Des mots, encore de mots!
Colère contre les rumeurs, les préjugés envers les roms.
Colère pour les immigrés sans abris car des gens préféreraient aider des sans abris français.
La solidarité n’a pas de frontières. La solidarité doit avoir un vrai visage de fraternité, de confiance.
Pourquoi des gens sont-ils obnubilés par leur confort ?
Je suis derrière mon écran et je fulmine. Je voudrais sortir bouger le monde mais seul, je ne peux rien faire. S’unir avec d’autres personnes, agir dans une association.
Y a t-il des sensibilisations sur les conditions de vie des roms, des sans-abris, des sans-papiers ? Comment créer un choc de solidarité ?
Sidération devant les frénésies de certaines personnes à consommer, à s’endetter, à avoir les meilleurs produits pour pas chers.
Je voudrais faire ce rêve que chacun prenne conscience de sa vie, de sa préciosité, ne pas voir l’autre en ennemi.
À mon niveau, aujourd’hui, j’irai lire un texte pour des personnes atteint de démence. Vous pourriez me dire : « D’autres ont des besoins plus urgents, non ? ».
Comment faire comprendre aux gens l’intérêt de faire attention à l’autre ?
Imaginons que je m’isole sur mon ordinateur, que je fasse des jeux sans arrêts, que j’aille acheter des trucs électroniques de dernier cris. Puis je sors faire la fête, alcool à gogo. Puis un jour, tout tombe en panne, j’ai plus d’argent, plus de quoi payer de la nourriture.Un peu d’aide ne serait-il pas apprécié si je suis vraiment dans la merde. J’aurai aimé qu’on me soutienne.
Comment faire comprendre que l’argent ne fait pas que le bonheur. L’argent est utile pour subvenir nos besoins et se faire plaisir par moments. L’argent ne doit pas être un but qui risque d’abaisser tout lien social.
Comment faire comprendre qu’il existe différents regards sur notre monde ? Différentes cultures ?
Beaucoup de questions, il est vrai. Maintenant, mettons en pratique ce qui fait vraiment sens, en réajustant nos valeurs le plus juste possible.
Pleins de choses à dire pour n’oublier personne.
Pour ne pas oublier les populations meurtries par les guerres comme en Syrie, en Centrafrique délaissé, en Somalie, au Mali et malheureusement pleins d’autres pays où des gens tuent par ignorance, par extrémisme, par le rejet de l’humanité.
Recentrons-nous ce que nous pouvons faire à notre mesure, avec les moyens que nous pouvons avoir. Oser saisir des opportunités de réagir quand on peut.
Ne soyez jamais résignés. Malgré la violence, la haine, il y aura toujours des foyers d’espérance, des lieux de fraternité, des lieux où des gens se battent pour la dignité de chaque être humain.
Osmane, Episode 2.
La nuit est tombée. Osmane est assis en équilibre sur une rambarde d’un square. Ses potes, un peu plus âgés boivent de la bière. Il en prend aussi. Il en est à son troisième. Sa tête tourne un tout petit peu. Il n’est pas encore habitué. Il essaie de se marrer aux blagues de ses pairs. Il tient une canette dans sa main droite. Il vient de la finir. Puis il pense à son père. Il essaiera de rentrer le plus tard possible, quand son vieux dormira. Sa mère l’attendra malgré tout avec résignation. Avec rage, il envoie la canette loin contre le lampadaire. Ses potes le chambrent, le bousculent. Khaled lui donne un joint pour se calmer. Osmane l’aspire. Il se sent s’envoler. Un pur plaisir. Soudain, un gars arrive en trombe sur son scooter, sans casque. Le motard jubile et invite Osmane à monter dessus. Les autres l’encourage. Autant se faire plaisir, n’est pas Osmane ? Osmane grimpe derrière le motard et reparte dans un bruit infernal qui résonne dans le square entouré d’immeubles. Vibrations de plus en plus vive au fil de la vitesse. Rodéo sur le trottoir, sortie de garage, parking où ils slaloment. Ils reviennent au square puis repartent de plus belle, hilares. Osmane se sent puissant, maître de la nuit où tout le monde s’endort.
