Le givre s’est déposé sur les toits, les voitures.
(Le printemps est arrivé en peinture ? )
Un merle se pavane devant ma fenêtre.
(Fait gaffe à ne pas disparaître).
Hier, j’ai échangé avec une caissière masqué.
(Avec une attestation cacheté ? ).
Je n’ai rien compris, ne voyant pas ses lèvres.
(Tu es sourd comme un conserve).
J’ai dû deviner selon ses gestes et regards.
(T’as du être comme un hareng, hagard !).
J’ai été controlé par une policière.
(Tu as été pris dans une souricière).
J’avais bien mon attestation mais pas de papiers.
(La grosse boulette sentant les pieds).
J’ai juste eu un avertissement verbal.
(C’est une chance à mille balles).
Revenu à la maison, j’étais soulagé.
(Après s’être lavé, nettoyé, ménagé).
Le ciel bleu d’azur m’appelle à sortir.
(Fichtre, reste à la maison fakir !)
Alors j’ai voyagé sur Google Earth.
(Merci pour la rime en Earth).
Je nous souhaite de déconnecter
De vous saupoudrer de sérénité.
Je nous souhaite un autre regard
Sur notre quotidien qui se bagarre
Entre nos enfants et notre travail.
Je nous souhaite des trouvailles
Pour soulager nos héros quotidiens.
Ne soyons point tragédien.
Prenez bien soin de vous les amis !
Et protégez vous sans répit !
Déjà une semaine.
(Toujours pas de mauvaise haleine).
Je ne suis pas sorti depuis 4 jours.
(Et toujours un sourire, de l’amour ? )
J’irai faire des cours mercredi seulement.
(Ne pas s’exposer inutilement).
J’envoie des ondes positives à ceux qui peinent.
(Pour ne pas se laisser envahir par la haine).
Vite, courir, se défouler, bouger un grand coup
(Chez soi, contre un matelas sans se casser le cou).
Quel sera mon soleil du jour, ma vraie lumière ?
(Une illumination, un doux mystère ?)
Tenir bon et se faire du bien avec du rire.
(A consommer sans modération à faire frémir).
C’est le week-end. Vive le week-end !
Sortons chez nous. (Je suis inquiet)
Allons découvrir les moindres recoins de notre salon. (J’ai peur)
Allons explorer les minimes interstices de notre cuisine. (J’ai la trouille)
Allons surfer sur nos vitres aspergées par la pluie du sud. (Je suis angoissé)
Allons voler vers nos luminaires poussiéreux. (J’ai la frousse)
Allons courir dans notre couloir sombre et étroit. (Je suis sidéré)
Allons plonger dans nos toilettes obscures et odorantes. (Je suis inhibé).
Respirer l’air frais (Vite, ouvrir la fenêtre, à tout prix).
Vivre l’instant, tenter de faire le vide (Je ne veux pas mourir).
Oser murmurer des mots doux qui font du bien (je veux crier, pleurer).
Oser entendre la joie, les rires (Je veux sangloter, exprimer mes maux).
…
Mais viens donc prendre le temps de lâcher prise, de pleurer.
Viens donc oser dire tes peurs.
Viens donc te blottir comme un enfant
Qui a besoin d’être consolé, rassuré.
Et ensuite se relever fouiner tes trésors dans ta chambre,
Oui bien dans ta bibliothèque.
Aujourd’hui, j’irai rompre la monotonie de ces derniers jours.
Faire quelque chose de nouveau avec ma fille, d’inédit
Mais toujours à la maison, bien sûr!
L’imaginaire n’a pas de limites.
Prenons le temps de poser vos peurs, vos craintes (tiens, j’ai oublié ce mot!)
Soit par l’écrit, l’art, le chant etc… (Avec une oreille attentive ou les yeux pour ceux qui signent la lSF).
Pour qu’elles sortent de votre coeur, de votre âme, (De votre corps ? Vous avez encore du PQ?)
