Quand la nuit dure
Où la lumière peine à s’allumer
Mais quand reste l’espérance du jour
Alors l’attente se fait moins angoissante.

Quand la nuit dure
Où la lumière peine à s’allumer
Mais quand reste l’espérance du jour
Alors l’attente se fait moins angoissante.

Mme Bermèche arriva dans une classe calme.
Ses élèves avaient déjà préparé leurs affaires d’histoire-géographie.
Ils se sont levés pour saluer l’arrivée de mme Bermèche.
Ce dernier les remercia avec un sourire et les invita à s’asseoir.
Elle demanda à Esther de faire un récapitulatif du dernier cours.
L’élève commença à exposer de manière magistrale.
Mme Bermèche fut épaté car Esther avait déclamé le « J’accuse » de Zola.
Applaudissements.
Chacun avait le défi de résumer le cours d’avant de manière originale ou un point de la leçon qu’il avait marqué. Chacun pouvait utiliser ses dons au service de l’apprentissage de ses leçons.
La prof remercia Esther et repris le chemin de son cours sur la première guerre mondiale. Elle utilisa une télécommande qui actionna un vidéo projecteur. Elle avait préparé un diaporama dynamique avec des photos, des mini-vidéos, des scans de lettres de poilus (Les soldats, n’est-ce pas ? Vous avez pensé à autre chose ?).
Elle avait même conçu une carte dynamique montrant l’évolution des fronts.
Les élèves avaient juste à ‘écouter et à lever la main en cas d’incompréhensions ou de questions.
Puis d’un seul coup, un élève, Nicolas s’écria : « Carton jaune ». Rires.
En effet, Nicolas avait remarqué que la prof avait glissé une image de la révolution française.
Mme Bermèche esquissa un sourire. Elle traça un trait sur un petit tableau.
Tableau de scores. Effectivement, un match d’idées incongrues s’était mis en place et quand le score atteignait dix cartons jaunes. La prof ou la classe avait un gage. Le gage était de réaliser une caricature sur l’actualité. Mme Bermèche s’arrangeait toujours pour se représenter en souris ce qui faisait la joie des élèves.
C’était toujours un moment de plaisir. Cela n’allait jamais à la moquerie ni aux brimades.
Tous les cours de Mme Bermèche se faisaient dans le calme et la bonne humeur. Elle avait réussi à instaurer de la confiance, un climat serein empreint de solidarité. Il pouvait y avoir bien sûr de la compétitivité mais c’était par jeu.
Mme Bermèche était vraiment attentif à chacun et avait toujours une parole valorisante. Jamais de négations.
Quand la sonnerie sonnait, les élèves restaient en place malgré tout. Selon un rite bien défini et un fonctionnement réfléchi en classe, des élèves désignés prenaient les polycopiés de la prof et les distribuaient.
PS : Je me suis inspiré en partie d’une histoire vraie, celle de mon prof d’Histoire-géographie que j’ai eu au lycée, mr Bermès. Lui, il se dessinait en rat et donnait des surnoms aux autres profs et même au conseiller pédagogique : « Mr Ramon » à cause de sa grosse moustache noire.
Les arbres du dernier tunnel ont été taillés à peine quand j’étais arrivé sur place. Légèrement désappointé, j’ai pu trouvé d’autres vergers dans le coin!

. Alors, voyons voir ces petits fleurs de poiriers.

. Mmmh du bon pollen. De quoi faire une liqueur ?

. Hips! Allez, je vois une autre fleur intéressante!

. Magnifique. J’ai l’impression d’être dans Cliffangher!

Pour les nostalgiques, le générique de Maya l’abeille:

Un silence apaisant pour me reposer.
Une musique sans son pour faire danser au repos mes neurones.
Un vrai silence où je peux entendre à peine un bruit avec mon appareil.
Un silence où les couleurs du monde prennent forme.
Un silence où les silhouettes se détachent de mon horizon.
Une harmonie du vide sonore pour mieux percevoir d’autres sens.
Pour mieux sentir les odeurs des fleurs ou le parfum d’une femme.
Pour mieux sentir une peau douce, un bois travaillé, une peluche d’un enfant.
Pour mieux saisir les saveurs subtiles d’un curry d’agneau, d’un dessert au chocolat.
Pour mieux voir les détails d’un tableau ou les insectes dans l’herbe.
C’est vrai que l’on peut avoir peur du silence, pour ne pas se retrouver.
Peur de se laisser déborder par des émotions ou des idées noires.
Crainte de s’ouvrir à l’inconnu et de se laisser surprendre par des bruits inattendus.
Crainte de perdre des informations et de se sentir en décalage.
Y a-t-il des vrais silences ?
Dans le désert ? Dans la campagne profonde sans âme qui vive ?
Puis y a du bruit dans la tête avec toutes nos idées qui se bousculent, nos mots qui s’entrechoquent.
Dans le silence extérieur, on peut entendre notre corps.
Comme le corps qui bat rapidement pensant que l’on marche dans le grenier.
Comme le ventre qui gargouille croyant que c’est le parquet qui grince.
Pour ma part, je peux l’entendre avec mon appareil auditif. Sans ce dernier, rien du tout.
Le silence s’apprivoise.
C’est notre état intérieur qui fait que le silence est pesant ou pas.
Le silence a son propre langage.
Il est parfois plus important que la parole comme utiliser le regard, les gestes, la posture.
Je préfère des sons harmonieux, distincts, sans grésillements, sans accrocs.
Le bruit m’est insupportable avec mon appareil auditif.
J’apprécie le silence quand c’est moi qui le choisis, qui le décide comme quand j’éteins mon appareil dans un métro où des gens parlent fort, ou bien en sortant d’une salle où il a une fête bruyante.
Et vous ? Quelle est votre rapport avec le silence ? Avec le bruit ?

L’ABEILLE XYLOCOPE vous souhaite une bonne journée et un bon courage pour la semaine à venir.


Je me souviens d’une expérience auprès des jeunes ayant des « troubles de la personnalité et du comportement » (Vocabulaire de l’époque).
Surtout avec un jeune que j’appellerai Casper.
Il avait 12 ans et s’emportait violement quand mes collègues et moi lui répondaient non. Il frappait contre les murs et claquait la porte de sa chambre. Régulièrement, je reprenais avec lui sur ses « emportements », ses colères.
Il était libre, bien sûr de pouvoir s’exprimer mais qu’il y avait des limites à ne pas franchir. Rappel du respect du matériel et des personnes. Hé oui, s’il y avait une personne qui se trouvait sur sa route, il se faisait taper ou crier dessus.
Avant de lui donner une réponse différente à ce qu’il voulait entendre, on regardait si le parcours vers sa chambre était libre. Au cas où !
Un jour, la porte de sa chambre lui est restée entre ses bras. Au fond de moi, je me marrais. J’ai pu aller le voir calmement. Comment réparer sa bêtise ?
Un autre jour, après un non, il sortit un mot inattendu : « Pouilleux ».
Bigre ! Diantre ! D’où sortait-il ce mot ? J’en étais surpris avec un sourire. Je suis allé le voir pour le reprendre car c’était pour lui une injure. Etonnant Casper. J’avais noté qu’il n’avait plus frappé les murs ni claqué sa porte.
Enfin, le jour arriva où il ne s’était plus mis en colère après une frustration. Il était resté calme en repartant dans sa chambre. Je suis allé le voir pour le féliciter et il en était ravi.
J’ai vécu ces instants de vie il y a 11 ans. C’est comme si c’était hier. En 3 mois, il avait beaucoup évolué. Comme quoi, il faut toujours y croire et persévérer, se réajuster au cas où.

