Bien que la surdité soit invalidant dans le champ de la communication, cela ne m’empêche pas d’entendre le monde qui m’entoure par les yeux, le toucher et par mon appareil auditif qui marche très bien.
Bien sûr que le fait d’être sourd, c’est difficile de suivre les conversations, de ne pas savoir d’où viennent les voix, d’être vite fatigué lors de longues conversations etc….
Je suis sourd oraliste. Je n’entends rien des deux oreilles sans appareils, mais l’un entend grâce un appareil auditif. Je suis en mode mono pour entendre. Sourd de naissance, je suis appareillé depuis l’âge de 2 ans et je n’ai commencé à parler que vers 5 ans grâce à de l’orthophonie et à un environnement familial très présent.
J’ai eu une scolarité normale sans professeurs spécialisés. J’avais des séances d’orthophonie régulièrement jusqu’à l’âge de 13 ans environ. Je me souviens qu’à l’époque, je devais essayer d’articuler avec un petit bâton métallique entre les dents. Terrible. Mais ça c’est une méthode révolue. Enfin, j’espère. Puis je me souviens que je devais essayer d’entendre mon orthophoniste et la comprendre quand elle était derrière moi. Je détestais ça mais au moins, ça a payé. J’ai une récupération auditive énorme grâce à mon appareil. Je parle très bien et ça ne s’entend pas du tout que je sois sourd. Le théâtre m’a beaucoup aidé à articuler et à poser ma voix. J’en ai fait à partir de la seconde. Quand la fatigue vient me cueillir, ma locution devient brouillonne, assourdissant certains sons comme du je en che etc…
J’ai d’énormes avantages avec ma surdité. Je peux dormir comme un loir sans entendre les ronflements, les bruits de voiture, la musique à fond des voisins. Je peux éteindre mon appareil dans les lieux public tel que le métro quand des bruits sont agaçants. Par contre, je n’éteins jamais quand une personne me parle quand ça me déplait. Par respect, tout simplement.
Pour compenser, j’ai le sens du détail et j’adore faire des photos.
Quand on me parle et que j’entends la moitié des choses, je fais tout le temps des reconstitutions des mots entendus pour essayer de comprendre de ce que vient de me dire la personne.
Ma scolarité s’est très bien passée. Ma surdité ne m’a pas empêché de passer mon bac littéraire, ni ma licence de géographie, ni de passer mon diplôme d’éducateur spécialisé et exercer le métier, de partir vivre en volontariat au Sénégal et enfin, faire ma formation de documentaliste. Rien n’est impossible.
Tout cela grâce aux rencontres de personnes qui ont cru en moi, à ma volonté d’y arriver, à mes lectures, à l’écriture, à l’envie de découvrir le monde et encore plus personnelle, ma foi.
Je souhaite vraiment à chaque personne qui se croit condamné par son handicap à espérer, à rêver et à réaliser ses projets avec des personnes sur qui elle peut compter.
Alors, , ose aller de l’avant, prends des risques ( en te respectant évidemment) et fais toi entourer.
Une pause nécessaire
Une pause
S’impose.
Intériorité
Pour une liberté
Du cœur
Chaque heure.
Se recentrer
Pour recharger
Les batteries.
Ventre qui sourit
Pour une âme
Qui point ne se blâme.
Je respire profondément.
Des larmes, doucement
Viennent purifier
Mes blessures.
Légère murmure
D’une sérénité
Qui me caresse
Avec noblesse.
Musician english group in Avignon ( France)
S’afficher handicapé?
J’ai entendu une histoire d’une dame qui demandait un pin’s pour son fils. Un pin’s avec un logo « Sourd » pour bien montrer que son fils est sourd et qu’on arrête de le regarder bizarrement car il ne réagit pas tout de suite, ou bien, il ne comprend pas donc il est idiot.
Est-ce vraiment nécessaire de s’afficher sourd, aveugle, déficient intellectuel, tous les handicaps qui ne sont pas visibles ?