Tout d’un coup, dans un carrefour, ils évitent de justesse une voiture de policiers. Prise de panique inconsciente et envie d’en découdre avec la loi. Ils s’enfuient et essaient de s’échapper. Sirènes. Course-poursuite. Osmane se cramponne au conducteur. Il a une énorme trouille. Il ne veut pas se faire prendre. Cela serait un déshonneur auprès de ses potes et de sa famille. Les jeunes prennent les petits rues et descendent des escaliers. Le scooter manque de basculer en arrivant en bas, au bord d’un canal. Fuite infernal. Ils ne savent plus où aller. Ils arrivent près d’une passerelle. Impossible de passer en scooter. Ils la laissent et franchissent le canal. Ils entendent encore des sirènes. Ils arrivent dans une zone industrielle clôturée. Ils montent le grillage. Osmane sent son corps lâcher. Il tombe. Son pote a réussi à franchir. Un policier plaque Osmane à terre. Visage dans la boue sèche et rugueuse. Douleurs infernales de son dos où il sent les genoux du flic. Il a impression que sa tête va exploser. Il n’a pas de forces. Toute l’adrénaline expulsée lors de sa petite cavale l’a épuisé.
Osmane entend des grognements de chien et des cris. On l’emmène dans une voiture brusquement. En garde à vie. Fraîcheur de la cellule. Humidité. Pleurs, tremblements de colère. Il sait plus où il en est. Pourquoi s’est-il embarqué dans cette spirale infernale ? Tout lui pèse. Ses échecs, ses conneries. Il a la haine de ce qu’il est. Mais ça, surtout ne pas le dire. Cela serait une preuve de faiblesse. Son père le tuerait. Il doit être fier, fort. Un commissaire passe le voir et lui passe un savon, lui fait la morale. Osmane apprends que son pote a été tué par un chien de garde qui gardait l’usine. Il accuse les policiers de l’avoir tué car ils ont été poursuivis. Il entend une réflexion d’un flic, derrière : « Tu vas retourner dans ton bled ». Mais quel c… ? Quel bled ? Le pays de ses parents n’est plus son pays. Il est né ici, en France. Mais il ne sent pas français. On le traite comme un étranger. Osmane, c’est pas un nom français. Et alors ?
Que va donc t-il devenir ? Il se sent foutu. Il sera toujours dans la galère. Son ventre le torture. Il veut hurler mais non, il se crispe. Il regarde en biais le commissaire. Un défi ? Un affront pour le commissaire ? Manque de respect ?
On lui apporte un verre d’eau et du pain. Il les avale rapidement et se recroqueville sur la banquette, contre le mur gris, défraîchi.
Quel sera l’avenir d’Osmane ?
Osmane épisode 1
Osmane se réveille brusquement aux cris de pleurs des petites sœurs. Sa mère lui crie de se dépêcher d’aller à son école spécialisée. Son père a commencé à boire sur son canapé. Osmane prends son sac au pied d’une table remplie de vaisselles sales. Il prend une bouteille de coca et du pain et sort dans l’escalier à moitié allumé. Le temps est gris aujourd’hui. Sa tête est pleine et il a envie de pleurer. Mais il ne peut pas. Je suis un homme, se dit-il. Il descend les marches rapidement avec son walkman, la musique à fond pour ignorer les murs défraîchis, les mauvaises odeurs.
Il prend le métro. Il sent qu’on le regarde de travers. Cela le fout en rogne mais se retient. Il met sa capuche pour éviter les regards. Il a honte mais ça il ne le dira jamais. Selon ses potes, il faut être fier, sur de lui. Alors, il s’assoit les jambes et écarte les jambes pour se mettre à l’aise. Cela lui fait du bien de prendre ses aises, tellement il n’a pas vraiment d’espace pour dormir chez lui.
