Quel regard porte –t- on sur la misère sociale ?
A quoi pense t-on quand on croise une personne en grande précarité ? Avec un visage marqué par la vie, ses odeurs qui peuvent révéler son manque de l’hygiène.
Est-ce qu’ils sont pour quelque chose s’ils sont endettés, qu’ils sont pris dans la spirale de l’alcool, ou du désœuvrement ?
Je me souviens d’avoir vu un couple aux vêtements de jogging, aux visages marqués par la tristesse. Les yeux de la fille étaient maquillés de telle sorte à cacher ses cernes. Pour l’odeur, je ne sais pas.
Il parait que les odeurs contribuent aux gens de s’éloigner, de ne pas oser aller vers l’autre.
Est-ce qu’il est pour quelque chose le jeune qui traine avec sa bande, en essayant de squatter un endroit au chaud ? Peut-être qu’il habite dans un taudis avec sa famille de cinq frères et sœurs. Que son père est au chômage et sa mère est femme de ménage.
Quel apriori avons-nous ? Comment appréhendons-nous les différents visages, les odeurs de ceux qui peinent à sortir du surendettement, de leur milieu analphabète.
Donnons-leur les moyens de se battre en étant reconnu pour ce qu’ils sont et ce qu’ils seraient capables de faire.
Si j’ai une chance énorme d’avoir un logement décent, d’avoir un boulot, d’avoir des liens sociaux, pourquoi les autres n’auraient t-il pas cette chance ?
Où est-elle l’égalité des droits ? Droit au logement digne de ce nom. Droit de tisser des liens et d’être reconnu. Droit d’avoir accès aux savoirs et de ne pas être manipulé par les médias, les publicités. Droit d’avoir accès à la nourriture de qualité et non discount avec des produits de très basse qualité.
Le travail social est primordial pour que les liens sociaux puissent s’étoffer, que les jeunes puissent grandir dans la dignité et d’avoir leur place dans la société. Comment faire comprendre aux nantis que ceux qui galèrent n’ont pas choisis d’être dans la galère et ils ont aussi leur place dans la construction de leur pays ?
Les associations contribuent énormément à remettre chacun dans sa dignité. Mais le gouvernement diminue leurs subventions auprès des associations. Comment oser dire que le gouvernement est au service de peuple alors qu’il met de coté ceux qui galèrent ?
Ne baissons pas les bras car nous ne sommes pas seuls. Ne portons pas de jugements pour ceux qui plongent dans la misère, l’alcool, la drogue. Vous ne connaissez pas leurs histoires. Imaginez ce que vous aimeriez que l’on fasse pour vous si vous ramez à remonter la pente.
N’oubliez pas de sourire malgré tout à ceux qui sont tristes, dans la sincérité pour qu’ils se sentent reconnus là où ils sont.
Faisons confiance aux professionnels du social en devenant des passeurs d’humanité, des veilleurs.
Héros?
Nous avons tous voulu, un jour, s’identifier à un super-héros.
Être Superman pour canaliser les forces de la nature, arrêter les bombes, les balles qui tuent des innocents.
Être Spiderman pour attraper les criminels, éviter à temps les accidents mortels.
Être Hulk pour se déchaîner contre ceux qui nous soumettent, contre ceux qui nous humilient.
Être Batman pour aider la justice à faire régner la paix.
Être un héros pour être reconnu par ses pouvoirs, ses exploits, sa puissance.
Est-ce que vouloir intensifier à un héros ne serait pas éviter de regarder ses propres limites : « Je ne sais faire que ça… Je ne suis que ça… »
Est-ce que vouloir comparer à un autre plus fort se serait pas entre autre se sous-estimer ?
Si j’accepte mes forces telles qu’elles sont, que je les assume et les mets en pratique, ne grandirais-je pas en humanité, en confiance ?
Si j’ose aller de l’avant en vérité avec ce que je suis entièrement, ne serait-ce pas une sorte d’héroïsme ?
Si je reviens aux super-héros, ils sont tous masqués, costumés. On ne connaît pas leurs visages, leurs identités, leurs origines. Si nous découvrions leurs faiblesses, l’image du héros en pâtirait car ils ne sont pas parfaits. Ils seraient démasqués.
