Haiku 4

Un mercredi au collège 111

Foot poussiéreux

En sueurs des fièvreux

Fier de leur maillot

Jouant avec leurs boyaux.

 

 

( Jouant avec leurs boyaux = Jouant avec leurs tripes => Qui jouent à fond sans baisser les bras)

Haiku 3

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Musicien enflammé

Ou fumeur affamé?

Une énergie de fer

Ou une vie d’enfer?

Avignon / Avignoun

La violence des mots / The violence’s words

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La violence des mots

Sont de durs rameaux

De haine et de colère

Pour fuir la galère

En vain.

 

Insipide vin

Que les injures

Qui coulent,

Abjurent

La foule

Des hommes.

 

Fougueux atomes.

Terrible impuissance

Face à ces agressions

Verbales sans sommation.

Feindre l’ignorance ?

…………………………………………………………………….

The violence’s words

Are the hard branches

Of hate and anger

In order to flee poverty

In vain.

 

Tasteless wine

That the abuse language

Runny

Recant

The world.

 

Tempestuous atoms

Terrible Impuissance

In front of abusive

Verbal without summation.

To feign indifference?

Haiku 2

Voyage Sénégal Avril 2009 054

Juste là verser

Quelques larmes

Sans tergiverser

Sans baisser les armes.

 

Pigeon / Paloma (5)

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Toujours le même!

 

Vivre la coupe du monde autrement

Au début, je ne voulais pas regarder les matchs de la coupe du monde. Car je savais que c’était construit dans des conditions très défavorables et injustes envers les populations locales. Je sais que le sang a coulé et coulera encore malheureusement à cause du zèle des policiers, de la politique autoritaire de Dilma Rousseff. Par solidarité, je ne voulais pas regarder les matchs. Puis les propos de Platini pour calmer les brésiliens m’avaient bien agacé. Mais quel salaud, celui-là comme la FIFA considéré comme mafieuse.

Puis en me posant, les pays qui ont été sélectionnés pour la coupe du monde, je ne pense pas que certains soient de mèche avec les dirigeants et leurs mentalités. Certaines équipes se sont battues pour aller au Brésil, des petits pays dont on entend peu parler ou bien de manière négative. Je pense au Costa Rica, à l’Iran, aux pays africains, à la Bosnie, etc….  C’est aussi une occasion de mieux connaitre leurs pays à travers le foot, le sport comme on peut le voir à travers les jeux olympiques. Au lieu de boycotter, ne pourrait-on pas mieux sensibiliser les supporters ? J’idéalise un peu mais j’essaie de voir la coupe du monde autrement. C’est aussi une occasion de parler du Brésil avec tout ce qu’il porte de beau et laid comme la misère.

On ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac. » Ouais, ceux qui regardent le football sont des salauds et n’ont pas conscience du sang qui coule ». « Les footeux sont des merdeux ». Nous avons le droit de ne pas aimer le foot mais nous avons le devoir d’accepter que d’autres aiment le foot.

Il est vrai que je préfère le rugby. Et pourtant, ce vendredi soir, j’ai regardé France-Suisse. Quand c’est bien joué, du rythme, cela peut-être beau à voir et apprécié. Je ne regrette. Je n’ai pas eu la sensation d’avoir trahi.

Nous pouvons très bien regarder les matchs et à côté de ça, soutenir les projets de développement. «  Ouais, c’est pour te donner bonne conscience ».  Appelez-ça, comme vous voulez !

J’essaie juste de voir comme vivre cet événement autrement pour ne pas être dans les extrêmes et dans des positions radicales.

 

Rose en devenir / Come On Rose!

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Coucher de soleil

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Mon histoire de burn-out

Je voudrais vous raconter un burn-out quand j’étais éducateur spécialisé ( Début 2011). Le burn-out vient à la suite d’épuisements, de combats intérieurs, d’une pesanteur institutionnelle.

Je prends le risque de vous raconter cet épisode, prenant le risque de ne pas être compris par certains d’entre vous. C’est souvent un tabou. On préfère éviter le sujet.

Je travaillais depuis deux mois et demi dans une petite structure qui accueillait des enfants ayant des déficients moyens à profonds, dont 4 jeunes avec des lourdes caractéristiques autistiques.

