T’écouter

Oui, je peux t’écouter
Me rendre disponible et t’entendre.
Accueillir tes mots sans jugements,
Sans idées reçues, sans me projeter
Oui, je peux t’écouter
Sans émettre de critiques, de conseils,
Sans ramener à mon vécu, ni comparer aux autres.
Ni même de tenter d’expliquer, d’analyser.
C’est toi seul que j’écoute
Là maintenant, et reconnaitre tes paroles
Et même ton visage, le ton de ta voix.
Je peux recevoir aussi tes silences
Quand tu as besoin du temps pour trouver tes mots,
Ou bien simplement pour pleurer, rire, respirer.
T’écouter pour que tu te sentes reconnu.
Je ne sais pas si je sais t’écouter
Mais ce qui m’importe,
C’est recevoir avec bienveillance
Tes cailloux, tes perles, tes sables,
Tes merdes, des boules puantes.
Etre juste un miroir
Et te redire ce que j’ai compris.
T’écouter avec ma présence.
En te regardant.
Je peux t’écouter parce que je suis prêt à t’entendre.
Parce que j’ai pu faire le vide en moi,
Laisser de côté mes préoccupations,
Mes fatigues, mes joies.
Mais si j’avais été épuisé, trop plein,
Je te l’aurais dit et on aurait pris un rendez-vous ensemble.
Ou bien je t’aurai demandé de me laisser un certain temps
Le temps de me recentrer et de ranger mon intérieur.
Pardon ?
Oui, écouter, cela s’apprend.
Et je peux malgré tout retomber dans mes travers
Mais avec l’expérience, on peut prendre plus conscience
Si on est dans une vraie écoute ou pas.
Puis se ressaisir.
Une vraie écoute, ce n’est que du positif dans les relations.
C’est un changement de regard qui nous permet d’éviter
des malentendues, des quiproproquos, de moins se faire peur pour rien.
Bien sûr, je ne suis pas parfait, je fais du mieux ce que je peux.
Je bavarde, je bavarde. Maintenant, place à toi.
Oui, je t’écoute
Jusqu’au bout !

Hé oh je t’écoute ! – Becs-croisés des sapins

Chroniques d’un éducateur #5 Masque transparent et idée reçue

Bonjour à tout le monde,
Après une semaine de vacances, j’ai eu mon premier entretien dans une famille pour une intervention en libéral. Je prends la suite d’une autre éducatrice. Comme c’est pour accompagner une jeune autiste et sourde, je me suis procuré un masque transparent et je pense que ça a beaucoup joué dans le premier contact que j’ai eu avec la jeune.
Un vrai challenge je me suis lancé pour faire cet accompagnement. Je me mettrai en lien avec son école spécialisé qui ne l’accueille que deux jours par semaine. Et par chance pour cette famille, la prise en charge est financée par une association. Ce qui me convient aussi car en effet, l’argent peut être source de tensions si les aides n’ont pas pu être obtenues.
Je prévois donc avec cette famille d’être deux heures par semaine puis trois heures selon les besoins de la jeune. Au niveau jeux, et outils de communication, la famille s’est bien fournie et c’est déjà un atout. Affaire à suivre donc mercredi pour mon premier vrai temps d’accompagnement du jeune.
Pour info, mon masque transparent ne fait pas de buée car j’ai mis du savon transparent. A l’intérieur bien sûr !

Je vous parlais d’idées reçues tenaces dans le titre. Tout simplement, parce qu’à la suite de mon entretien, je reçus un texto pour un remplacement dans un foyer pour adultes IMC (Infirmes moteurs cérébrales). Pensée qui m’est venue : « Ouh là, IMC = difficultés d’élocution. Etant sourd, je n’ai pas envie de me mettre en difficultés ». 30 minutes après, même texto. L’agence d’interim insistait dis donc. Et là, 10 minutes après, on m’appella pour une intervention dans la journée de 14h à 20h. Je répondis et à la suite d’un regard et d’un geste d’une amie présente à ce moment-là, j’acceptais la mission. (Quel geste ? Ce geste signifiant : « Money Money » avec la musique d’Abba).
Au final, arrivé au foyer, je fus surpris que 8 personnes sur 9 parlaient à peu près bien et je les comprenais. Ce qui était fort appréciable. Pour info, les seules personnes IMC que j’ai connu et côtoyés avaient des problèmes d’élocution. Cela a renforcé mon idée reçue, qui était bien sûr erroné.
Mon remplacement s’était très bien passé avec de bons moments d’échanges, de jeux et de rigolades avec des résidents.