Pour ma part, je ne serais jamais un super-héros mais je peux être un héros à ma façon avec ce que je suis, avec ce que je peux donner, offrir.
Je dis « Je » mais c’est aussi toi, chacun de nous avec nos handicaps, nos fragilités, nos histoires singulières. Héros vis à vis de mes pairs, héros vis à vis de mon conjoint, héros vis à vis de ms parents etc…
Dans mon image de héros, c’est la capacité de la personne à oser, à avoir le courage d’affronter ses peurs, ses craintes. C’est oser se faire confiance et faire confiance aux autres. Le nec plus ultra, c’est être un héros sans prétention, sans se la jouer .
Dans ma foi chrétienne, c’est la sainteté.
C’est oser être une flamme et briller avec simplicité dans sa maison, son être entier. Si on encombre trop sa maison, avec trop de pièces, trop de meubles, la lumière ne peut pas aller partout ni aller au delà des fenêtres.
C’est oser pouvoir se dégager du superflu pour que la flamme puisse être visible de partout.
Osez être cette flamme qui a besoin d’oxygène pour grandir, de l’espace pour illuminer. Oser partager votre flamme avec d’autres personnes en vue de devenir des feus de joie, de fraternité.
Comme toute flamme, elle a besoin d’être entretenu. Entretenez-vous par des liens, et aussi de vous retrouver pour faire le ménage dans votre maison. La flamme est toujours en vous si l’ont fait régulièrement le ménage, que l’on fait des travaux en tenant compte des murs fondateurs ( Nos origines, notre histoire).
Un héros est celui arrive à partager sa lumière, sa vie, à la transmettre avec simplicité, qui se met d’égal à égal sans soumission, sans domination.
Bien sur, il est difficile de la mettre en pratique. Mais l’on expérimente , nous y prenons goût avec bonheur. Et quand nous doutons, car nous sommes humains, nous pouvons nous souvenir de cette flamme qui nous permet d’espérer.
La flamme est toujours en vous et jaillit en fonction de la place que vous lui faites.
N’ayons pas peur de nous-mêmes et des regards des autres. Laisser tomber nos peurs est un travail de chaque jour mais qui en vaut la peine.
La foi, mon témoignage
Il y a quelques années, j’avais une foi idyllique, une foi étriquée puis une vision de certains domaines assez orientée, assez arrêté. En quoi j’ai progressé dans mes réflexions, dans mes engagements? C’est par une volonté de mieux comprendre l’autre, de se laisser bousculer par l’autre, de mettre du sens dans ce que je fais et dans ce que je dis. Cela peut aussi se voir à travers mes écritures. Des poèmes lyriques, je suis passé aux poèmes plus réalistes, plis incarnés pour ensuite basculer dans les réflexions, des histoires un peu philosophique pour faire réfléchir.
J’ai entretenu ma foi comme j’entretiens les liens sociaux par des rencontres, des lectures, des études. Cela me permet de prendre de la distance et de ne pas suivre comme un mouton les traditions, les dogmes. Je m’attache aux écritures, aux différents interprétations sérieuses de la Parole, à la personne du Christ.
J’essaie de le vivre au quotidien, ancré dans la réalité. Je vous le partage, je voudrais juste pour témoigner ce que à je crois. Mon objectif n’est pas de vous convaincre et de respecter malgré tout ceux qui sont assez éloignés de ce domaine là.
Au regard de l’actualité, j’essaie de voir au plus juste le lien avec ma foi, mes convictions qui s’ajustent, s’affinent.
Plusieurs phrases mes viennent:
– « Aie confiance. Lève-toi. Sois sans crainte ». C’est l’idée que Jésus m’accompagne même lors des moments où je doute, je galère. Il ne me juge pas. Il m’aime parce que je suis un homme avec des faiblesses, des fragilités mais aussi des qualités. » J’ai confiance en toi parce que je sais que tu te relèveras après être tombé »
» Avance en eau profonde et jette tes filets », je reçois comme idée que c’est oser s’engager dans un endroit qu’on ne connaît pas, qu’on craint. C’est oser la rencontre, c’est oser s’engager, relever un défi avec la volonté de faire confiance que ça marchera. C’est comme pour ma future formation que je veux faire, je mets tous les moyens pour entrer en formation même si je ne m’y connais rien. Qu’il me faut reprendre des études.
