Peu importe si je suis sourd ou aveugle,
Peu importe si j’ai une maladie psychique ou une déficience intellectuelle,
Peu importe si j’ai un diabète ou une sclérose en plaque,
Le plus important, c’est que je sois une personne et un citoyen à part entière.
J’ai des besoins spécifiques et j’ai des droits à avoir un minimum de confort.
Et le confort ne doit pas être un luxe, mais la norme.
Handicapé ? Qu’est-ce que cela t’importe de le savoir.
Je m’appelle Vivien (ou autre…), j’ai une histoire, des relations, des compétences.
Accessoirement, je suis sourd (ou une autre différence) mais on peut en parler de manière simple. (La simplicité, cela s’apprend !)
On peut s’entendre dans un endroit calme.
Tu peux me demander quel mode de communication j’utilise.
Est-ce que j’utilise la langue des signes françaises, ou bien la LPC,
Oui bien l’écrit ou l’oral ?
Ou bien ais-je d’autres besoins ?
Parait qu’au Canada, on ne parle pas de personnes handicapées
mais de personnes extra-ordinaires.
J’aimerai plutôt dire des personnes tout court.
Je n’ai pas besoin d’être sur un piédestal
Mais juste reconnu à ma juste valeur.
D’être reconnu par ce que je suis
Et non pas forcément par des actes extraordinaires.
Je ne suis pas obligé d’être courageux, de faire des exploits sportifs, artistiques pour être reconnu.
J’essaie de vivre avec le meilleur de moi-même et de réaliser mes rêves.
J’ai aussi droit à un travail à la hauteur de mes compétences, de mes expériences.
Mes besoins spécifiques ne doivent pas être un frein à l’embauche.
S’ouvrir à la différence, ce n’est pas seulement du bonus, mais c’est plus une vraie évolution de mentalité vers l’ouverture à l’autre, une capacité à s’adapter.
Mais Vivien ? Pourquoi ce coup de gueule ?
Parce que je lis trop d’articles de journaux avec ces termes « Les handicapés » et cela m’énerve… ça m’énerve!
Donc ce n’est pas pour rien que je souhaite continuer à faire du théâtre pour continuer à sensibiliser, à former avec humour et pragmatisme.
Et si on arrêtait d’avoir peur ?
Apprenons à connaitre, et aller à la rencontre pour mieux comprendre. Puis d’en rire malgré la gravité du sujet tel que le handicap, le cancer, les maladies rares, les épidémies, le VIH, ainsi que d’autres thèmes sur la diversité avec l’homosexualité, la religion, les étrangers de tout horizons etc…
Et si on brisait le cercle de la peur ?
Comme « Évitons de parler de ce sujet, ça va faire peur au public » à propos du cancer. Justement, au contraire, informons au plus large. Plus la peur perdra du terrain, plus le regard sur ceux qui nous entourent sera positif et constructif. On peut être prudent au lieu d’être méfiant.
Et quoi de mieux d’en savoir plus par le théâtre, par l’humour.
Pour le cancer, je vous invite à découvrir la Chauve-SouriT de Caroline Le Flour. Un One woman show sur son expérience du cancer qui décape : « Mon cancer va vous faire mourir… de rire ! ». Pour ma part, j’ai hâte de la voir ! Même si je ne suis pas concerné directement. Enfin, presque, puisque j’ai des membres de ma famille ou des amis qui l’ont eu.
Puis sur le handicap, c’est tellement large. On devrait dire des handicaps. Cela recoupe les 85% de handicaps invisibles et 15% concernant le handicap moteur dont 3% pour ceux qui utilisent le fauteuil roulant.
Ne pas hésiter à informer que chaque personne ayant un handicap est tout d’abord une personne avec son histoire, ses émotions, sa personnalité, ses talents.
Ne pas hésiter à témoigner que le cancer n’est pas contagieux comme pour le handicap. On pourrait dire aussi nos différences physiques, nos différences sensorielles, nos différents de couleurs, nos différences émotionnelles, nos différences culturelles.
Bref, savourons et ancrons en nous cette phrase de Saint-Exupéry : « Nosdifférencesloin de nousléserdoiventnousenrichir »
. One Woman Sit Up show de Stéphanie De Wint Binon
Là, j’ai de la chance, elle vient dans la région lyonnaise, à Chaponost le 12 février à 20h30 à l’auditorium dans le cadre du festival Histoires d’en rire. Venez donc nombreux, j’y serai aussi et cela ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd. (facile, je sais, je ne le dis plus à ceux qui me connaissent).
Et puis y en a qui cumulent un peu comme Gérard Lefort, Un vieux noir en fauteuil roulant, tout pour plaire!
Alors, oui s’informer pour mieux appréhender différents sujets qui peuvent nous faire peur MAIS bien identifier les sources d’informations. Apprendre à prendre du recul et s’entourer de bonnes personnes qui peuvent nous aider à mieux comprendre ce qui nous coince. Du bons sens, mais cela s’apprends aussi !
Au cas où vous ne sauriez pas, sur la surdité, vous avez ma conférence-théâtralisée « Au secours, j’ai un collègue sourd », un seul sur scène sur l’accueil d’une personne sourde abordée avec humour et avec le regard de plusieurs personnages. (Oh le gars, qui fait sa propre promo!).