Enfin arrivé devant l’établissement, il salue ses potes. Tape les mains et contre le cœur. On n’est du même bord. On vit la même galère. Julian lui donne une cigarette. Il jubile de transgresser la loi. Il n’a que 14 ans, et alors ? Sa vie est de la merde pour lui et ne comprendrais pas pourquoi on lui interdirait un plaisir. Ce plaisir, son père le bat pour ne pas l’avoir. Si Osmane est vu avec une cigarette, il est privé de repas et battu. C’est la haine de son père qui le pousse à fumer loin de chez lui. Pour le narguer en secret. Julian le tire par son cartable. Osmane râle et le pousse. Julian tombe sur les escaliers. A ce moment-là, un adulte engueule Osmane. Les jeunes s’injurient. L’adulte les séparent et les emmène à l’intérieur de l’établissement. Osmane va à la salle d’accueil en ayant en tête l’injustice qu’il a vécue.
Tous ses camarades sont déjà assis sur les deux canapés et les chaises. Il en reste une à coté de Didier, l’éduc. Il s’y assied et pousse Isabella, une des filles qui l’avait copieusement insulté la veille. Vengeance. Début de chahut. Didier demande à chacun de se calmer et invite Osmane à s’expliquer. Osmane n’en a rien faire et n’a rien à justifier. Pourrait-on me laisser tranquille ? Criait-il ? Puis il murmurait à Isabelle : Salope. Cette dernière lui fout une gifle. Didier fait ressortir Osmane par Rewan, un animateur. A peine dans le couloir, il pique un sprint vers les escaliers pour aller à l’étage supérieur. Il entend Rewan l’appeler. Grimpe. Esquive quelques autres camarades qui allaient dans leurs classe. Puis il passe devant les toilettes. Il s’y réfugie et se cache. Jubilation et colère. Ambivalence qui le torture mais ça il ne veut pas l’écouter. Il souffle un grand coup, crispe sa mâchoire pour refouler des idées. Il repense à son père qui lui foutra des torgnoles quand il apprendra sa fuite. Alors il ressort et se retrouve en face de Rewan. Osmane rit nerveusement. Il sent qu’on le frôle. Ne me touche pas, pesta t-il. Rewan reste calme et essaie de lui parler doucement en l’invitant à aller dans une pièce pour se détendre. Une pièce réservée pour les jeunes qui décrochent, qui ont du mal à rester dans le cadre. Osmane entre en trombe dans la salle. Un grand mur avec pleins de tags, des mots, des dessins. Des poufs sont parsemés autour d’une petite table remplis de revues. Il s’avachit dans un pouf après avoir valdingué son sac au bout de la salle. Silence. Rewan se met face à lui, décontracté sur une chaise, comme pour dire : « Mosane, qu’as tu ? ». Mais Osmane ne veut pas parler. À quoi bon ?
Silence. On entend des cris.
« Je peux y aller ? » Demande Osmane.
« Où ça ? » Murmure Rewan.
« En classe. » Répond-il.
« Tu te sens prêt, un peu calmé ? »
« Oui, ça va, je suis calmé. » avec un haussement des épaules d’Osmane.
Il reparte en direction de la classe. Échanges rapides entre l’instit spécialisé et Rewan. Osmane s’installe à son bureau. Il sort son livre adéquat puis s’avachit dessus. L’instit l’interpelle. Osmane ne dit rien. Il fait semblant de dormir. Il écoute quand même. Puis l’instit lui donne des exercices à faire. Ralages.
Trop dur tout ça. Vais jamais y arriver. À quoi ça sert tout ça ?
