Le plaisir au delà des douleurs

Souffler, prendre du plaisir malgré les douleurs.
Respirer, sourire malgré la souffrance.
Hier soir, j’ai eu une grande joie d’être allé à mon atelier théâtre. 
Avec l’humour de mes partenaires, je me suis détendu comme mes tensions musculaires se sont estompés.
Puis dans les improvisations, j’ai pu jouer, vivre l’instant en surpassant mon handicap. Un pur régal. 
Quand je me surprends à m’émerveiller du beau temps, de la douceur en lisant un bouquin au soleil, je savoure.
Quelle plénitude de se laisser cueillir par la joie d’aller au délà de son mal-être. 
Ma minerve est une armure et mes béquilles sont des armes contre les imbéciles qui tenteraient de piquer ma place dans le bus. Mon boitement est un déguisement pour courser plus rapidement les tortues qui s’échappent du zoo. Ouh là, je m’égare. 
Bref, s’adonner à une activité où l’on s’épanouit permet d’apaiser les douleurs, de les diminuer pendant un temps. Cela fait partie de prendre soin. 
Quand j’atteins ce bien-être, quel régal. Je peux être disponible attentif à l’autre. Rire, écouter, humouriser.
Venez, bande d’éclopés et échangeons nos passions, nos rêves, nous souhaits, nos envies.

De l’agressivité

Y a de l’agressivité dans l’air.
Au moindre contact, une dame d’origine africaine s’enflamme et traite de « Vieux Con » un maghrébin âgé.
Des regards s’évitent, des visages se crispent. 
Du stress se communique. Une tension est palpable chez les voyageurs.
Ambiance morose dans le tram comme dans le métro.
Malgré le beau temps, les visages sont tirés vers le bas.
Une certaine méfiance se diffuse.
Vite, une perfusion de sourire. Un peu de couleurs et de musique pour éviter l’explosion.
Vite, De l’oxygène aux odeurs agréables, de l’air pur car en ces jours, une chape de pollution envahit la ville.
Vite, respirons, gonflons nos poitrines malgré les douleurs, les tracas.
Vite, des mots agréables comme « merci », » bonne journée »!
Ne laissons pas trop les ombres envahir notre quotidien. 
Laissons-nous émerveiller un petit instant par le beau!
Mémé une seconde de plaisir peut nous faire avancer, nous encourager.

Le monde des odeurs

Le monde des odeurs m’est inconnu.
C’est un pan de l’environnement qui m’échappe. 
Comment savoir si ça brûle dans la cuisine? 
Comment savoir si les vêtements sentent mauvais?
Comment déceler la présence de gaz?
Je peux capter certaines informations par le visuel, par expérience. Dans mon enfance, j’ai réagi par mimétisme quand une personne se bouchait le nez quand on voyait une crotte de chien tout chaud. Ou bien quand ma mère me montrait une fleur, me disant avec un grand sourire: « Sens cette odeur agréable ». Je ne pouvais que faire exprès d’humer et dire « mmmmh ». 
 » Comme ça sent bon dans la cuisine! » Combien de fois ais-je dis cette phrase pour faire plaisir au cuisinier. Il y avait quand même une forte probabilité que ça sente bon. 
Je pouvais deviner les odeurs par les couleurs, par la présence de fumée, par la texture des objets. 
Je me souviens, en lycée, lors d’une étude, j’entendis un ploc et tous mes voisins faisaient  » baaaah ». J’aperçus près de mon sac une tache jaunâtre et compris que c’était une boule puante. Je pris un air de dégoût pour ne pas me faire passer pour un plouc. 
Il parait que le gout se joue avec 80% d’odorat. Je confirme car je ne peux pas savourer certains mets. Avec mes papilles, je ne peux que saisir la subtilité entre l’amer, l’acide, la salé et le sucré. C’est pour cela que l’esthétique d’un plat est très important pour moi. 
En fait, l’esthétique est pour moi très important, entre autres, car cela démontre que c’est propre, que ça sent bon etc…
Je n’ai jamais connu l’odorat et je n’ai compris que je n’en ai jamais eu à l’âge de 14 ans. Comme quoi, il n’est jamais trop tard pour apprendre une partie de soi.

