Réecrire la réalité sourde

Un vaste programme donné par la conférence de Ryan Commerson, organisé par Rogervoice avec Olivier Jeannel de Thiersant, et CinéSourds.

Nous avons eu droit à une vision américaine de la surdité, un autre regard !

Beaucoup plus positif.

C’est très centré sur la langue des signes française puisque c’est le coeur central de la communauté sourde.

Il nous beaucoup posé de questions au début.

Sur des concepts d’identitié, de liberté, du poids des mots.

Il a invité la communauté sourde à s’ouvrir encore plus, à être présent avec leurs talents, leurs forces.

Et de s’appuyer encore plus sur les technologies avec la 6G, l’IA.

– J’avoue que mon côté sensible à l’environnement, j’ai grincé des dents. Certes, c’est bien de s’appuyer dessus mais le réel est nécessaire de le travailler si un jour l’informatique nous plante !

Pour ma part, je retiens plus l’idée d’être présent pleinement avec ce que nous sommes.

Ne plus dire « Je suis sourd, je n’entends pas »

Mais juste « Je suis mes compétences, mes talents » avec mes solutions sous le bras.

Ce que je souhaite, après cette conférence, c’est de pouvoir réconcilier encore plus la diversité du monde des sourds entre les signants et les oralisants.

C’est ce que j’essaie de faire avec travers mes spectacles accompagnés d’une interprète LSF.

Puis il existe pleins de spectacles bilingues à faire connaitre.

Même s’il y a la thérapie génique, le monde des sourds ne disparaitra jamais tout comme la langue des signes.

Même si au niveau politique c’est galère, et même au niveau médias, je vois beaucoup d’initiatives qui se créent autour de la langue des signes, et sur d’autres moyens de communication tel que la LPC, la lecture labiale etc.

Et surtout penser équité, accessibilité universelle et cela coulera de source !

Bref, déjouer les dialogues de sourds et nous rendre encore plus visible.

Je serai interessé d’avoir d’autres ressentis en commentaire !

Le bruit du bain

Juste le quotidien d’un sourd !

C’est du vécu, j’ai refait la scène en vidéo 10 minutes après !

Périple inattendu en vélo dans les monts du Lyonnais

Ce mardi matin, je suis allé à une mission bénévole à l’Arbresle. J’avais décidé d’y aller en train, avec mon vélo éléctrique, juste entre la gare et mon lieu de mission.

Mais en arrivant dans le Tram-train, j’avais lu que les trains seraient supprimés entre 10 et 16h.
Enfer et damnation !
Bon, comme j’étais en vélo éléctrique et que ma batterie était à bloc, j’avais estimé possible de faire le trajet en l’Arbresle et Chaponost. J’avais anticipé avec la météo en prenant un sur-pantalon de pluie.

Après mon intervention et le déjeuner avec mes collègues, je pris mon vélo, bien quipé pour la pluie. La sortie de l’Arbresle ne fut pas désagréable avec une voie cylcable agréable le long de la Brevenne jusqu’à Sain Bel.
Et le soleil apparut pendant ma montée vers le col de la Croix du Ban. Et à la sortie de Saint Pierre La Palud, j’appris que le col que je voulais franchis était fermé. J’ai du faire un détour pour monter au col de la Luère.
Google Maps m’a fait passer un chemin ardu et bien pentu, bien caillouteux. J’ai du le monter à pied, inutilisable avec mon vélo éléctrique.
Quand j’avais enfin rejoint la route, j’étais en sueurs et essouflé.
Et hélas, je n’avais pas d’eau sur moi. J’avais oublié ma gourde chez moi.
Heureusement, la montée vers le col fut plus agréable avec de belles couleurs d’automne. Dommage, je n’ai pas pris de photos tellement j’étais concentré sur le pédalage.

En arrivant au col de la Luère, j’avais décidé de passer par Saint Bonnet le Froid pour rejoindre le col de Malval.

A peine arrivé au col de Malval, la pluie s’est invité à verse. Et il ne me restait que deux barres.
Heureusement, ce fut une grande descente jusqu’à Vaugneray. J’ai mis l’assistance en off pour économiser.
Le reste du trajet s’est révélé plus intense.
Il me restait encore 9 km depuis Vaugneray jusqu’à chez moi.
Je sentais la batterie faiblir et ce ne fut qu’à 2 kilomètres de chez moi que mon assistance éléctrique me lacha.
J’avais du pédaler avec beaucoup de sueurs surtout avec une bonne petite montée en arrivant sur Chaponost.
J’avais un bandeau qui protégeait bien mon appareil auditif donc pas de problème de ce côté-là !

En tout, j’avais fait 32 kilomètres en 1h45 !

Je fus quand même bien satisfait de mon périple même si j’ai dormi 1h en fin d’après-midi 😀 !


Comment appeler une personne sourde ?

Très bonne question !

