Fin de périple en Norvège et retour en France

En partant de Stavanger, je me sentais déjà sur le retour même s’il y avait encore 8 heures de route jusqu’à Oslo, puis deux heures après, j’enchainais sur le flixbus pour la France.

Mais ne grillons pas les étapes.

Le début du voyage se passait énormément dans les fjords, avec des routes sinueuses mais non ennuyeuses.
Une petite ville m’a interpellé : MOI !
Pas ma personne, hein ? Cela devait bien se dire M…O….I
Elle était au bout d’un grand fjord, étroit aussi par endroits.

Je fus surpris de voir un gué de chemin de fer coupant le fjord. Par manque de budget ?

Evidemment, il y a eu beaucoup de tunnels.
Et le plus etonnant, nous avons eu droit à un enchainement tunnel – viaduc – tunnel sans transition. Nous avions franchi un fjord très étroit et abrupt. Je n’avais même pas eu le temps de prendre une photo.
D’ailleurs, je n’en ai pris aucun.

Nous nous arretions dans pas mal de villages, de villes.
Un endroit m’a surpris, ce fut le départ d’un vélorail avec beaucoup d’enfants avec des gilets jaunes. le départ commencait direct dans un tunnel.
Ce fut à Flekkefjord exactement !

Dans la continuité du voyage, je pris conscience que la route était peu adapté pour les vélos même si nous avons croisés deux cyclotouristes en 8h.
Il y a eu un changement de chauffeur à Kristiansand au bout de 4h de route.

Comment pendant tout le voyage, j’avais éteint mon appreil, je voyais parfois le chauffeur parler dans le micro, je ne pouvais de toute façon rien comprendre vu qu’il parlait le norvégien.

Bref, arrivée à Oslo à la nuit tombante vers 22h, je descendais à la gare routière pour reprendre le flixbus à 23h55.
J’en profitais pour me dégourdir les jambes et surtout de grignoter.
J’étais allé dans un magasin toujours ouvert et j’étais toujours démuni devant la multitude de confiseries et de barres chocolatées.
Pour changer un peu, je pris une barre un peu fine, avec un emballage noir appellé Nero.
En sortant du magasin, je croquais dedans et tout de suite, un gpût infect envahissait mon palais.
J’avalais le morceau avec dégout.
C’était genre de la réglisse enrobé de chocolat.
Je jetais avec dépit le reste à la poubelle.
Pour me débarrasser du goût, j’achetais une valeur sure dans un distributeur : des snikers.

L’heure du départ, je montais dans le bus après avoir montré mes papiers et m’installé au fond du bus. Je m’étais bien équipé pour passer un bon voyage, en éteignant mon appareil auditif et en mettant un masque pour les yeux.

A l’aube, je voulus rallumer mon appareil auditif et là, le drame, rien !
Je serai donc dans le silence complet jusqu’en France.

Lors d’une étape à Copenhague, je pus échanger en anglais avec ma voisine de bus, par écrit sur mon portable.
Par la suite, elle me transmettait par écrit les informations, et surtout à Rostock où elle me disait au revoir en tapotant sur son portable.
J’ai beaucoup apprécié cette flexbilité.

Nous avons pu avoir un beau soleil tout en traversant le Danemark et sur le ferry pour l’Allemagne

Début de l’Allemagne après le ferry, vers Puttgarden


Changement à Berlin où mon deuxième flixbus a eu 40 mn de retard.
Le reste du voyage se passa sans encombres même si je fus reveillé plusieurs fois lors des escales en plein coeur de l’Allemagne.

Fin de journée après être parti de Berlin !

Je pourrai vous avouer que le silence subit me pesait un peu.
J’avais finalement de drôles d’acouphènes comme une radio au loin. J’avais l’impression d’entendre une voix feminine qui chantait sans s’arreter sur une seule note, et par derrière, un tenor !
Je n’avais pas de télécommande pour changer la station radio.

Bref, nous fûmes controlés qu’une seule fois, c’était à Belfort, étonnant, non ?

Enfin, j’avais hâte d’arriver sur Lyon.

Si on me pose la question si je me suis bien reposé pendant mes vacances en Norvège. Je vous dirai que non mais j’en ai bien profité.

Mon périple prit donc fin et sans photos pour une fois ! C’est ballot, je sais !

Une question pour vous :
Qu’avez-vous le plus apprécié dans mon récit de voyage en Norvège ?

Allez, un petit rappel de mon périple :
De Lyon à Oslo en bus – Du lundi 21 juillet au mercredi 23 juillet
Une journée à Oslo – Mercredi 23 juillet
D’Oslo à Bergen en train Jeudi 24 juillet
Virée à Bergen en trois parties Vendredi 25 juillet
Visite d’un fjord en bateau Vendredi 25 juillet
De Bergen à Stavanger Samedi 26 juillet
Halte à Stavanger en deux parties Samedi 26 juillet et dimanche 27 juillet
– Et le retour bien sur! Du dimanche 27 juillet au mardi 29 juillet

Opération un sourd en fauteuil

Ce jeudi 21 novembre, je devais ramener un fauteuil roulant sur Lyon pour une formation. Habitant Chaponost, j’ai saisi l’occasion d’expérimenter un trajet en fauteuil roulant. Un sacré défi.
Tout d’abord, j’ai dû anticiper sur les arrêts de bus accessibles. Le plus prêt était la Gare de Chaponost, dans la vallée. Il me fallait descendre donc. Légère appréhension. Puis je voulais prendre quelques affaires mais je ne voulais pas prendre mon sac à dos et l’accrocher derrière mon dos, de peur que je n’entende rien si on tente de me le piquer. Donc j’ai fait le choix de prendre une sacoche en bandoulière.
J’avoue que j’étais un peu stressé. Par chance, il faisait grand soleil.

