont différents ? De haïr ceux qui pratiquent une certaine religion ?

C’est quand même con de se prendre la tête et de rester sourds. Ouvrez vos cœurs et vos yeux. Je suis certain que vous ne serez pas déçus du voyage même si au début cela peut paraitre déconcertant, déroutant.  

Arrêtez d’être butés. Mettez vos énergies dans des causes qui en valent la peine, sur des sujets vraiment réfléchis et qui ont du sens. Soyez source de propositions qui peuvent faire avancer, changer pour une société plus juste, plus humaine.

Venez apprendre un peu de douceur et de la finesse, en toute franchise et sincérité.

Je sais ce que c’est de galérer, d’être au chômage, d’être exclu par certains groupes,  mais cela ne m’amène pas à couver ma colère en permanence et à chercher la vengeance. J’ai préféré et je préfère toujours trouver des solutions de dialogue, de trouver des alternatives pour être reconnu à ma juste place et de voir l’autre comme un ami, un frère et non comme un ennemi. Je n’attends pas tout de la société mais je ne fais rien tout seul non plus. Tout est dans la mesure, dans une recherche d’équilibre entre la collectivité et l’individualisme. C’est un autre combat permanent mais, pour ma part, cela en vaut la peine.   

 

Alors, je vous souhaite de vous battre pour des causes réfléchies, qui en valent la peine et qui peuvent apporter du sens.

Un peu de douceur

Alors que les maux s’emballent au travers des mots qui ouvrent des blessures, un peu de douceur pourrait nous faire du bien.

Un peu de douceur dans nos gestes et paroles.

De la délicatesse dans nos mouvements pour prendre encore plus conscience de notre corps, de notre respiration.

Que, malgré les aspérités de nos quotidiens, les dialogues de sourds qui nous pèsent, un peu de douceur puisse nous détendre. De la tendresse ne peut pas faire de mal de temps en temps.

De la tendresse d’une épouse ou d’un époux qui vous berce.

De la tendresse d’une ami(e) vous accompagnant à vos côtés.

De la tendresse d’une mère consolant son enfant.

De la tendresse d’un animal domestique envers son maitre.

De la tendresse du soleil qui éclaire le visage en ces jours d’hivers.

La douceur pour accueillir une paix intérieur dans l’instant T.

Une caresse de l’âme.

Force de la douceur qui peut nous entrainer loin dans les liens sociaux, dans nos amours, dans nos vies professionnelles. La douceur n’est pas une faiblesse, au contraire. C’est recevoir et donner avec délicatesse pour respecter le mieux possible l’autre et soi-même.

 

« La douceur c’est la plénitude de la force. » de Alphonse Gratry

 

La douceur s’acquiert dans le temps, avec de l’entrainement, en fonction de nos histoires.

 

Je vous souhaite beaucoup de douceur et de plénitude dans vos vies, de vous trouver du temps pour être doux envers-vous-même et les autres.

 

Penser autrement ?

Rien  que de lire l’actualité, les commentaires, m’informer sur ce que décide le gouvernement, j’ai l’impression que nous ne pouvons pas penser autrement, sous peine d’être taxés d’intégristes, de rétrogrades, d’être mis à la marge. N’y a-t-il pas une juste mesure à trouver pour que chacun puisse agir selon sa conscience, selon ses valeurs ?


      Je voudrais dénoncer le gouvernement de vouloir imposer sa doctrine qui est celle de mettre tout à égalité aux niveaux des droits, de niveler les différences. Est-ce un crime de prendre du recul sur une décision importante tel que l’avortement. Ce que je comprends, c’est que l’avortement est banalisé comme si c’était un acte médical tout simple pour enlever un parasite du corps de la femme. J’entends très bien les femmes le désir d’avoir un bébé quand elles veulent. Ne faudrait-il pas se responsabiliser en amont avec les histoires de contraception, de responsabiliser aussi l’homme ? C’est vrai que je suis mal placé pour en parler mais cela me met en colère que de savoir qu’il y a des femmes qui avortent facilement alors que d’autres femmes galèrent pour avoir un bébé. Où est-elle l’égalité ? Où est l’égalité avec l’homme en permettant un avortement banalisé ?

          Puis-je penser autrement ? Penser que nous pouvons agir d’une autre manière pour réduire les inégalités, surtout les inégalités entre les riches et les pauvres. Facile de s’occuper de minimiser les différences entre l’homme et la femme. Les effets sont plus visibles et rapides.