Alors vous êtes prêts à dépasser vos peurs et le courage d’en parler?
Vivement que j’entendes des rires au lieu des silences de gène !
Lors de ma balade vers Francheville, au bord de l’Yzeron, j’ai pu observer un geai des chênes.
Malgré la qualité de l’image, j’ai réussi à le capter en plein vol, prise que j’arrive à faire très rarement.
C’est avec plaisir que je vous partage cet instantané !
En Janvier 2018, je m’étais posé à temps plein pour réfléchir à ma création d’entreprise au Mix, un coworking à Tassin.
Pourquoi ? Parce que j’avais enchaîné des petits boulots qui ne me laissaient pas d’espace pour concrétiser mon projet : Faire de la sensibilisation aux handicaps.
Une piste s’était dessinée suite à mon parcours chez Co-Naissances : Utiliser le théâtre comme support de sensibilisation. A l’époque, je ne me sentais pas encore légitime. Allez comprendre pourquoi au vu de mes expériences sur scène. (20 ans depuis le Lycée, et apprentissages auprès des compagnies et théâtre de qualité : Théâtre des Carmes, Compagnie le Voyageur Debout, Les 400 coups, Théâtre de Bulle).
Je voulais entreprendre pour ne plus être dépendant d’un patron, d’être libre au niveau de ses horaires et du choix des clients. Et que je puisse offrir mes prestations à la hauteur des mes capacités et de mes besoins spécifiques liés à ma surdité (j’évite les environnements bruyants, les réunions à rallonge où je comprends à moitié etc…).
Bref, comment je suis arrivé à me décider à faire des conférences-théâtralisées ? C’est en allant à la rencontre des entreprises à Handiagora en avril 2018. A chaque fois que je parlais de mon projet de « Au secours, j’ai un collègue sourd », mon interlocuteur avait la banane. C’est ainsi que le dimanche suivant, à 6h du matin, j’esquissais les 10 premières pages de ma pièce. Puis grâce au soutien d’un coach artistique, Laurent Lacroix d’Evedia, j’ai pu tester ma pièce au sein du Mix puis fait ma première pour les entreprises au Complexe du Rire le 5 juillet 2018.
(Au passage, j’ai supprimé les slides dans ma version actuelle car trop contraignant et pas nécessaire 😀 )
Et j’ai intégré le 7 juin Graines de Sol pour tester mon activité entrepreneuriale.
Alors, au final, combien de représentations ? Est-ce que j’arrive à en vivre ?
30 interventions depuis fin mai 2018 auprès des entreprises.
J’ai aussi réalisé d’autres types d’interventions tel que des témoignages et des ventes-dédicaces de mon livre « Sourd et certain ». (550 livres vendus depuis février 2019)
Et non, pour l’instant, je n’en vis pas mais c’est mon souhait d’en vivre !
Comme il me faut des ressources pour faire vivre ma famille, étant marié et père d’une petite fille de 3 ans, il faut trouver un boulot en parallèle. Revenir sur un poste de salarié après deux ans entrepreneurial, c’est pas simple !
Mais quels ont été les points positifs de mes deux ans :
– Un sacré réseau dans le milieu handicap et emploi. J’ai noué des contacts et surtout des partenariats. J’ai des partenaires en or qui me font connaitre tel que Talentéo, ou bien me font intervenir dans leurs actions tel que Acteurs et compagnie et l’Association Sarahca.
– J’ai beaucoup œuvré dans la communication, travaillé en lien avec des prestataires pour parfaire mon marketing, crée des vidéos, et animé mes réseaux sociaux. Cela m’a permis de faire des rencontres très riches et d’apprendre beaucoup de choses en terme de com’ et de prospection (ce qui n’est pas une mince affaire, je l’avoue ). Merci à Joanov,Hooklink et Pigment des Belettes.
– Des événements inoubliables tel que la soirée Handicap et entreprises, ça tourne en 2018, ma tournée avec l’APIRJSO dans la région centre, la mensuelle à l’APADLO et mes différentes participations à Sport2job de Talentéo, le colloque d’UNEA où je suis intervenu 8 mn !
Intervention au Colloque de l’UNEA
Bref, C’est très simple, je continue mon activité de conférencier et formateur, mais d’abord, ma priorité, c’est de trouver un boulot à mi-temps ou temps à 75%. Pourquoi pas à temps plein ? A cause de ma fatigue auditive et que je connais mes limites au vu de ma fatigabilité.
Mon rêve ? Trouver un poste d’agent d’accueil et orienter les usagers, gérer des salles comme j’avais fais pendant trois ans dans un lieu d’accueil de groupes. Ou bien assurer des formations dans le champ du handicap en binôme. Soyons audacieux, n’est-ce pas ?
Pour répondre à la question, entreprendre ou être salarié, c’est vraiment au cas par cas. Pour ma part, j’ai répondu à mon besoin de liberté et de créativité à l’époque pour entreprendre. Maintenant, d’autres besoins se font ressentir en fonction des circonstances familiales et professionnelles.
Alors, si jamais vous avez des pistes, je suis tout ouïe !
Et je ne regrette pas du tout d’entreprendre et j’en suis très heureux! L’un n’empêche pas l’autre.