Sonnerie. Il reprend son sac et part vite en ayant pris le soin de passer devant les autres en les bousculant. Récréation. Chahuts. Y a du monde dans la cour. Au pas de la porte donnant sur la cour, il voit un éduc remplaçant. Il veut rentrer pour aller rejoindre un pote. Le remplaçant refuse parce qu’Osmane peut très l’attendre. Osmane essaie alors de passer en jouant. Le remplaçant tient bon et lui rappelle les règles. Osmane pousse doucement l’éduc. Il est sommé d’arrêter. Il entend ses camarades ricaner. Il continue tout en riant. L’éduc essaie de lui faire entendre raison. Osmane se marre et pousse encore plus fort l’éduc. Puis là, ce dernier le prends par les épaules, le pousse en le tenant et se fait mettre à terre. Humiliation totale. L’éduc le contient au sol, ventre à être, un bras derrière le dos. Osmane se débat. Soudain, il est libéré et dans une fureur, il se précipite contre l’éduc et lui fout un uppercut contre sa joue. Il est fou de rage. Il sent que c’est à cause de l’éduc mais il sait qu’il n’aurait pas du le faire. Grosse colère envers lui-même. Il a été rabaissé devant les autres. Mis à terre. Il a perdu la face.
Mâchoires crispées et respirations rapides, on l’emmène chez le directeur.
Viré pour une journée chez lui.
Mais où donc aller ? Il fera semblant d’aller chez lui. Plus tard. Il veut prendre du répit avant de se faire cogner par le père. Il rejoindra d’autres potes qui sont déjà dans la rue, à errer pour aller boire un coup pour oublier. Pour se donner une certaine contenance. Pour survivre.
Réflexion sur le travail
3 millions deux vingts deux milles chômeurs, c’est une aberration.
Pourquoi j’ose dire ça ? Une aberration parce que des salariés croulent sous le travail, font des heures supplémentaires, et une partie infime gagne des fortunes. Et les chômeurs se battent face à des chimères leur prétextant des problèmes économiques. Et pourtant, ceux qui sont dans la précarité sociale touchent des minima sociaux et sont en attente, en recherche de travail.
Où est-il le goût du travail où l’on gagne de l’argent à la sueur de son front ?
Le système social dans lequel nous sommes et les travailleurs sociaux dans des tensions énormes à gérer. Ils doivent permettre aux gens de s’insérer dans la société. Et pour s’insérer dans la société, on passe par le travail. Et comme il n’y a pas de travail, ils rament, ils peinent à donner un sens à leur travail. Les politiques sont dans une logique de finance, de coupes budgétaires qui nous broient.
Une injustice sociale se crée et des escroqueries se produisent à grande échelle profitant de la naïveté des gens, tel que l’utilisation des crédits. Ils consomment plus alors qu’ils n’ont pas les moyens de combler leurs dettes. C’est la spirale de l’endettement.
Le droit du travail est tellement réglementé, rigidifié qu’il est difficile de créer des emplois, de trouver des alternatives. Les RSA, RMI, allocations maintiennent en partie les gens dans l’assistanat, en étant désœuvrés le fait qu’ils galèrent pour trouver un boulot. Désœuvrés, déconnectés car ils ne sont pas reconnus pour ce qu’ils sont, pour ce qu’ils font. Heureusement, il y a des entreprises d’insertion, des chantiers d’insertion qui essaient de redonner à des gens le goût du travail et d’être récompensé pour ce qu’ils font.
Comment redonner du sens à notre travail dans les pouvoirs publics ne permettant pas aux gens de s’en sortir par eux-mêmes ? Hélas, la précarité entraîne les gens dans une spirale infernale tel que la non-confiance, la violence, l’alcool, etc.. Je fais un peu des raccourcis mais j’essaie d’ébaucher des idées.
Peut-on dire que le bénévolat tue le travail salarié ? Certes les associations n’ont pas les moyens de se payer des salariés mais peut-on imaginer que le RSA et autres allocations d’aide peut permettre aux gens d’être rémunérés pour ce qu’ils font ?
Pour ma part, je touche des allocations chômages en attendant de former en septembre prochain. Je fais du bénévolat et je considère que les allocations me payent les heures de travail. Je trouve ça plus juste que ces sous que je reçois comme une récompense. Évidemment, il faudrait que ça soit sur un temps qui permet ensuite aux gens aidés de trouver un vrai contrat de travail.
