Journée d’une orthophoniste

Chloé, orthophoniste depuis quelques années dans un quartier populaire, arrive tranquillement dans son cabinet. Elle prépare sa journée dont ses séances de rééducation vont durer de 30 minutes à 45 minutes, c’est selon les besoins de chacun.

8h59 et quelques secondes. Son premier patient arrive. Marco, un petit de 6 ans avec sa mère. Chloé échange quelques informations avec la mère qui va patienter dans la salle d’attente.

Début de séance. On se dit bonjour avec une voix délicate et douce pour ne pas brusquer Marco qui est de tendance très anxieux. Elle sort un petit jeu de manipulation. Des cubes qui s’emboitent et qui sont de différentes couleurs. Explication de consigne. Marco se jette sur les cubes. Chloé le reprend doucement pour qu’il prenne le temps de réfléchir.  La séance se passe sans trop de difficultés.

La matinée passe et c’est ainsi que vers 12h30, alors que Chloé était en pleine séance, une femme rentre brusquement : «  Bonjour Madame, je viens prendre un rendez-vous pour mon fils ». Chloé lui demande de sortir et lui informe qu’il faut téléphoner pour prendre rendez-vous. Elle respire en elle-même. Tous les deux-trois jours, y a toujours des personnes qui déboulent sans prévenir. C’est fatiguant à la longue ! Comme elle n’a pas de secrétaire, elle est obligée de gérer les imprévus, les coups de téléphone.  

14h15. Chloé prend enfin une pause pour manger. Elle a dû téléphoner à des écoles, à des CMP qui, pour elle, ne foutent rien. Elle est en colère à cause du manque de coordination de soin. Et surtout que chacun campe sur ses théories, ses positions, ses méthodes.

14h30. Reprise de séance avec un ado pour un problème de logico-math. Chloé s’appuie sur des outils spécifiques et des objets qu’elle a construite elle-même.

De son cabinet, elle entend facilement des mères de famille  converser fort et crier quand elles ne sont pas contentes.

17h45. Après 7 séances de passées, un militaire arrive. Il vient pour un problème de posture de langue. Chloé l’invite à s’allonger sur un tapis  comme pour les autres séances. Elle utilise la méthode Feldenkrais[i]. Cela consiste à en prendre conscience de son corps et à relâcher les tensions.

19h00. Elle entame sa dernière séance avec une ado complètement perdu dans ses mots. Chloé lui fait donc des exercices pour approprier son langage. L’ado est bloqué, presque en larmes. Chloé essaie de la rassurer, de lui apprendre à avoir confiance.  La séance passe sans succès. Elle part chercher la mère pour faire le point sur la suite. La mère ne comprend pas l’état de sa fille. Elle considère que sa fille est idiote, et espère que l’orthophonie arrangera cela. Chloé se redresse et reprend les choses calmement. La mère reste rigide, froide. Après 10 minutes, Chloé arrive à désamorcer la tension en invitant l’ado de réfléchir sur ce qu’elle souhaite pour les prochaines séances. Fin de l’entretien.

20h00. Elle jette un coup d’œil à la salle d’attente et voit que tout est en bazar. Les chaises ont été déplacées n’importe comment. Du papier traine et des cubes en mousse sont à moitié dévorés. Chloé se dit qu’elle a plus de chance car elle connait une de ses collègues où des gens ont balancé les chaises par la fenêtre pour les emmener chez eux.

Dans le quartier où elle est, elle fait souvent office d’assistante-sociale, de psychologue, d’infirmière malgré elle.  Il y a tellement de boulot, de misère sociale qu’elle a l’impression qu’elle ne s’en sortira jamais. Elle se sent impuissante face à la galère des familles.

Dire qu’en centre-ville, c’est un autre-monde où les orthophonistes ont affaire des gens plus aisés. Ce n’est pas mieux car elles peuvent se faire critiquer, surtout par des médecins assez imbus d’eux-mêmes. Ces derniers savent ce qu’il vaudrait mieux faire pour leurs enfants.