« Chaque jour suffit sa peine. », par cette parole, il faut vivre ce que j’ai à vivre, à ne pas trop me projeter sinon je risque de perdre des choses que je vis dans le présent. Il me faut apprendre la simplicité d’être présent à ce que je fais, à ce que je suis. Si j’attends sur le quai et que le train est en retard, je vais encore plus m’énerver si je l’attends encore plus. Je prends donc mon souffle, et je prends le temps d’observer les gens, mon environnement et de faire un petit sourire. Cela peut être l’occasion de souffler, de respirer.
C’est déjà pas mal pour l’instant même si je voudrais continuer.
J’espère vraiment que chacun puisse s’ouvrir, avancer dans ses convictions, écouter ceux qui sont dans la radicalisation. Je l’ai été parfois sur certains domaines et cela ne m’a pas fait du bien car j’étais dans la violence verbale, la revendication permanente un peu hargneux mais très minime par rapport à ce qu’on voit dans l’actualité.
Je voudrais croire vraiment que chacun puisse accepter l’autre dans ses opinions quand tout se faire dans le respect de chaque personne sans distinction discriminatoire.
Je vous souhaite de grandir dans votre humanité, dans ce que vous êtes, de vous épanouir et de cheminer avec tout prochain, tout en vous respectant.
Lettre aux élus
Bonjour à tous, et voilà, j’ai envoyé la lettre au président par l’intermédiaire du site de l’Elysée. Affaire à suivre…
Monsieur le Président, à tous les élus,
Nous vous avons choisis par le vote parce que nous vous faisions confiance. Confiance car vous avez choisi de servir les intérêts générales de la France. Vous avez promis d’une France apaisée comme dirait Mr Hollande.
Où est-elle donc cette France apaisée ? Des manifestations avec sur les cotés des groupuscules extrémistes jusqu’aux poings données entre députés à l’assemblée nationale jeudi dernier.
Que je vous ai vu vous quereller, vous insulter, je me suis senti trahi car j’ai besoin d’hommes politiques responsables, avec une volonté de servir l’homme, tout homme quelque soit son sexe, son origine, sa religion.
Mr le Président, comment pouvez-vous apaiser la France si vous n’écoutez pas les différences ? Si vous ne prenez pas le temps d’entendre ce qu’ils ont à dire.
Vous voulez faire de la jeunesse une priorité, et pourtant, le chômage augmente dans cette tranche de population comme partout ailleurs. Quand je vois des conseils généraux diminuer de moitié les budgets de la prévention spécialisé, je me dis qu’on coupe les ailes à des éducateurs, des travailleurs sociaux pour faire sortir des jeunes de la misère sociale. Ne laissez aucun jeune sur le bord de la route. Chacun mérite du respect, d’être entendu et d’être reconnu pour ce qu’il est fait et ce qu’il serait capable de faire.
Je comprends que vous avez beaucoup de choses à gérer, que vous travaillez jour et nuit. Mais quand je vois que vous ne prenez pas soin de vous, comment pouvez-vous être efficace et présent dans les taches qui nécessitent des réflexions de fond pour le bien commun de la société.
Que malgré nos différences, malgré nos divergences, que nous puissions vous entendre dire des mots qui apaisent en vérité.
Quand j’entends certains députés insulter, mépriser, quelle exemple donnez-vous aux futures générations sur la responsabilité et du travail en groupe ?
La confiance s’est perdue puisque vous êtes sollicités à transmettre vos patrimoines. Ce n’est une solution. Nous pourrons continuer à vous écouter, vous suivre si vous agissez, si vous êtes vous-même responsable, intègre.
Pourrais-je dire que l’image de l’assemblée nationale est un microcosme de la société ? Vus les tensions et la violence qui surgit, il me semble primordiale de se poser les bonnes questions.