Je sais que ça existe des structures qui fonctionnent sur ce principe.
Il y aurait encore développé. Qu’en pensez-vous ?
De la mort à la vie?
La mort fait partie de la vie.
Qu’est-ce qui me permet de dire cela ?
Tout d’abord, de par mon expérience de deuil auprès des personnes qui m’étaient proches, très proches. J’ai vécu différents types de deuils en fonction comment mes proches sont décédés et leur âge. Mes grands-parents et grands-oncles et tantes qui sont morts à des ages canoniques (75 à 90 ans) soit de vieillesse, de cancer ou d’accident organique. J’ai vécu aussi la disparition soudaine des proches jeunes par des accidents, par leur handicap très lourd, puis le suicide. Ce dernier est le plus difficile à vivre en terme de deuil car il est incompréhensible. Il m’a fallu du temps, des échanges avec mon entourage qui connaissait cette personne, une acceptation du fait que je ne suis pas responsable de sa disparition. Nous faisons face aussi à ce que nous considérons comme de l’injustice, de quelque chose qu’on n’arrive pas à nommer.
Ces derniers jours, j’ai appris la disparition brutale d’une connaissance âgée de 25 ans. Énorme choc. Osons nommer les choses. Le deuil est toujours présent car il me faut passer par l’enterrement, l’inhumation qui permet de passer un cap dans le deuil. J’ai conscience du séisme dans sa famille, dans sa famille proche.
Pour moi, la mort ne doit pas nous empêcher de continuer à vivre. Il nous faut avancer en portant en mémoire ceux qui nous ont quittés. C’est un combat permanent pour passer de l’abattement, de la sidération jusqu’à l’acceptation qui peut mettre du temps à arriver.
Je repense aux chants, aux paroles qui peut m’apaiser, nous apaiser :
Ils sont passés de l’autre rive. Partis de l’autre côté de l’horizon comme on ne voit plus un bateau. Ils ne sont plus visibles et pourtant ils sont présents. Présents dans nos cœurs, nos souvenirs.
Quand je vis des moments fort dans la vie quotidienne ou pas, il m’arrive de penser à ceux qui ont faite route à mes côtés, à ceux que j’ai croisé et qui m’ont marqué de leur empreinte dynamique, pleins de vie. Quand je me suis marié, je n’ai pas oublié mes grands-mères décédées les mois qui ont précédées. Mes grands -pères qui nous ont quittés quelques années auparavant.
Je sais qu’il ne sert à rien de ruminer le passé, d’être dans une incompréhension en permanence. Je ne pourrai pas les faire revivre. Dans mon espérance et dans ma foi, je sais qu’ils sont quelque part et qui nous regardent avec fierté, avec amour.
J’ai bien conscience que l’absence est lourde mais dès que vient l’acceptation, l’absence devient un espace de dialogue.
Puis nous avons aussi d’autres deuils à faire. Le deuil pour une personne de ne pas entendre, de ne pas voir. Pour ma part, cela fait bien longtemps que j’ai fait le deuil de mon odorat. Je ne sentirai plus rien. J’ai compensé sur d’autres domaines. C’est comme pour ma surdité. J’ai fait le deuil de ne pas entendre correctement. J’ai pris le temps d’accepter mon handicap qui est heureusement allégé par mon appareil, mes liens sociaux.
C’est faire aussi le deuil des métiers que nous aurions voulus faire mais dont on ne sentira pas capables de faire à cause de nos fragilités.
À travers chaque deuil, c’est construire une alternative qui nous ferait mieux grandir malgré l’absence, le manque.
Je souhaite un bon courage à chacun qui vit un deuil, plus ou moins lourd à porter. Les morts comme les petits morts jalonnent notre vie en redonnant en nous un sens à la vie, si on prend le temps de se poser cette question.
