Sourd mais pas que … et les youtubeurs sourds

Voici ma cinquième vidéo. Bon visionnage

 

Et voici la liste des youtubers sourds à découvrir:

Dhafer :

Mélanie :

Lucas :

Titi et Lulu :

Chroniqueuse sourde:

Une voix et des signes :

Un sourd, pas un idiot!

Un vrai sourd

Bonjour à tous,

Voici ma deuxième vidéo :

 

Très bonne semaine à vous!

 

Vidéo : Un sourd à la parole

Bonjour à tous,

Voici ma première vidéo. Un grand merci d’avance pour vos retours!

Fatigué de mal-entendre

Depuis trois semaines, j’entends mal.

Euh, Vivien, t’es sourd de naissance. T’entends mal depuis heu… bien longtemps !

Bien sûr, mais là, ce n’est pas la même chose, mon appareil auditif est défaillant parce que cela fait 6 ans que je la porte. Elle s’use. Normal, je la porte 7 jours sur 7 et 16 heure sur 24 environ.

Je comprends moins bien les conversations.

Cela me demande beaucoup plus de concentration pour essayer d’entendre et d’écouter ce que disent les autres même dans un environnement calme. Cela me demande d’énergie et c’est pour ça que j’ai tendance à vouloir m’isoler et à être au calme. Ou bien, je suis partant pour jouer, faire des choses sans nécessairement devoir entendre, écouter, comprendre.

Oui, mal-entendre, c’est fatiguant.

N’est-ce pas épuisant de ne pas comprendre un enfant qui commence à parler et qu’on essaye de décrypter à longueur de journée ? C’est le même principe, à peu près !

Et quand la fatigue est présente, j’ai du mal à être disponible, plus efficace. Je pense que ça doit être la même chose pour tout le monde, non ?

C’est pour ça que j’aime bien aller dans la nature, dans le silence, m’imprégner des couleurs, observer les oiseaux et effectivement prendre des photos.

 

Je voudrais choisir de bien entendre pour mieux comprendre.

Choisir pour être plus présent, disponible.

Choisir de respirer, de se reposer et de trouver des solutions à court terme pour avoir une vie sociale un peu plus confortable.

Parce que s’isoler, à force, c’est mauvais pour l’humeur, pour le moral.

J’ai besoin aussi de rencontrer des personnes vivifiantes, d’échanger et de déconner parfois. Cela fait aussi du bien de se défouler. Plus jouissif quand c’est avec des personnes avec qui on est sur la même longueur d’onde. N’est-ce pas ?

 

Bien sûr, mal-entendre à un impact sur le moral mais cela ne m’empêchera pas de continuer de vivre et de choisir d’avancer dans mes projets, d’agir et d’être au quotidien présent avec mon entourage.

 

Si vous entendez mal, ne craignez pas d’en parler à votre entourage, d’en parler, de dire des mots sur vos maux.

Ne nous enfermons pas dans notre mal-être. Déjà choisir de s’ouvrir, c’est faire le premier vers l’épanouissement malgré tout.

Je ne suis pas sourdperman

Je ne suis pas sourdperman.

Je suis simplement un homme avec des talents et des faiblesses.

Je ne suis pas que sourd, j’ai aussi d’autres facettes qui font partie de ma personnalité.

Bien sûr, ma surdité a façonné ma personnalité mais aussi les rencontres, les rencontres, mes expériences à travers le volontariat, le bénévolat, le théâtre.

Je ne suis pas superman, comme pour chacun d’entre-nous. Nous ne pouvons pas être partout à la fois. Il me faut faire de mon mieux, avec mes capacités, mes connaissances, mes talents.

Nous sommes tous impuissants face à des évènements qui nous dépassent, dans nos jobs au quotidien. Je commence à comprendre qu’à partir du moment où l’on accepte d’être impuissant, nous pouvons nous déployer avec nos talents, nos propres ressources.

Ce n’est jamais facile bien sûr.

Je reconnais que ma surdité a façonné un de mes talents. Cela m’a aiguisé la vue, le sens des détails. J’ai compensé sur un autre sens comme les aveugles compensent énormément sur l’ouïe, sur le toucher. Un talent est un don qui est en nous depuis l’enfance. Il est primordial que ce talent ou ces talents puissent être fructifiés, s’épanouir, être partagés. Sinon, à quoi ça sert les talents si on ne s’en sert pas ?