Le quotidien était jalonné de cris, de coups, de griffes et de morsures de la part de certains de ces jeunes. J’avais comme collègues deux « éducatrices » dont une non diplomée qui n’avait travaillé qu’avec des ados « cas sociaux ».  Le langage était direct chez elles : «  Arrête de faire l’imbécile », « Continue comme ça et tu vas dans le couloir », «  exprime-toi ».  Elles ne voulaient pas se mettre aux PECS, images pouvant permettre à ces jeunes d’utiliser un mode d’expression.

Sans elles, j’étais bien avec ces jeunes avec des petites victoires où le jeune se sentait compris, apaisé avec une autre de mes collègues qui était une jeune instit. Nous tenions le coup. Elle dans sa classe et moi, comme je peux, lors de mes ateliers éducatifs avec trois jeunes ou bien cinq jeunes le mercredi matin ( Pendant deux mois, ce fut l’enfer pendant deux heures).

Il y avait bien un groupe d’analyse de la pratique mais hélas, les «  mammouths » comme on les surnommait ma collègue instit et moi, parlions des soucis des enfants.  J’essayais de soumettre des problématiques mais souvent on me rétorquait : «  Attends, tu viens d’arriver et tu nous critiques déjà ? ». Le directeur m’avait un peu embauché pour ça pour mettre du sang neuf. Il fallait que j’y ailles doucement.

Tout au long des semaines, la fatigue s’accumulait et j’allais souvent au charbon pour contenir la violence des jeunes . J’étais le seul gars qui avait de la force.

J’y arrive à la fameuse goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Personnellement, j’étais épuisé malgré une semaine de vacances avec la peur au ventre malgré l’envie. Puis j’avais appris le décès de ma grand-mère.

Le mercredi en début d’après-midi, avec un mal à la nuque en plus, je dus accompagner Matéo, 14 ans vers la voiture où nous attendait une autre de mes collègues, avec un petit groupe. Nous devions aller à la piscine. Matéo était grand quand il se levait et avait beaucoup du mal à marcher. Il criait beaucoup et faisait des grands gestes compulsivement. Il ne voulait pas se lever. J’essayais de le résonner sentant que ma collègue attendait. Elle avait surtout avec elle un autre enfant qu’elle ne pouvait pas lâcher. Il pouvait fuguer, frapper les autres enfants. Une situation un peu compliqué.

A bout avec Matéo, j’essayais de le relever pour le forcer à marcher. Je reçus une volée de baffes ( Involontaires bien entendus). Malheureusement, un de ses bras frôla ma bouche et je mordis. Stupéfaction. Il s’était calmé et moi,  déconnecté. Je sentis mon avenir chaviré, mon acte fou répréhensible. Je pus malgré tout l’amener à la voiture et rejoindre le groupe. Je fis la confidence à ma collègue, surprise bien entendu mais elle ne me jugea pas.

Après la ballade de l’après-midi, au retour au centre, j’allais tout de suite voir le directeur .

Il fut horrifié. Il téléphona à son directeur principal.

Mise à pied conservatoire.

J’étais au plus bas.

«  Vous auriez du me téléphoner quand vous ne pouviez plus ».

Je n’ai pas pu répondre sur l’instant.

«  Pourquoi lui ?

Matéo était le fils d’un personnage haut-placé !

Résultat : Licenciement pour faute grave. ( Sinon on portait plainte contre moi).

Ce fut le coup d’arrêt à ma carrière, pour l’instant, d’éducateur spécialisé.

Même si le directeur m’a dit : «  Malgré cet acte fortement répréhensible, vous avez néanmoins des qualités professionnels ».

Personne est infaillible. Ni les éducateurs, ni les parents, ni les hommes de ce monde. Je n’ai commis qu’un seul acte de violence ( la plus incompréhensible, certes) et j’ai subi la plus sourde sanction. Et mes autres collègues âgées  qui ont sans arrêt tenus des propos violents, eu des gestes de rejets pour éviter de se faire frapper qui était à la limite de la maltraitance. Rien.

Je ne souhaite à personne de vivre cette expérience. Vraiment de veiller que ses collègues se sentent en sécurité professionnelle, qu’ils aient un lieu ou ils peuvent analyser leurs pratiques, se lâcher, communiquer. Le soutien institutionnel est primordiale. Comment le public que nous accueillons peut vivre dans un cadre sécurisant si nous-même nous sommes pas sécurisés dans notre pratique.

Le boulot dans le social, c’est une vocation, un métier où il faut être souder car seul, on ne peut que s’enfoncer.