         En fait, je suis fier de penser autrement, de ne pas être dans la norme. C’est ce qui me distingue. Se détacher de la norme ne veut pas forcément dire refuser complètement le courant et défier la Loi. Il est facile d’être un mouton face à la surenchère de la consommation et aux violences verbales racistes et antisémites. Facile d’être dans la provocation. C’est fuir la réalité et de ne pas oser être vraiment soi, de ne pas oser canaliser ses pulsions sous peur d’être traité de marginale.  

Pourrais-je utiliser une métaphore par rapport à l’action du gouvernement ? Il essaie de panser des petites piqûres aux genoux de Marianne alors que des plaies béantes s’infectent au cœur et au cerveau.


En écrivant ce billet d’humeur, je repense à la chanson de Brassens : «  La mauvaise réputation ». Elle est toujours d’actualité.

Pourquoi pas être à l’écart ?

Mais pitié pas au placard.

Etre à l’écart ? Cela peut nous aider à prendre de la distance face aux discours, de pouvoir mettre du sens et se forger des idées qui nous semblent le juste possible.

Je souhaite à chacun d’être cohérent avec ses pensées, ses valeurs et ses actes. Puis un bon courage si certains d’entre-vous ont l’impression d’être dans les marges. En fait ? Dans les marges, nous pouvons avoir une meilleure vue sur le monde qu’en plein milieu de la foule qui s’agite.

Nous pouvons penser autrement et de ne pas mettre à l’index ceux qui pensent le contraire.

 

 

 

L’engagement dans le social?

A quoi tient l’engagement dans le social ?

En qui tient mon engagement dans le travail ou bien quand je suis bénévole ?

En quoi je m’engage et qui me fait tenir vers l’avant ?

Ce ne sont pas mes désirs qui m’entraînent hors de mes entraves pour une longue durée. Les désirs ont une courte espérance de vie. La motivation ? Elle oscille selon nos humeurs, selon les aléas de la vie quotidienne.

De nos jours, nous sommes dans l’immédiat des résultats, dans une volonté de maîtriser ce que nous allons semer et récolter. Et pourtant, dans le social, c’est semer en croyant à ce que l’on fait et les fruits porteront bien plus tard et ce qui génèrent beaucoup de frustrations, ce qui freinent l’enthousiasme des premiers pas dans le travail ou dans le bénévolat.

Avons-nous peur de nos valeurs et de se laisser déconcerter par ceux qui pensent autrement ?

Comment tenir l’engagement quand ceux qui débutent leur métier par des séries de remplacements, de petits CDD ? Comment peuvent-ils se sentir en sécurité et croire en ce qu’ils font ? Ils ne verront jamais les fruits de leurs labeurs. C’est un combat permanent pour se motiver, pour construire son identité professionnelle.

Au de la crise économique et des choix de la politique sociale, il y a de quoi être désœuvré.

Certains ne s’engagent pas car ils sont seuls, ont l’impression qu’ils ne peuvent rien faire.

A quoi tient l’engagement ? Je dirai le courage d’être, de faire route avec d’autres personnes avec qui on partage les mêmes valeurs, ou avec qui on peut confronter nos idées, construire.

C’est vrai qu’il est difficile de tenir le rythme dans notre engagement face aux aléas de l’emploi, des lois qui apparaissent.

Comment oser s’engager quand on voit le manque de motivation autour de soi ?

Il faut oser se parler, contacter d’autres personnes qu peuvent nous comprendre.

S’engager, c’est participer à une dynamique qui correspond à nos valeurs, qui se rapproche en partie de nos idéaux. C’est s’investir dans des actions concrètes qui permet à l’institution, à l’association, au groupe de fonctionner.

S’engager, c’est risquer de se conformer aux règles qui régissent nos actions dans une structure. Est-ce pour cela que certains ont peur de se lancer, de peur de perdre leur liberté, leur indépendance ?

S’engager ne peut que nous faire grandir en humanité, de s’ouvrir à l’adversité.

 

Je vous souhaite de vous engager, de ne pas avoir peur de se lancer en fonction de vos forces, de vos capacités.

Chacun est capable de s’engager dans la mesure de leurs vraies possibilités d’actions.

Bon courage dans tout ce que vous entreprenez, dans tout ce que vous estimez justes et légitimes.

 

 

 

Les petits bonheurs d’éduc spé ?