 

Bon courage aux orthophonistes, aux professions libérales, aux travailleurs sociaux qui font face à l’augmentation de la précarité.

 

PS : Inspirés de faits réels !

Il parait que…

Marcel s’agite et panique un peu.

Il a lu qu’on allait supprimer les congés payés.

Marcel réagit à chaud sur un forum.

Il lit aussi que le gouvernement va augmenter les impôts de feu.  

Il se met en colère et peste devant l’écran de son ordi.

Il reçoit un coup de téléphone d’un ami.

Nouvelles. Son ami lui annonce que le cannabis sera légalisé.

Marcel s’emporte. Mais où va le monde ?

Il parait que les boucheries seront tous hallal.

Il parait que la mutuelle va être supprimée pour combler le trou de la sécu.

Il parait que ce sont des anciens militaires qui vont faire les cours de sports.

Marcel est très scandalisé. Mais vraiment outré.

Il raccroche et va voir les infos.

Images de violence dans une manifestation.

Marcel est ahuri de voir des policiers charger sur  les gens.

Ah si on ne peut plus faire confiance à la police !

Puis il entend une explosion dans la rue.

Une voix surgit : «  Ce sont encore les djeuns ».

Marcel se redresse, furieux, puis se dirige vers la rue

Pour en découdre avec la racaille qui ne font qu’emmerder le monde.

En descendant les escaliers,

Il prend le temps quand même de discuter avec une vieille voisine :

« Il parait que nous allons être euthanasiés à 80 ans pour faire des économies.

Il parait qu’on va obliger les gens à choisir leur sexe.

Il parait que des moutons vont nous envahir et que des escargots vont nous gouverner. »

Des cris dehors.

Marcel est poussé à bout, prend un balai

Et sort sur le trottoir pour vociférer.

Mais à peine sorti,

Il voit deux jeunes basanées aider un vieux à sortir d’une cabane en flamme,

Alors qu’un groupe fait la chaine pour éteindre l’incendie.

Enfin, les pompiers arrivent.

Là, Marcel se sent vraiment con.

Tétanisé, il prend conscience de son raisonnement,

De ses raccourcis. Il lâche le balai.

Un jeune s’approche de lui pour s’assurer qu’il va bien.

Un cataclysme s’est produit dans sa tête.

Marcel sait plus où il en est.

Ne desespérons pas de nos jeunes

Ne désespérons pas de la jeunesse !

Malgré la crise que nous traversons, malgré les chamboulements de la société avec l’évolution des technologies de la communication, nous devons garder confiance en nos jeunes. Garder confiance et les aimer avec ce qu’ils sont, reconnaitre leurs talents, les accompagner vers le meilleur d’eux-mêmes.

Nous avons été aussi jeunes, n’oublions pas. N’oublions pas que nous avons eu la chance, du moins, j’espère, d’avoir eu des adultes qui nous ont fait confiance, qui ont comptés sur nous. Et bien, sachons transmettre cette flamme de la confiance.

Comme disait Don Bosco : « Sans affection pas de confiance : sans confiance pas d’éducation ».

Continuez toujours à espérer contre toute espérance en chaque jeune. Même si un des jeunes semble partir à la dérive, sachons garder le lien coute que coute. Il reviendra un jour où l’autre. Ne désespérons pas de semer des paroles de confiance, des paroles de sagesse, des paroles de douceur ferme si besoin. On ne saura jamais ce qui qui va germer, fleurir ni quand dans le cœur du jeune. Il a sa propre liberté que nous ne pouvons qu’accepter.

Ne lâchons pas notre présence plus ou moins discrète mais visible pour celui ou celle que nous accompagnons.

Je me souviens d’un témoignage d’un  collègue éducateur. Il avait foutu une baffe à un jeune ado qui déconnait, dans une maison d’enfants à caractère social. Il a revu par hasard ce jeune 15 ans plus. Ce dernier lui a remercié pour cette baffe qui lui a permis de rester à la surface. C’est vrai que la baffe n’était pas la solution. Ce qui comptait, c’est la présence ferme et sûr de l’adulte qui accompagnait le jeune.