Le début fut galère. Je roulais sur la route mais je partais sans cesse vers le trottoir à cause d’un devers. Je n’avais donc pas le choix, j’ai roulé sur le trottoir difficilement. Arrivé à un arrêt de but, un bus s’est arrêté pile poil pour me proposer de monter. Ce n’était pas le bon bus et n’allait pas dans la bonne direction, j’ai donc refusé. Dès que le bus était reparti, j’ai réalisé qu’il aurait pu me déposer à la gare qui était sur son passage. Grave erreur !
Et c’est ainsi que quelques mètres plus loin, j’amorçais la descente. Je freinais avec mes mains (j’avais des gants, of course). Par trois fois, j’ai failli basculé en avant. Mes jambes m’ont effectivement aidé à éviter la chute finale. Je n’ose pas imaginer la suite  si je ne l’avais pas fait.

Et là, j’ai dû emprunter la piste cyclable en sens inverse pour descendre à la gare. J’ai dérapé plusieurs fois à cause de mes roues de devant. Le fauteuil, il me semble, n’était pas approprié pour des déplacements à long cours. Il servait juste pour de la sensibilisation.

Enfin, j’arrive à l’arrêt de bus. J’ai dû contourner un bosquet pour pouvoir l’atteindre. La chauffeuse de bus a pu sortir la rambarde mais a eu beaucoup de mal à le refermer. Si elle savait que j’étais un imposteur, elle n’aurait pas apprécié !
Une passagère m’avait aidé à monter. Et le composteur ne fonctionnait pas. J’avais demandé à un passager de valider ma carte à un autre composteur, Cela s’est passé sans souci. Voyage en bus tranquille.

Arrivée à la gare d’Oullins paisible. l’ascenseur fonctionnait très bien même s’il n’y avait pas de miroir qui te permet de reculer sans devoir regarder derrière. Même chose pour l’ascenseur qui va au quai. Dans le métro, je n’ai pas senti de regards curieux, gênés. Il y avait juste une mendiante qui est passé devant moi sans me demander des sous. Vous comprenez, je suis handicapé, je dois être pauvre!

En sortant du métro à Jean Macé, je voulais atteindre le tram. Et en tentant de passer un passage roulant, euh piéton, j’ai eu du mal à monter sur le trottoir. Une vieille dame a posé ses courses et a tenté de m’aider. Je l’ai remercié gentiment et j’ai pu monter un reculant avec mon fauteuil. Oui, ce n’était pas la première fois que j’en faisais, je précise.

Et c’est ainsi que j’ai pu finir mon parcours avec le tram jusqu’à Bachut où je n’ai rencontré aucune difficulté. Ah si, juste à la fin pour rejoindre l’ORT, j’ai du faire un détour à cause des travaux.

Pour conclure, j’ai apprécié cette expérience pour mieux comprendre comment cela pouvait être galère de se déplacer et que c’était un métier ! Donc une pensée pour ceux qui se déplacent quotidiennement sur des cheminements parfois laborieux. Mais aussi pour les personnes aveugles où les obstacles peuvent être dangereuses, surtout ceux qui sont en hauteur!

Voyage d’un jeune réfugié vers l’inconnu – 1

(Récit imaginé en m’inspirant des faits réels)

 

Je suis angoissé. Je respire tout doucement.

Je monte dans le bus vers une destination à peine choisie.

J’ai pris au pif. La Provence. Pourquoi cette région ?

Pour avoir plus chaud sans doute.

Je suis fatigué. Je tremble de froid. Ou de peur ?

Je ne comprends pas ce que me disent les français.

A peine quelques mots. Mais je peux sentir si c’est contre moi ou pas.

Par leur voix, leur mimique du visage. Surtout le regard.

Heureusement, j’ai un ami avec moi. Un ami de mon pays.

Comme la plupart de ceux qui ont vécu dans la jungle,

On a bravé le désert, les violences des passeurs, les tortures.

Puis l’infinie eau salée qui pouvait nous engloutir à tout jamais.

J’avais confiance malgré tout. Je n’avais plus rien à perdre.

J’avais tout à gagner en fuyant les bombes qui ont dévasté mon village.

Mes parents n’ont pas survécu. Mes trois frères sont partis vers l’Angleterre.

Je ne sais pas s’ils sont vraiment arrivés. Je n’ai plus réussi à les joindre.

Abdul, mon ami, n’a pas voulu me lâcher pour me lancer à la recherche de mes frères.

Et surtout pour trouver un lieu où nous pourrions vivre et non plus survivre.

Me voici donc dans le bus, assis sur du plastique qui protège les fauteuils.

Je ne me sens pas contagieux pourtant. J’ai pu prendre ma douche hier.

Froide certes,  mais une douche quand même.

Un blanc m’a offert un IPAD pour que mon voyage soit moins pénible.

Que puis-je craindre ? Que le bus chavire ou coule ?

Cela m’a l’air plutôt stable.  Mais est-ce que le chauffeur n’est pas un pourri

Qui pourrait nous abandonner en plein milieu du pays sans savoir où l’on pourrait aller ?

C’est idiot. On nous a promis qu’on serait en sécurité et qu’il y aurait des gendarmes pour veiller sur nous.

Faut leur faire confiance. Je n’ai pas le choix. Même si j’ai vécu une très mauvaise expérience en Hongrie. Je préfère ne pas en parler.

Si je devais me méfier de tout, je ne pourrai plus vivre. Je suis déjà angoissé à la base. Ce n’est pas la peine d’en rajouter une couche.

Le bus roule depuis un temps. Cela me semble une éternité ce voyage et pourtant, je suis de plus en plus apaisé.

Quand trouverai-je mes frères ? Sont-ils encore vivants ?

Dieu seul le sait.

(A suivre)