Immobilisé

Immobilisé
J’ai été contenu pendant quatre heures le temps de vérifier si tout allait bien après une sortie de piste en luge sportive.
Le regard vers le ciel, je ne pouvais pas voir ce que faisaient les secouristes. cela était très frustrant.
Minerve et tapis flottant qui s’est durcit pour m’envelopper sans que je puisses bouger.
La tête vers le bas, on me descendait en luge pour qu’un ambulance puisse me récupérer. Expérience surprenant.
Immobilisé.
Je me rendais à quel point j’avais plus besoin de repères, d’informations comme pour ceux qui sont alités, assistés. 
C’est un temps d’épreuve et d’acceptation de se laisser manipulé, de se laisser accompagné. 
Immobilisé pour un petit temps.
J’ai pu mesurer l’importance de mieux prendre soin de ceux qui sont à longueurs de journée réduits dans leurs mouvements. 
J’ai eu de grands pensées pour Alexandre et d’autres personnes accidentés ou touchés par la maladie. 
Le temps ne m’a pas paru long car je me suis senti en sécurité par le personnel de soins, et ça c’est une chance que je souhaite pour tout le monde.
Maintenant, je peux bouger plus librement en savourant le plaisir de faire des gestes du quotidien, de pouvoir regarder autour de soi.
J’ai aussi retenu et qui était vraiment agréable, c’était ma liberté de penser, d’imaginer, de rationaliser sur ma situation sans pouvoir librement bouger.
Donnons à penser, à faire rêver aux personnes qui sont plus ou moins immobiles, quand leurs douleurs physiques ne les anesthésient pas trop.

Se donner?

Comment se donner si l’on s’épuise à donner sans rien recevoir en retour?
Comment se donner quand on a rien dans le coeur ni dans l’âme?
Comment se donner gratuitement sans rien attendre alors que dans tout don, il y a tout un système d’échange de n’importe quel nature?
Peut-on donner gratuitement?
Pour ma part, je dirai que le don est une question de relation et de sensibilisation face à une personne, à une situation.
Le don est une question de liberté extérieur et/ou intérieur. 
Le don est un choix, une ligne de vie qui permet une harmonie dans ses valeurs.
Il y a tout un équilibre à trouver dans le don comme se donner soi-même.
Se donner soi-même mais pas en s’oubliant. 
Il y a tout un système de vases communicants, des fenêtres ouvertes par endroits, des miroirs qui reflètent des lumières, des couleurs.
Pour reprendre l’idée notre être est une maison, se donner, c’est partir de chez soi en prenant le soin que sa maison est rangé, fermé au cas où il y aurait des tempêtes. C’est s’arranger de pouvoir revenir chez soi quand la mission est fini. 
Dans tout don, il y a forcément une nécessité de de recentrer, de se préserver pour mieux se donner, pour mieux accueillir l’autre. 
Il y aurait encore pleines de choses à dire sur le don.

Choisir

‘ai choisi de me lancer dans un projet.
J’ai choisi de risquer et de faire un saut dans l’inconnu pour faire des expériences enrichissantes, sportives et humaines.
J’ai choisi parce que d’autres l’ont fait avant moi et certains m’ont encouragé, inspiré, motivé.
J’ai choisi mais je n’étais pas seul face à une décision importante.
Le discernement d’un choix prend du temps, se mûrit. 
Choisir, c’est poser un acte pour affirmer son identité et marquer ses repères. 
J’ai choisi pour aller de l’avant, pour me battre pour des jours épanouissantes à vivre avec de l’entrainement, des débriefing, des échanges amicaux et fraternelles.
J’ai pris une décision pour marquer le pas, pour faire le premier pas qui en appelle pleins d’autres.
Mais face aux choix, il ne faut jamais rester seul. Il l’alimenter par la parole, par des actes. 
Les plus petits choix sont tout aussi importants que les autres choix. 
Maintenant, je m’y lance et rien ne m’arrêtera.
Tout dans le réalisme et la tempérance, la motivation et l’énergie.

Elle s’appelle…

Elle s’appelle Soreyna.
Petite adolescente manouche qui mendiait sur un parking d’un supermarché.
Elle a un visage balafré avec un sourire qui peut désarmer les coeurs endurcis.
Si on prend le temps, avec sa petite voix, elle peut vous confier sa petite vie de nomade.
Elle est dans la ville depuis un an et demi et vit avec sa famille dans un campement.
Si vous connaissez le lieu de son campement, elle sera ravie. Elle se sentira reconnue. 
Si un jour, vous la croisez, n’hésitez pas à lui laisser un sourire ou bien à lui adresser quelques mots. 

Elle s’appelle Feyza.
Jeune femme voilé aux yeux bleus qui prenait le bus tous les jours.
Elle ne se laisse pas faire par les machos qui font frotti-frotta. Ils en eu pour leurs comptes.
Elle ne rêve qu’une chose: Que les femmes soient considérés comme des sujets à part entières et non des objets. 
Les hommes! Si vous la croisez, méfiez-vous de vos instincts primaires. 
Elle vaut la peine d’être rencontré, respecté tout simplement. 
Elle a besoin comme pour toutes les femmes de se sentir en sécurité.