 

« Pense à ceux qui te seront confiés,

Si tu ralentis, ils s’arrêtent.

Si tu faiblis, ils flanchent.

Si tu t’assieds, ils se couchent.

Si tu critiques, ils démolissent.

 

Mais…

Si tu marches devant, ils te dépasseront.

Si tu donnes la main, ils donneront leur peau.

Et si tu pries, alors, ils seront des saints. »

 

Michel Menu

Texte récupéré sur la toile scoute 

 

Alors je souhaite à chacun de ne pas désespérer des jeunes et de croire toujours en eux magré des hauts et des bas.

 

 

Et Il voudrait partir…

Luc voudrait partir, claquer la porte

A son boulot, à ses collègues.

Tout abandonner sans legs

Tout jeter. Peu lui importe.

 

Il est fatigué des hurlements,

Des tensions en réunions

Et qui durent éternellement.

Par des mots, il se prend des gnons.

Des coups bas, des non-dits.

Parfois des trahisons et des interdits

Sans la moindre raison, arbitrairement. 

Puis des normes pleuvent sans sommation

Entravant tout dynamisme d’innovation.

 

Et il voudrait partir, claquer la porte

A la société qui excluent les faibles,

Les méprisant tel des cloportes.

Il se sent comme une piètre yèble.

 

L’un change d’avis, l’autre ne dit rien.

Ils sont cantonnés à leurs rituels

Pour ne pas sortir de leurs ruelles.

Ils sont dans leur système épicurien.

Bien rigides pour une efficacité sans faille.

Luc s’épuise pour garder le cap, tenir

Pour accompagner ses « canailles ».

Il perd confiance car tout reste à venir

Tel que reconnaitre son travail, sa folie

D’être auprès de ceux qui galèrent.

Il est dégouté, rongé par la colère

De voir tout ce qui est démoli

Par l’argent, la soif de pouvoir.

Qui veut bien l’entendre et le voir ?

 

Luc voudrait hurler sa rage sourde

Et tout laisser tomber, fuir.

Et il sait très  bien, sans flétrir

Ce qui fait sa vie et qu’elle est bien lourde.

 

Mais voici que des sourires lui rappellent

Pourquoi il est là. Ce n’est pas par hasard.

Des petites voix comptent sur lui, sans fard

Avec confiance et sincérité, pleins avec zèle.

Il prend du recul pour discerner, pour choisir

Avec du temps qu’il s’est imposé sans férir

Pour ne pas craquer, ni se faire virer.

Il ne sera pas un lâche, un dégénéré.

C’est ainsi que Luc prendra sa décision

Quoiqu’en disent les mauvaises langues.

Avec courage, il fera que rien ne tangue

Et être cohérent entre ses actes et sa vision.

Grace aux soutiens, il prendra une autre posture

Pour se faire entendre le plus justement possible.

Vraiment, rien pour lui n’est impossible

Même si les coups de bambous reviendront.

 

Alors Luc ne perd pas le nord

En s’entourant de ténors

Qui ont de l’énergie, de l’envie.

Il y a toujours un sens dans toute vie.

 

 

 

 

 

 

 

Est-ce que cela vaut la peine?

Aux fachos, aux intégristes, aux antisémites, aux racistes, aux cons tout simplement.

Est-ce que cela vaut la peine de crier sa colère par la violence des mots, par les provocations ?

Est-ce que cela vaut la peine d’injurier ceux qui nous gouvernent et contre ceux avec qui on n’est pas d’accord ?

Est-ce cela vaut le coup d’hurler aux loups quand l’autre partie ignore, se braque, condamne ?

Est-ce qu’on ne se trompe pas de colère en accusant les juifs ? Laissons les tranquille et faisons la part des choses.  Les musulmans ? Arrêtons de mettre tout le monde dans le même sac.