Et cette semaine qui va suivre ? J’ai quatre jours de remplacements dans un IME que je commence à bien connaitre.
Le must ? Une météo printanière pour des trajets en vélo 😁☺️

[Projet 52-2021] #7 – Fleur(s) séchée(s)

Bonjour à chacune et chacun, c’est samedi avec le projet de Ma’. Le Thème est « Fleur(s) séchée(s)« .
Je vous avous que mon inspiration fut un peu sec. Ma source photographique s’est tarie sur ce sujet là. Mais heureusement, ma femme m’annonca qu’il y avait des fleurs séchées dans l’appartement. Une information que j’ai eu ce vendredi soir à 20h! Raté pour la lumière du jour. Je sais, j’anticipe énormément.
Alors, sans grande ambition, voici une photo de ces fameuses fleurs séchées.

Cela ne se voit pas mais c’est bien sec. Je n’ai que ma parole à vous donner.

Alors quelles fleurs séchées nous ont réservées les autres participants ?

EclOSiONS

Je ne sais pas, j’hésite.
Je ne suis qu’adolescent.
Est-ce que je mérite de grandir ?
De devenir adulte et responsable ?
Tous ces regards qui me déshabillent
Quand je tente de courir plus vite que le vent
Quand je tente de sauter plus haut que la lune
Quand je tente de sculpter l’eau des abysses
Quand je tente de chanter comme les sirènes d’Ulysse.
J’aimerai ignorer ces regards qui me jugent,
Qui me critiquent, qui veulent me dire ce que je dois faire.
Dans ce qui est raisonnable, réaliste.
Comment ignorer le regard de mes parents
Qui me transperce le cœur,
A la fois bienveillant et insistant.
Je regarde mon corps.
Avec dégoût souvent.
Et pourtant, grâce à lui
Je veux réaliser l’impossible.
Gravir les sommets,
Nager à contre-courant,
Peindre sur des rochers inaccessibles.
Courir dans le désert d’Atacama.
Il me faut regarder avec bienveillance.
Changer l’ampoule qui m’éclaire de l’intérieur.
Accueillir ce que je suis vraiment.
J’ai toute la vie pour l’apprendre, je sais.
Avec mes fragilités, mon handicap invisible.
Mais c’est maintenant, avec des petits pas.
Je ferai tout en secret.
Et quand je serai prêt,
Fier de ce que je suis
Alors je leur montrerai
Ce dont je suis capable.
Je resterai sourd aux railleries.
Je m’appuierai sur des soutiens indéfectibles
d’amis sur qui je peux compter.
J’aimerai n’avoir aucun regret
Et ne plus hésiter
à aller marcher au-delà des regards.
Et si je tombe ?
Je me relèverai.
J’apprendrai par mes expériences.
Je ne veux pas vivre dans la théorie.
Je ne me laisserai pas infantiliser
Car je grandirai, je me forgerai
pour approfondir mes valeurs les plus profondes,
Que je pense le juste possible :
La sincérité, l’amour, la solidarité, la créativité.
Oui, je suis jeune et je ne demande qu’à grandir,
Qu’à m’envoler avec les outils que je pourrai avoir à disposition.
De l’air pour respirer avec ivresse.
De la terre pour façonner avec passion.
Du feu pour embraser mes projets avec folie.
De l’eau pour arroser mes graines d’espérances.
Je serai aveugle aux regards méprisants, jaloux.
Enfin, j’essaierai d’être moins blessé possible.
A 40 ans, je voudrais être fier ce que je serai devenu.
Et j’aurai encore pleins d’années pour semer, batir et accueillir.
Je vous partagerai des mots pour délivrer mes maux
Et vous exprimerai mon bonheur de vivre envers et contre tous.

Faucon crécelle en plein vol