Institut Lumière – 2

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Institut lumière – 1

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Pigeon / Palomba (8)

Pigeon 2 juillet (5)

 

Enfin, il tient sur ses pattes. Il gonfle un peu parce que je l’ai un peu titillé.

Finally, he stands on his hind legs. It swells a bit because I’m a little tickled.

Dialogue de sourds

  • Partons vers d’autres horizons

Au-delà de nos désespoirs

  • Je veux bien prendre une poire

Et la manger sans raison.

 

  • Luttons contre toutes les haines

Avec nos joies et nos rires.

  • Je prendrai bien une petite laine

Il fait froid à faire frémir.

 

  • Et si tu m’écoutais pour une fois

Et me répondais sérieusement.

  • Mais je n’ai pas de crise de Foi

Oh que nenni ! Point je ne mens !

 

  • Bigre de rage, écoute-moi

  • Vas-y parle sans émoi.

  • Je te proposai de partir.

  • Je ne veux pas mourir.

 

  • D’aller gravir les montagnes

  • Je ne veux pas prendre de castagnes.

  • D’aller voguer dans les eaux vives.

  • Je ne veux pas échouer sur les rives.

 

  • Allons faire mille voyages.

  • Je n’irai pas en cage.

  • Bon, restons ici s’ennuyer !

  • Juste vivre avec sérénité

Et profiter de chaque seconde

Entre nous, en ce monde

Qui bouge sans arrêt, s’ignore.

–         Tu es malade ? Tu t’endors ?

–         Juste un brin d’intelligence
dans mes abîmes d’ignorance.

 

( Texte écrit en 2006)

Corsica / Corse

Tomate verte / Green Tomato / Tomate verde / Tomaten « verten » / 番茄 / بَنَدُورة

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Haiku 7

Parc des oiseaux (240)

L’angoisse surgit

Dans le regard du faucon.

Une erreur fatale.

 

( Je sais, ce n’est pas un faucon sur la photo!)

Pigeon / Palomba (7)

Pigeon 29 juin (8)

Il est enfin sorti du pot!

Mais sa merde aussi.

C’est mignon mais vivement qu’il parte pour nettoyer!

Haïku 6

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L’oie se dépouille.

L’orage essore sa robe.

Une jolie fresque.

Le silence d’Amina (1)

                   Dès l’aube, elle se prépare comme chaque jour. Elle tente de ne pas réveiller ses vieux parents qui dorment dans la même pièce qu’elle. Son mari est déjà parti au boulot. Elle ajuste son pagne bleu vermeille et sort de l’appartement. Ses pas la mènent jusqu’à l’arrêt de bus. Juste un piquet jaune au pied d’un immense lampadaire vert qui fait office d’arbre. Des feuilles métalliques lâchent parfois des odeurs de chlorophylles. Une sono fait grésiller quelques chants d’oiseaux.

Voici le bus qui arrive. Une chorale assourdissante ambulante. Un bus en carton blindé, aux vitres de plexiglass teinté. Un rideau de lin tissé s’ouvre pour laisser sortir et entrer les voyageurs. Elle s’assoit vite face à un pupitre où une partition l’attend. Pour que le bus avance, il faut que tout le monde chante. La moindre fausse note ralentirait le bus. C’est l’énergie vocale et harmonieuse qui est le moteur du bus. Ce matin, ils doivent chanter : « Carmina Burana de Carl Off, l’ouverture ».

Heureusement, Amina n’est qu’à quatre arrêts. 17 minutes de voyage.

Arrivé à son boulot, devant un grand immeuble en bois laqué, elle s’abreuve à une fontaine d’eau pétillante. Le pouka, Un oiseau en toile mécanique l’attend pour monter au 14ème étage.

Pendant l’ascension au ras du paroi, elle aperçoit à l’horizon le soleil apparaître derrière les montagnes de glace. Des auréoles de lumière bleue surgissent et embrasent la ville de bois et de fer.

Le pouka pénètre dans un couloir pour déposer Amina sur un tapis en satin rose. Elle traverse une grande pièce blanche et jaune où sont accrochées des chaises volantes reliées par des fils de soies. Elle s’assoit sur l’une de ces chaises. Elle actionne une manivelle et rejoint ses collègues de travail suspendus au plafond. Elle est arrivée juste à temps pour le lancement du processus.

Un rythme au son des violons lance la cadence. Des glissements de soies résonnent dans la pièce comme des cigales qui chantent à tue-tête.

( A suivre…)