Mais où allez-vous donc en vous radicalisant dans vos discours, dans vos idées bien raccourcis ?

Est-ce que ça fait avancer quelque chose en tirant sur tout ce qui ne nous plait pas, sur ce qui nous fait peur ?

Réfléchissez. Vous valez mieux que vos haines. Vous valez mieux que les amertumes et hontes qui vous rongent de l’intérieur. Ne devenez pas des sauvages ignorants et bêtes, ne pensant qu’à leurs soucis, leurs problèmes.

Plus vous allez gueuler, hurler, cracher vos maux en déshumanisant l’autre, plus vous vous mettez à l’écart. Vous devenez malheureusement un poison qui contamine la société qu’il nous faut guérir. Ne soyez plus ce venin. Vous valez mieux que des parasites.

Vu ce qui s’est passé hier à Paris, j’ai honte. A travers vos actes et vos paroles, vous êtes devenus encore plus abjectes. Et pourtant, vous valez plus que ça. Cela ne vaut pas la peine d’être con. Vous n’avez peut-être pas hélas conscience de cet état de fait.

Est-ce que cela a un sens de haïr l’étranger ? De haïr ceux qui sont différents ? De haïr ceux qui pratiquent une certaine religion ?

C’est quand même con de se prendre la tête et de rester sourds. Ouvrez vos cœurs et vos yeux. Je suis certain que vous ne serez pas déçus du voyage même si au début cela peut paraitre déconcertant, déroutant.  

Arrêtez d’être butés. Mettez vos énergies dans des causes qui en valent la peine, sur des sujets vraiment réfléchis et qui ont du sens. Soyez source de propositions qui peuvent faire avancer, changer pour une société plus juste, plus humaine.

Venez apprendre un peu de douceur et de la finesse, en toute franchise et sincérité.

Je sais ce que c’est de galérer, d’être au chômage, d’être exclu par certains groupes,  mais cela ne m’amène pas à couver ma colère en permanence et à chercher la vengeance. J’ai préféré et je préfère toujours trouver des solutions de dialogue, de trouver des alternatives pour être reconnu à ma juste place et de voir l’autre comme un ami, un frère et non comme un ennemi. Je n’attends pas tout de la société mais je ne fais rien tout seul non plus. Tout est dans la mesure, dans une recherche d’équilibre entre la collectivité et l’individualisme. C’est un autre combat permanent mais, pour ma part, cela en vaut la peine.   

 

Alors, je vous souhaite de vous battre pour des causes réfléchies, qui en valent la peine et qui peuvent apporter du sens.

Un peu de douceur

Alors que les maux s’emballent au travers des mots qui ouvrent des blessures, un peu de douceur pourrait nous faire du bien.

Un peu de douceur dans nos gestes et paroles.

De la délicatesse dans nos mouvements pour prendre encore plus conscience de notre corps, de notre respiration.

Que, malgré les aspérités de nos quotidiens, les dialogues de sourds qui nous pèsent, un peu de douceur puisse nous détendre. De la tendresse ne peut pas faire de mal de temps en temps.

De la tendresse d’une épouse ou d’un époux qui vous berce.

De la tendresse d’une ami(e) vous accompagnant à vos côtés.

De la tendresse d’une mère consolant son enfant.

De la tendresse d’un animal domestique envers son maitre.

De la tendresse du soleil qui éclaire le visage en ces jours d’hivers.

La douceur pour accueillir une paix intérieur dans l’instant T.

Une caresse de l’âme.

Force de la douceur qui peut nous entrainer loin dans les liens sociaux, dans nos amours, dans nos vies professionnelles. La douceur n’est pas une faiblesse, au contraire. C’est recevoir et donner avec délicatesse pour respecter le mieux possible l’autre et soi-même.

 

« La douceur c’est la plénitude de la force. » de Alphonse Gratry

 

La douceur s’acquiert dans le temps, avec de l’entrainement, en fonction de nos histoires.

