Hier, en pleine ballade dans la neige en forêt, j’ai glissé et mon genou droit a plié. Cris. Sur le coup, c’était une douleur intolérable ensuite j’ai bougé ma jambe délicatement puis je m’étais relevé prudemment. La douleur était vive et sourde. Je boitais avec des respirations profondes. J’ai du rebrousser chemin pour éviter un sentier glissant et pentu. La marche fut rapide pour chauffer le genou car je savais que si je m’arrêtais, j’aurais encore plus mal. La nuit tombait. Appréhension dans la foret mais je n’étais pas loin de la civilisation, heureusement.
Tout s’est bien terminé malgré mon genou qui me fait encore mal. Si j’avais paniqué, la douleur aurait pu s’intensifier.
Quand la douleur se diffuse dans le corps, les pensées sont figées par cette douleur. C’est souvent lors d’un terrible effort que l’on peut s’avancer, se lever, agir pour oublier cette douleur.
La douleur est très subjective selon les personnes car elle est vécu selon leurs histoires, leur façon de gérer leurs douleurs. Face à cela, il est primordiale d’être en lien avec des amis, de pouvoir en parler, de respirer et de pleurer parfois pour lâcher les crispations, les colères.
Ne nous crispons pas sur nos douleurs, prenons les moyens pour les apaiser.
Je pense très fort à ces personnes qui vivent quotidiennement dans la douleur et suis unis avec eux par la pensée. N’ayez pas peur de pleurer, de vous lâcher et de vous laisser entourer par des personnes de confiance. Ce n’est qu’un passage même si cela peut paraitre très long.
A la recherche de la simplicité
Cher(e) ami(e)
Mon ami(e),
Venons échanger nos rires et nos peines.
Soutenons-nous dans tout ce que nous traversons, dans tout ce que nous entreprenons.
N’ayons pas peur de se dire au risque de froisser l’autre et que l’on sait se pardonner car on se reconnait entièrement. Nous sommes des hommes, des femmes façonnés avec des failles, des écorchures mais aussi des lumières. Nous serons jamais parfaits et je voudrais tant de jamais me projeter sur toi sur ce que tu penserais de moi. Nous éviterons bien des malentendus, des incompréhensions.
Nous osons nous chambrer, nous secouer avec gentillesse en vérité pour que chacun puisse avancer, s’épanouir.
Mon ami(e), choisissons toujours la vie même si elle nous donne des coups de massue certains jours plus ou moins longs.
Tu sais que ma porte sera toujours grande ouverte même si je suis fatigué, et réciproquement.
Si parfois, mon silence dure, c’est que je suis emporté par le quotidien mais je ne t’oublie pas. N’hésite pas à me laisser un petit message même court et je ferai de même.
Il y a toujours un ami sur qui nous pouvons nous appuyer pour peu qu’on ait pris soin d’entretenir les liens, prendre soin des personnes qui nous entourent. Comme en prenant des temps de détente, de rire ou des temps de partage de questionnement, de partages de rires ou de pleurs lors d’un coup de téléphone.
Un ami, c’est toujours précieux et il faut en prendre soin.
L’humour du sourd
L’humour du sourd, faut l’appréhender, c’est assez spécial quand on ne les fréquente pas assez souvent. Cela peut déranger, être déconcertant ou même très facile et la personne sourde peut être vu comme un simplet. Nous utilisons souvent des jeux de mots tel que des homophones:
Vos et veau, Ver et vert, Bât et bas etc…
Vous m’avez très bien entendu. Hein?
Plusieurs expressions ressortent souvent:
» ça va, je ne suis pas sourd »
» Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd »
Y en a d’autres car hors contexte et hors situation, je ne trouve pas. C’est souvent spontané avec un sens de la dérision. Mais pas trop quand même car sinon, c’est dévalorisant et c’est couillon.
L’humour est pour moi salvatrice. C’est pour moi un moyen de décoincer l’ambiance, de mettre à l’aise, de mettre en confiance. C’est toujours pour un bien sinon cela devient de la moquerie ou de l’ironie.