(D’après mes expériences)

 

        Après des semaines de cris, de boucan, une matinée calme après avoir instauré un cadre sécurisant, apaisant auprès des jeunes.

        Quand un de tes jeunes autistes arrive à s’exprimer par un geste ce qu’il ressent après plusieurs semaines de frustrations.

        Quand un jeune ne part plus en colère quand on lui dit non.

        Lors d’un atelier musique, un jeune arrive enfin à produire un rythme et qu’il est attentif au aux autres. Le must, c’est quand la psy vient et dit : « C’est énorme, il n’a jamais fait ça ! »

        Qu’après plusieurs semaines de contact avec les jeunes tu arrives enfin à établir un lien de confiance avec leurs parents.

        Quand un jeune te redemande de faire un jeu alors que t’avais galéré pour le préparer.

        Quand ce matin-là, la jeune déficiente intellectuelle n’a pas mis ses crottes dans toute sa salle de bain.

        Quand un jeune polyhandicapé arrive à se détendre après des jours de douleurs, et par la suite, il fait un petit sourire.

        Quand un jeune rend un service et que c’est énorme pour lui de le faire.

        Quand entre collègues, on se comprend et que nous posons des actions qui apportent ses fruits.

        Quand on sent une vraie cohésion de groupe qui s’établit dans l’équipe.

        Quand notre hiérarchie nous dit merci pour telle action.

         

Y aurait encore pleins de choses à dire, tellement les petites victoires sont parfois insignifiants mais essentiels pour notre boulot.

Tout est dans l’endurance, la persévérance dans notre passion du métier.

J’invite vraiment chacun à relire régulièrement sa pratique, en le partageant avec ses collègues ou autres éducateurs qui peuvent comprendre et entendre.

Je souhaite à chacun d’oser être ce qu’il est, avec ses convictions pour faire émerger des petits victoires, et d’y toujours y croire.

Et vous, quelles sont vos petites victoires ?

Comment être éduc spé? ( humour)

Comment être un éducateur spécialisé ?

Tout d’abord, ne pas se former et ne se fier qu’à ses intuitions.

Ne jamais faire de lien entre la théorie et la pratique. Les livres, c’est pour les intellos.

Ne jamais se remettre en question et de ne pas tenir compte des critiques, peu importe s’il est positif ou négatif. Il n’y que toi qui te connais et tu ne te fies qu’à tes propres jugements de valeurs.

Tu imposes tes règles sans devoir te préoccuper du bien être et de la dignité de la personne que tu accompagnes.

La loi, c’est pour les coincés, les tordus. Tu sais ce qu’il faut faire.

Ne travaille pas en équipe. L’équipe ne peut que poser des problèmes.

Évite les conflits, cela ne sert à rien et tiens-toi sur ce que tu as décidé.

Ne tiens pas compte de ta fatigue, des sauts d’humeur, c’est du pipeau.

Quand tu dois être têtu et obstiné, c’est la seule façon de réussir et de faire carrière.

N’essaie jamais d’écrire et si tu écris, utilise ton propre langage de crainte qu’on te découvre.

Fais-toi de la pub pour dire que tes actions sont les meilleurs.

Fais à la place des autres qui ont besoin d’aide, tu iras plus vite.

Si un jeune t’énerve, tu lui fous une baffe et tu fais croire à tes collègues que c’est de la légitime défense.

 

En gros, si tu te retrouves dans un de ces items, tu te goures de métier.

Je souhaite à chaque étudiant et jeune professionnel un bon courage, de se faire confiance et de trouver des appuis extérieurs à qui vous pouvez faire confiance et qu’ils vous font confiance.

Ne vous mettez pas la barre trop haute au niveau du public auprès de qui vous souhaitez travailler.

Respectez-vous, avec vos limites et vos talents pour mieux respecter ceux que vous accompagnez et vos collègues.

Pleins de courage à vous tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Boite à outils du travailleur social

        Téléphone portable, avec répertoire des contacts nécessaires dont le samu… on ne sait jamais

        Pansements, cotons et alcools pour soigner petits et gros bobos.

        Un micro HF pour moins tendre l’oreille et écouter de manière confortable

        Un crayon et bloc notes… pas la peine de dire pourquoi, hein ?

        Une canne à pêche pour attraper les gamins ou les adultes fugueurs… ah non, cela ne rentrera pas dans la boite à outils

        Un couteau suisse évidement pour des réparations de dernière minute (Bricolage, voiture qui tombe en panne)

        Une gourde d’eau ou un thermos de café pour se déshydrater et tenir jusqu’au bout de notre intervention.