 

Je vous souhaite beaucoup de douceur et de plénitude dans vos vies, de vous trouver du temps pour être doux envers-vous-même et les autres.

 

Penser autrement ?

Rien  que de lire l’actualité, les commentaires, m’informer sur ce que décide le gouvernement, j’ai l’impression que nous ne pouvons pas penser autrement, sous peine d’être taxés d’intégristes, de rétrogrades, d’être mis à la marge. N’y a-t-il pas une juste mesure à trouver pour que chacun puisse agir selon sa conscience, selon ses valeurs ?


      Je voudrais dénoncer le gouvernement de vouloir imposer sa doctrine qui est celle de mettre tout à égalité aux niveaux des droits, de niveler les différences. Est-ce un crime de prendre du recul sur une décision importante tel que l’avortement. Ce que je comprends, c’est que l’avortement est banalisé comme si c’était un acte médical tout simple pour enlever un parasite du corps de la femme. J’entends très bien les femmes le désir d’avoir un bébé quand elles veulent. Ne faudrait-il pas se responsabiliser en amont avec les histoires de contraception, de responsabiliser aussi l’homme ? C’est vrai que je suis mal placé pour en parler mais cela me met en colère que de savoir qu’il y a des femmes qui avortent facilement alors que d’autres femmes galèrent pour avoir un bébé. Où est-elle l’égalité ? Où est l’égalité avec l’homme en permettant un avortement banalisé ?

          Puis-je penser autrement ? Penser que nous pouvons agir d’une autre manière pour réduire les inégalités, surtout les inégalités entre les riches et les pauvres. Facile de s’occuper de minimiser les différences entre l’homme et la femme. Les effets sont plus visibles et rapides.

         En fait, je suis fier de penser autrement, de ne pas être dans la norme. C’est ce qui me distingue. Se détacher de la norme ne veut pas forcément dire refuser complètement le courant et défier la Loi. Il est facile d’être un mouton face à la surenchère de la consommation et aux violences verbales racistes et antisémites. Facile d’être dans la provocation. C’est fuir la réalité et de ne pas oser être vraiment soi, de ne pas oser canaliser ses pulsions sous peur d’être traité de marginale.  

Pourrais-je utiliser une métaphore par rapport à l’action du gouvernement ? Il essaie de panser des petites piqûres aux genoux de Marianne alors que des plaies béantes s’infectent au cœur et au cerveau.


En écrivant ce billet d’humeur, je repense à la chanson de Brassens : «  La mauvaise réputation ». Elle est toujours d’actualité.

Pourquoi pas être à l’écart ?

Mais pitié pas au placard.

Etre à l’écart ? Cela peut nous aider à prendre de la distance face aux discours, de pouvoir mettre du sens et se forger des idées qui nous semblent le juste possible.

Je souhaite à chacun d’être cohérent avec ses pensées, ses valeurs et ses actes. Puis un bon courage si certains d’entre-vous ont l’impression d’être dans les marges. En fait ? Dans les marges, nous pouvons avoir une meilleure vue sur le monde qu’en plein milieu de la foule qui s’agite.

Nous pouvons penser autrement et de ne pas mettre à l’index ceux qui pensent le contraire.

 

 

 

L’engagement dans le social?

A quoi tient l’engagement dans le social ?

En qui tient mon engagement dans le travail ou bien quand je suis bénévole ?

En quoi je m’engage et qui me fait tenir vers l’avant ?

Ce ne sont pas mes désirs qui m’entraînent hors de mes entraves pour une longue durée. Les désirs ont une courte espérance de vie. La motivation ? Elle oscille selon nos humeurs, selon les aléas de la vie quotidienne.

De nos jours, nous sommes dans l’immédiat des résultats, dans une volonté de maîtriser ce que nous allons semer et récolter. Et pourtant, dans le social, c’est semer en croyant à ce que l’on fait et les fruits porteront bien plus tard et ce qui génèrent beaucoup de frustrations, ce qui freinent l’enthousiasme des premiers pas dans le travail ou dans le bénévolat.