J’en profite pour vous partager un de mes rêves que je concrétise :

« Monter une expo-photo »

Voici donc le flyer.

Flyer Expo photo_01

 

Je vous souhaite de trouver vos talents, de les prendre soin et de les faire grandir.

 

Oh un sourd! Préjugés, quand tu nous tiens!

Oh j’ai rencontré un sourd.

Oui mais plus exactement. C’est bien vague un sourd. C’est comme si tu disais un français ou même pire un africain. Y a tellement de diversités.

C’est une personne sourde. Parce que c’est d’abord une personne. On ne résume pas son identité à sa surdité. Enfin, cela dépend pour certains. Ceux qui signent se disent partie d’une communauté sourde. J’avoue que cela m’hérisse le poil. C’est plutôt la communauté des sourds signants. Et encore, sans doute, chez les sourds signants, ceux qui utilisent, je précise la langue des signes, ne se reconnaissent pas dans cette communauté.

Hé non, tous les sourds ne signent pas. J’ai beaucoup de respect pour Emmanuel Laborie mais à travers la médiatisation de ses prises de position sur la LSF, j’ai l’impression que l’image des sourds se réduit à la LSF dans la société. Je sens que ça peut saigner sur ce que je vais dire mais les sourds, en grande partie, n’utilisent pas la LSF. Les sourds signants ne sont qu’une petite minorité. Et elle est à reconnaître bien sûr mais pas à prendre toute la place.

Je suis sourd oralisant. Ce n’est pas parque que je suis sourd que je dois signer. J’ai fait le choix (même si c’était le choix de mes parents au départ) de continuer à parler et à entendre grâce à mon appareil. J’ai malheureusement croisé des personnes, entendantes, qui étaient contre l’oralisme. Merci madame, j’oralise et je m’en sors très bien. En disant qu’elle était contre l’oralisme, ce n’est pas me reconnaître, ne pas reconnaitre ceux qui oralisent.

J’ai une chance énorme, je le sais, de pouvoir bien parler, d’avoir fait des études supérieurs. J’en connais même qui sont au ingénieur au CNRS, à l’Insee alors qu’ils sont plus sourds que moi.

Il existe plusieurs façons de comprendre les autres comme la lecture labiale.

Quand des personnes adultes deviennent sourdes, ils s’imaginent qu’ils devront apprendre la langue des signes. Cela ne sert à rien si dans leur entourage, personne ne la pratique. Elle peut passer par la lecture labiale sans que cela oblige l’autre personne à utiliser la LSF ou la LPC. ET oui, la Langue parlé Complété (LPC), voici un autre type de codes utilisé chez certains sourds.

Autre chose, un sourd n’est pas idiot. On imagine qu’un sourd est limité intellectuellement alors que c’est faux.. Imaginons que vous avez des notions d’anglais. Vous allez en Angleterre. Vous vous exprimez mal bien sur car vous ne connaissez pas bien la grammaire, les tournures de phrases un peu complexes. Ils ne vont pas vous prendre pour un idiot. Non, vous êtes un étranger.

Pour les sourds, c’est la même chose. C’est un étranger dans la langue de son propre pays, un comble ! Nous devons faire un apprentissage plus poussé de la langue pour saisir les nuances, pour faire des liens. Pour pouvoir communiquer de la meilleure des façons et se comprendre.

Donnons vraiment tous les moyens possibles pour que chaque personne sourde ait accès à la lecture, à l’écriture, et vous verrez que cette personne pourra exploiter une grande partie de ses potentialités. C’est la lecture et l’écriture qui m’a beaucoup aidé pendant mon enfance.

J’oubliais. Tu découvres que je suis sourd. Nous ne sommes pas obligés d’aborder la surdité, n’est-ce pas ? J’ai des passions, des envies, des rêves. Si tu veux bien, on peut en parler un peu plus tard! 😉

C’est comme rencontrer une personne avec un autre type de handicap. Il n’est pas son handicap!

Alors, tu as rencontré un sourd ? J’ai pas bien entendu!