        Des baskets inusables pour pouvoir courir dans tous les sens

        Un coussin transportable pour nos pauvres fessiers lors des réunions d’équipe, des réunions institutionnels, etc.

        Un petit mémo des sigles au cas où on aurait un trou de mémoire.

        Un télécommande pour faire baisser le volume des personnes qui hurlent à longueur de journée.

 

                                               Tout cela dans un sac à dos aux multi-poches, aux tissus indéchirables, imperméables.

Avec, en bonus : Un masque de cire reprenant exactement la forme de votre visage avec un grand sourire :

Souriez même si vous êtes déprimé.

 

La boite à outils vous est offerte*

 

sous conditions : paiement d’une somme de 1.152.145 euros soumis à la TVA.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ambroise – Episode 8 ( FIN)

Même jour. Même heure. Je suis pétrifié. Je ne sais pas quoi faire. Yannick me vise, puis baisse son arme. Il me regarde d’un air satanique. Jamais je ne l’aurai imaginé dans cet état de folie maitrisé. « Alors, Ambroise, t’es revenu d’entre les morts. Je pensais que t’allais te faire écraser par une voiture tellement t’étais dans un black-out. Je vais devoir t’éliminer d’une autre façon. Tu m’emmerdes, tu sais. T’as toujours été en travers de ma route. Par l’héritage de nos grands-parents, tu vas avoir le château, puis tu as épousé la femme que j’aimais passionnément. Tu as été embauché à ma place. Je te hais Ambroise. » Je ne savais pas tout cela. Je n’avais rien vu. Je sentais juste qu’Yannick ne m’appréciait pas trop mais sans plus. Je reste silencieux. Je ne sais pas quoi dire. Mes jambes tremblent discrètement. Puis soudain, la lumière s’éteint. D’instinct, je plonge dans la cuisine et j’entends Yannick pester. Je me relève et me cogne violement contre la table. J’avais oublié celle-là. Abasourdi, Yannick me rattrape et me fout des coups de poing dans mon ventre. J’ai droit aussi à un méga-uppercut. J’ai l’impression que ma cervelle va partir sur le côté. Alors que je me sens perdu et tomber dans les pommes, j’entends un cri résonner dans la cuisine. Je perçois à peine l’ombre de Marc qui a frappé Yannick à l’aide d’une pelle de neige. La situation se passe pour le mieux. Je me redresse péniblement. Marc est parti réenclencher les fusibles.  Je monte à l’étage à la recherche de Barbara. Je l’appelle. Aucune réponse. Je panique un peu. «  Barbara ! ». Rien. Puis j’entends Marc m’appeler. Il est à la cave. Je dévale comme un fou les escaliers malgré mes vertiges. Barbara est attachée, inconsciente dans un lit, toute nue. Je vois des tas de bleus partout sur son corps et du liquide tout frais entre ses jambes. Une énorme colère monte en moi. Marc est allé chercher une couverture pour recouvrir Barbara puis la détache. J’appelle enfin les flics. Je prends Barbara entre mes bras. Sa tête toute brune et sale contre mon épaule. En larmes, j’arrive à lui dire que je suis là. Je lui demande de résister, de se réveiller et de survivre. Arrivée des flics et d’une ambulance. Je n’ai plus de mots.

Un jour. Une certaine heure. Quelque part sur un chemin de campagne. Barbara est à mes côtés, portant un enfant dans ses bras. Nous marchons silencieusement, heureux de notre nouvelle vie. Yannick a été condamné à 15 ans de prison. J’ai hérité du château et grâce au réseau de Marc, nous avons pu le réhabiliter. Nous y habitons pour notre plus grande joie. Surtout que nous accueillons régulièrement des familles en précarité sociale, des jeunes en galère. Nous organisons des formations, des stages d’art corporel et de musique. Notre maison est la maison de ceux qui passent pour s’y ressourcer. Nous abordons l’allée des platanes vers le château. A l’entrée, pleins de caravanes colorées et des enfants qui courent de partout. Notre enfant émerge. C’est Jacques notre fils. Pas le fils de Yannick. Nous avions du faire des analyses pour être sur. Jacques ? C’est en souvenir de Jacky décédée le jour où Barbara est sortie de l’hôpital.

Au loin, dans un champ, un épouvantail trône avec le bonnet vert, l’écharpe jaunâtre et la veste en cuir.

FIN