Et de vous laisser remplir par les nouvelles rassurantes, (Y en a toujours, heureusement !)
Par les petites choses qui font du bien. (Même sans chercher, on peut trouver!)
De tout coeur avec le personnel soignant. (Et les aides à domiciles, les paramédicaux)
De tout coeur avec ceux qui oeuvrent pour l’interêt général. (Les caissières, caissiers, routiers/routières)
De tout coeur avec ceux qui aimeraient être confinés chez eux au lieu d’aller travailler la boule au ventre.
De tout coeur pour qui le confinement est douloureux !
Ce jeudi 13 février, j’ai vécu une très belle expérience de sensibilisation auprès des étudiants du CPE (Ecole Chimie Physique Electronique) de Lyon.
De chouettes moments d’échanges, des expériences étonnantes vécues, des malentendus amusantes :
Lors du tour de présentation, chaque étudiant donnait son nom, sa spécialité et son lieu de destination pour la césure (ou presque). Puis vient une étudiante :
Elle – Bonjour, …., et je pars en…..
Moi – Somalie ? Bon courage alors !
(Rires générales)
Moi : J’imagine bien que ce n’est pas Somalie mais c’est que j’ai cru comprendre en lisant sur tes livres et les sons entendus. C’était ?
Elle : Roumanie.
Moi : Effectivement, c’est un peu mieux comme coin.
Lors d’une exercice de lecture, l’un qui portait un casque auditif devait répéter ce que lui disait son binôme lecteur. Malgré la consigne de murmurer en lisant, Un des étudiants s’exclamait un peu fort. J’ai dû l’inviter à faire baisser la voix. Un comble pour un sourd que je suis de demander de baisser la voix!
A la fin de l’exercice, je leur ai demandé par quel moyen on pouvait essayer de comprendre la personne en face sans entendre ?
Un étudiant propose : La lecture bucale !
Il y a de l’idée en effet, on n’est pas loin.
Sur une table, nous avions mis quelques aides techniques, outils de la vie quotidienne de la vie d’un sourd. Ils ont essayé de deviner ce que c’était. J’avais demandé aux étudiants d’électroniques de ne rien démonter.
Nous avions deux réveils lumineux dont une avec flashs et l’autre avec une lumière progressive. Avant qu’ils sachent la réponse, je leur ai demandé quelle était leur différence ?
Une étudiante propose : Une différence intergénérationnelle ?
Dans le deuxième groupe, j’ai tenté un exercice, difficile pour moi. Nous avons demandé aux étudiants de choisir une phrase simple, puis de me le dire pour que je le répète. Evidemment, j’avais éteint mon appareil. Mais que ce fut galère, galère !
Pour certains, ce fut facile car certains étaient très expressifs puis d’autres utilisaient des signes, dont une qui connaissait quelques rudiments de la langue des signes.
Puis pour un groupe, leur accompagnatrice leur a suggéré une piste mais rien n’y fait. Presque aucun n’a pris la peine d’écrire. Après de longs minutes de propositions de mots, de décodage, j’avais enfin trouvé la phrase : »Son diagnostic est formel ». Pétard, elle ne pouvait pas faire plus simple, non ?
Puis pour le dernier petit groupe, j’ai répété du premier coup leur phrase. Normal, j’avais allumé discrétos mon appareil auditif. Rires dans la salle.
Est-ce que je referai cette exercice ? Sans doute, mais avec moins de propositions parce que c’est quand même assez fatiguant.
Ce mardi, je vais intervenir avec ma conférence-théâtralisée « Au secours, j’ai un collègue sourd » dans un collège auprès des 4èmes. Affaire à suivre, j’ai hâte !
Et si on arrêtait d’avoir peur ?