Je me dis que pour chacun de nos disparus, ils auront vécus leurs vie et espérons aurons eu une belle vie car il y a une part de mystère en eux que nous aurions jamais connu.
C’est dans ce sens que je me dis que la vie vaut la peine d’être vécu et nous devons la croquer à pleine dent, d’oser vivre nos projets en fonction des opportunités, en fonction des événements extérieurs et des opportunités. Soyons acteurs de nos vies et ne laissons pas la peur de la mort nous envahir car je crois que la vie est plus fort que la mort, à travers l’amour, la fraternité, la solidarité.
Si j’ai de l’énergie, une envie de vivre à fond, il me faut soulever en même temps ceux qui n’en peuvent plus, qui sont trop fatigués. Voir, entendre quelqu’un rire, sourire, être à l’écoute et pleins d’initiatives peut nous aider à ne pas baisser les bras pour toujours, à aller de l’avant quand on est accablé, épuisé.
Je souhaite à chacun de goûter à la vie avec ses forces, sas saveurs qui sont particulières en fonction de ce qu’il est, de son histoire.
Le temps dans le lien social?
Comment appréhender le temps dans le lien social ?
Les institutions nous poussent à avoir des résultats, nous incitent à faire émerger des progrès, des projets. Beaucoup de projets et la plupart ne sont pas mis en pratique. L’écriture grignote le temps d’accompagnement. Nous sommes tiraillés entre fournir des bilans, des évaluations et d’être sur le terrain pour rester en lien. Dans certains instituions, il est essentiel de prendre du temps pour nous, professionnels, de prendre de la distance entre ce que nous écrivons et ce que nous pratiquons. Sommes-nous cohérents ? Osons-nous réajuster notre hiérarchie si besoin ? Osons-nous se parler en vérité au lieu de se frictionner, de travailler dans son coin ? Osons-nous s’engager dans la durée et travailler sans s’épuiser ?
Comment les pouvoirs publics ou privés comprendront-t-ils que le lien se tisse dans le temps ?
Sachons prendre le temps dans les taches que nous avons à faire. La relation à l’autre est tellement prenant, épuisant que nous pouvons pas tout porter en un temps restreint. Trouver du temps à la parole. Trouver du temps pour se poser.
Ose prendre le temps de respirer, de prendre de la distance, de te remettre en question si tu sens que le lien coince. Est-ce lui ? Est-ce moi ?
Je ne m’arrêterai jamais de le dire : Ne restez jamais seul quand vous avez des emmerdes. Le silence à long terme peut vous détruire de différentes manières tel que la rancœur, l’amertume, la colère sourde se transformant en angoisses, en épuisement et puis un jour, le burn-out. Je ne souhaite à personne de vivre cette expérience de burn-out. Je l’ai vécu. Deux fois hélas en deux ans. J’étais pressé par le temps de vouloir trop bien faire les choses, répondre au plus vite aux besoins institutionnels. Je voulais être sans arrêt sur le terrain dans l’urgence, d’écrire des projets et les mettre en œuvre. Se tracasser la cervelle sur ce que j’aurai dû ou pas dû faire. Corriger rapidement.
Je souhaite à chacun de prendre soin de lui pour mieux travailler, pour être plus efficace et trouver sa juste place et se faire entendre. Se respecter, c’est respecter les autres tant les usagers que ses collègues. N’ayez pas peur de souffler. N’ayez pas peur de prendre du temps malgré le temps qui court. En fait, c’est une illusion que de voir le temps qui court. Sachons anticiper, trouver un juste équilibre en fonction de ses capacités.
Pour gérer le temps de notre travail, c’est mieux organiser ses priorités d’actions.
Je souhaite un grand courage à chacun dans son boulot, dans ses études.
Vous n’êtes pas seuls dans la galère, vous n’êtes pas seuls dans vos envies de faire bouger les choses.
Regard de la société sur le travail social?
Comment changer le regard de la société sur le travail social ?