Reprenez-vous ! Prenez les bonnes décisions pour que chacun puisse se sentir citoyen en dehors de ses appartenances.
Je ne comprends pas la devise de notre république : « Egalité, Fraternité, Liberté » : nous voyons sans cesse des gens dans la rue, des gens dans la précarité sociale. Ces personnes peuvent être des atouts énormes pour la société si on leur donne les moyens d’avoir un logement et un boulot. Surtout de la reconnaissance et de la dignité. Où t-elle l’égalité entre ses sans-abris et les gens qui habitent dans des appartements aux prix exorbitants ?
Où est-elle donc la fraternité quand la violence surgit entre des hommes, des femmes et des enfants ? Quand la haine des homophobes se transforment en actes touchant l’intégrité des personnes.
Ne faisons pas de l’argent le nerf de la guerre mais le nerf de la paix. Que l’argent ne soit pas le centre de vos préoccupations mais l’humain. Quand l’homme, la femme connaîtra sa juste valeur, pour ce qu’il est a alors il travaillera, construira pour créer des ressources. C’est vite dit mais j’y crois quand se mettant tout ensemble, nous pourrons créer de la richesse tant humaine que financière.
Remettons l’essentiel au devant de la scène avant le pouvoir de l’argent : Tout homme et femme sont libres et égaux quelque soit leur sexe, leur origine, leur religion.
Comment continuez à vous faire confiance, à croire qu’une France apaisée soit possible ?
Je crois à la dynamique des différences, pour vivre une expérience de fraternité, de respect, que l’égalité ne soit pas un lissage des différences.
Monsieur le Président, aux élus, je veux toujours y croire en notre France ouverte à tous ses citoyens et au monde.
Et pourtant
Et pourtant!
Tout fout le camp, et pourtant !
Les agressions se multiplient, ainsi que les attentats, les vols et pourtant !
Tout se meurt et des gens dépriment face au chômage qui les guettent, face à la précarité qui les menacent, et pourtant !
Crois-tu que cela va mal continuer et que d’autres gens s’en vont dans la consommation à outrance, gaspillent de la nourriture, ne respectent plus l’autorité, ainsi que le code de la route ?
Crois-tu que cela va s’empirer à cause des mauvaises langues qui prédisent la déchéance de la civilisation française ?
Et si tu prenais d’autres lunettes pour espérer malgré tout ? Si tu veux que ton entourage évolue, change, ne faudrait-il pas tout d’abord que tu transformes aussi ton cœur, ta raison ?
Et si on n’arrêtait de regarder l’autre comme un pestiféré.
Mon ami homosexuel aime son compagnon. Il n’a pas choisi son identité sexuel, il l’assume malgré les temps qui courent croyant que c’est un choix alors que c’est inscrit depuis la naissance. Comment l’accepter comme un fait ?
Je suis sourd et je ne l’ai pas choisi. Je suis blanc et je n’ai pas choisi ma couleur de peau. Je suis français et je n’ai pas choisi de naître en France.
Y est-il pour quelque chose mon voisin s’il est basané, avec un fort accent et qu’il a des parents venus d’autres contrées ? Il est pourtant né en France et on le voit comme un émigré. C’est absurde. Il a autant de droit d’être considéré comme tout le monde. Je comprends mieux parfois un gars d’origine camerounaise qu’un gars de la campagne profonde avec son accent très prononcé.
Laissons nous déplacer par les richesses. Je crois en l’esprit de solidarité que je vois visible entre les quartiers, les associations et les clubs sportives.
Nous sommes tous concernés par chacun de nous malgré nos différences car ce qui nous rassemble, c’est l’humanité avec nos émotions, nos souffrances, nos joies, nos tristesses etc…
Je voudrais y croire à un sursaut si nous mettons de notre personne au quotidien, dans nos relations avec notre entourage.
Osons nous remettre en question pour mieux comprendre l’autre et se faire comprendre.
Ne baissons jamais les bras car nous ne sommes jamais seuls. Il y a toujours quelqu’un, quelque part pour te donner la main, pour t’écouter, pour te reconnaître tel que tu es.