Tout doit être fait dans le respect de la personne, mais aussi de tout être vivant et du matériel 😁

🤚🏼Établir un contact visuelle

– Faire des signes et se mettre devant la personne

– Allumer la pièce

– Taper de la main sur l’épaule

🔸ou par vibration

– Des coups sur la table

– Taper du pied (efficace quand c’est du parquet)

– Envoyer un texto pour faire vibrer son portable !

Evidemment, demandez à la personne son mode connexion préféré.

PS . Aucun animal a été blessé pendant le tournage

A l’écoute des petits bruits

Ce matin, en allant au marché, j’ai repris conscience que sans doute, je n’entendrais plus avec mes appareils.
Dans quelques années, probablement !

Alors, je savoure de pouvoir entendre et écouter, en ce moment.

Les froissements de papier en emballant le pain.
Les pas contre le bitume.
Les rires des enfants au côté de leurs parents.
Les croassements des choucas des tours.
La brise qui souffle dans mon appareil auditif.
Le « Bonjour » d’une connaissance.

Puis en revenant à la maison.

Les petits miaulements de mon chat.
Les bruits de fermeture de porte, en douceur !
Le glissement patiné d’une chaise.
Les bruits du clavier quand je vous écris.
Le glissement de la souris sur mon bureau.
Le robinet qui coule dans la cuisine.
Le cliquetis d’une cuillière dans une tasse.
La voix de ma fille au loin parlant à sa mère.
Un jouet qui tombe sur le sol chez mon voisin au-dessus.

Faudrait que je profite aussi à écouter plus souvent de la musique.
A ré-entendre mes morceaux préférées.

Puis quand j’irai marcher.

Entendre le craquement des feuilles mortes sous mes pas.
le moindre chant d’oiseaux.
Le tintement d’une cloche.
Les cliquetis de clés dans ma poche.
Des cailloux qui s’entrechoquent contre mes semelles.

J’aimerai entendre un orage qui gronde
Le tonnerre qui résonne dans la vallée.
Le brâme d’un cerf ?
Le son est trop grave, jamais entendu.

Ne plus penser à ce qui me manquera.
Il me faut profiter à chaque instant, maintenant.

Et surtout allier le son et la vue !

Observer une chouette hululer.
Contempler une cantatrice chanter.
Regarder la pluie tomber à verse.
Carresser du regard un orchestre jouer.
Toiser un chat ronronner.
Voir un public faire la ola lors d’un match de rugby.

Allez, Je continue à profiter.
A construire des projets.
Et surtout de rire et sourire
Après avoir pleurer un bon coup.

Crédit photo : Francesca Clayton

Mon test auditif chez l’audioprothésiste

Entendre n’est pas comprendre

Voici la preuve à travers mon audiométrie d’hier matin.

J’étais allé chez mon audioprothésiste pour confirmer ma baisse d’audition vu chez l’ORL.

Cela s’est passé en plusieurs phases :
.Test tonal avec et sans appareil auditif
.Test tonal avec le casque sur le conduit osseux
.Test vocal avec appareil auditif.

Et bien dans la vidéo, vous pouvez constater que je galère à comprendre certains mots même si je les entends :

Sauf à la fin de la vidéo où je suis à la ramasse complet.

Souvent, nous faisons de la suppléance mentale.
C’est à dire que nous essayons de deviner le mot selon le contexte.

Ça passe ou ça casse.

Pour info, il y a une vingtaine de listes de 10 mots.

Cela ne sert rien de les apprendre par cœur pour faire croire qu’on entend bien.

Avec tout ça, nous trouverons toujours des solutions pour s’entendre et se comprendre,
et surtout s’écouter.

Faites un test d’audition régulièrement, cela pourrait être bien.

Pour ajuster votre confort auditif si besoin.
Et pour votre entourage aussi.

️Vous aviez tout deviné dans la vidéo 

Mon expérience avec la photographe Francesca Clayton

Crédit photo : Francesca Clayton

La séance photo m’avait fait un bien fou.

Et surtout lié au talent de la photographe.
De m’avoir mis à l’aise.
D’avoir débrouissailler le terrain avant.

J’ai répondu à l’appel d’un projet d’une exposition
Sur les handicaps pour l’association Different is Beautiful.

Cela ne se voit pourtant pas que j’ai un handicap, n’est-ce pas ?

Bref, j’ai rejoint Francesca Clayton pour cette séance photo.
J’ai pu prendre un temps pour échanger avec elle.
Juste poser mes bagages, un peu lourd, en toute franchise.

Au début, je ne souriais pas, encore rempli d’émotions.
Les clichés s’enchainaient malgré tout.
Avec tout ce que j’étais, naturellement.
Sans artifices.

Puis je m’étais détendu.
Un sourire était venu.
« Vivien, tu vas bien ».

Ce n’était pas une question.
Mais bien une affirmation.
Et c’était vrai.
Je me sentais mieux.

Accepter de se prendre en photo
Avec mes imperfections.

Mon sourire un peu de traviole.
Mon trait blanc en plein milieu de mes cheveux.
Une ancienne cicatrice plus précisément.
Mon front un peu proéminent, élement visible de mon syndrome de CHARGE.

