Chroniques d’un éducateur #2 Du quotidien et de l’imprévu

La semaine dernière, j’ai établi mon record de nombre de jours d’affilée d’intérim : 3 jours et une demi-journée. J’ai travaillé dans un IME (Institut Médico-Educatif) avec des jeunes adultes orientation Foyer d’accueil médicalisé à part deux pour une orientation foyer de vie. C’était donc des grand jeunes avec des déficiences intellectuels assez sévères, avec peu d’autonomie et une communication non verbale. On utilisait avec certains le Makaton (aide à la communication qui comporte quelques similitudes avec la langue des signes), ou bien des pictogrammes.
Ils venaient pour la journée avec comme objectif de les accompagner dans les gestes de la vie quotidienne.
J’ai pris du plaisir à être avec eux au sein d’une équipe dynamique, très bienveillant. Je fus vraiment à ma place pour essayer au mieux de répondre à leurs besoins, et de leur apporter un confort malgré la situation sanitaire.
J’ai pu mettre en avant mes talents de conteur et ce fut très apprécié lors d’un temps prévu de détente. Nous eûmes de bonnes surprises avec une jeune qui a pu se poser tout en écoutant un des contes.

Qu’est-ce qu’il y a eu comme activités ?
De la marche, de l’entretien des espaces verts, de temps de relaxation. De la patisserie et préparation du journal mensuel (coloriage en fait). Et surtout de l’imprévu. Improviser en fonction de la fatigue des unes et des autres. En fonction de la météo.

A peine fini cet article, j’ai reçu un texto pour un remplacement dans un autre IME dans la foulée pour quatre jours. Par chance, j’ai un vélo électrique pour faire les trajets car la voiture a été réquisitionnée par ma femme … Et en écrivant la phrase d’avant, j’ai reçu un coup de téléphone pour un remplacement d’une semaine dans l’IME de la semaine dernière. Parait que mon travail a été apprécié.

Je commence à apprécier les divers remplacements pour découvrir la variété des publics. Et surtout varier les différents postures éducatives en fonction des âges et de type de déficience.

Silent Sunday #107

[Projet 52-2021] #3 – Hiver

Mais mais ? On est samedi dis donc ! C’est le samedi et le samedi, c’est le projet de Ma’. Et le thème de cette semaine est bien d’actualité.
Quelle type de photo pourrais-je vous montrer parce que je vous en ai montré pas mal sur mon blog des photos de neige etc…. Une photo inédite ?
Hiver, on peut aussi penser au feu de cheminée, avec des pantoufles au pied et un mug ! Mais ça je n’en ai pas.
Je cherche dans mes archives (clic clic clicclic )
J’avour que j’ai eu du mal à me décider.
Voici une photo prise dans le Pilat le 7 janvier (suite des photos ICI)

Moi, accro ?

Texte écrit en 2014 toujours d’actualité :

Accro, complètement accro !

Internet m’a pris dans les crocs.

Mes sens ne sont plus synchros.

Je suis figé comme un maquereau.

La dépendance me transporte loin

Loin de la réalité , dans le foin.

Pour oublier, tout oublier

Pour croire que tout est plié.

J’ai une drogue pour l’éternité.

Je suis accro à la solidarité

Aux rencontres, à la fraternité

Même à mes blagues ratées.

Addictif, moi, pas du tout ?

Allez, un peu sur Facebook où je traîne pas mal de temps. Mon temps d’attente de me former s’y prête un peu. Addict aussi aux jeux sur Smartphone. Terrible. Complètement accro. Mais ça va, je ne passe pas au stade : mince, je l’ai oublié à la maison, j’en tombe malade.

Comment vivez-vous vos addictions ?

L’addiction à la cigarette, à l’alcool, à la drogue comme le shit par exemple. Pris dans une spirale de dépendance face aux jeux vidéos, aux nouvelles technologies de pointes.

D’après mes expériences d’éduc spé et à travers les lectures, les témoignages, les addictions comment souvent par une phase de découverte pour être pris ensuite dans un engrenage. Nous sommes possédés par l’objet de nos désirs. Si cet objet qui nous possède nous manque, on peut devenir très irritables, angoissés, malades, nauséeux. On se croit libre malgré tout. Tout est illusion dans l’addiction. On peut en baver avec des troubles du sommeil, troubles de l’alimentation.

L’addiction est une fuite inconsciente de nos soucis, de nos souffrances.

Si je joue à fond aux jeux vidéos, c’est pour oublier la réalité qui devient dur, traumatisant. On se dit que mais non, je joue sur réseau, je crée des liens et tout. Oui, mais tout reste virtuel et rien ne vaut le face à face, les vrais liens sociaux. On s’isole de plus en plus. On est dans un brouillard, complètement dans le déni de notre privation de la liberté.

Il est essentiel de se créer des sas, des paliers pour se sentir plus libres en conscience. Est-ce je peux choisir ? Mieux saisir ce qui fait sens pour moi. Suis-je vraiment heureux en profondeur ? Est-ce que ça me procure un bien-être en durée ? C’est essayer de discerner ses fragilités et ses forces. Je pense que pour cela, il ne faut pas hésiter à demander un soutien pour aider à prendre de la distance.