Comment démontrer, sensibiliser que le travail social n’est pas que de l’assistanat. Les travailleurs sont sur le terrain pour aider, soutenir, accompagner les personnes qui ont besoin d’aide, et pour que ces personnes puissent être indépendant. Comment faire comprendre que demander de l’aide n’est pas une honte ? Que faire appel aux services sociaux n’est pas une preuve de faiblesse.
Qui n’a jamais eu besoin d’aide ? Qui n’a jamais demandé un service à un ami, à sa famille, à un voisin ?
Arrêtons de regarder les gens qui font appel aux services sociaux comme des miséreux, comme des incapables. Je trouve que c’est un courage énorme de faire appel à quelqu’un quand on a des soucis.
Qui s’en est sorti seul de ses déboires financiers, de ses déboires médicales, de ses déboires familiaux ?
Arrêtons une fois pour toute de regarder l’autre comme un étranger qui fait peur.
Il est immigré ? Qu’est-ce que t’en sais ? Il est noir ou beur, il vient forcément d’ailleurs ?
Il est sans-abri et alcoolique ? Et alors ? Crois-tu qu’il est là par sa faute ?
Je voudrais trouver des gens motivés pour sensibiliser des groupes sur le regard porté sur leur entourage.
Savoir redonner confiance et entendre chacun à sa place et que chaque personne puisse trouver sa juste place, sa juste valeur.
Je souhaite qu’on se mobilise même si on des petits groupes à réfléchir encore plus sur des actions de sensibilisation.
Je comprends que tu galères, que tu as tes propres soucis. J’entends que tu peines à trouver de l’aide. Mais si tu déplaces ton énergie vers la solidarité, tu trouveras sûrement des réponses à tes soucis, indirectement.
Levez vous braves gens malgré vos lourdeurs. Vous n’êtes pas seuls.
Cela ne vaut pas le coup de rabaisser les autres car un jour, vous serez détruit par ceux que vous avez jugés, malmenés.
Comment faire travailler ensemble l’économie et le social ? Quel sens mettons-nous dans chacun de nos gestes ? Agissons en simplicité malgré que ça soit compliqué.
Comment démontrer que le travail social peut être création de richesses ?
Si tout le monde est reconnu dans leur juste valeur, ne pourrais-tu pas mieux faire fructifier nos talents et être plus solidaires ?
Ne méprisons pas les riches et essayons de les rendre encore plus responsables en agissant de manière équitable par des actions concrètes.
Sensibilisons, dialoguons pour mieux travailler, non dans la concurrence mais dans le partenariat ou une concurrence loyale et juste.
Le social, une option?
Que dire aux gens pour leur faire comprendre que le travail social n’est pas une option ?
Jusqu’à quand les décideurs braderont le social et que tout explose un de ces jours ?
Quelle force réunir pour montrer que le lien social que nous construisons est un travail de longue haleine mais qui ne peut que porter du fruit. Des richesses humaines, des valeurs humaines à faire grandir, à prendre en compte pour que la société évolue, grandisse.
Le social n’est pas un gadget.
Quand comprendront-ils ceux qui détiennent le pouvoir que les liens sociaux sont primordiales pour la cohésion, la paix entre les différences ?
Combien de morts, combien de misères faudra-t-il pour que les fous d’argent et de pouvoir prennent conscience ?
Comment transformer la solidarité en un vecteur de croissance, en ciment sociétal ?
Je sais que des gens sont tellement préoccupés par leurs soucis quotidiens, leurs responsabilités lourdes à porter qu’ils n’ont plus l’énergie de prendre de la distance.
Je voudrais encore continuer à écrire pour faire prendre conscience que le social est primordial. Je ne vois pas le social comme un assistanat mais comme des liens à créer, à tisser, à entretenir.
Il me semble important de soutenir les travailleurs sociaux au contact des personnes en précarité social. De reconnaître ce travail, de reconnaître les différents visages de la misère et que la misère ne soit pas un tabou mais un défi à relever.