Lève-toi cher ami. Tu as le droit de râler et après, que nous propose-tu pour construire un monde plus juste, plus humain ?
Nous avons tous besoin de chacun, à sa place comme les éducateurs, les éboueurs, les professeurs, les secrétaires, les ouvriers, les avocats, les médecins, les facteurs, les orthophonistes, les documentalistes, les chercheurs, les comptables, les caissières etc…
Nous sommes tous complémentaires.
La compétition nous fait ignorer et pourtant, si l’on travaillerait en partenariat, nous irons beaucoup plus loin, non ?
Nos vieux
Nos vieux, si tout se passe bien, nous serons comme eux.
Nos vieux sont nos histoires singulières, particulières, uniques.
Nos vieux sont des jeunes qui ont eu des idéaux, des rêves, des passions.
Nos vieux sont nos mémoires, nos vies remplies de souffrance et de joie.
Dans un village de la brousse sénégalaise, un vieux couple enlèvent la coque des arachides pour nourrir leur entourage.
Dans nos contrées françaises, un vieux couple sont seuls dans une maison, regardant hagard un ciel pluvieux.
Au coin du feu, autour des jeunes et des adultes, une vieille dame leur raconte une histoire. Pas de murmures et de ricanements brisent l’aura de la conteuse.
Chez nous, la grand-mère est déjà dans sa chambre loin du brouhaha de sa famille, qui se chamaille, l’ont mit à l’écart parce qu’elle radote.
Au pied d’un immense manguier, sur une natte, sont assis des vieux en silence avec fierté. Des gens du village viennent les consulter pour des conseils de récolte, d’éducation de leurs enfants.
Dans les maisons de retraite, ils sont parqués dans un salon, figés comme des statues en attendant le repas.
Mes vieux, mes grands-parents, sont morts et j’aurai tant bien aimé parler avec eux, connaître encore plus leurs vies, qu’ils se réjouissent de ce que nous vivons, qu’ils nous accompagnent dans nos épreuves avec confiance et espérance.
Quel relation avons-nous avec nos vieux ? Quel lien, quel regard avons-nous envers eux ?
Mettons-nous à leur place.
Comment j’aurai aimé qu’on s’occupe de moi ? De quel manière pourrait me respecter dans ma dignité, ma liberté malgré mes dépendances ?
Comment j’aurai aimé qu’on me voit, qu’on me considère, qu’on me reconnaisse ?
Ils sont toujours des adultes, des individus qui méritent de la bienveillance, de la douceur, de la tendresse même s’ils nous renvoient des choses difficiles dus à leur age. Ne les enfermons pas dans leurs pathologies, dans leurs maladies etc…
Ils ont chacun leur place dans la société à leur manière.
Que je vous rassure, chez nous, je connais des maisons de retraite qui respecte chaque personne âgée, une volonté de l’intégrer et de lui laisser une place en toute liberté.
Donnons leur la possibilité de continuer à vivre dans une ambiance de joie, de sérénité, de créativité malgré les douleurs, les souffrances.
Nos vieux, que leurs fins de vies soient la meilleure possible.
Le mendiant
Tu es là, à mendier aux portes de la cathédrale.
Cela fait une heure que tu sollicites les gens pour prendre un café. Tu as froid. Tu es accablé par la fatigue. Tu entends des pas claquer contre les pavés. Tu te retournes. Un jeune homme. Tu essaies de le convaincre de te donner quelques pièces pour ton or noir, ton élixir réchauffant. Il ne veut pas de donner de pièces mais par contre il veut bien t’offrir un café au bar. Tu le suis docilement. T’aurais bien aimé le faire tout seul. T’as pas le choix. Hélas. Vous vous installez à une petite table. Enfin, au chaud. Tu savoures mais tu es gêné en même temps. Le jeune homme essaie de te poser quelques questions. Mais tu te sens libre de lui répondre. Juste succinctement. Oui, tu as un endroit où dormir dans un foyer pour sans-abris. Mais personne ne prend le temps de s’occuper de toi. Y a trop de monde. Le midi, tu vas à la péniche où tu pourras prendre une soupe, te reposer et lire des journaux si t’en as la force.