Prenons-soin d’elle.
Prenons soin de vous.
Prenons soin de nous. 

Texte écrit suite à une rencontre et au visionnage du film égyptien: Femmes du bus 678

Le temps du silence intérieur

Je prends le temps dans un lieu tranquille pour faire silence.
Un silence intérieur pour faire le ménage de mes pensées parasites, qui me prennent le temps.
J’aime avoir un vrai silence avec mon appareil auditif où je pourrai saisir quelques petits bruits du vent, des gazouillements d’oiseaux.
Je sais que je ne perds pas mon temps car je serai plus efficace par la suite dans mes taches. 
C’est prouvé scientifiquement que la méditation est bénéfique pour la santé. En diminuant le stress, le cerveau est moins sollicité et moins fatigué. 
Je sais qu’il n’est pas souvent facile de faire une méditation mais cela vaut le coup de se laisser guider par une musique douce, une ambiance ressourçante avec une bougie allumée, des parfums d’huiles essentiels. 
Le silence intérieur me permet de faire le ménage intérieur et de saisir l’essentiel. 
Qu’est-ce qui est pour moi le plus important? 
Est-ce que l’objet de mes désirs va me satisfaire de manière paisible ou compulsif. Un bonheur éphémère ou un bonheur qui peut laisser une trace constructive.
Il n’est pas simple de faire silence en soi-même mais on peut se faire aider par des amis qui s’y connaissent en yoga ou d’autres techniques de bien-être. 
La recherche du bien-être n’est pas un luxe car elle est valable pour tout personne allant de devoir remplir son ventre affamé, se loger jusqu’à un cadre qui doit trouver un espace pour se détendre pour mieux être disponible aux autres. 
Je souhaite vraiment à chacun de pouvoir se ressourcer avec les moyens qu’il a dans la prière, ou bien la détente, la médiation, la marche dans la nature etc.

Le blues du chomeur

Sans boulot, lors d’une journée grise quand il n’a pas de rendez-vous, la solitude le pèse comme les angoisses qui le paralysent.
C’est une journée sans où il tourne en rond. Il n’arrive à rien faire car aucune motivation.
Les émotions lui prennent trop de place et doit respirer fortement pour récupérer de l’air.
Est-ce les gens peuvent le comprendre, l’entendre s’ils n’ont jamais vécu cette situation?
Tous ses amis bossent sauf lui. 
Il fait froid dehors et veut rester au chaud.
Mais la chaleur humaine lui manque mais à petites doses, car se retrouver dans une grande foule, il aurait une crise de panique. 
Il a honte des ses larmes. Il a honte de ses troubles qui l’empêchent d’être bien. 
Il voudrait bien téléphoner à quelqu’un mais qui? 
Il voudrait bien lire mais quoi?
Il voudrait regarder un film mais lequel?
Il voudrait bien dormir mais comment?
Il voudrait bien manger mais pourquoi?
Sans boulot, lors d’une journée grise et froide, sans lumière dans l’appartement, il erre telle une mouche ayant perdu ses ailes.
C’est une journée sans.
Le lendemain est un jour et pourtant, il s’inquiète.
C’est ainsi qu’un jour, on lui téléphone.
Il commence à vivre.
Il a un nouveau travail. Temporaire certes mais un travail où il peut se sentir utile.

Le chanteur en choeur

Avec une respiration profonde et pieds calés au sol, il entonne un chant qui vibre dans ses fosses nasales. 
Il forme un O avec sa bouche, le son sort pour embraser les oreilles qui l’écoute.
Son torse devient une caisse de résonance qui fait trésaillir le plancher. 
Sa voix le fait frissonner de plaisir.
Le chant lui fait recentrer sur lui-même.
C’est pour lui une bouteille d’oxygène.
La mélodie jaillit de son sourire dans le ventre. Un rythme le berce comme il berce le public.
Un orchestre l’accompagne mais sa voix est un instrument unique, magique.
Concentré, il suit le tempo sans bémol.
Au moment opportun, il gonfle son ventre pour mettre sa voix haut perché, en prenant soin de sa gorge. 
Silence.
Il éteint la radio et regarde les portraits de ses ancêtres.
On dirait qu’il sont ravis et veulent applaudir. 
L’homme s’est apaisé grâce à son solo.
La chant l’a aidé à se poser, à prendre conscience de son corps.
Un vrai plaisir quand tout est dans la justesse.
Chanter peut aider à exprimer sur ce qu’on arriverait pas à dire.
Chanter, c’est se dépasser.