Apprenons à connaitre, et aller à la rencontre pour mieux comprendre. Puis d’en rire malgré la gravité du sujet tel que le handicap, le cancer, les maladies rares, les épidémies, le VIH, ainsi que d’autres thèmes sur la diversité avec l’homosexualité, la religion, les étrangers de tout horizons etc…
Et si on brisait le cercle de la peur ?
Comme « Évitons de parler de ce sujet, ça va faire peur au public » à propos du cancer. Justement, au contraire, informons au plus large. Plus la peur perdra du terrain, plus le regard sur ceux qui nous entourent sera positif et constructif. On peut être prudent au lieu d’être méfiant.
Et quoi de mieux d’en savoir plus par le théâtre, par l’humour.
Pour le cancer, je vous invite à découvrir la Chauve-SouriT de Caroline Le Flour. Un One woman show sur son expérience du cancer qui décape : « Mon cancer va vous faire mourir… de rire ! ». Pour ma part, j’ai hâte de la voir ! Même si je ne suis pas concerné directement. Enfin, presque, puisque j’ai des membres de ma famille ou des amis qui l’ont eu.
Puis sur le handicap, c’est tellement large. On devrait dire des handicaps. Cela recoupe les 85% de handicaps invisibles et 15% concernant le handicap moteur dont 3% pour ceux qui utilisent le fauteuil roulant.
Ne pas hésiter à informer que chaque personne ayant un handicap est tout d’abord une personne avec son histoire, ses émotions, sa personnalité, ses talents.
Ne pas hésiter à témoigner que le cancer n’est pas contagieux comme pour le handicap. On pourrait dire aussi nos différences physiques, nos différences sensorielles, nos différents de couleurs, nos différences émotionnelles, nos différences culturelles.
Bref, savourons et ancrons en nous cette phrase de Saint-Exupéry : « Nosdifférencesloin de nousléserdoiventnousenrichir »
. One Woman Sit Up show de Stéphanie De Wint Binon
Là, j’ai de la chance, elle vient dans la région lyonnaise, à Chaponost le 12 février à 20h30 à l’auditorium dans le cadre du festival Histoires d’en rire. Venez donc nombreux, j’y serai aussi et cela ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd. (facile, je sais, je ne le dis plus à ceux qui me connaissent).
Et puis y en a qui cumulent un peu comme Gérard Lefort, Un vieux noir en fauteuil roulant, tout pour plaire!
Alors, oui s’informer pour mieux appréhender différents sujets qui peuvent nous faire peur MAIS bien identifier les sources d’informations. Apprendre à prendre du recul et s’entourer de bonnes personnes qui peuvent nous aider à mieux comprendre ce qui nous coince. Du bons sens, mais cela s’apprends aussi !
Au cas où vous ne sauriez pas, sur la surdité, vous avez ma conférence-théâtralisée « Au secours, j’ai un collègue sourd », un seul sur scène sur l’accueil d’une personne sourde abordée avec humour et avec le regard de plusieurs personnages. (Oh le gars, qui fait sa propre promo!).
Alors vous êtes prêts à dépasser vos peurs et le courage d’en parler?
Vivement que j’entendes des rires au lieu des silences de gène !
En Janvier 2018, je m’étais posé à temps plein pour réfléchir à ma création d’entreprise au Mix, un coworking à Tassin.
Pourquoi ? Parce que j’avais enchaîné des petits boulots qui ne me laissaient pas d’espace pour concrétiser mon projet : Faire de la sensibilisation aux handicaps.
Une piste s’était dessinée suite à mon parcours chez Co-Naissances : Utiliser le théâtre comme support de sensibilisation. A l’époque, je ne me sentais pas encore légitime. Allez comprendre pourquoi au vu de mes expériences sur scène. (20 ans depuis le Lycée, et apprentissages auprès des compagnies et théâtre de qualité : Théâtre des Carmes, Compagnie le Voyageur Debout, Les 400 coups, Théâtre de Bulle).