Le jeune homme t’offre un croissant. Cela te fait plaisir mais cela t’énerve un peu. Tu te sens assisté. Humilié?
Le barman t’apporte le dernier croissant d’hier. Des restes comme si on les donnait au chien. Piqué mais tu ne réagis pas. Tu prends ton croissant, le rompt et le trempe dans ton café. Peu importe le regard de ton voisin de table. Ce dernier te laisse manger, en silence. Il te respecte. Tu le sens bien malgré tout. Il a pris son temps. Mais il regarde sa montre. Il doit s’en aller.
Ayant terminé ton café et ton croissant, tu l’accompagnes à la sortie. Le froid te fouette. Tu lui serres la main. Tu le laisses partir et toi, tu repars sur les marches de la cathédrale pour essayer de récupérer des pièces. Des vrais pièces pour que tu puisses faire ce que tu veux. Qu’on te fasses confiance mais ce n’est pas facile. L’alcool te manque. T’aurait bien aimé en mettre d’ailleurs dans le café. Pour te réchauffer le corps. Mais ça, les donateurs, ils ne pourront pas le comprendre. Ils ont raison en partie. Tu pourrais te laisser aller dans l’ivresse et dormir n’importe où. Tu pourrais errer, hagard, dans une extrême solitude. Puis dormir au foyer. Et re-belote le lendemain pour survivre. Jusqu’à quand?
Réver
Je voudrais rêver.
Je marcherais vers un sommet.
Je gravirais un pic pour me hisser vers le ciel.
Mes bras deviendraient des ailes.
Je me lancerais dans le vide pour m’envoler.
Je survolerais les zones de conflits, de tensions
Pour semer des pains de dialogue, d’écoute.
J’illuminerais de mes yeux des cœurs aveuglés par la haine.
Je plongerais dans les océans d’amertume, de haine
Et faire fondre mes graines de reconnaissance et de compréhension.
J’aimerai rêver aux rapprochements des peuples, aux liens fraternels entre les différences.
Un peu de légèreté, de simplicité dans des climats de défiance, d’humiliation.
Je rêverai de faire refleurir des contrées saccagés par la guerre du pouvoir, de l’argent, et de faire germer la solidarité.
Laissez-moi rêver mais il me faut revenir dans la réalité.
A partir de mes désirs, de mes envies, qu’est ce que je peux faire à mon échelle pour plus d’humanité, que personne soit mise de coté ?
N’ayons pas peur de rêver pour continuer à espérer et avoir confiance.
La peur de l’autre
J’ai peur.
Peur de ces montées de violences, de colères, d’échanges de cris et d’insultes.
J’ai peur que les amalgames, les préjugés, les ignorances et surtout les raccourcis embrouillent les gens.
J’ai peur. J’ai la trouille.
Et pourtant, je ne veux pas me braquer sur ce ressenti. Alors, je m’informe. Je prends divers sources d’informations. J’essaie de mieux comprendre pourquoi il y a ce déchaînement d’agressivité, d’incitation à la vérité, à la révolte de tous bords.
Je commence à généraliser. Mauvais point.
Ras le bol des malentendus, des idées préconçues.
Où est donc la vérité ? Quels sont les vérités ?
Je ne veux pas que les gens se montent les uns contre les autres.
Je veux comprendre chacun qui se sent rejeté, pas entendu dans sa colère.
J’entends ceux qui se sentent humiliés dans leur propre identité.
J’entends ceux qui ne se sentent pas reconnus dans sa différence.
Quel homme ou femme politique se lèvera pour comprendre et écouter, écouter seulement sans juger les frustrations, les colères ?
Qui se mettra debout pour s’assurer que personne ne sera mis de coté.
Je connais des amis, des personnes de tous bords qui ont un regard juste sur la société. Je connais la misère, le rejet, la précarité de par mon métier et mon entourage. Je suis reconnu dans ce que je suis, dans ce que je vis, et grâce à cela une confiance s’installe. Mes peurs s’apaisent grâce aux liens qui se tissent, s’entretiennent car nous écoutons, nous nous comprenons dans un respect réciproque. Ma confiance grandit car je me sens reconnu, écouté, entendu et que je pose des actes, des paroles, qui confirment ce que je veux vivre.