 

Une journée d’une personne sourde

(Journée fictive inspirée de faits réels, avec des mots clés surlignés qui vous donneront de plus amples informations)

 

6h45. Je suis réveillé par une lumière douce et agréable. Un super réveil lumineux progressif. Je mets mon appareil auditif et les sons me parviennent faiblement au fur et à mesure que je me déplace dans la maison.

J’essaie de ne pas faire trop de bruit sachant qu’il y a du monde. Je peux être bruyant sans me rendre compte.

7h45. Je prends mon vélo pour aller au boulot. J’ai mis un bonnet pour éviter que le vent souffle dans le micro de mon appareil. Cela ferait chrouchrouchrou pendant la durée du trajet. Pas terrible.

8h15. Enfin, j’arrive au boulot. Je suis souvent le premier. J’aime bien arriver dans le silence et me mettre devant l’ordi en douceur pour commencer mes tâches.

8h35. Une lumière s’allume près de la porte. Quelqu’un a du appuyer sur un bouton pour m’avertir de sa présence. Je vais ouvrir la porte. C’est un de mes collègues qui vient me saluer.

9h10. Le téléphone sonne. J’actionne l’amplificateur et je décroche. J’entends sans soucis malgré l’accent de mon interlocuteur.

11h00. Déjà la réunion. Je prends avec moi mon micro-HF que je mettrai au centre la table. Je ferai attention à le mettre sur un support souple, car posé à même la table, les bruits de métal s’amplifient carrément dans mon appareil. (Il y a aussi le Convivéo de Tintéo)

12h30. La réunion s’est très bien passée avec un son bien net qui allait directement dans mon appareil. Par contre, cela me fout un mal de crâne. Je prends toujours un doliprane pour me soulager.  Mes collègues savent que dans ce cas-là, j’ai besoin de silence dans mon bureau pour me reposer.

13h00. Repas au self. Ce n’est pas trop le moment que je préfère. C’est assez bruyant malgré les panneaux d’isolation phonique dans le resto. J’ai tendance à manger vite et aller marcher ensuite pour me détendre avant de reprendre le boulot à 14h00. Le bruit à vite tendance à me fatiguer.

16h00. Il me faut aller à la poste. Arrivé au guichet, j’actionne mon appareil sur la position T car une borne avec une boucle magnétique est posée devant l’employé. C’est très confortable pour échanger sans s’énerver sur des malentendus.

17h30. Je boucle les dossiers, mes derniers mails que je dois traiter et enfin, je m’en vais faire du sport pour 18h entre le boulot et chez moi. Du badminton. Bien dynamique, tout en sueurs.

18h15. Etirements et échauffement au badminton. J’ai mis un bandeau anti-transpiration pour éviter que la sueur vienne court-circuiter mon appareil auditif. Je détesterai jouer dans le silence. Etrangement, j’ai besoin d’entendre les déplacements. Par contre, si mon partenaire me crie derrière, je ne saurai pas ce qu’il me dit et surtout où il est. Je ne suis pas en mode stéréo. Je dois sans cesse regarder, observer, être aux aguets.

20h15. Je suis de retour à la maison, tout bien fatigué et rafraichi par le sport.

Oh joie, du courrier. C’est la MDPH qui répond positivement à mon renouvellement d’allocation d’adulte handicapé. Et enfin, l’AGEFIPH est d’accord pour me financer une formation en lien avec mon boulot. Cela fait du bien d’avoir des droits parce que l’air de rien, vivre le handicap selon certaines situations, cela n’est jamais facile.

21h00. Je pars chez des amis, mais en petite comité, pour faire des jeux et déconner. Là, pas besoin d’aides techniques. Ils me connaissent et sauront faire pour que je puisse suivre dans de bonnes conditions. Que c’est bon !

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Vivre avec le silence

Un silence apaisant pour me reposer.

Une musique sans son pour faire danser au repos mes neurones.

Un vrai silence où je peux entendre à peine un bruit avec mon appareil.

Un silence où les couleurs du monde prennent forme.

Un silence où les silhouettes se détachent de mon horizon.

Une harmonie du vide sonore pour mieux percevoir d’autres sens.

Pour mieux sentir les odeurs des fleurs ou le parfum d’une femme.

Pour mieux sentir une peau douce, un bois travaillé, une peluche d’un enfant.