Tout cela ne m’empêche pas d’être visible dans les réseaux sociaux.
Et encore plus sur scène.

Depuis cette séance, des choses se sont enclenchées en moi.
Cela a apaisé mes angoisses, mon anxiété qui trainaient depuis trop longtemps.

Puis j’ai promis à Francesca de me lancer dans mon projet spectacle itinérant en vélo.
Car c’est cela qui me fait avancer, vibrer et qui me fait sentir aligné avec ce que je suis.

J’en ai 9 exactement de ces photos, très variées dont certaines sans sourire et d’autres plus comiques.
Juste moi tout simplement.
Avec mes parts sombres et mes parts joyeuses.

Je vous les montrerai en illustrant d’autres posts.

En tout cas, encore merci pour ce très bon moment Francesca Clayton !

Et mes collègues d’ENSEMBLE & CO ne vous diront pas le contraire !

🤜 Et vous, aimez-vous être pris.e en photo ?

Crédit photo : Francesca Clayton

Article du journal « Le Progrès » – 7 octobre 2025

Après mon spectacle du 3 octobre, un article est paru dans le Progrès, et je trouve que le correspondant a été au top.

Voyage à travers les sens : une exploration personnelle

selfie avec un bêret vintage, en impermeable et sange de sac à dos

Apprecions les sens que nous avons.
Ne regrettons pas ce que nous perdons.
Juste se contenter et savourons
Le moindre plaisir, nos passions.

Depuis toujours,
Je suis sourd
Puis pas d’odorat
Ce n’est pas drama.

Je me suis habitué en m’appuyant sur la vue et le toucher.
Surtout la vue pour observer, contempler, chercher
Les couleurs, la lumière, les contrastes, le paysage.
Depuis je ne cesse de vouloir faire des voyages.

Des voyages à travers les cartes, les photos.
Juste à quelques pas de chez moi.
Quand je peux, je marche, je fais du vélo.
Cel n »est jamais neutre, toujours avec émoi.

Sans son, sans odeur, j’écris
Ou bien je déclame, je murmure
Pour briser les préjugés bien durs.
Alors je persévère sans mépris.

Explorons nos forces mille fois,
Avec nos vulnérabilités, avec foi.
Kiffons ce que nous sommes déjà
Et oser se lancer tel un ninja.

Avec vous, j’aimerai sentir la joie
De s’entendre, de se comprendre.
Comme un feu grégeois,
Que nos rires puissent se répandent.

A vous la parole !


Retour sur le spectacle à Francheville – 3 octobre 2025

Invité par le café associatif BaObel, j’ai passé un très bon moment auprès de 40 personnes, de tout horizon.

J’ai entendu rire, réagir tout au long du spectacle.

Un pur plaisir de témoigner, de sensibiliser sur la surdité dans ces conditions.

J’ai toujours à coeur de montrer la surdité sur l’angle de l’humour et dans sa diversité.

Le public s’est pris au jeu dans les questions-réponses.

N’ayant pas pu avoir mon micro-bluethooth pour cause de panne, j’ai du beaucoup circuler dans la salle pour mieux entendre les questions.

Les voici :

. Pourquoi as-tu un seul appareil ?

. Comment conduire en étant sourd ?

. Pourquoi pas d’implants ?

. Est-ce que c’est possible de percevoir la musique en étant sourd ?

. Vous avez été animateur en EHPAD, comment avez-vous communiqué avec les séniors ?

. Quelles populations avez-vous eu en tant qu’éducateur spécialisé ?

. Quand vous pensez, entendez-vous votre voix ?

. Seriez-vous d’accord pour préter votre appareil auditif à Lecornu ?

. Quel est votre vécu face au validisme ?

. Est-ce que les sourds sont bruyants ?

Et encore, je n’ai pas tout mis, y en avait beaucoup !

J’ai dû arreter à un moment donné vu l’heure passé.

Enfin, l’association a pu substenter le public avec de quoi boire et manger.

Et de mon côté, j’ai dédicacé mes livres « Sourd et certain » et « Qui ne tente rien n’a rien ».

J’ai eu le plaisir de retrouver une maman d’un pionnier que j’avais eu en tant que chef en 2008-2009 au Point du Jour, Lyon 5ème.

Voici quelques mots laissés sur le livre d’or :

. Quel beau parcours ! Pleins de dynamisme, d’espérance et de joie de vivre.

. Je vous remercie d’avoir partagé votre parcours avec nous ce soir. La joie de vivre pour toujours!

. Merci pour votre talent théatral qui fait passer de bons messages.

. Bravo ! Un spectacle indispensable !

. Merci infiniment pour votre récit, votre humour et encore plus c’est à dire… spectacle très puissant. Une belle dérision naturelle! Beaucoup d’humilité, bravo !

et y en a encore d’autres que je partagerai plus tard.

Merci pour cette belle soirée et avec grand plaisir.

Mes prochaines dates, pour le moment, seront fin novembre.

Pour le tout public, le vendredi 21 novembre près de Surgères.

Je noterai tout ça dans mon agenda, à mettre à jour d’ailleurs !