De par cette expérience de fraternité, d’apaisement de mes peurs et colères, je ne peux que croire et espérer que l’ambiance de peur s’estompe un jour. Malgré certains médias et des groupuscules intégristes qui alimentent la violence psychologique, j’ai confiance sur une issue heureuse. Laquelle, je ne sais pas. Je garde espoir et je choisis l’espérance en chacun malgré ses zones d’ombre.
Je suis sûr que nous pouvons nous entendre sur certains points. Il faut nous retrouver tout d’abord dans le dialogue jusqu’au bout. Je crois en tout homme et je voudrais espérer que nous rabaissions plus l’autre à cause de ses différences. Nous avons tous des limites ; Sachons les reconnaître, les accepter pour voir en l’autre une force.
Laissez-moi ce rêve de voir un jour, des hommes politiques ou pas travailler pour l’humain sans être dans l’emprise de l’argent et du pouvoir.
Rêver de la paix, du dialogue n’est pas utopique car elle peut se réaliser. Les rêves sont appelés à devenir des réalités si nous y croyons et qui sert la liberté, la dignité, le respect de chaque être humain. Laissez moi rêver qu’un jour les différences de par la religion, le sexe, les origines, les handicaps puissent devenir une force d’unité et de vivre ensemble.
Osons partager nos appels à rêver d’une humanité grandissante au sein de notre pays, à revenir à l’essentiel de ce qui fait nos vies et de ce pourquoi on vit.
Reprenons confiance avec amour et raison, en toute conscience et soucieux du bien-être de l’autre.
Osons être simple et à l’écoute pour grandir avec nos fragilités et nos forces.
Osons rêver que nous acceptions l’autre sans entrer dans la dérision, dans la provocation. Choisissons de construire des ponts, des liens pour que nous arrivions enfin à nous comprendre.
Je voulais vous partager ma confiance en chacun de vous et je peux vous avouer que cela m’a pris du temps et que c’est bien normal avec mes peurs sur ce que je connaissais pas.
N’ayez pas peur. Prenez confiance. J’y ai goûté. C’est tellement bon. Venez, vivez et vous ne serez pas déçu.
De l’éducation
Je peux imaginer la détresse des parents
Par mes expériences d’éducateur, d’amis face aux enfants qui débordent du cadre, qui poussent les limites.
L’enfant est notre miroir. Il reflète notre impuissance et on projette sur lui nos frustrations, nos vécus d’enfance à une certaine époque.
…. J’en plus plus de mon gamin. Je ne sais plus quoi faire. Je suis fatigué. Je suis à bout. J’ai envie de le frapper. De le balancer par la fenêtre. Je me sens indigne d’être une mère. Je ne sais pas…. Je lui fais des choses que je ne voudrais pas…
… Je ne comprends plus mon enfant. C’est un diable. Il fait des bêtises sans cesse. Et son père qui l’excite sans arrêt et qui l’engueule par la suite….
C’est dur, je sais, de tenir avec ses exigences qui nous semblent justes pour permettre à l’enfant de grandir avec des repères. De se mettre à son niveau et de ne pas le mettre à notre niveau de pensée d’adulte.
L’éducation est de plus en plus dur face à une société qui explose les repères, qui les multiplie. Y a tellement de choix, tellement d’idéologies, tellement de technologie.
Comment tenir ses convictions face aux attaques incessantes des médias, des publicités, des regards de la société qui qui imposer une autre style de pensée.
Élever des enfants, c’est tout un art, un travail même qui peut procurer du plaisir et des galères au long cours.
Une vie qui en vaut la peine si les parents ne sont pas seuls, s’ils sont soutenus, écoutés dans leurs joies et leurs souffrances.
C’est humain de de ne pas être des parents parfaits. C’est humain de ne pas pouvoir être au taquet chaque jour. Le couple doit d’abord se solidifier, communiquer pour ensuite solidifier leur famille.
Courage Parents démunis, mères débordées, vous n’êtes pas seuls.