Quand je vois les jeunes scotchés à leur portable quand ils sont en groupe, dans la cour, cela me fait de la peine. Ils se renferment de plus en plus. Vive la communication verbale, de vive voix, la communication non verbale par les gestes et les regards. Rien ne vaut un visage attentif en chair et en os à l’écran. Vive le souffle, le son pur, les couleurs, les bruits de la nature, l’espace…

Ah oui, j’oubliais. Je suis accroc à la solidarité, à l’amitié. Je suis accroc aux sourires, aux rires, aux blagues même foireuses. Je suis accro à la franchise, à la sincérité.

Je vous souhaite d’être libre dans vos choix, de pouvoir choisir vos activités en respectant votre énergie, votre santé, vos liens sociaux. Je vous souhaite de trouver un équilibre qui puisse vous épanouir.

Sans orientation

Perdre le Nord
Sans effort.
Etre à l’Ouest
En lâchant du lest
Fuir le Sud
Sans prélude.
Alea Jacta Est,
Je savoure la sieste.


Aqueduc au coucher du soleil

Sur la route du retour de boulot, après 50 mn de vélo (électrique)

Ce matin, j’irai en voiture à cause de forts vents du sud. Je ne prendrai pas de risques 😁

Sphinx des neiges (presque)

Le cauchemar de l’éducateur

21h45. Arthus venait de faire le tour des chambres. Tout le monde semblait dormir. Un silence apaisant enveloppa le foyer. L’éducateur jetât un coup d’oeil sur la salle à manger. Tout fut rangé et nettoyé. Il se dirigea vers son bureau en laissant grande ouverte la porte, au cas où. Il s’affala enfin sur le fauteuil, avec sa tête toute embrumé de la journée. Un mini-relâchement. Il fallait qu’il tienne encore debout jusqu’à l’arrivée du veilleur de nuit. Ses yeux pouvaient tomber à tout moment comme une averse s’engouffrant dans la vallée. Un petit bruit aigue survint. Un acouphène. Cela lui arrivait de temps en temps. Cela pouvait durer quelques secondes. Le temps qu’il reprenne souffle et prenne une grande respiration.
Puis ce fut le silence complet.
Il sursauta en ouvrant ses yeux embrumés. Une lumière tamisait le couloir. Un fond sonore caressait les moindres recoins. La ventilation. Puis un tic-tac entêtant, discret dans la journée mais bruyant le soir quand aucun autre son venait perturber ces sinistres secondes s’écoulant vers l’éternité. Il n’était que 21h55.
Le veilleur allait tarder arriver. Martin était son nom. Il devrait arriver d’un instant à l’autre. Arthus crut que chaque seconde tambourinait sourdement comme si un funeste châtiment allait s’abattre.
Pour se changer les idées et ce qu’il aurait du faire, c’est noter ses observations dans le logiciel. Cela allait être rapide. Il ouvrit la fenêtre. Rien. Pas d’historique. Pas de traces sur ce qui s’était passé. Il fut saisi d’un horrible doute; Il regarde les autres fichiers. Tous vides. Même dans l’intranet, tout fut le néant. Aucun signe du passé. Où sont passés les projets écrits, les anamnèses, les circulaires, les factures, les photos du foyer ?
Arthus commença à paniquer légèrement. Très légèrement.
Il ouvrit la messagerie. Rien à part un message non lu. Cela venait de l’ARS. L’agence annonçait qu’il coupait tous les vivres du foyer, idem pour tous les établissements médico-sociaux car non rentables. Ils devaient se démerder comme les Amishs. Plus de sous. Plus de boulot.
Son coeur allait exploser… de colère, de fureur. Il devait sans doute rêver. Ce n’était pas possible autrement. Il se leva pour reprendre ses esprits. Il se retrouva dans le couloir. Un grand air glacial le fouetta. Toutes les portes des chambres étaient ouvertes, et des lumières bleues surgissaient de nulle part. Il se précipita vers la première chambre. Une chambre vide, sans plus aucun meuble. Personne. Ce fut la même chose pour les autres chambres. La sueur tombait à grosses gouttes de ses tempes. Il voulut crier mais rien ne sortit.
Soudain, un extincteur se mit à bouger et le frappa subitement sur ses épaules.
Arthus se réveilla brusquement. Martin, le veilleur l’avait secoué virilement. L’éducateur reprit ses esprits. Il s’était endormi devant l’ordinateur avec pleins de fenêtres remplis de dossiers, et la messagerie pleine. Tout était donc normal.
Arthus fit donc la relève, transmis quelques informations puis se prépara à rentrer chez lui.
Pour faire cette fois-ci des rêves.
Enfin, il espère!

Pour d’autres histoires à lire :
La fugue de l’éducateur
Le cauchemar du Veilleur de nuit
Journée fictive d’un éducateur

Silent Sunday #106

[Projet 52-2021] #2 – Au hasard

C’est avec grand plaisir que je continue ma participation au projet de Ma’ chaque samedi. Voici les thèmes de cette année.

Et pour le thème « Au hasard », j’ai pensé à une photo que j’avais pris au hasard, par inadvertance et je l’ai gardé parce que je l’ai trouvé jolie ! Chose curieuse, en voulant arrêter mon téléphone, ça a mis un filtre en noir et blanc. Un de mes cousins avait crié « Fake ».
Certains la connaissent sans doute!

Alors comment ont participé les autres bloggeurs au hasard ?