En quoi un pin’s pourrait résoudre un problème de communication ?
Pour moi, cela ferait reculer et un échange n’aurait pas lieu. Tiens, il est sourd, je ne sais pas parler le langage des signes, je passe mon chemin. Il me semble que c’est vite stigmatisant.
Puis le pin’s renfermerait la personne dans son identité dans la surdité etc… Alors que la personne ne se résume pas à cela. Nous sommes tous plus complexes que cela et pleins de richesses en dehors de notre handicap. Oui, il fait partie de notre vie et il est parfois gênant dans certaines situations de la vie. Sinon, nous ne sommes pas « handicapés ». On l’est face aux autres qui sont dans la « norme ».
Alors, s’afficher ? Pas vraiment. Mais informer selon le contexte, oui quand il le faut pour ne pas être dans des situations tendues, difficiles à vivre.
S’afficher, c’est d’avance se mettre une étiquette, se classer alors que nous valons mieux que cela.
Ceux qui pensent le contraire, je serai intéressé de connaitre leur avis !
Mosaique marocaine
Annie Sullivan et Helen Keller de Joseph Lambert
Voici le premier roman que j’ai lu, en 5ème! A vraiment lire! Une histoire incroyable
N’avez-vous jamais entendu parler d’Helen Keller ?
Cette petite fille qui devient sourde et aveugle à l’âge de 19 mois aura marqué mon enfance. C’est l’un des premiers livres que j’ai pu lire seule et j’en suis restée fascinée. Du haut de mes 7 ou 8 ans, je n’avais que très peu de facilité à comprendre qu’il était possible de naître sans voir et sans entendre. Je trouvais ça même carrément flippant.
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Quelques photos du Fouladou ( Sénégal)
Des contre-jours!
Une classe en brousse

Assis sur son banc d’école,
Il scrute son cahier
Avec des lettres, des mots fols,
Des phrases alambiquées.
Il apprend sans rien comprendre
Et somnole, tendre
Comme une marmotte
Aux aguets, sotte.
Le professeur dicte sans arrêt
Sans voir ceux qui peinent.
L’enfant pense à son pedigree
Au foot sans dégaine.
Il songe tout en écoutant
Et laisse filer le temps
Pour revenir à lui.
Son esprit reluit
En tendant l’oreille.
Un son l’émerveille.
C’est l’heure de la récréation
La transmission dans le social?
Alors, que transmettons-nous dans le social ?
Dans l’accompagnement, nous transmettons quelque chose de nous-même dans notre façon d’agir et d’être avec la personne. Le fait d’être cohérent avec soi-même et avec ses collègues peut transmettre la confiance que nous pouvons établir dans les liens, ainsi que la sécurité de l’environnement où chacun évolue.
Il y a toujours une part de transmission de nos valeurs. Ce n’est pas jamais neutre dans les liens professionnels.
Il me semble que la transmission n’est jamais neutre ni objectif. Objectif, cela devrait l’être dans le cadre professionnel. Enfin, je crois bien.
Nous avons tous un désir de transmettre quelque chose, de donner des crayons de couleurs inconsciemment choisis pour que l’autre à son tour décide de choisir pour grandir, s’épanouir.
Je cherche une autre image en rapport avec une maison que se construit la personne. Les fondations, ce sont ses origines, son vécu, ses blessures du passé, ses exploits. Les murs, ce sont les moyens qu’ils se donnent pour ne pas s’écrouler, pour ne pas baisser le bras. Le toit, c’est le sens de la vie et la sécurité. Alors, nous là-dedans ? C’est lui transmettre des outils pour consolider sa demeure, aménager l’intérieur. C’est témoigner sur ce qui existe dans les environs, c’est l’informer sur quelques méthodes et qu’il peut choisir. Effectivement, tout est à adapter selon les personnes.
On transmet ce que nous avons appris lors de nos études, lors de nos vécus.
Alors, et vous, que transmettez-vous ?