Pour mieux saisir les saveurs subtiles d’un curry d’agneau, d’un dessert au chocolat.

Pour mieux voir les détails d’un tableau ou les insectes dans l’herbe.

 

C’est vrai que l’on peut avoir peur du silence, pour ne pas se retrouver.

Peur de se laisser déborder par des émotions ou des idées noires.

Crainte de s’ouvrir à l’inconnu et de se laisser surprendre par des bruits inattendus.

Crainte de perdre des informations et de se sentir en décalage.

 

Y a-t-il des vrais silences ?

Dans le désert ? Dans la campagne profonde sans âme qui vive ?

Puis y a du bruit dans la tête avec toutes nos idées qui se bousculent, nos mots qui s’entrechoquent.

 

Dans le silence extérieur, on peut entendre notre corps.

Comme le corps qui bat rapidement pensant que l’on marche dans le grenier.

Comme le ventre qui gargouille croyant que c’est le parquet qui grince.

Pour ma part, je peux l’entendre avec mon appareil auditif. Sans ce dernier, rien du tout.

 

Le silence s’apprivoise.

C’est notre état intérieur qui fait que le silence est pesant ou pas.

Le silence a son propre langage.

Il est parfois plus important que la parole comme utiliser le regard, les gestes, la posture.

 

Je préfère des sons harmonieux, distincts, sans grésillements, sans accrocs.

Le bruit m’est insupportable avec mon appareil auditif.

J’apprécie le silence quand c’est moi qui le choisis, qui le décide comme quand j’éteins mon appareil dans un métro où des gens parlent fort, ou bien en sortant d’une salle où il a une fête bruyante.

 

Et vous ? Quelle est votre rapport avec le silence ? Avec le bruit ?

M’enfin, connecte-moi!

Dans la vie de tous les jours, j’ai toujours besoin de faire répéter les gens parce que j’entends rarement les débuts de phrases. Comment comprendre l’autre personne dans ce cas-là ?

Au lieu de de dire : « Peux-tu répéter s’il te plait ? », surtout dans une situation où la personne me parle sans avoir prévenu, loin ou de dos.

Je préfère dire : « M’enfin, connecte-moi ! ». Cette phrase marche bien avec mon entourage, surtout avec un groupe avec qui je travaille.

Pourquoi ? Je peux considérer que ma surdité est l’équivalent d’une absence d’un mode wifi ou Bluetooth. J’ai besoin d’être câblé, connecté par un fil comme en me prévenant que l’on va me parler.

Et quand je suis fatigué, je suis en position modem 56K. Pour ceux qui ont plus de 25 ans doivent connaitre. Les informations mettent du temps à arriver, surtout à se connecter. Non, je vous rassure, il n’y a pas ce bruit dans mon cerveau pour me connecter à vous. (Par ici, le fameux son du modem 56K). J’avoue, j’exagère un peu sur le modem.

 

Récemment, je servais le repas pour un grand groupe de jeunes. C’était épuisant car ils me sollicitaient et je ne pouvais pas leur répondre du tac au tac. Ils ne savaient pas que j’étais sourd oralisant appareillé. Ils étaient juste de passage.

Je leur disais : « »Attendez, je suis malentendant. Je ne peux savoir qui me parle dans le bruit. Qui m’a parlé ? ». Et quand je repartais, j’entendais des piaffements et des rires. Oh misère ! Ces jeunes !

 

Pour que je sois bien connecté, il faut s’assurer que je vois bien la personne, pas en contre-jour par exemple.

Et bien sûr, dans un environnement non bruyant. Je fais répéter aussi quand lors de la conversation, une horloge sonne ou une voiture qui klaxonne etc…

 

Puis la connexion marche aussi entre deux entendants pour qu’il y ait une meilleure écoute, un dialogue plus ajusté. La Wifi ne suffit pas parfois à rétablir des liens,  à travailler ou discuter dans de bonnes connexions.

 

Pour ma part, être connecté demande de l’attention, de l’énergie, de la disponibilité. Au bout de 20 minutes de téléphone, je sature. Et pour des réunions, ma vigilance baisse au bout d’une heure et demie. Si la personne a une voix monocorde ou une fréquence inaudible, c’est divisé par moitié, ou pire.

 

Alors, on se connecte ?