Il est vrai, il y a tout types de humour qui ne sont pas apprécié par tout le monde.
On peut apprécier un certain humour quand nous même nous sommes à l’aise sur un sujet abordé avec le rire, le sourire.
Je vous souhaite à tous d’avoir de l’humour qui ouvre encore plus à l’amour.
Un cri de vie
Il y a des choses qu’on n’ose pas dire
Mais il faut le dire car ça peut devenir mortifère.
C’est très difficile de garder pour soi l’innommable et de porter tout seul. Il ne faut jamais rester seul et parler, dire des mots, oser dire, verbaliser ce qui nous pèse.
Oui, j’ai un ami qui s’est suicidé. Cette personne s’est donné la mort. La sidération, la colère, l’incompréhension peut nous traverser.
Le suicide est un acte qui va à l’encontre de ce qu’on essaye de vivre: Vivre. A devenir trop pudeur sur les mots et nos questionnements, on contamine notre entourage notre pesanteur si on ne dit rien.
Peu importe qui tu es, ami ou inconnu, si tu es dans la galère, tu ne peux pas te taire. La vie est faite de liens. La parole libère, l’autre est une bouée de sauvetage. Ne reste jamais seul. Personne ne peut s’en sortir seul quand cette personne est dans la souffrance, dans la désespérance.
Cher ami ou inconnu, il y a toujours une solution quelque part sur terre qui peut te ramener à la vie. Les liens d’amitiés, de fraternités existent et il est important de s’appuyer dessus. Pour s’appuyer sur des valeurs communes, des convictions profondes pour avancer sur un chemin de vie certes chaotique par moments mais avec des moments de pure bonheur.
En étant chrétien croyant, je crois en cette force qu’est l’espérance en la vie éternelle et qu’elle commence sur terre. C’est à moi, avec mon entourage,ma femme, mes amis, les enfants pour ceux qui en ont, que je dois construire ma vie avec ce que je suis dans le Christ. C’est un énorme mystère il est vrai mais fou.
Malentendues
Le vécu de mon handicap
Dans la suite logique de mes réflexions, je vais aborder mon vécu du handicap.
Et bien, très bien quand les conditions sont optimales. Comme certains le savent, je suis en mode mono, c’est à dire que je n’entends que d’un seul oreille avec un appareil ultra perfectionné. Mon autre oreille est HS. Il m’arrive d’oublier que je suis sourd dans des lieux calmes, où les sons sont doux, agréables et que les voix des personnes se s’entrechoquent pas.
Le son entre dans mon oreille gauche vide et il est bloqué de l’autre coté par mon oreille appareillé, c’est peut-être pour ça que je vous entends mieux, quand la salle ne résonne pas, quand il n’y pas de bruits parasites et surtout si la fréquence de votre voix est agréable.
Pour certains qui me connaissent, j’utilise souvent l’humour lié à ma surdité et je joue aussi sur les homophones, jeux de mots souvent utilisés chez les personnes sourdes.
Il m’arrive de me trouver dans des situations où je prends de plein fouet mon handicap quand je suis interpellé dans la rue. Je mets du temps à saisir les premiers morts car mes neurones n’ont pas encore été connecté. Souvent, on me prends pour un demeuré et c’est très désagréable car je ne comprends pas du premier coup. Comment comprendre quand on entend une partie d’une phrase: » Pardon…m… Où…. Part-Dieu ». Là, c’est facile parce que j’ai entendu les mots clés mais as t-il demandé comment aller avec un type de transport spécifique?
Bref, La question de mon vécu du handicap se pose aussi en groupe. Là, c’est une autre paire de manches quand il y a plusieurs conversations ensemble, et surtout quand des blagues fusent et que tout le monde rie sauf moi. Pour ne pas me différencier, je ris avec eux même si je n’ai rien compris.
Le plus terrible, c’est quand j’essaye d’engager une conversation mais qu’entre-temps, je n’ai pas entendu une petite voix qui amorçait un autre sujet. Je tombe à coté de la plaque. Imaginez le malaise comme une crêpe qui reste collé au plafond et retombe mollement sur le carrelage.