Avons-nous peur de nos valeurs et de se laisser déconcerter par ceux qui pensent autrement ?

Comment tenir l’engagement quand ceux qui débutent leur métier par des séries de remplacements, de petits CDD ? Comment peuvent-ils se sentir en sécurité et croire en ce qu’ils font ? Ils ne verront jamais les fruits de leurs labeurs. C’est un combat permanent pour se motiver, pour construire son identité professionnelle.

Au de la crise économique et des choix de la politique sociale, il y a de quoi être désœuvré.

Certains ne s’engagent pas car ils sont seuls, ont l’impression qu’ils ne peuvent rien faire.

A quoi tient l’engagement ? Je dirai le courage d’être, de faire route avec d’autres personnes avec qui on partage les mêmes valeurs, ou avec qui on peut confronter nos idées, construire.

C’est vrai qu’il est difficile de tenir le rythme dans notre engagement face aux aléas de l’emploi, des lois qui apparaissent.

Comment oser s’engager quand on voit le manque de motivation autour de soi ?

Il faut oser se parler, contacter d’autres personnes qu peuvent nous comprendre.

S’engager, c’est participer à une dynamique qui correspond à nos valeurs, qui se rapproche en partie de nos idéaux. C’est s’investir dans des actions concrètes qui permet à l’institution, à l’association, au groupe de fonctionner.

S’engager, c’est risquer de se conformer aux règles qui régissent nos actions dans une structure. Est-ce pour cela que certains ont peur de se lancer, de peur de perdre leur liberté, leur indépendance ?

S’engager ne peut que nous faire grandir en humanité, de s’ouvrir à l’adversité.

 

Je vous souhaite de vous engager, de ne pas avoir peur de se lancer en fonction de vos forces, de vos capacités.

Chacun est capable de s’engager dans la mesure de leurs vraies possibilités d’actions.

Bon courage dans tout ce que vous entreprenez, dans tout ce que vous estimez justes et légitimes.

 

 

 

Les petits bonheurs d’éduc spé ?

(D’après mes expériences)

 

        Après des semaines de cris, de boucan, une matinée calme après avoir instauré un cadre sécurisant, apaisant auprès des jeunes.

        Quand un de tes jeunes autistes arrive à s’exprimer par un geste ce qu’il ressent après plusieurs semaines de frustrations.

        Quand un jeune ne part plus en colère quand on lui dit non.

        Lors d’un atelier musique, un jeune arrive enfin à produire un rythme et qu’il est attentif au aux autres. Le must, c’est quand la psy vient et dit : « C’est énorme, il n’a jamais fait ça ! »

        Qu’après plusieurs semaines de contact avec les jeunes tu arrives enfin à établir un lien de confiance avec leurs parents.

        Quand un jeune te redemande de faire un jeu alors que t’avais galéré pour le préparer.

        Quand ce matin-là, la jeune déficiente intellectuelle n’a pas mis ses crottes dans toute sa salle de bain.

        Quand un jeune polyhandicapé arrive à se détendre après des jours de douleurs, et par la suite, il fait un petit sourire.

        Quand un jeune rend un service et que c’est énorme pour lui de le faire.

        Quand entre collègues, on se comprend et que nous posons des actions qui apportent ses fruits.

        Quand on sent une vraie cohésion de groupe qui s’établit dans l’équipe.

        Quand notre hiérarchie nous dit merci pour telle action.

         

Y aurait encore pleins de choses à dire, tellement les petites victoires sont parfois insignifiants mais essentiels pour notre boulot.

Tout est dans l’endurance, la persévérance dans notre passion du métier.

J’invite vraiment chacun à relire régulièrement sa pratique, en le partageant avec ses collègues ou autres éducateurs qui peuvent comprendre et entendre.

Je souhaite à chacun d’oser être ce qu’il est, avec ses convictions pour faire émerger des petits victoires, et d’y toujours y croire.

Et vous, quelles sont vos petites victoires ?