[Samedi poésie]
Que fait le silence comme bruit ?
Un murmure invisible sans fruit ?
Un chuchotement lointain ?
Un bruissement sans teint ?
Mon silence n’est point infini.
Malgré ma surdité, j’entends.
Selon mon humeur, cela dépend.
Des sifflements, des cliquetis.
Parfois un concert d’Hard Rock.
Ou bien un chant baroque.
Régulièrement, un bruit blanc
ou un son aigu tremblant.
Pour vérifier si cela ne vient pas d’extérieur,
J’éteins mon appareil, tout simplement.
Il me faut prendre patience, sans heurts.
Parfois, il me faut bouger sciemment.
Ecouter de la musique pour les oublier.
Penser à autre chose mais c’est galère.
La sophrologie comme bouclier ?
Tout est au cas par cas, par crémaillère.
Cela peut durer trente secondes
Ou bien des journées entières.
Chez moi, c’est la fatigue sévère
Qui me les déclenche, m’inonde.
Quand mes acouphènes sont là,
J’entends moins, un comble.
Ma compréhension retombe.
Mes pensées sont de la mozzarella.
Alors j’ai besoin de m’isoler
Ou bien de rire, de jouer
Sans besoin d’écouter
Pour ne plus y penser.
Je ne vous souhaite pas d’avoir des acouphènes.
De tout coeur avec ceux et celles qui en ont.