Il existe des actions qui permettre au gens de sortir de la précarité. Arrêtons de râler, de critiquer. Osons dire ce que nous voulons et mettons le en pratique.
Osons aller à la rencontre des différents métiers. Sachons reconnaître nos compétences, nos actions sur le terrain. Arrêtons une fois pour toutes les querelles de clocher. Arrêtons une fois pour toutes les conflits d’intérêts. Cherchons sans cesse que toute personne soit entendu, compris, reconnue, soutenu, accompagné. Osons la confiance pour reprendre les liens et combattre la corruption.
Soyons puissants en humanité ensemble.
Ne ruminons plus. Nous ne sommes pas seuls. Ne restez jamais seuls en cas de coup dur, en cas d’échec. Échangeons et mettons nous en avant.
J’y crois en votre dynamisme malgré la crise, malgré les violences politiques, malgré les violences institutionnels.
Stéphane Hessel dit bien : « Indignez-vous » mais cela me semble insuffisant. Il faut se mettre en mouvement à plusieurs, avec ce qu’il est, avec ce qu’il peut faire.
Gardez courage avec endurance!
Du jugement au dialogue
Je suis en colère contre ceux qui me critiquent. Je suis énervé contre ceux qui me jugent car je ne fais pas ce qu’ils aimeraient ce que je fasse.
Mais qui suis-je pour juger l’autre ?
Qui suis-je pour le critiquer ? Je ne le connais pas, avec son histoire, ses valeurs, son lieu de vie.
Qui suis-je pour le regarder de travers quand il fait un geste qui me répugne ?Est-ce que je connais vraiment le contexte, les tenants et les aboutissants.
Qui suis-je pour dominer, pour exercer mon autorité sur un inconnu ou un collègue, une connaissance ?
Qui suis-je pour donner des conseils avec ce que je crois savoir et avec des apriori que j’ai de la personne en face de moi ?
Ais-je tous les droits ? Le droit de tourner en dérision sur un sujet qui ne me convient pas personnellement ?
Je n’apprécierai sûrement pas qu’on me fasse tourner en caricature, que l’on me prenne pour un imbécile, un idiot.
Si je me la pète, si je frime, jusqu’à quand je tiendrai face aux ragots, aux insultes? Si je m’impose, si je m’incruste, jusqu’à quand les gens me respecteront de peur que je les fracasse, les menace?
Alors, je fais en sorte de respecter l’autre pour qu’on me respecte. Ce n’est pas par faiblesse mais par honnêteté, sincérité.
Il me faut sans cesse me remettre en question quand l’autre me dérange, me déplace.
Je n’ai pas à imposer mes convictions, à soumettre mes opinions. Il nous faut trouver un chemin de dialogue pour partager ce que l’on vit, que l’on ressent.
Pourquoi mes valeurs, ma foi, mes croyances seraient les meilleurs ? Chacun a sa propre légitimité.
Bien sur, il me faut réajuster en fonction de respect des personnes, de la liberté, de la réalité de chacun.
Pourquoi je verrais l’autre comme un ennemi s’il est différent ?
Ce qui me semble essentiel dans la rencontre avec l’autre, c’est le désir de savoir, le désir de connaître. Osons échanger ce qui fait nos vies.
Toute peur, toute haine, toute violence vient de l’ignorance, du rejet de la différence qui peut chambouler nos propres repères.
Est-ce que cela vaut la peine de se radicaliser, de se braquer quand on sent que l’autre ne veut pas avancer ? Ne pourrait-on pas essayer de mieux comprendre l’autre pour mieux se faire comprendre par la suite ?
Posons nous les bonnes questions. Cherchons l’essentiel et qui nous fait grandir, avancer en lucidité, en acuité.
Donnons les moyens à chacun pour trouver un espace de réflexion, de connaissance pour s’affirmer trouver sa juste place.
Osons être en vérité avec toute homme quelque soit sa culture, son mode de vie, son handicap, sa façon de vivre. Cherchons à être simple dans les relations et de ne pas se forcer si le courant ne passe pas.