Depuis des années, j’ai du mené un combat entre le monde sourd et le monde des entendants. Car des sourds signants considéraient que j’étais pas sourd puisque je parlais et chez les entendants, j’étais considéré comme une personne un peu simplet car je ne saisissais pas tout de suite.
Essayez de comprendre la radio FM quand la fréquence passe mal et grésille!
Je pourrai continuer à vous en parler pendant des heures car je considère que j’ai une chance inouie de m’être intégré même si c’est parfois douloureux.
Merci aux orthophonistes durant mon enfance. Merci à des adultes qui ont cru en moi. Puis j’avais en moi aussi une force de vie et je l’ai toujours une immense envie de rayonner et témoigner que vivre est possible malgré ma surdité.
Ce que je déteste pardessus tout, c’est de cautionner mes erreurs, mes incompréhensions parce que je suis sourd: » Le pauvre, ne lui disons rien, c’est déjà dur pour lui ». Bein non, c’est pas comme ça que ça marche. On ne me reconnait pas en tant que personne et toute personne handicapé ou pas doit être mis à sa juste place et ne pas être dans le panier de la pitié et de la compassion à outrance.
Si je parle fort sans m’en rendre compte, merci de me dire de parler moins fort.
Si je m’emmêle dans les explications, n’hésitez pas à dire: » Vivien, je n’ai pas compris ». Sinon, je sens tout de suite que vous me prenez pour un demeuré.
Ouh là, j’ai pas mal écris!
Je continuerai demain pour vous laisser reposer les yeux ou les oreilles!
L’attente
Attente.
Soupir battante.
Attente.
Temps dilettante.
Seconde
suspendu
Sans le monde
Qui continue
A tournoyer.
Les idées sont noyées.
Les pensées
Semblent figés.
Minute insoutenable.
Respiration interminable.
Comme le tonnerre,
Jaillit ce qu’on espère.
Enfin.
C’est la fin.
Inspiration.
Explosion
De rires.
Jubilation
qui fait saisir
Les sensations
De joie, de fierté.
L’esprit repart
Pour une éternité
Vers une autre gare
Pleines d’espérance.
La tête lourde
Comme une enclume
lissant les écumes,
Il traine ses bourdes
comme un poids
De culpabilité.
Servilité
Des ses lois
Manichéennes.
Statufié jusqu’à l’aine
De ses remords,
Il ronge ses rêves.
Il les enfouie par peur
D’être humilié et qu’il crève
De honte pleins de torpeurs.
Un soir d’hiver sous la neige,
Un souffle le cueille, l’allège
Dans la blancheur de la nuit.
Son coeur est éconduit
Par une voix qui pénêtre l’âme:
» Si ton coeur te condamne,
Dieu est plus grand ton coeur ».
Des larmes du ciel, en choeur,
Le réconforte dans le pardon.
L’homme s’apaise, confiant en ses dons
Retrouvés dans ses souvenirs.
Un personne l’accueille à bras ouverts
Sans chercher d’interêt, sans travers.
« Lève-toi. Aie confiance. Il t’appelle ».
La douceur de vivre
Savez-vous que la douceur de soi est un art de vivre?
Vivre apaisé est un travail quotidien pour mieux appréhender
L’avenir et ne pas être sans arrêt tendu.
Je vous souhaite de vivre des moments de délicatesse
Envers vous-même.
Savoir trouver un juste équilibre entre l’énergie à dépenser
Et le respect de votre corps et votre coeur.
Heureux celui qui sait rendre les choses simples bien que ça puisse paraitre compliqué. Il sera bien allégé des tracas.
Je vous souhaite de chercher en vous ce que vous cherchez à l’extérieur. Il y aura beaucoup moins de déceptions, de désillusions.
Heureux chacun d’entre vous qui sourit tout simplement. La paix de l’âme lui rendra visite.
Heureux celui qui ouvre son coeur tout en se respectant, il gagnera en endurance et en sagesse.
Heureux celui qui sait voir l’horizon malgré la brume, il pourra avancer sans crainte, avec confiance.