Je voulais entreprendre pour ne plus être dépendant d’un patron, d’être libre au niveau de ses horaires et du choix des clients. Et que je puisse offrir mes prestations à la hauteur des mes capacités et de mes besoins spécifiques liés à ma surdité (j’évite les environnements bruyants, les réunions à rallonge où je comprends à moitié etc…).
Bref, comment je suis arrivé à me décider à faire des conférences-théâtralisées ? C’est en allant à la rencontre des entreprises à Handiagora en avril 2018. A chaque fois que je parlais de mon projet de « Au secours, j’ai un collègue sourd », mon interlocuteur avait la banane. C’est ainsi que le dimanche suivant, à 6h du matin, j’esquissais les 10 premières pages de ma pièce. Puis grâce au soutien d’un coach artistique, Laurent Lacroix d’Evedia, j’ai pu tester ma pièce au sein du Mix puis fait ma première pour les entreprises au Complexe du Rire le 5 juillet 2018.
(Au passage, j’ai supprimé les slides dans ma version actuelle car trop contraignant et pas nécessaire 😀 )
Et j’ai intégré le 7 juin Graines de Sol pour tester mon activité entrepreneuriale.
Alors, au final, combien de représentations ? Est-ce que j’arrive à en vivre ?
30 interventions depuis fin mai 2018 auprès des entreprises.
J’ai aussi réalisé d’autres types d’interventions tel que des témoignages et des ventes-dédicaces de mon livre « Sourd et certain ». (550 livres vendus depuis février 2019)
Et non, pour l’instant, je n’en vis pas mais c’est mon souhait d’en vivre !
Comme il me faut des ressources pour faire vivre ma famille, étant marié et père d’une petite fille de 3 ans, il faut trouver un boulot en parallèle. Revenir sur un poste de salarié après deux ans entrepreneurial, c’est pas simple !
Mais quels ont été les points positifs de mes deux ans :
– Un sacré réseau dans le milieu handicap et emploi. J’ai noué des contacts et surtout des partenariats. J’ai des partenaires en or qui me font connaitre tel que Talentéo, ou bien me font intervenir dans leurs actions tel que Acteurs et compagnie et l’Association Sarahca.
– J’ai beaucoup œuvré dans la communication, travaillé en lien avec des prestataires pour parfaire mon marketing, crée des vidéos, et animé mes réseaux sociaux. Cela m’a permis de faire des rencontres très riches et d’apprendre beaucoup de choses en terme de com’ et de prospection (ce qui n’est pas une mince affaire, je l’avoue ). Merci à Joanov,Hooklink et Pigment des Belettes.
– Des événements inoubliables tel que la soirée Handicap et entreprises, ça tourne en 2018, ma tournée avec l’APIRJSO dans la région centre, la mensuelle à l’APADLO et mes différentes participations à Sport2job de Talentéo, le colloque d’UNEA où je suis intervenu 8 mn !
Intervention au Colloque de l’UNEA
Bref, C’est très simple, je continue mon activité de conférencier et formateur, mais d’abord, ma priorité, c’est de trouver un boulot à mi-temps ou temps à 75%. Pourquoi pas à temps plein ? A cause de ma fatigue auditive et que je connais mes limites au vu de ma fatigabilité.
Mon rêve ? Trouver un poste d’agent d’accueil et orienter les usagers, gérer des salles comme j’avais fais pendant trois ans dans un lieu d’accueil de groupes. Ou bien assurer des formations dans le champ du handicap en binôme. Soyons audacieux, n’est-ce pas ?
Pour répondre à la question, entreprendre ou être salarié, c’est vraiment au cas par cas. Pour ma part, j’ai répondu à mon besoin de liberté et de créativité à l’époque pour entreprendre. Maintenant, d’autres besoins se font ressentir en fonction des circonstances familiales et professionnelles.
Alors, si jamais vous avez des pistes, je suis tout ouïe !
Et je ne regrette pas du tout d’entreprendre et j’en suis très heureux! L’un n’empêche pas l’autre.